Que veulent les anarchistes ?

Prison de Zurich,
8 février 2019
Chers compagnons,
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A l’occasion de la discussion autour de la question Que veulent les anarchistes ?*, j’ai aussi envie de m’asseoir et de coucher sur le papier quelques réflexions qui vous parviendront certainement avec un peu de retard, puisqu’ici tout doit passer par la censure.
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Que veulent les anarchistes ? Ne pas être en prison. C’est en quelque sorte la première chose qui me vient à l’esprit. Mais cela montre aussi clairement, tout comme les portes blindées devant moi, qu’il ne suffit pas de vouloir quelque chose. Sans les conditions qui permettent de saisir l’objet de la volonté dans la réalité et de le dépasser par l’action, cela reste la simple expression d’un désir, semblable à celui de ceux qui croient encore au père Noël ou qui, ayant pris de l’âge, croient en une force objective influençant le monde et censée nous libérer un jour. Qu’on l’appelle Dieu, Raison, Dialectique ou Progrès.
Rien de tel.
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Pour les anarchistes, tous ces principes abstraits représentent la même tromperie. Et peut-être avons-nous trop peu réfléchi au fait que chez les Grecs anciens, avant de devenir le synonyme de domination, archê désignait le principe premier, à la base de tout. C’est à partir de cet élément religieux originel que s’est développée la justification de l’autorité et finalement du monstre de l’État.
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Ainsi, à défaut de Weltgeist [esprit du monde], comme l’appelait Hegel, ou de matérialisme dialectique dans la variante directe de Marx, il nous faut nous libérer nous-mêmes. Et pour cela, il faut manifestement le vouloir. Mais la volonté peut aussi être une prison pour nous. Par exemple, à certains moments dehors, les ignominies qui nous entourent m’ont fait me sentir plus prisonnier qu’ici, dedans. Ici, la volonté se voit nécessairement amenée à réduire son périmètre. Mais dehors, elle se heurte aussi à des murs, moins clairs et pour cette raison même plus perfides. Ce sont ces derniers que nous devons d’abord identifier et démolir pierre par pierre, pour que les murs concrets des prisons puissent tomber un jour.
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C’est pourquoi je ne souhaite pas parler ici de la beauté de l’anarchie, de la pureté des principes anarchistes. Ce sont de nobles choses, à propos desquelles nous pouvons renvoyer à un siècle entier de propagande anarchiste. Je veux diriger mon attention moins sur le problème du « Quoi ? » que sur celui du « Vouloir ».

***

Nous ne pouvons vouloir que ce que d’une manière ou d’une autre nous comprenons et que nous pouvons donc nous représenter, même s’il s’agit de la plus étrange de toutes les utopies. Cela signifie que notre vouloir n’est absolument pas aussi libre que ce sur quoi s’est longtemps fondée la tradition volontariste de beaucoup d’anarchistes. Il dépend de notre imaginaire, de notre culture dans le sens large du terme. Ces derniers n’incluent pas seulement la tradition littéraire et la culture générale, mais aussi ce que nous mangeons et comment, la manière dont nous nous habillons, dont nous nous rapportons, dont nous communiquons, dont nous chérissons, bref, tous les aspects de la vie quotidienne. Dans une société qui est sur le point de faire rentrer tous ces aspects dans un cercle fermé, administré par la technologie, le pouvoir se donne la possibilité de séparer toujours plus la culture de la réalité. Cela ne concerne pas seulement la masse majoritaire des exclus, administrés de manière passive, mais y compris ceux-là mêmes qui sont aux postes d’administration. Dans ce sens, on peut dire que la technologie annexe progressivement l’État, les anciennes structures de domination politiques et économiques. Continue reading « Que veulent les anarchistes ? »

Op. Panico (Florence, Italie) – Des nouvelles de l’audience du 12 mars 2019

Aujourd’hui a eu lieu une audience relative à l’expertise de la défense. Les consultants légistes, l’experte en explosif et de nouveau la généticienne de l’accusation ont fait leur déclarations, avec le contre-interrogatoire de la défense. Afin de ne pas ennuyer, un résumé détaillé ne sera pas écrit, mais en substance, cela s’est plutôt bien passé, l’accusation ne semble pas avoir fait une bonne impression. En conclusion, les juges ont décidé d’ordonner des expertises avec leurs experts « super partes* », tant en ce qui concerne la génétique médico-légale (probablement l’ADN de Ghespe, qui n’a encore jamais été analysé), que la biologie statistique (vu les doutes apparus en ce qui concerne l’analyse statistique de données qui ne devraient pas être valables à des fins de preuve) et par rapport à l’expertise médico-légale. Les audiences ont donc été reprogrammés comme suit :

14 mars – désignation officielle des experts du tribunal, de l’accusation et de la défense

4 avril – examen (ils seront interrogés sur leurs expertises au tribunal, ndt) des experts; déposition de l’accusation sur les écoutes environnementales (qui doivent encore être déposées)

11 avril – plaidoirie de l’accusation / des parties civiles

12 et 18 avril – plaidoirie de la défense

Les dates des reconstitutions et du jugement seront probablement fixées ultérieurement.

depuis panicoanarchico.noblogs.org

 

* hors de tout parti pris : soit disant neutres  …

Calais, France : Tentative de passage en force de la frontière

Dans la soirée du samedi 2 mars, près de 100 migrants ont réussi à entrer de force dans le port de Calais et la moitié d’entre eux est parvenue à grimper à bord d’un ferry. Pour ce faire, ils ont saisi l’occasion de la marée haute pour s’y introduire. Au moins 46 d’entre eux ont été interpellés par les flics.

« À 10h30 dimanche, les sapeurs-pompiers du GRIMP (Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux) étaient toujours sur place pour tenter de faire descendre « une petite dizaine de migrants », regroupés « sur une passerelle exposée en plein vent à plusieurs dizaines de mètres de hauteur » à l’extérieur de la cheminée du ferry, a indiqué Jean-Philippe Vennin, sous-préfet de permanence pour le Nord et le Pas-de-Calais. Les migrants, qui espéraient rejoindre le Royaume-Uni, avaient pénétré dans l’enceinte du port samedi entre 21h15 et 21h30. Une cinquantaine d’entre eux avaient réussi à monter dans le « Calais Seaways », un ferry de la compagnie DFDS, « en provenance de Douvres et qui venait d’accoster », au moyen d’une échelle d’entretien et en raison de la marée haute, selon Jean-Philippe Vennin. Tombés à l’eau lors de leur tentative, deux migrants avaient été repêchés par les pompiers » (Europe 1, 3 mars 2019).

Le trafic des bateaux a été temporairement perturbé. Au moins deux ferrys ont dû patienter au large, « le temps de sécuriser » la zone, puis ont pu reprendre leur route. (20 Minutes, 3 mars 2019)

Repris de sansattendre.noblogs.org

Pris au piège

copertina canenero 43Imaginez-vous un entrepreneur de quarante ans. Imaginez sa vie. Pris au piège dans les comptes, le personnel, les impôts, les produits, les revenus, les actifs et les passifs du budget, les épouses, ses filles, ses amants, avec les horaires et la voiture et le bollo* et le fax, et les amis respectables et les dîners d’affaires et le trou du cul serré pour que les juges n’y mettent pas le nez et les cadeaux de Noël et le coca et les vacances. Lui, l’entrepreneur, patauge, se noie, boit, mange, compte et recompte, puis une gâterie, et puis recompte puis une trace, et puis recompte, analyse et collectionne les reçus de la Banque. Belle vie.

Il y a celui qui se tire une balle dans la tête, poursuivi par les dettes, il y a celui qui fait l’objet d’une enquête, il y a celui qui jette les ouvrier à la rue, il y a celui qui, entre coût et gain, se sculpte une vie atrophiée. Il y a même celui qui, comme c’est arrivé à Velletri, est vu enfermé dans la voiture devant un supermarché à se masturber, peut-être excité par la marchandise, par les bas de soie, par les sacs en plastique, par les vendeurs, par les caissiers, par les poupées « des filles » et des lumières colorées. Une juste hypothèse, à mon avis. Au fond, c’est sa vie, ça. Il sera bien capable d’y trouver quelque chose d’excitant. Hommes accomplis, entrepreneurs, pauvres petites merde-entreprise. À vous l’illusion d’être riche. Aux autres, les plus miséreux, l’envie, signe d’une misère encore plus grande.

[Canenero, n°43, décembre 96]

*taxe sur la production selon le modèle fiscal italien.

Note.Les guillemets sont de la traduction, (peut être remplacé par « des enfants » dans le texte).

Parution – Avis de tempête #15

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°15 (mars 2019) vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 20 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog :

https://avisdetempetes.noblogs.org

« En y prêtant quelque attention, fracasser le miroir de la normalité et se retrouver de l’autre côté pourrait même se révéler plus surprenant encore. Car en plus du renversement provisoire de l’espace et du temps de la domination, c’est jusque la perspective qui pourrait s’en trouver chamboulée. Une fois rompu le charme de la vitrine, une fois le regard capable de se projeter au-delà de sa façade, pourquoi devrait-il en effet s’arrêter en si bon chemin ? La liberté et la rage ne seraient-elles pas aussi contagieuses que la passivité et la soumission ? L’imagination et la perspicacité ne sont-elles pas des qualités pour celles et ceux qui veulent aller plus loin encore ? Et dans ce cas, pourquoi le regard ne continuerait-il pas à vagabonder à sa guise, non seulement derrière les vitrines mais aussidans toutes les autres directions, y compris en bas ou en haut, là où prolifèrent les flux qui les alimentent. Sous nos pieds ou juste au-dessus de nos têtes. Comme une manière de continuer à saccager le problème, et directement à la source. A 10 000 un samedi sur les Champs-Elysées, à quelques-uns en semaine partout où l’on veut. »

https://avisdetempetes.noblogs.org/files/2019/03/Avisdetempetes15.pdf

 

Comme une étincelle à travers la gorge – compil de textes sur les opérations répressives en Italie

Compile de textes traduits de l’italien sur les deux opérations répressives à Turin, Trento, Rovereto en début d’année 2019.

Les traductrices ont fait le choix de sortir des infos du tac-au-tac : cette petite brochure est vouée à servir de support pour des initiatives de solidarité en milieu francophone. Faite par-ci, par-là au début du mois de mars. Les textes sont tirés de diférents sites. Entre autres : www.autistici.org/macerie et roundrobin.info.

Pour télécharger la brochure https://nantes.indymedia.org/system/file_upload/2019/03/15/13965/comme.une.etincelle_v1_-_copie.pdf

Repris d’Indy Nantes

Espagne : La compagnonne Lisa transférée en Catalogne – 13 mars 2019

Lisa a été transférée en Catalogne.
Mercredi 13 mars, nous avons reçu un appel de la compagnonne le soir même affirmant qu’elle avait été transférée en Catalogne, plus précisément à Brians I.

Son régime de détention reste le même qu’à Soto del Real, second degré, sans écoute des communications téléphoniques, ni restriction de courrier et sans être à l’isolement.

Nous continuons d’encourager à écrire et à continuer de rendre la solidarité latente.

Lisa Dorfer C.P Brians I, Carretera de Martorell a Capellades, Km 2308.635, Sant Esteve Sesrovires, España

Traduit de l’espagnol de Contramadriz, par sansattendre.noblogs.org

Op. Renata (Trentin) : transfert de quelques compagnon.nes

Des compagnon.nes de Trente ont été transférés :

Adresses MAJ:

Agnese Trentin
CC Di Rebibbia Femminile
Via Bartolo Longo, 92
00156 Roma

Roberto Bottamedi, Luca Dolce, Giulio Berdusco,
Via Paluzza, 77
33028 Tolmezzo

Nicola Briganti, Andrea Parolari,
C.C di Ferrara
Via Arginone, 327
44122 Ferrara

 

depuis roundrobin.info


pour envoyer du soutien :

IBAN: IT04H3608105138216260316268, nom du titulaire du compte Bezerra Kamilla.

Pour les virements depuis l’étranger, le code BIC/SWIFT :  PPAYITR1XXX

Zurich (Suisse) : Deux lettres du compagnon anarchiste incarcéré 

1er Mars 2019, Prison de Zurich

Chers compagnons, chers amis

Un mois s’est écoulé depuis que, le 29 janvier, j’étais en route en vélo pour le boulot et je venais de tourner de la Langstrasse dans la Josefstrasse, lorsqu’une voiture en civil m’a contraint à m’arrêter et que deux autres flics en civil en vélo me sont tombés dessus par derrière. Il y avait parmi eux une femme dont je me souviens qu’elle m’avait suivi jusqu’à chez moi il y a peu. Ensuite nous sommes partis, en compagnie d’environ 15 autres hôtes non invités, pour une dernière visite dans mon appartement, ma voiture et la bibliothèque anarchiste, où ont entre autres été saisis des supports de données électroniques et des documents.

A présent, j’ai donc atterri dans cette autre dimension, constituée de pièces étroites, de mobilier sommaire, de longs couloirs, de barreaux, encore et toujours des barreaux et des portes en métal, dont l’ouverture et la fermeture dictent le rythme quotidien. Séparé des lieux et des personnes familières juste par quelques centaines de mètres, mais par la violence de toute une société qui préfère un régime de murs et de lois au règne de la liberté et de la conscience. Dehors, nous aimons rêver, expérimenter, nous rebeller, la dignité blessée par les ignominies sur lesquelles repose ce monde, peu à peu nos expériences et nos découvertes se tissent jusqu’à former une vision d’ensemble et nous prenons en compte, en pensée et en acte, les conditions de la domination pour nous en libérer, rejetant sans cesse le catalogue des modèles pré-établis, y compris anarchistes. C’est ainsi que nous développons, comme allant de soi, un projet révolutionnaire, dans lequel la théorie et l’action ne cessent de se lancer des défis et de s’entremêler, nous pouvons nous sentir grandir et nous pensons presque pouvoir embrasser le monde, pourtant crac!, en un instant tout peut se réduire à quelques mètres carrés. Chaque anarchiste le sait et l’a toujours plus ou moins présent dans un coin de la tête. L’existence de cette possibilité, particulièrement emblématique du noyau essentiel de cet ordre social est justement une raison de ne pas faire de notre vie dehors déjà une prison : de conventions et de préjugés, de compromis progressifs et de satisfactions volatiles, qui nous permettent d’arriver au lendemain, de faire contraint et de la peur qui cherche à nous diminuer à nos propres yeux. Continue reading « Zurich (Suisse) : Deux lettres du compagnon anarchiste incarcéré « 

[Turin] Bloquons la ville !

Bloquons la ville ! Manifestation à Turin le 30 Mars

BLOQUONS LA VILLE !

Ils font la guerre aux pauvres et ils appellent ça requalification.
Résistons contre les proprios de la ville !

Gouvernements et proprios essayent de nous étouffer avec une normalité faite de guerres, militarisation des villes, conditions d’exploitation de plus en plus dures, traque aux immigrés et haine entre les pauvres.

Ils veulent se débarrasser de celleux qui cherchent à lutter contre la dégradation des conditions de vie et qui tentent de subvertir cet ordre social. C’est le cas des 13 compagnon.ne.s arrêté.e.s en février dernier.

Continuons à résister et à lutter !

GIADA, SILVIA, ANTONIO, LORENZO, NICCO, BEPPE, POZA, STECCO, NICO, AGNESE, SASHA, RUPERT, GIULIO :

LIBERTÉ POUR TOUS ET TOUTES !

SAMEDI 30 MARS 2019 MANIFESTATION A TURIN

 

 

 

 

 

 

 

 

[reçu par mail]

Paris/Vincennes : Un dimanche contre les Centres de Rétention

Récit écrit par quelques personnes venues le dimanche 3 mars devant la gare du Nord pour participer à la manifestation contre les centres de rétention.

A 14h nous sommes près d’une centaine de personnes rassemblées devant la gare du Nord. Neuf camions de flics nous attendent au niveau du boulevard Magenta et sept autres vers la rue du Faubourg-Saint-Denis, prêts à nous barrer la route vers Barbès et La Chapelle où nous voulions passer.

On décolle finalement vers 14h30 à 150 en direction de Magenta derrière une banderole disant « Solidarité avec les révolté.e.s dans les centres de rétention » et traduite en arabe. Alors qu’on a à peine fait 20 mètres un flic s’approche et nous annonce pour la forme : « votre manif n’est pas déclarée. Vous serez bloqué.e.s. ». On fait quelques dizaines de mètres supplémentaires puis on est nassé.e.s. Dans un premier temps la nasse est plutôt lâche, plein de gens y entrent et en sortent (certain.e.s pour aller differ au rassemblement à République en soutien aux révoltes actuelles en Algérie) tandis qu’environ 150 personnes restent et entonnent des slogans (« Pierres par pierres, murs par murs, nous détruirons les centres de rétention ! », « Liberté pour tou.te.s ! Avec ou sans papiers ! », « Ni police, ni charité, vive la lutte des sans-papiers ! », « Liberté, Houriya, Freedom », etc…). Sur le parvis, en face de l’entrée principale de la gare, beaucoup de gens s’arrêtent, curieux. Certain.e.s leur donnent des tracts avec le texte d’appel en français et en arabe. Pendant au moins une heure, plusieurs slogans sont entonnés avec énergie.

Continue reading « Paris/Vincennes : Un dimanche contre les Centres de Rétention »

Turin (Italie) – Les oreilles de Mme Petrotta

À force d’avoir les oreilles qui sifflent, le problème a finalement été trouvé et résolu. Les longues oreilles de la police et du procureur Pedrotta sont celles qui ont écouté secrètement les voix de la vie quotidienne et les mots échangées dans la cuisine du logement situé au cinquième étage de la maison occupée au 45 Giulio Cesare pendant deux ans et demi. Ce sont ces micros qui ont rassemblé des enregistrements, transcrits plus tard dans les dossiers de la dernière enquête, apportant la preuve que les personnes inculpées se connaissaient, parlaient ensemble régulièrement, s’inquiétaient de la création d’une base de données ADN et de l’impossibilité de résister au prélèvement, discutaient de la rédaction d’un texte à publier ou discutaient de ce qui les regardent.

À force d’écouter et de fourrer le nez dans la vie d’autrui on espère, au moins, que Mme Pedrotta, ait avalé de  travers ou qu’elle ai loupé la marche.

 repris de macerie

Opération Renata (Italie) – Demande de libération rejetée pour les compagnons arrêtés le mois dernier

Le tribunal des « riesame » (JLD) a statué et confirmé toutes les mesures préventives. 6 personnes sont actuellement en détention, et une assignée à résidence.

Selon la presse, 4 seraient sous le régime du 41 bis (régime spécial de haute sécurité qui suspend les conditions ordinaires de détention, mis en place à l’origine dans le cadre de la lutte antimafia, élargi ensuite au « terrorisme » : avec par exemple des restrictions ou contrôle du courrier et des visites, aucun contact avec les autres détenus, promenade d’une heure par jour…).

Quatre d’entre sont tenus responsables d’association subversive à finalité terroriste, tandis que trois d’entre eux d’attentat à finalité terroriste.

Les merdias porte-paroles dévoués des flics parlent également de fabrication de faux documents d’identité et de liens avec des réalités analogues en Italie, Suisse, Grèce et Espagne.

Pour rappel les compagnon.nes sont accusé.es de différentes attaques :

– contre le laboratoire de mathématiques industrielles et de cryptographie de l’Université de Trente;

– contre une filiale d’Unicredit, avec engin explosif;

– l’incendie d’une antenne relais, dans la région de Monte Finonchio. (des dispositifs utilisés pour la transmission des carabiniers, dont les dommages ont entraîné une interruption temporaire des liaisons radio);

– la tentative d’incendie de neuf véhicules de la police municipale;

– une attaque à l’explosif au siège de l’agence de travail temporaire Randstad;

– et la mise en place de deux engins explosifs, dont un seul a explosé, près du siège de la « Lega »  à Ala (la veille de la venu de Salvini).

Une manifestation a lieu samedi 16 mars à 15h, à Trente, en solidarité avec les personnes inculpé.e.s.

reformulé depuis la presse

Bologne (Italie) – Délires policiers

Ce n’est pas une nouveauté le climat d’un point de vue sécuritaire et répressif est plutôt pesant ces jours-ci. Ça ne l’est pas non plus que Bologne sous cet aspect ait été de nombreuses fois une ville exemplaire, ceci étant dit, les policiers locaux parviennent encore parfois à surprendre. Dans la soirée du jeudi 7 mars, vers 21 heures, une patrouille des Digos, après avoir remarqué quelques visages familiers près d’un parc de la ville dans le quartier de Bolognina, juge bon de dépêcher une patrouille sur place. En quelques instants, on entends les sirènes des patrouilles venant de partout, percevant toute cette agitation, quelqu’un décide naturellement de s’éloigner de la zone, car avoir à faire aux uniformes est tout sauf agréable. Les flics lancent alors une véritable chasse à l’homme qui dure plus de deux heures, au cours desquelles au moins cinq patrouilles et deux voitures de la Digos plus quelques-uns circulant à pieds à toute vitesse allées et venues et sirènes hurlantes tournant dans le quartier à la recherche de visages connus.

Ce petit cirque se terminera par au moins dix personnes arrêtées, certaines même plusieures fois, dans différentes rue de la zone et des perquisitions. Les perquisitions n’ont rien donné.

Outre l’énorme disproportion entre les moyens, les objectifs et les résultats de cette opération délirante, on pourrait revenir sur la stupidité des déclarations de ces délirants en uniforme lors des perquisitions, liées, entre autres aux vêtements et à l’âge des personnes arrêtées, ou au nombre élevé de femmes parmi eux, mais peut-être vaut-il mieux ne pas s’arrêter là dessus.

Si ces sujets n’étaient pas relégués au maintient de l’ordre établi par la force, défendant les riches et les patrons, en l’occurance, en tuant, violant, frappant et emprisonnant, ils pourraient très bien être traités pour ce qu’ils sont fondamentalement :  des couillons.

À ces derniers, nous disons que ces bouffoneries spectaculaires plutôt que d’intimider les rendent ridicules; à tous ceux qui n’ont pas de sympathie pour eux, en revanche, nous vous invitons plutôt être attentifs lorsque vous vous promenez le soir près des parcs et des jardins publics parce que la chasse à l’homme est au coin de la rue.

C’est comme ça ces jours-ci. Nous le garderons en tête.

Des anarchistes

depuis roundrobin.info

De nouvelles actions en solidarité avec les arrêté.e.s de Turin et de Trente

* Athènes : Action à l’école italienne en solidarité avec l’asilo et les arrêté.e.s de Trente et de Turin

post imageDans la nuit du jeudi 07/03, nous avons tagué et laissé des tracts à l’école italienne d’Athènes. Nous avons agit en solidarité avec l’expulsion de l’asile par l’État italien et en solidarité avec les compagnon.nes touché.e.s par l’opération Renata.

Le terroriste c’est l’Etat
Feu à toutes les prisons et aux centres de détentions
La solidarité est notre arme

* Rome : Un DAB saboté en solidarité

 “Aïe”, a dit la vitrine, mais le DAB n’a pas répondu, car on lui avait fermé la bouche.

Dans la nuit du 7 mars, on a blessé une vitrine et mis hors service le DAB d’une agence de la banque Intesa San Paolo, en solidarité avec les compagnon.ne.s de Turin et avec toutes les personnes qui luttent chaque jour.
Contre les frontières.
Contre les cages.
Contre le patriarcat.
Contre la gentrification.
Contre chaque état, chaque chef, chaque mari, chaque parti.

 

traduit de roundrobin.info par attaque.noblogs.org

Sirventès des alliés

Je lutte pour ma propre cause
Car c’est la seule que je connaisse
Car c’est la seule qui n’exige aucun sacrifice
Car c’est la seule que j’ai intérêt à mener
Quand vient le temps de lutter
Il y a des gens qui m’aident
Il y a des gens qui ne m’aident pas
Et il y a des gens qui me nuisent
Je dois trouver ceux qui m’aident
Leur propre cause coïncide avec la mienne
Il faut que je parle haut et fort
Pour qu’ils m’entendent et sachent où je suis
Ceux qui ne m’aident pas ne m’aideront jamais
Même s’ils sont « sincèrement de mon côté »
S’ils veulent à tout prix être « des alliés »
C’est pour soigner leur estime d’eux-mêmes
Ceux qui me nuisent et me font obstacle
Inutile de leur parler inutile d’argumenter
Il faut qu’ils dégagent, c’est tout
Qu’ils me laissent mener ma lutte

Continue reading « Sirventès des alliés »

Contre les alliances, contre la centralité

Ces périodes de troubles mettent en évidence que nous sommes seul.es, et que cela est nécessaire que l’on se casse la tête pour réussir à mettre en pratique tout ce que nous pouvons faire contre ce qui tente de nous dé- vorer, nous éradiquer, nous assimiler.

Ils/Elles ne sont pas rares celles/ceux qui proposent le chemin de l’ambiguisme politique, du camouflage temporaire – ou moins temporaire – pour croître numériquement et de cette manière se renforcer. Mais nous ne sommes pas si sur.es que la force soit une question purement numérique.

De tous côtés on entend « il faut sortir de sa tanière ». Mais pour quoi ? Pour nous fourrer dans une autre, plus grande, bien que plus ambiguë, et en fin de compte, dans un autre trou du terrain ?

« Il faut faire des alliances ». Les anarchistes doivent faire des alliances, bon, pourquoi pas dire ça. Mais avec qui ?

On dit que contre la fascisme il faut oublier les petites différences au détriment de ce mal commun, pour créer un anti qui nous englobe tous.tes, d’égal.e à égal.e. Egaux  ? Il nous vient à l’esprit la question de si nous avons déjà appris que ces alliances terminent toujours par nous exploser à la figure. Et une réponse se fait encore plus nécessaire dans la péninsule ibé- rique, où cela devrait être clair que la révolution des années 30 a merdé pour avoir eu confiance dans le fait que les alliances avec les politiques et la participation des anarchistes dans la gestion de la misère (c’est à dire, au Gouvernement), fruit du désespoir ou de la bonne foi, a accéléré le processus de décomposition et l’avancée du fascisme. Nous ne sommes pas contre le fascisme parce que ce serait le pire de tous les maux. Nous sommes contre le fascisme de la même manière que nous sommes contre le parlementarisme, contre la démocratie, contre l’autorité. Donc, en tant qu’anarchistes, et anti-autoritaires, nous joindre à des groupuscules gauchistes (nous sommes quasi tombés dans l’erreur d’écrire «  groupuscules et individus  » mais se sont toujours des groupuscules) qui sont en faveur de la politique institutionnelle, qui renforcent et soutiennent le système représentatif et qui fonctionnent de manière hiérarchique, avec leurs portes paroles, délé- gué.es, chef.es, c’est nous mener au désastre. Contre ce « fléau » que semble être le fascisme nous voyons en toute alliance anti non seulement une erreur tactique, mais également un terrible facteur amnésique. Continue reading « Contre les alliances, contre la centralité »

Thessalonique (Grèce) : Intervention au consulat de Suisse suite à l’arrestation d’un compagnon anarchiste

Le 29 janvier, la police suisse arrête un compagnon anarchiste à Zurich. S’en suit une perquisition dans une maison et dans une bibliothèque anarchiste, un lieu auquel il participe activement. Il convient de noter que la bibliothèque anarchiste est un lieu des plus actifs avec d’importants livres et revues du mouvement anarchiste du 19ème et du début du 20ème siècle.

Il est poursuivi et accusé d’avoir participé :

  • à une attaque incendiaire contre des véhicules de l’armée suisse
  • à une attaque incendiaire sur la tour radiofréquence de la police suisse
  • au collage d’une affiche qui préconise « la destruction de biens et le recours à la violence à l’encontre d’entreprises et de personnes qui participent à la construction de la prison de Basslergut (centre de détention pour migrants) à Bâle et à la construction du nouveau centre de police et de tribunaux à Zurich »

Le compagnon sera placé en détention préventive pendant au moins trois mois, car, conformément au code pénal suisse, les demandes de libération sont réexaminées tous les trois mois. Résultat ? Le compagnon risque d’être en détention préventive pendant très longtemps (dans certains cas, la détention préventive pourrait durer jusqu’à deux ans et demi).

Quelques mots sur la « neutralité » de l’État suisse.

Pendant près de deux siècles, l’État suisse lutte pour être (et y est très bien parvenu) réputé dans le monde entier pour sa «neutralité et son maintien de la paix». Encore un mensonge, car même s’il n’a pas été directement impliqué dans des guerres entre États, il ne l’a fait que pour renforcer encore sa position de « tirelire » capitaliste, en tant qu’endroit sûr pour les riches, afin de préserver cette richesse ensanglantée. Contre l’ennemi interne, il n’hésite pas à montrer, comme tous les États, son visage de guerre. Quiconque brise la façade de la richesse, quiconque conteste la loi et l’ordre sera puni.

Face à tous les efforts d’inclusion et de répression déployés par l’État suisse, le combat des compagnon continue et continueront à se battre. Nous sommes à leurs côtés. La lutte et la solidarité ne connaissent pas les frontières.

Attaque contre l’État et ses dispositifs

Solidarité avec tous ceux et celles qui sont poursuivis pour actes de violence révolutionnaire contre l’État suisse

depuis https://actforfree.nostate.net

Turin (Italie) – Procès Scripta Manent : Les requêtes du parquet

Les condamnations demandées par le Procureur Roberto Maria Sparagna, du parquet de Turin, pour les inculpés du procès Scripta Manent sont :

– Alfredo Cospito : 30 ans
– Anna Beniamino : 29 ans
– Nicola Gai et Danilo Cremonese : 10 ans
– Carlo Tesseri : 8 ans et 3 mois
– Alessandro A. , Francesca G. : 8 ans
– Gioacchino Somma : 7 ans et 6 mois
– Patrizia Marino : 7 ans et 3 mois
– Gabriel Pombo Da Silva, Stefano Fosco, Elisa Di Bernardo : 7 ans
– Valentina Speziale, Marco Bisesti, Pasquale Valitutti, Omar Nioi, Erika Preden, Alessandro Mercogliano, Daniele, Stefano, Claudia, Sergio : 6 ans et 6 mois

Aucune circonstance atténuante n’a été retenue pour personne, ni aucune récidive.

traduit par attaque depuis Croce Nera Anarchica  (https://www.autistici.org/cna/2019/03/06/scripta-manent-richieste-di-condanna-del-pm/)

Trente : six micros et une caméra retrouvés

A la suite de « l’opération Renata » qui a conduit à l’arrestation de sept compagnons et compagnonnes et à une cinquantaine de perquisitions pour la plupart à Trente et à Rovereto, mais aussi à Rome, à Naples et à Cagliari, nous avons décidé de contrôler nos habitations, à la recherche d’oreilles ennemies. 

En fouillant dans les boîtiers de prises et d’interrupteurs, nous avons trouvé 6 dispositifs accoustiques, des puces avec microphones, batterie, sim et carte mémoire (la sim et la carte mémoire étaient présentes dans chacunes sauf pour une).

Deux d’entre eux étaient situés à deux endroits différents du salon, l’espace commun de la maison. Un autre se trouvait dans le couloir qui mène de l’entrée aux chambres et au reste de la maison, les trois dernièrs ont été trouvés dans les chambres personnelles, une pour chaque chambre.

En cherchant mieux, nous avons remarqué qu’un micro placé au-dessus de l’interphone dans le couloir (celui sans carte sim ni carte mémoire) était équipé d’un canal de transmission vidéo. Nous avons découvert que les câbles étaient connectés à l’interphone, à l’intérieur duquel une caméra avait été montée avec un travail très précis. Comme le montrent les photos ci-dessous, l’objectif de la caméra pouvait observer à travers un petit trou déjà présent dans la structure d’interphone légèrement travaillé pour être adapté à l’appareil. Ce qui permettai aux flics de contrôler l’entrée de la maison, le couloir et même les portes des chambres privées des locataires.

C’est la deuxième fois que nous trouvons une caméra dans une maison habitée par des compagnons, ce qui montre un clair saut en avant en matière de répression.

Non seulement au téléphone, dans la voiture, pendant les assemblées, à la maison, mais également surveillé chez nous minute après minute et allant même jusqu’à écouter l’intimité de nos chambres à coucher.

Ces découvertes ne font que nourrir notre colère et notre haine pour la Digos et la Ros, ce à quoi nous voudrions dire qu’il ne suffira pas de nous observer de plus près et de nous faire sentir le souffle dans le cou pour nous faire peur et nous faire revenir sur nos idées.

des compagnons et compagnonnes espionnés

ci-dessous quelques photos des dispositifs :

Continue reading « Trente : six micros et une caméra retrouvés »

Pour régler les comptes

Un conflit ne comporte pas de solution à sens unique, mais contient en lui des possibilités infinies (dont l’indifférence ou l’éloignement). En tout état de cause, seul celui qui le vit dans sa chair peut connaître la réponse à y apporter, une réponse qui ne peut être codifiée. Voilà pourquoi, avec l’autonomie de l’individu, disparaît la justice, et avec elle l’injustice. Il ne faut en effet pas croire que nier la justice signifie défendre l’injustice. Pas plus que nier l’existence de Dieu implique l’adoration de Satan. Au fond, Hobbes, qu’on ne peut pas soupçonner de sympathies subversives, n’avait peut-être pas toujours tort en affirmant que la Justice consiste simplement à préserver des pactes, et donc que là où il n’y a pas d’Etat – c’est-à-dire de pouvoir coercitif qui assure le maintien des pactes –, il n’y a ni justice ni injustice.

Télécharger Pour régler les comptes en PDF.
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Repris de tumult.noblogs.org

En lutte contre le patriarcat, mais avant tout… contre toute forme d’autorité !

« Si notre désir est de détruire toute domination, il est alors nécessaire que nous allons au-delà de ce qui nous opprime, au-delà du féminisme, et au-delà du genre, parce que c’est là que nous trouverons la capacité de créer notre individualité indomptable pour affronter toute domination sans vaciller. Si nous désirons détruire la logique de la soumission, cela doit être notre objectif minimal. » (Willful Disobedience Vol. 2, No. 8.)
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En tant qu’antiautoritaires, cela fait longtemps que nous n’avons la moindre doute par rapport au caractère patriarcal du système de domination en vigueur. Dans ce modèle de société, la différence de sexe biologique (génétique) entre hommes et femmes se traduit en une construction sociale de genres et de rôles qui imposent une supériorité du « masculin » sur le « féminin ».
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Ainsi, les puissants, l’État et ses défenseurs s’efforcent de nous enseigner ce que c’est « être » une femme et « être » un homme. Dès l’enfance, on nous bombarde avec des définitions imposées, établissant des règles et des comportements, imposant des normes aux goûts et aux pratiques, cherchant à nous normaliser et à nous « différencier » les unes des autres avec des catégories fonctionnelles à l’ordre établi.
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Entre compagnonnes et compagnons antiautoritaires, il est clair que le pouvoir cherche à nous définir et nous refusons de l’accepter, déconstruisant en nous-mêmes les choses avec lesquelles l’ennemi nous contamine depuis notre enfance. Il s’agit alors à se défaire de l’éducation citoyenne, à travers la confrontation et la construction de valeurs propres qui donnent forme et contenu au sentir, à la parole et à l’agir anarchiste. Continue reading « En lutte contre le patriarcat, mais avant tout… contre toute forme d’autorité ! »

Florence, opération Panico : mises à jour audiences et nouveau calendrier

ciao, quelques brèves mises à jour des dernières audiences :

12 février : l’examen des faits spécifiques du Nouvel An a commencé. Les textes* de l’accusation (digos) et de la défense (digos et artificier) sur la reconstruction des faits ont été consignés.

14 février : audience sur l’ADN. Les experts de l’accusation et de la défense (généticiens) ont fait leur déclarations. Si vous souhaitez un résumé détaillé de cette audience, contactez le mail panico [panico2 @ inventati.org]

21 février : audience sur l’association de malfaiteurs, textes de l’accusation (digos). La nouveauté, concernant le dossier d’enquête, c’est l’insistance sur les liens entre les Florentins et les personnes arrêtées de Turin et du Trentin.

28 février : l’un des détenus n’a pas renoncé à être au tribunal. Au début de l’audience, nous avons appris qu’il était malade et ne pouvait pas venir. Cependant, le juge a décidé d’attendre la réponse de la prison quant à sa présence. Enfin, il a été signalé que le détenu avait une gastro-entérite et ne viendrait donc pas ; l’audience à ce moment là a sauté.

Ils ont en tous cas retouché le planning des audiences :

7 mars -> Fin des textes d’accusation (digos sur l’association), interrogatoire des accusés par le proc. Commence la défense.

12 mars -> Journée des experts de la défense par rapport aux événements du Nouvel An. Nouvelle déclaration de la généticienne de la police, il a été annoncé qu’elle avait refait les analyses qui avaient été mises en doute par notre généticien, sans pour autant en évoquer les résultats.

13 mars -> saute

14 mars -> Si les retranscriptions des écoutes téléphoniques environnementales sont déposées, ils parlerons de celles-ci, sinon l’audience saute.

4 avril -> plaidoiries des parties civiles et de l’accusation

11 et 12 avril -> plaidoiries de la défense

18 avril -> JUGEMENT.

Les présences dans la salle d’audience des autres prisonniers ne sont toujours pas connues. Paska et Ghespe ne participeront probablement pas.

Solidarité avec les compagnons arrêtés et inculpés pour l’opération « Renata » dans le Trentin, pour les prisonniers/inculpés de l’opération « scintilla » à Turin, ceux de Scripta Manent et tous ceux qui ne baissent pas la tête en ces temps de répression étatique .

repris de panicoanarchico.noblogs.org

* Testi : témoignages et expertises, ndt

Turin : deux compagnons vont être remis en liberté

Des nouvelles du côté du « riesame » [réexamen des mesures, plus ou moins équivalant au juge des libertés et de la détention en fRance] : l’accusation d’association subversive (art. 270 bis du Code pénal) est tombée, Giada et Larry vont être libérés sous peu. Nico attend la réponse d’une autre demande de réexamen pour sa remise en liberté, puisqu’il a une double ordonnance de détention, l’issue sera connue sous peu ; pour tous les autres,  ils restent en prison, les autres chefs d’accusations sont maintenus.

Nous ne pouvons pas jubiler, puisque des compagnons restent en prison, mais nous attendons avec impatience ensemble qu’arrivent Larry et Giada, de Ferrara et Rome, 

depuis  Macerie https://www.autistici.org/macerie

Athènes : Affrontements suite à la mort d’un migrant

Des manifestants se sont affrontés le 27 février 2019 à la police anti-émeute à Athènes lors du rassemblement pour dénoncer la mort de Ebuca Mama Subek, 34 ans. Ce Nigérian, père de deux enfants, décédé dans un poste de police de la capitale particulièrement connu pour ses violences contre les migrants, celui du quartier d’Omonia. Les policiers ont d’abord niés avoir arrêté Ebuca Mama Subek, puis ont changé de version en affirmant qu’il était venu s’effondrer dans la salle d’attente… Les manifestants ont érigé des barricades en flammes et lancé des pierres en se dirigeant vers le poste de police mercredi soir. Les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et chargés les manifestants.

 

repris de non-fides

Que ça se sache. Communiqué depuis le Trentino

Pendant la méga-opération contre les anarchistes du 19 février, ainsi que dans les jours suivants, il y a eu des choses que, au delà de toute pleurnicherie et de tout victimisme, il est important de rendre publiques.

Pendant la perquisition de mardi 19, un des compagnons arrêtés a été obligé de se mettre à genoux par un carabiniere ou un policier, qui lui a pointé son flingue à la tempe.

Pendant une autre perquisition, des policiers ont essayé d’entrer dans une cave avant de réveiller les compagnons qui vivent dans la maison et se sont ensuite plaint en cachette de ne pas avoir réussi à y cacher ce qu’ils voulaient.

Quand la perquisition était déjà finie, avec une compagnonne arrêtée et d’autres au commissariat, dans leur maison d’autres compagnons, relâchés un peu avant, découvrent des flics en civil. La porte de l’espace anarchiste « El Tavan », fermée par les compagnons après la perquisition, est trouvée elle aussi ouverte une heure après.

Simultanément avec l’assemblée en solidarité avec les compas arrêtés, la maison de Bosco di Civezzano, où vivait, en plus de quatre compagnons arrêtés, aussi un autre compagnon, a été saisie. Du coup, les hommes du DIGOS et du ROS peuvent y renter et sortir comme ils le veulent, sans aucun contrôle. Toujours le vendredi 22 février, une autre maison a été perquisitionnée sans qu’aucun compagnon soit présent. Certains propriétaires des maisons où vivent des personnes sous enquête ont été menacés par DIGOS et ROS afin d’en expulser les compagnons.

A bon entendeur…

25 février 2019
Anarchistes de Trento et Rovereto

  traduit par attaque.noblogs.org depuis Inferno Urbano

Madrid : Incendie d’un DAB en solidarité avec les prisonniers anarchistes

Dans la nuit du 18 février 2019, un distributeur de billets de l’agence bancaire ‘Bankia’ a été incendié dans le quartier de Usera. Cette petite action est un signe d’encouragement pour Lisa, récemment transférée d’Allemagne à Madrid, pour les inculpé.e.s du G20, les compagnon.ne.s arrêté.e.s à Madrid le 29 30 octobre dernier, accusé.e.s de l’incendie d’un autre distributeur de billets de ‘Bankia’ et pour les compagnon.ne.s en Italie, récemment frappé.e.s par de nouvelles opérations contre les milieux anarchistes à Turinet à Trente, ainsi que pour les compagnon.ne.s jugé.e.s dans les opérations ‘Scripta Manent‘ et ‘Panico‘.

Faites savoir aux Etats espagnol et italien que la solidarité anarchiste ne s’arrêtera pas. Et cela se concrétisera par autre chose que de simples mots. Le sabotage est simple et facile. Sa force réside dans les possibilités de le reproduire.

Nous inscrivons également cette petite action comme une contribution à la semaine d’agitation et de propagande contre la gentrification, la spéculation capitaliste et en défense des squats.

Liberté pour Lisa, liberté pour tou.te.s !

Vive l’anarchie !

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, febrero 28, 2019 par sansattendre.noblogs.org]

Varese (Italie) : Attaque contre la Lega

Dans la nuit de jeudi à vendredi, vers 1 heure, des inconnus ont cassé la vitrine du local de Lega via Dante avec un extincteur. Ils sont entrés, ont volé un drapeau, écrit « La pacchia è finita » et ont vidé deux extincteurs. à l’intérieur du local.

vandalismo sede lega fagnano olona marzo 2019

repris de roundrobin.info

 

Florence (Italie) : Rassemblement en solidarité

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SANS RELÂCHE POUR L’ANARCHIE

EN MARS, SERA PRONONCÉ LE JUGEMENT CONTRE NOS COMPAGNON.NE.S, INCULPÉ.E.S POUR L’OPÉRATION PANICO,  
DESERTONS LE TRIBUNAL!

SAMEDI 23 MARS  le rdv est reporté au 20 avril
RASSEMBLEMENT EN SOLIDARITÉ POUR TOUS.TES LES PRISONNIÈR.ES ANARCHISTES

 16 HEURES FLORENCE

le texte de l’appel et des informations plus précises seront bientôt disponibles.

 

repris de https://anarhija.info

À propos de projectualité

“L’anarchisme… Est une manière de concevoir la vie, et la vie… N’est pas quelque chose de définitif : c’est une mise que l’on doit rejouer jour après jour. Lorsque l’on se réveille le matin et que l’on pose les pieds au sol, on doit avoir une bonne raison de se lever. Si ce n’est pas le cas, que l’on soit anarchiste ou non ne fait aucune différence… Et pour avoir une bonne raison on doit savoir ce que l’on veut faire…”

Alfredo M. Bonanno

Peut-être que l’un des concepts les plus compliqués que j’ai essayé d’exprimer dans mes projets est celui de projectualité anarchiste. La difficulté dans le fait d’exprimer ce concept ne résulte pas simplement du fait que ce mot est inhabituel, mais surtout du le fait qu’il est en totale opposition avec la manière dont l’ordre social nous incite à vivre.

Dans cette société, on nous apprend à voir la vie comme quelque chose qui nous arrive, quelque chose qui existe en dehors de nous, dans laquelle nous sommes jetés. On ne nous dit pas, cependant, qu’il s’agit de la conséquence d’un processus de dépossession, et donc cette aliénation nous semble naturelle, une conséquence inévitable du fait d’être vivant. Lorsque la vie est perçue de cette manière, la grande majorité des gens font face aux situations comme elles arrivent, acceptant pour la plupart leur sort, protestant parfois contre des situations spécifiques, mais toujours dans les limites fixées par l’acceptation d’une vie prédéterminée et aliénée. Quelques personnes ont une approche plus gestionnaire de cette vie aliénée. Plutôt que de simplement prendre les choses comme elles viennent, elles cherchent à réformer la vie aliénée avec des programmes, en créant des plans pour une existence modifiée, mais qui reste déterminée par avance et à laquelle les individus doivent s’adapter.

On peut trouver des exemples de ces deux tendances au sein du mouvement anarchiste. On peut voir la première tendance avec ces anarchistes qui considèrent la révolution comme un événement qui avec un peu de chance finira par arriver lorsque les masses se soulèveront, et qui en attendant gèrent leur vie avec une sorte “d’immédiatisme” pragmatique de circonstance. Une pratique anarchiste de principe est considérée comme “impossible” et est sacrifiée au bénéfice de l’amélioration des conditions immédiates “par tous les moyens nécessaires” – parmi lesquels les procès, les pétitions aux autorités, la promotion de la législation, etc. La deuxième tendance se manifeste dans des perspectives s’appuyant sur des programmes comme le platformisme, le municipalisme libertaire ou l’anarcho-syndicalisme. Ces perspectives tendent à réduire la révolution à la considération de la manière dont les institutions économiques, politiques et sociales qui contrôlent nos vies doivent être gérées. Étant donné qu’elles reflètent les manières avec lesquelles les gens font face à une vie aliénée, aucune de ces méthodes ne remet réellement en cause une telle existence. Continue reading « À propos de projectualité »

Publication : C’était nous, mais ce n’Était pas nous*

C’était nous.

C’était nous parce que nous voulons nous réjouir lorsque la Poste, qui fait partie de la machine à expulser, est ardemment sabotée.

C’était nous parce que nous voulons éprouver un bonheur incommensurable lorsque des prisonniers mettent le feu à leur cage, quelles s’appellent CPR (CRA, ndt) ou prison.

C’était nous parce que nous voulons nous réjouir lorsque les locaux de la Lega sont attaqués comme à Ala et ailleurs, lorsqu’un ingénieur de la mort nucléaire est estropié et les structures de recherche militaire attaquées ou lorsque les locaux fascistes sautent comme à Florence, y compris la main et le œil de ceux qui les protègent. C’est pourquoi nous ne pouvons qu’éprouver de la complicité avec toutes les publications et les individus anarchistes qui veulent attaquer ce monde.

Ce nous, cependant, n’est rien d’autre qu’un archipel d’individualités subversives, une galaxie de rapports d’affinité qui se déroulent de manière informelle dans des relations intenses qui se tissent entre ceux qui se sentent poussés par une telle tension révolutionnaire. Il ne peut en effet exister nous collectif, comme ne peuvent exister d’associations subversives telles qu’ils les imaginent. N’en déplaise aux flics, juges et magistrats.

« Dans des appels téléphoniques, dans des conversations, nous avons également réussi à mettre en évidence une matrice idéologique très forte. Ils ont même parlé de révolution, de subvertir l’ordre établi », dit le procureur de Trente Raimondi. Et c’est justement ce que nous faisons, dans nos journaux, dans la rue, avec nos actions. On parle de révolution, de révolte, de subversion. Nous parlons de la violence nécessaire pour laisser la place à une façon d’exister différente et incompatible avec l’autorité et l’asservissement : comme l’a dit un vieux tavernier durant la révolution espagnole, la gaieté de la révolution se heurte au sérieux de la guerre comme un papillon contre un char d’assaut. Ainsi notre joie armée sait savourer la violence comme on sirote un bon vin, auquel on ne se retrouve pas dépendant pour pouvoir saisir de nouveau l’arôme de la liberté. D’autre part, en revanche, le désert des hiérarchies institutionnalise le massacre fondant son propre ordre sur le nécessaire monopole de la violence de l’État.

C’était nous, mais nous ne sommes pas l’État nous*. Un gouffre éthique nous sépare. Lorsque le président de la province de Trente Fugatti déclare que « la violence contre les personnes, les lieux et […] idées, doit toujours être repoussée et combattue avec fermeté », il ne fait que résumer ce que tentent de faire quotidiennement, chacun.e.s à sa façon, ceux qui s’opposent à ce monde : s’opposer fermement, avec la violence nécessaire, au pouvoir de l’État, du Capital et d’un système technologique de plus en plus envahissant.

«Le fait qu’il y ait des épisodes de violence répétés, le fait que l’on invite à l’exercice de la violence de manière publique et de manière clandestine, le fait que dans l’exécution de ces projets, des épisodes de violence se mettent en œuvre ne peut être retenu par quiconque comme une forme de dissidence ou l’affirmation d’idées sur la société, la vie, la politique, mais comme des faits graves qui doivent être combattus efficacement au niveau national», observe le procureur adjoint Romanelli. Cependant, tant que nous serons libres, et pour ce que nous réussirons à faire même dans les prisons d’État, nous continuerons à souffler en tant qu’individualités subversives sur le feu de l’insubordination: invitant à l’exercice de la violence, au développement de mille projectualités révolutionnaires, à l’action directe.

Pour la libération, toujours la tête haute! Tout.e.s hors des prisons!

Traduit de Frangenti (Italie) n°36, 22/02/2019

Frangenti, il numero 36 di solidarietà

* Jeu de mot en Italien avec le mot Stato (État) et stato (était) : « C’était nous, mais ce n’Éta(i)t pas nous* » (Nous ne sommes pas l’État nous)

Pris dans la toile

En quelques décennies, le monde entier a été recouvert par différentes nouvelles toiles. Internet, réseau de téléphonie mobile & co… Avec quelle rapidité cette toile allait se développer, à quel point elle se tisse de manière toujours plus serrée… quasiment personne n’aurait osé le prédire. Les câbles en fibre optique tirés comme des veines sous les villes, les signaux vibrant dans l’air à toujours plus haute fréquence, les antennes, les modems,les portables, le wifi, le home monitoring, les objets « intelligents », les smart cities…

Aujourd’hui, on parle de manière inflationniste de réseaux sociaux, de mise en réseau, de toile, etc. Ces concepts se frayent un chemin dans le vocabulaire des entreprises, de la politique, de groupes d’intérêts et de cercles d’amis… en réalité, on en entend parler presque partout. Cela correspond à une transformation complète des théories sur l’organisation, ce qui ne devrait pas surprendre, puisqu’en même temps l’ensemble de la société se restructure sur de nouvelles bases.

Mais quel est le but d’une toile ? C’est clair : une araignée tisse sa toile pour attraper des insectes qu’elle peut ensuite dévorer vivants. Un pêcheur a besoin de filet pour attraper des poissons. Alors à quoi sert le magnifique nouveau réseau qui s’étend sur le monde entier, élaboré par différentes entreprises et institutions étatiques et dont le développement semble sans fin ? Et bien, ceux qui le tissent et le financent visent avant tout à une chose : le Capital. Tout ce qu’attrape ce réseau se transforme en informations sous forme de zéros et de uns, en informations potentiellement exploitables représentant davantage de capital pour les « up to date ».

Ce réseau se déploie depuis maintenant quelques décennies, et beaucoup y voient encore un bon potentiel de développement. Pourquoi ne pas intensifier son extension au-dessus de l’architecture urbaine ? Le faire pénétrer dans les appartements ? Ou même à l’intérieur des corps humains ? Cela fournirait bien plus d’informations encore. De l’information détaillée, de l’information supposément susceptible de refléter l’ensemble de la réalité,ce qui équivaudrait à encore beaucoup plus de capital. Du capital sous forme de sécurité, de contrôle, de vitesse,de prévisions et de prévisibilité…

La restructuration actuelle destinée à perpétuer le capitalisme provoque aussi des changements dans les rapports sociaux. Cela se dessine depuis longtemps. On renonce de plus en plus à certaines choses aujourd’hui quelque peu démodées, même si cela pourrait bien sûr changer encore à l’avenir. Dans la famille, à l’école, au travail, les comportements personnels directement et ouvertement autoritaires se transforment au fur et à mesure que la relation humaine directe et non médiée passe en tant que telle progressivement à l’arrière plan.Ils cèdent régulièrement la place à la logique de réseaux collaboratifs, des réseaux ”transparents” constituant dans le meilleur des cas une maille productive supplémentaire dans la grande toile. La domination en devientde plus en plus impersonnelle, et il est toujours plus difficile de voir selon quel algorithme nous sommes entrain de danser, comment il a été programmé et qui contrôle le programme… Comme des mouches dans unetoile d’araignée, nous voilà bien englué-e-s, à la différence près que selon toutes les apparences, il semble quenous ayons été privé-e-s de l’instinct de nous faufiler et de tout simplement essayer de nous échapper en volant.Souvent, nous ne savons même plus ce que voler veut dire.

A mon avis, en tant qu’anarchistes, nous ne devrions pas accepter si facilement le discours des réseaux etc. La toile est un filet pour attraper, dans lequel on s’empêtre et duquel on peut à peine sortir. Nous devrions bien plus baser nos luttes sur une organisation souple, une libre association pouvant toujours et directement être déliée par celles et ceux qui y participent à partir du moment où cela fait sens, et préférer le rapport non médié,refusant les normes sociales et toute hiérarchie, au-delà des algorithmes et des programmes.

Et pendant que manifestement beaucoup tombent littéralement comme des mouches dans la toile, appâté-e-s ad nauseam par des images scintillantes, des commodités et des gadgets faciles, nous ferions mieux de réfléchir à comment passer à travers les mailles du filet, comment en briser les fils, jusqu’à ce que l’ensemble de la toile se déchire !

 

 https://fr.theanarchistlibrary.org/library/pris-dans-la-toile.pdf

De nouvelles actions en solidarité face à la répression en Italie (MAJ)

* Cremona : Action en solidarité

Après les arrestations et les perquisitions dans le Trentin, une colonne de fibres optiques a été mise hors service pendant la nuit. Silencier le technomonde pour faire hurler la chair fraiche. Par solidarité, également avec les compagnons de Turin, avec le compagnon du Fermento, avec les prisonniers des opérations scripta manent et panico. Même ici, dans le brouillard de Crémone, la pilule de la répression ne passe pas.

* Athènes : Solidarité avec les arrêtés de Turin et du Trentin

Le vendredi 22 février, l’Institut italien de la culture d’Athènes a été occupé en solidarité avec les personnes arrêtées de Turin et du Trentin et de l’Asile.
De l’intérieur du bâtiment, des courriels ont été envoyés aux autorités de l’État italien et des tracts ont été lancés pour exprimer la solidarité avec les compagnons arrêtés.
Dehors, deux banderoles en grec et en italien sur lesquelles il était écrit:
Le terroriste c’est l’Etat
Solidarité avec l’asilo occupé et les personnes arrêtées à Turin et dans le Trentin.

L’info sur indymedia avec des photos: https://athens.indymedia.org/post/1595864/
Feu à toutes les galères!
Liberté pour toustes !

Des anarchistes

* Cagliari : Une antenne-relais incendiée en solidarité

Dans la nuit de jeudi 14 février on a incendié une antenne-relais à Cagliari, sur la Piazza Maremma.
En solidarité avec les compas de Turin arrêtés et l’Asilo expulsé.
Liberté pour Antonio, Silvia, Giada, Larry, Nicco, Beppe !
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*  Milan : Une agence de la Poste attaquée en solidarité

Dans la nuit du 26 au 27 février, on a détruit deux distributeurs de billets, les vitres et la porte de la Poste de la Via Franco Tosi, à Milan.

Liberté pour Nicco, Larry, Silvia, Giada, Antonio et Beppe.
Liberté pour Rupert, Agnese, Stecco, Giulio, Nico, Sasha et Poza.

traduction attaque.noblogs.org

 

depuis roundrobin.info

On voudrait nous apprendre à marcher en nous coupant les pieds

Lycées ghettos, lycées d’élites.

Ils sont beaux les fondements de l’école. L’Etat providence dispensant gratuitement, pour tous et de façon égalitaire, sagesse et connaissance universelle.

Les connaissances élémentaires pour tout un chacun, les bases à connaître, les savoirs nécessaires à la vie en ville, les machins utiles, les trucs qu’il vaut mieux savoir faire, dire, taire si tu veux t’en sortir. Les machins que t’as intérêt à connaître, si tu veux pas crever trop seul, trop pauvre et pas totalement dépressif. Les trucs essentiels à la vie en société, à la vie de ceux qui te l’enseignent, tout ce que tu dois savoir pour gérer au mieux la façon de te faire baiser.

Continue reading « On voudrait nous apprendre à marcher en nous coupant les pieds »

[Quatre pages] : Ni normal, ni extraordinaire


…L’écriture de ce texte a surgi de la nécessité d’aborder la question des violences sexuées (ou plutôt genrées) et sexuelles dans des environnements proches. Il est le fruit de discussions liées à des expériences diverses, mais n’a pas la prétention de fournir des recettes à toute la palette de problèmes auxquels peuvent se trouver confrontées les unes ou les autres. Le choix a été fait de ne pas l’écrire du point de vue de quelqu’une ayant subi une agression, mais dans une perspective plus large. Nous sommes en effet convaincues que ces situations très concrètes, au delà de l’autodéfense immédiate, nécessitent de traiter les mécanismes généraux qui les sous-tendent. Voici donc une contribution à des réflexions pratiques à approfondir, individuellement et collectivement, au sein des différentes activités et chaque fois où cela fait sens…

Lire la suite dans le PDF ci-contre.
A noter qu’on peut trouver une version de ce texte en espagnol dans Aversión n°10, mars 2014, pp. 6-7

https://cettesemaine.info/breves/IMG/pdf/normalpdf-161634.pdf

La liberté vient toujours avec un couteau entre les dents

Regardez autour de vous, mais faites-le avec vos propres yeux. Voyez-vous comment la planète est devenue une gigantesque poubelle industrielle ? Voyez-vous comment les États étranglent les esprits et portent la guerre et le massacre partout ? Voyez-vous comment tout repose autour de nous sur l’exploitation et l’oppression de milliards de personnes ? Pouvez-vous encore compter les millions de morts de cet immense bain de sang sur lequel ce monde a construit ses gratte-ciels, ses supermarchés et ses usines ? Les affamés, les noyés, les massacrés, les bombardés, les irradiés, les torturés, les voyez-vous toutes ces piles de cadavres entassés ?

Peut-être. Mais tout est fait pour que vous n’en voyiez rien. Vous êtes exploités au travail, où vous accomplissez des tâches dont le sens vous échappe, sans la moindre satisfaction. Vous produisez des objets nuisibles, des aliments toxiques, des instruments de mort, des marchandises inutiles. Vous surveillez votre semblable, vous le tenez en laisse par l’administration, les papiers, les allocations. Vous êtes contrôlés à chaque instant de votre vie, tenus à l’œil par mille caméras et anesthésiés par mille drogues et ersatz. Vous êtes dégradés en votre for intérieur, car vous vivez avec, pour et grâce aux appareils technologiques qui vous dominent. Vous ne voulez plus rien qui ne soit déjà pré-formaté pour vous, vous ne désirez plus rien qui ne s’affiche déjà sur les écrans. Vous ne faites, en fin de compte, qu’obéir.

Continue reading « La liberté vient toujours avec un couteau entre les dents »

Madrid, Espagne : Fin de régime d’isolement pour Lisa – 18 février 2019

Après que Lisa a été transférée de la prison de Willich, en Allemagne, à celle de Madrid, où elle avait été placée à l’isolement [régime FIES], nous avons reçu il y a quelques jours une lettre de sa part, dans laquelle elle nous informe que le contrôle de son courrier a enfin été levé et qu’elle est désormais incarcérée sous un régime de détention classique à Madrid. Elle va bien et reste forte.

Pour lui écrire :

Lisa Dorfer
C.P. Madrid V
Módulo 13
Carretera M609, km 3,5
28971 Soto del Real (Espagne)

[Traduit de l’allemand de Soligruppe für Gefangene, 18. Februar 2019 par http://sansattendre.noblogs.org]

Allemagne : Tout feu tout flamme contre l’armée, les flics et les fachos

Brême, 17 février : incendie de deux camions de l’armée allemande

Dans la nuit de samedi 17 février à Brême, deux camions de l’armée allemande ont brûlé dans le secteur de Neustadt. L’un a été entièrement détruit par les flammes, l’autre fortement endommagé. Les enquêteurs de la Staatschutz se sont saisis des investigations.

C’est vers 2h30 samedi qu’un citoyen vigilant signale aux flics que les flammes sont en train d’embraser un camion de la Bundeswehr sur un parking de véhicules utilitaires à Neustadt. Le montant des dégâts n’a pas été communiqué. Un communiqué de revendication a été publié sur la plateforme de publication libre de.indymedia.org. En voici la traduction:

« A l’occasion de la conférence de l’OTAN sur la sécurité à Munich, nous avons incendié deux camions de l’armée à Brême dans la nuit du 17 février 2019. Nous avons allumé les deux véhicules par les pneus avants. Les camions civils se trouvaient à une distance suffisante.

Les temps qui courent sont à la guerre. La résiliation du traîté de désarmement des forces nucléaires à portée intermédiaire et l’augmentation du budget de l’OTAN pour l’armement n’en sont que deux signes parmi tant d’autres. En ces temps de réarmement international et de montée du militarisme, notre perspective est celle du désarmement pratique par la base. Nous avons établi une pratique locale de sabotage directe contre la folie mondiale de l’oppression militaire et économique. » Continue reading « Allemagne : Tout feu tout flamme contre l’armée, les flics et les fachos »

Trente – Solidarité avec les compagnons arrêtés

Un texte et un rencard diffusés à Trente en solidarité avec les compagnons arrêtés.arrêtés:
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LE CŒUR PAR-DELÀ LES BARREAUX
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En attente d’une analyse plus approfondie, quelques mots.
Une autre « association subversive à des fins terroristes » (article 270 bis), assortie d’une série d’infractions contestés (de l’interruption du service public à la destruction, du sabotage de dispositifs télématiques à « l’attaque terroriste », de l’incendie au transport de matériel explosif). 50 perquisitions, 150 policiers et carabiniers mobilisés, des rues entières bloquées, irruption d’agents munis de passe-montage et de gilets pare balle. Et surtout, 7 camarades arrêtés. Une opération en grande pompe – menée à la fois par les Digos et les Ros -, avec une conférence de presse de « l’antiterrorisme » à Rome. Et le lynchage habituel des médias.
Pas de surprise. Non seulement parce que c’est l’énième enquête pour 270 bis, mais aussi parce que « arrêter les anarchistes » a été pendant des semaines le refrain préféré des préfets de police, préfets, magistrats, hommes politiques et journalistes.
Quel est le problème pour les gardes armés et en toges de ce magnifique ordre social?
Dans le Trentin-Haut-Adige, il y a présence anarchiste trentenaire. Des compagnons et compagnonnes ont toujours été présents dans toutes les luttes, grandes et petites, contre l’exploitation, contre la dévastation du territoire, contre le racisme d’État. Dans les les luttes et dans la rue, l’action directe de nuit n’a jamais fait défaut (dans les dossiers du Parquet, depuis 2014 à nos jours, environ soixante-dix attaques petites ou grandes contre des banques, des casernes, des antennes relais, des véhicules militaires, des tribunaux, sièges de parti). Alors, comment la paix sociale peut-elle continuer à régner jour et nuit? La recette est toujours la même : attribuer quelques attaques à certains anarchistes (6 sur 70 …) et affirmer que tout – des tags sur les murs à l’attaque incendiaire – est planifié par une fantasmatique association subversive avec beaucoup de rôles (le chef idéologique, le responsable du secteur la logistique, responsable des relations avec les avocats, etc.), pour tenter ainsi de distribuer des années de prison. Plus généralement, dégager les casse-pieds pour passer avec le rouleau compresseur sur ce qu’il reste de liberté. La première étape consiste à isoler. C’est pourquoi les maisons des compagnons deviennent « des repaires », l’attitude obstinée à ne pas être espionné est présentée comme « quelque chose qui rappelle la mafia », etc. « Ils faisaient beaucoup les gentils et les solidaires, mais entre-temps, ils préparaient des attaques. Prenez vos distances ».
Comme d’habitude, il s’agit de faire le contraire. Continuer les luttes. Ne pas laisser pas seuls nos compagnons. Défendre publiquement les actes dont ils sont accusés. Relancer la solidarité contre une attaque qui veut aussi écraser les relations et les affects.
Nous n’avons pas de réponses simples. Mais quelques bonnes questions. Pouvons-nous changer cet état de choses sans nous battre? Pouvons-nous nous battre sans prendre de risque? Les conditions pour lesquelles cela vaut la peine de risquer ne mûrissent jamais seules? En attendant, on fait quoi?
De toute part on hurle au fascisme pour la politique de Salvini. Et ensuite? On est horrifié pour une explosion au siège de la Ligue? Allons. Que chacun y mettre du sien, pour que quelqu’un n’ai pas à tout mettre.
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Le terroriste, c’est l’État!
Agnese, Sacha, Poza, Stecco, Nico, Giulio et Rupert libres de suite!
VENDREDI 22 FÉVRIER 18h00, FACULTÉ DE SOCIOLOGIE
(via Verdi, Trente)
ASSEMBLÉE PUBLIQUE EN SOLIDARITÉ AVEC LES ARRÊTES
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Des anarchistes
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Repris de roundrobin.info

Pinerolo (Italie) : Attaque en solidarité avec les anarchistes arrêtés

Cette nuit, nous avons attaqué le bureau de poste de Pinerolo, solidaires et complices avec les anarchistes arrêtés à Turin et dans le Trentin, et avec les compagnons arrêtés pour les événements de Florence et pour l’opération Scripta manent. SALVINI BOIA – L’ASILO EST PARTOUT

repris de roundrobin.info

voir aussi : https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?p=4123 (maj régulièrement)

Une illusion : la domination sans personne


Que signifie dire quelque chose ? Que signifie exprimer ses idées ? Quelles en sont les conséquences, pour nous-mêmes, pour notre agir ?
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Prenons un exemple : une femme politique de droite sur un podium se prononce pour instaurer l’ordre de tirer aux frontières extérieures. Indignation, emportement, scandale. On veut bien stopper le flot de réfugié-e-s, mais quand-même pas comme ça. Une autre femme politique, disposant de davantage de prestige et de la position la plus haute, reconnue pour ses décisions prosaïques et de spécialiste, signe un traité qui vise à l’internement, l’expulsion et la répartition de milliers de migrant-e-s. Peu de temps après, on apprend des soldats tirent sur les personnes qui tentent de passer la frontière du pays avec lequel a été conclu ce traité. Une brève à la marge – qui est aussi la conséquence directe d’une décision politique. Une politicienne qui pose le fait de tirer directement en lien avec sa politique est une provocation ; mais chez cet ange d’innocence tirer n’est un dommage collatéral mortel à peine perceptible.
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Quand un politique prend des décisions, celles-ci sont appliquées – par d’autres. Quand un soldat tire, c’est sur ordre. Pourtant, la responsabilité de la balle, de la mort, c’est celui qui appuie sur la détente qui l’endosse. Ce qui est dit est une chose et ce qui est fait en est une autre, voilà ce qu’on nous affirme. Une ligne de partage est tracée entre l’acte et les pensées qui le précèdent. Dans le domaine des opinions, on peut prôner n’importe quel point de vue, il est permis de donner son avis. Oui, du fait même qu’elle donne à tout le monde la possibilité de s’exprimer, voire de se confronter – ou de faire une table ronde – avec des positions « extrêmes », la politique montre comment fonctionne la démocratie. Les mots sont des abstractions et sont tolérés en tant que telles. Mais lorsqu’ils impliquent la possibilité de l’action directe, ce ne sont plus des opinions, ils deviennent alors des idées qui portent en elles l’élan vers de leur réalisation. Quiconque agit directement et met ses idées en actes sans avoir besoin d’accord ni de permission commet un crime contre la démocratie. Contre la politique de la majorité désireuse de négocier, d’intriguer, de trouver des compromis. Contre la politique de la séparation et de la hiérarchie, dans laquelle seuls les spécialistes et les receveurs d’ordres ont l’autorisation d’agir. Un crime contre la loi qui ne permet que de parler d’idées, pas de les mettre en œuvre.

Murs en béton, rage en béton armé, désespoir en matière inoxydable

4medecouvJ’ai été hospitalisée le 19 novembre 2007, sous le régime de l’hospitalisation libre. Être libre de s’enfermer, quelle aubaine, c’est une idée géniale. Ce séjour était le deuxième. Un séjour de rêve – une grande bouffée de volupté.
Impossible de choisir où je vais atterrir cette nuit. Ce ne sera pas sur un terrain mou. Certains ont déjà choisi la destination. Le chemin est long, en ambulance. De la nuit et des lumières alarmantes : gyrophares, néons dans la cabine qui me transporte… Je n’avais choisi que l’abandon de mes sens à un long sommeil mais on m’a réveillée en plein rêve d’oubli. Je n’aime pas qu’on me réveille pour ces conneries : s’habituer, s’adapter, vivre comme n’importe qui d’autre.
« On va vous envoyer dans un endroit où vous allez pouvoir vous reposer, faire le point. » Tu parles ; le repos mon cul, l’ennui qui dégouline et le point, re-mon cul, explosions, traits malmenés, enragement. Heureusement j’ai parfois rigolé. Arrivée dans mon pavillon 26 à l’hôpital Paul Guiraud de Villejuif : dans la salle du bas. Une table de ping-pong, un baby-foot, des tables, des plantes merdiques, encore des néons et une infirmière. Je comprends de moins en moins. On m’aurait embarquée dans une colonie de vacances ? Continue reading « Murs en béton, rage en béton armé, désespoir en matière inoxydable »

Trente (Italie) : Manifestation en solidarité avec les arrêté.e.s du 19.02

Une cinquantaine de personne ont manifesté dans les rues de Trente après l’épisode répressif du 19/02, aux cris de « LIberté pour tous », « Salvini tu es le premier sur la liste », « Le terroriste c’est l’Etat ». Quelques tags ont été laissés sur les murs. 

Les faits contestés concerneraient différentes attaques ayant eu lieu entre 2017 et 2019, dans le cadre d’une enquête ayant débuté en 2016 pour laquelle plusieurs compagnon.nes ont été arrêté.e.s le 19/02 à la demande du parquet de Trente, pour, à titre divers, « association à des fins de terrorisme ou de subversion de l’ordre démocratique, de possession et de fabrication de faux documents d’identité, de fabrication, de détention et de port d’armes et d’explosifs, incendie et dommages causés aux systèmes informatiques ou télématiques, d’utilité publique, à des fins terroriste ». 

Selon les merdias, l’enquête regarderait des attaques contre un laboratoire de mathématiques industrielles et de cryptographie du département de mathématiques et de physique de l’Université de Trente, avec l’utilisation d’une bombe explosif ou incendiaire qui, le 8 avril 2017, a détruit les systèmes d’information ; des dommages causés à un pylône de transmission de signaux de radio et de télévision et du matériel de retransmission, le 7 juin 2017 à Monte Finonchio (Rovereto). Auraient également été détruits des équipements utilisés pour la transmission des carabiniers, dont les dommages ont entraîné une interruption temporaire des liaisons radio. L’enquête regarde également l’attaque contre neuf voitures de la police locale, avec des cocktails Molotov, le 3 décembre 2017 à Trente ; une succursale d’Unicredit, toujours avec un engin explosif, le 25 juillet 2018 à Rovereto ; le siège de l’agence de travail temporaire Randstad le 1er septembre 2018 à Rovereto. Egalement deux engins explosifs, dont un seul a explosé, devant le siège de la « Ligue », le 13 octobre 2018, à Ala*. (https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?p=1015)

 

reformulé de la presse.

Solidaires et complices avec les personnes arrêté.es à Trente et à Rovereto. Liberté pour tou*tes!

Opération Renata.

À 4 heures du matin, ce matin, perquisitions dans les lieux et chez des compagnons et compagnonnes entre Trente, Bolzano et Rovereto. 7 arrestations, 6 en préventive et 1 assigné à résidence. Les infractions contestés sont les 270 bis* et 280 bis**.
Perquisition au Tavan et à la Gym populaire de Trento, à la Nave dei Folli et à la Cabana de Rovereto, au Katakombenstube à Bolzano. Certains arrêtéssont transferés dans d’autres prisons.
Unités d’intervention présentes dans différentes zones de la ville (Palazzo Regione, Municipio, Palazzo del Governo).
Aujourd’hui, à 16 heures [19/02], rdv au Tavan, via Muredei 34/3 Trento
AGNESE, GIULIO, NICO, POZA, RUPERT, SASHA, STECCO LIBRES!!
LIBERTE POUR TOUS ET TOUTES BON SANG

Continue reading « Solidaires et complices avec les personnes arrêté.es à Trente et à Rovereto. Liberté pour tou*tes! »

Nous

Selon le célèbre mot de Mark Twain, « les rédacteurs et les gens ayant les vers » sont les seules personnes pouvant utiliser le terme « Nous », mais à ce que nous en savons, personne n’a jamais fait d’analyse approfondie des rapports de pouvoir cachés dans cette monosyllabe.

« Nous » sonne égalitaire, commun et coopératif, même s’il désigne en fait plus souvent des rapports sociaux hiérarchiques et coercitifs. Le fascisme, ne l’oublions pas, est aussi une forme de collectivité.

Dans la première phase de notre enquête, nous avons découvert plusieurs variantes du terme « Nous ». La-voici, même s’il s’agit d’une liste qui est loin d’être exhaustive :

Le Nous du leader : « … et nous donnerons nos vies, s’il le faut, pour protéger notre patrie ! »

Le Nous du manager : « Nous avons réussi à augmenter la productivité de 25 % cette année, et cela se verra ensuite dans les profits. »

Le Nous du chef : « Nous devons urgemment nettoyer cette cuisine en moins d’une demi-heure. »

Le Nous du baby-sitter : « Nous sommes un peu vexé ce soir ? Peut-être est-il temps pour nous d’aller au lit ? »

Le Nous du supporter : « Nous allons à la coupe du monde cette année ! » Bien sûr que tu y vas!

Le Nous de l’activiste : « Whose streets? Our streets! » De qui précisement ? »

Le Nous du parti : « Maintenant que les usines sont entre les mains des ouvriers, nous pouvons initier la création du paradis sur terre pour l’Humanité ! » (Un instant avant l’aller simple vers Sibérie.)

Le Nous de Zamyatin : un roman sous-estimé dont Orwell s’est beaucoup inspiré pour écrire 1984. Continue reading « Nous »

Archives : Abandonnez l’activisme !

Un des problèmes apparent lors de la journée d’action du 18 juin 99 a été l’adoption d’une mentalité d’activiste. Ce problème est devenu particulièrement évident avec ce 18 juin précisément parce que les personnes qui se sont investies dans son organisation et celles qui ont participé à cette journée ont essayé de repousser ces limites. Ce texte n’est pas une critique sur des personnes investies — mais plutôt une occasion qui inspire des réflexions sur les enjeux auxquels nous sommes confrontés si nous voulons sérieusement en finir avec le mode de production capitaliste.

Experts

Par « une mentalité d’activiste », je veux désigner les gens qui se considèrent eux-mêmes d’abord comme activistes et comme appartenant à une large communauté d’activistes. L’activiste s’identifie à ses actions et les conçoit comme le rôle qu’il doit jouer dans la vie, comme un travail ou une carrière. De même, certains s’identifient à leur travail comme médecin ou enseignant, cela devient une part essentielle de leur image de soi au lieu d’être seulement quelque chose qu’il leur arrive de faire.

L’activiste est un spécialiste ou un expert du changement social. Se considérer comme activiste signifie se considérer comme privilégié ou plus avancé que les autres dans l’appréciation du besoin de changement social et de la manière d’y parvenir ; se considérer comme l’avant-garde de la lutte concrète pour créer ce changement. Continue reading « Archives : Abandonnez l’activisme ! »

La Spezia (Italie) – Mises à jour sur les poursuites du 6 janvier 2019

Le 5 janvier 2019 à La Spezia* 14 personnes sont arrêtées et emmenées au commissariat pour être identifiées à travers la prise d’empreintes et de photos. Les infractions reprochées sont dégradations, peinture et détérioration d’œuvres architecturales publiques et privées en réunion. Selon le dossier « En plein centre de La Spezia [ils] ont enduit de peinture rouge l’une des rues historiques de la ville, endommageant la fontaine artistique adjacente de la Piazza Garibaldi et apposant des dépliants contenant un écrit en solidarité avec Paska, Ghespe et Giova et tous les inculpés de l’opération de Panico ». Pour 10 d’entre eux, la police a émis un avis d’expulsion [foglio di via] de 3 ans de la municipalité de La Spezia. Moins d’un mois plus tard, le Parquet de La Spezia a émis, pour 14 personnes une demande d’interdiction de séjour et de surveillance spéciale. Le 29 Janvier, le tribunal de Gênes (section des mesures préventives) a rejeté la demande d’interdiction de résidence, mais a fixé l’audience pour décider de la surveillance spéciale au 27 mars 2019.

Les mises à jours suivront

*Voir ici : https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?p=3593

repris de roundrobin.info


Quelques notes à propos de la Surveillance Spéciale :

La Surveillance Spéciale correspond ici à l’application de mesures de prévention appliqués à une personne soupçonnée et jugée “socialement dangereuse”, ayant fait l’objet ou non d’une condamnation (elle peut par exemple être appliqué à une personne sortant de prison).

Continue reading « La Spezia (Italie) – Mises à jour sur les poursuites du 6 janvier 2019 »

Des nouvelles de Naples

Jeudi 14 février, après d’innombrables reports, l’audience  qui devait décider des mesures préventives contre vingt compagnons et compagnonnes et la mise sous séquestre du C.S.L. « Louise Michel » et du 76, a eu lieu au tribunal des réexamens de Naples. Au début de l’audience, la Cour a elle-même soulevé la question de l’irrecevabilité du recours présenté par le proc. Catello Maresca. Après avoir écouté les parties sur cette question spécifique, il s’est réservé le droit de statuer dans un délai de cinq jours. Ce matin, le 15 février la Cour a déclaré l’appel irrecevable.

Des Anarchistes à Naples

repris de roundrobin.info

 

voir aussi :  https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?p=2294

Re-cherche

«Ceci est un laboratoire de re-cherche. Re-chercher veut-il dire chercher à nouveau ? Cela veut-il dire que nous sommes en train de chercher quelque chose que nous avions autrefois trouvé, puis qui nous a échappé d’une façon ou d’une autre, et que nous devons maintenant re-chercher ? (…) Et qu’est-ce qu’ils cherchent à trouver de nouveau ? Et qui l’a perdu ?» K. Vonnegut

Qu’est-ce qui alimente les grands mensonges de notre temps, et qu’est-ce qui les légitime à exister ? Sommes-nous toutes si aveugles qu’on accepte par exemple la fable d’une énergie nucléaire « renouvelable et sûre » ? N’avons-nous donc rien appris ? Pour que cet état d’éternel étonnement dure à travers le temps, il faut prendre acte de l’existence d’une culture de la dévastation, développée par ses spécialistes, constamment produits par les universités et les centres de recherche : chercheurs expérimentaux, scientifiques en tout genre, et techniciens de secteur. Des auteurs de la dévastation, qui se prosternent aux pieds des exigences de ce monde au nom du fantomatique progrès (la nouvelle religion contemporaine à la sauce laïque). Grâce à leur travail intellectuel et à leurs inoffensifs modèles réduits ou à leurs machines, ils légitiment les pillages de terres et de ressources, notamment là où la vie des personnes a moins de valeur. Ils assurent ainsi l’existence d’un pouvoir technoscientifique qui meut l’économie et produit du travail au son de guerres et de bombardements, de modifications génétiques des formes de vie, d’empoisonnements de masse, tant de la planète que des êtres vivants qui y habitent.

Réussir à ne voir que le côté négatif de la recherche est pourtant plus difficile qu’on ne le pense. Les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki, ne sont par exemple pour beaucoup de monde que des exemples d’un mauvais usage de la recherche sur la fission nucléaire : qui aurait pu penser à cette utilisation, alors que les mêmes données peuvent donner vie à des réacteurs qui produisent plus d’énergie pour tous ?

Certes, pour tous… Mais on oublie souvent de dire que cette énorme quantité d’énergie si convoitée ne sert pas tant à répondre aux besoins de consommation d’une personne quelconque, mais bien plus à alimenter l’économie, les infrastructures et les machines de guerre, qui ne lâchent jamais prise : elles consomment de l’énergie et empoisonnent sans fin, nous entraînant vers la prochaine catastrophe annoncée. Ce n’est qu’un mauvais usage de la science, disait-on. Un bon usage de la science serait à l’inverse investir dans les dites ressources renouvelables (énergie solaire, éolienne, hydroélectrique, géothermique, etc), parce qu’après avoir pillé pendant des siècles le sous sol, après avoir surexploité les gisements d’hydrocarbures, creusé des mines pour arracher le charbon et le cobalt nécessaires à la conservation de toute cette énergie, nous aurons aussi besoin d’avoir recours à l’impérissable, comme nous prétendons l’être nousmêmes. Dans le même ordre d’idées, pour la vie ce serait un bon usage de la science que de modifier gé- nétiquement le maïs ou d’autres semences afin que les récoltes soient plus productives, parce qu’on le sait, après avoir rendu la terre infertile en la contraignant à des rythmes de production trop artificiels, nous devrons tout de même continuer à manger. et cela vaut pour tous les êtres de ce monde. Une timide mise en garde date de quelques siècles : « Ce qui vient n’est pas toujours un progrès »… Alors, sommes-nous prêtes à aller de l’avant, en imaginant un sabotage de ce présent ?

Traduit de Frangenti (Italie) n°29, octobre 2018

 

Extrait d’Avis de tempêtes #14 – février 2019

Disponible ici : https://avisdetempetes.noblogs.org

 

Turin : l’opération « Scintilla » élargie à une quarantaine de personnes

On apprend des merdias italiens que l’enquête ne concerne pas seulement les six personnes arrêtés ces derniers jours par la Digos mais une quarantaine de personnes. Cette enquête concernerait l’envoi de paquets explosifs, également « des documents et sites Web incitant à commettre des actes de violence contre les prestataires des centres d’expatriation », ainsi que le soutien des révoltes à l’intérieur du CPR [centre de rapatriement] de corso Brunelleschi à Turin, frappé par de fréquents incendies et saccages.

Les investigations de l’opération « Scintilla » regarderaient l’ensemble du réseau anarchiste turinois mais également de nombreux « activistes » d’autres régions et de l’étranger.

reformulé depuis la presse

Action à Thessalonique en solidarité avec les Turinois

Résultat de recherche d'images pour "cadeau"Le samedi 9 février, nous avons attaqué la chambre de commerce italo-grecque de Thessalonique, laissant un engin explosif devant l’entrée principale, une action qui n’a pas été divulguée par les médias.
Cette attaque est une réponse à la répression exercée par l’État italien, avec le dernier exemple de l’opération d’évacuation de l’asilo de Turin.
Au petit matin du jeudi 7 février, l’occupation a été expulsée et le même matin, six compagnons ont été arrêtés sous prétexte d’association subversive.
L’occupation existe depuis 24 ans et constitue un point de référence pour les actions continues menées contre les centres de détention pour immigrés, contre les expulsions de logements populaires et contre l’embourgeoisement des quartiers.
Ce coup répressif arrive à la fin d’un climat de persécution qui a frappé les anarchistes turinois ces dernières années, notamment par des arrestations, des obligations et des interdictions de séjour, et bien plus encore.

Cette attaque est un signal de solidarité envers les compagnons de Turin qui continuent à lutter
C’est aussi un signal de solidarité avec Spyros Christodoulou, en grève de la faim depuis le 14 janvier. Tiens bon Spyros.

CRÉONS DES LIENS DE SOLIDARITÉ ENTRE LES FRONTIÈRES QUI NOUS DIVISSENT

POUR UN MONDE SANS PRISON SOLIDARITÉ AVEC L’ASILO OCCUPATO

LIBERTÉ POUR LES 6 ARRÊTÉS

LIBERTÉ POUR BATTISTI, MORT À L’ÉTAT

LIBERTÉ POUR LES PRISONNIERS DE L’OPÉRATION SCRIPTA MANENT ET PANICO

POUR L’ANARCHIE

 publié sur indymedia athènes

 

Des micros dans les rues de Sainté

A Sainté, des micros dissimulés dans le mobilier urbain pour écouter la rue… mais pas d’inquiétude, la CNIL a dit oui. 

La smart city, on dit tou·te·s oui ?

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Saint Etienne Metropole et Serenicity, une filiale du marchand de mort Verney Carron, sont heureux de vous annoncer l’installation prochaine de micros dans le quartier Beaubrun Tarentaize.
Une expérimentation grandeur nature de la Smart City.
Cela va permettre d’appeler directement les pompiers s’il y a un accident sur la route, et ainsi la mamie du 3en’aura plus à composer le 18. Quelle révolution !
Ce n’est pas pour fliquer, c’est pour améliorer nos vies. Nous rendre joyeux en quelque sorte. On pourra même enregistrer le chant des oiseaux, enfin s’il en reste encore…

La Smart City, quel merveilleux filon pour ces villes à la recherche d’un développement économique infini et ces startuppers en mal de reconnaissance.
La ville va être intelligente, car nous sommes trop cons. Alors il y a des gens bien intentionnés qui ont tout prévu pour nous rendre la vie facile et heureuse.
Eduquer ces pauvres qui gaspillent l’eau et l’électricité, en les équipant de mouchards. Imposer le numérique dans notre quotidien, en le rendant incontournable.
En attendant le tram, tu te reposais sur un vulgaire banc en bois. Maintenant tu poses ton cul sur un siège design connecté. Merci la smart city, merci la vie.

La Smart City est un vrai projet politique. Le déploiement massif des technologies numériques permet d’asservir et contrôler davantage la population. C’est aussi extraire des matières premières rares, polluer la Terre et consommer toujours plus d’énergie.
Réprimer nos libertés et détruire davantage la nature, voilà le vrai visage de la ville numérique.

Sainté Smart city, non merci !

https://lenumerozero.lautre.net/Vous-etiez-filme-e-s-vous-serez-bientot-ecoute-e-s

Turin : La prison en proie aux flammes

Résultat de recherche d'images pour ""les prisons en feu les mâtons au milieu"Le 10.02 lors de la manifestation devant la prison « les Vallettes » de Turin, en soirée, après les émeutes qui ont suivis l’expulsion du squat l’Asilo, un cortège d’une centaine de personnes a avancé jusqu’aux abords de la prison en solidarité avec les personnes interpellées, des slogans « feu aux prisons » et quelques fumigènes ainsi que des molotovs ont été lancé sur des murs de la prison. Un incendie a ensuite été déclenché par le jet d’un engin incendiaire au dessus de l’enceinte de la prison (le compost et les ateliers de pâtisserie-boulangerie ont pris feu), les flammes ont fait exploser des bonbonnes de gaz et un pan de l’atelier s’est écroulé un peu plus tard dans la soirée.

Au sein de la prison étaient détenues les 11 personnes emprisonnées (libérées depuis) suite aux émeutes ayant suivi l’expulsion du squat de l’Asilo et les 6 personnes incarcérées lors de l’expulsion (pour association subversive)*.

reformulé de la presse

* Pour écrire aux six arrêté.es :

Rizzo Antonio
Salvato Lorenzo
Ruggeri Silvia
Volpacchio Giada
Blasi Niccolò
De Salvatore Giuseppe

C.C. Lorusso e Cutugno
Via Maria Adelaide Aglietta, 35
10149 – Torino (Italie)

** Niccolò, Giuseppe, Antonio Rizzo et Lorenzo ont été transférés à la section de AS2 de la prison de Ferrara.

Pour leur écrire :
C.C. di Ferrara Via Arginone 327, 44122 Ferrara (Fe)


* Le lendemain (11.02) a eu lieu une énième audience du procès pour l’opération « Scripta Manent » (23 personnes sont inculpées dans la cadre de cette opération dont 7 toujours emprisonnées). La salle d’audience (Salle « Bunker ») située au sein de la prison Le Vallette a été évacuée après que des personnes solidaires aient tenté de perturber le réquisitoire du Procureur Sparagna.

(Pour écrire aux prisionnier.ères : https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?page_id=1403)

Turin (Italie) : Expulsion de l’Asilo et arrestations

Aujourd’hui, à 4 h 40, le squat l’Asilo via Alessandria 12 a été pris d’assaut par une énorme quantité de camions [de flics]*.

Parallèlement, sept arrestations ont été effectuées (il pourrait y en avoir huit maj. 6, actuellement toutes dans la prison Le Vallette* de Turin, dans le cadre de la dénommée opération Scintilla) pour association subversive (article 270 bis) dans le cadre de la lutte contre les centres d’internement et de rapatriement des personnes migrantes.

La répression actuelle ne s’arrête pas là : dans l’immeuble devant l’asile des compagnons, ont décidé de faire entendre la radio directement sur le balcon, ils ont été surpris par une panne de courant provoquée par les policiers en bas de l’immeuble qui les attendait à la porte. Des contrôles d’identité ont eu lieu dans la zone d’Aurora, mais pas seulement, la police attendait également à l’extérieur de la station de Porta Susa.

À 6 heures, Via Cecchi s’est tenu un rassemblement qui s’est rapidement transformé en cortège défilant actuellement dans les rues de la ville (il se trouve actuellement sur la place Santa Giulia).

Turin est aujourd’hui une ville assiégée : reprenons le contrôle de notre vie et soutenons la lutte des compagnons de l’asile toujours coincés sur ce toit. Les Turinois n’abandonnent pas face au fascisme qui sévit dans la ville.

Publié le 07.02 sur roundrobin.info


MAJ :
Trois compagnons sont descendus du toit (dont un a été arrêté pour association de malfaiteurs), trois autres ensuite (après voir tenu pendant 36 heures) un rassemblement est en cours devant le squat. (08.02)

MAJ régulières ici  : https://www.autistici.org/macerie/?p=33314&fbclid=IwAR3FAx3iGbqcQefr8ku1qs5GSB_UqNkWlcbxoqfSGZGvnDsK3uK3u2-EkhE, et sur radio blakout (en Italien)


Quelques actions en solidarité (maj régulièrement)

* Bologne : cortège en solidarité avec les arrêtés de Turin

Jeudi 7 février au soir, un cortège composé d’une trentaine de personnes « solidaires avec les personnes arrêtées à Turin et avec l’asile en cours d’expulsion » (texte de sur la banderole de tête) a traversé les rues du quartier de Bolognina avec des interventions au mégaphone, tags sur les murs et collage d’affiches autour des faits de la journée.
Les vitres et les guichets automatiques d’une BPM brisées le long de la route.
La Banque Populaire de Milan est l’une des banques actionnaires de Alba Leasing, propriétaire de l’immeuble du futur Centre de rapatriement de Modène.

* Milan : action en solidarité avec les arrêtés du Turin

Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9, une succursale de la poste italienne de la rue d’Agrate a été attaquée. La porte d’entrée et le guichet automatique ont été brisés à coup de marteau. Un tag a été laissé « FEU AUX CPR » ET « SOLIDAIRE AVEC LES COMPAGNONS ARRÊTES A TURIN

* Milan (bis) : Action en solidarité avec les compagnons de Turin (15/02)

Hier dans la nuit, nous avons brisé à coups de marteaux le DAB et les vitrines de la banque Intesa-San Paolode Via Meda. Sur la porte, le tag : « Liberté pour les compagnons arrêtés à Turin ».

On a choisi Intesa-San Paolo parce que c’est l’un des plus importants responsables de la gentrification du quartier Aurora [à prox. de l’asilo à Turin], responsable par conséquent de l’expulsion de l’Asilo et, d’une certaine façon, de l’arrestation des compagnons.

Liberté pour tous, liberté pour toutes.

* Turin : manifestation et bordel en solidarité (09/02/19)

Une manifestation a eu lieu en solidarité le 09/02, des voitures et des vitrines ont été attaqués pétés, des poubelles en feu, un bus attaqué, également les portes de la mairie … 11 personnes ont été arrêtées toutes ont été libérés (avec obligation de pointer au comico pour tous et pour 6 un avis d’expulsion « foglio di via » de la ville de Turin a été émis).

* Venise : attaque d’un DAB

La matinée du mardi 12 février, selon toute probabilité quelques bourgeois ou touristes se seront retrouvés déconcertés et indignés de ne pas pouvoir retirer à l’unicredit de San Pantalon à Venise, «Le terroriste, c’est l’État! Solidarité aux arrêté*s de Turin!  » Les forces du M.A.L. ont encore frappé … dans le silence assourdissant des infâmes journaux, contre la ville vitrine, broyons-la! LIBERT*  POUR TOU*TES

repris de roundrobin.info

* Patras (Grèce) : Le consulat Italien attaqué à la peinture (12/02/2019)

vu sur https://actforfree.nostate.net

Continue reading « Turin (Italie) : Expulsion de l’Asilo et arrestations »

Rovereto (Italie) : Des flammes aux portes du tribunal

Nous apprenons des médias locaux que, dans la nuit du 4 au 5 février, une des entrées principales du tribunal, celle permettant l’accès à la police pénitentiaire, a été incendiée. Quelques mètres plus loin, sur le mur de l’ancienne prison, l’inscription « Liberté pour tous, feu aux tribunaux » a été laissée.


Quelques jours plus tôt, les vitres du siège du Credito Valtellinese de Rovereto étaient brisé au cours de la nuit du 30 au 31 janvier. Sur l’une des fenêtres, il restait l’inscription suivante: « NO CPR* – NI A MODENA NI AILLEURS »

Vu sur roundrobin.info

*CPR : Centres de rapatriements

Zurich (Suisse) : Trois mois de préventive pour le compagnon arrêté

Notre compagnon a été placé en détention préventive pour une durée de trois mois, avec la motivation du risque de fuite et de collusion. Il se trouve actuellement dans la prison du district de Zurich BGZ. L’excuse du risque de fuite a été utilisée, entre autre, parce qu’il y a déjà un autre compagnon en cavale, accusé lui aussi de l’incendie de la station radio Waidberg (à Zurich).
La durée de trois mois de détention préventive est le maximum possible quant à mesures restrictives et, selon la loi, à l’issue de cette période cette mesure doit être réexaminée par un juge [l’équivalent du JLD dans le droit français NdAtt.]. Pour les compas qui ne connaissent pas le régime de détention préventive en l’attente d’un procès en Suisse : dans cet État il est monnaie courante que la détention préventive dure assez longtemps, même des années. C’est possible que la justice veuille garder notre compagnon en taule jusqu’à un éventuel procès.

Si vous voulez écrire au compagnon arrêté, contactez directement la Bibliothèque Anarchiste Fermento, par émail ou par la poste. Cependant, toute lettre dans laquelle est abordé son affaire sera saisie par le Parquet et il ne la recevra pas ; les livres et les grosses publications ne lui seront pas remises non plus.

Sincèrement,
Anarchistische Bibliothek Fermento

Zweierstrasse 42
8005 Zürich (Suisse)

e-mail: bibliothek-fermento [at] riseup.net

traduit de anarhija.info par attaque.noblogs.org

 

Solidarité avec le compagnon anarchiste arrêté à Zurich

Le 29 janvier, un compagnon anarchiste a été arrêté à Zurich, à qui il est reproché d’avoir incendié des véhicules de l’armée et une station-radio de la police, ainsi que d’avoir appelé, en accrochant une affiche à l’intérieur de la bibliothèque anarchiste Fermento, à commettre des délits contre le centre de rétention de Bässlergut actuellement en chantier à Bâle et contre le centre de Police et de Justice à Zurich. Après avoir pénétré dans l’appartement du compagnon, les flics ont forcé l’accès à la bibliothèque Fermento, en emportant des ordinateurs avec eux. Le compagnon se trouve en ce moment à la prison de la police provisoire et le juge d’instruction décidera de son possible placement en détention provisoire.

Ce qui importe n’est pas de savoir s’il est responsable ou non des faits qui lui sont reprochés mais le fait que cela représente une attaque contre nous tou.te.s et contre les idées anarchistes qui sont clairement exprimées à Fermento : c’est une tentative de semer la peur et le silence, face à quoi nous devrions rester isolé.e.s et incapables de se mouvoir, car tout individu qui se solidarise avec des idées potentiellement inflammables – que ce soient par des mots ou par des actes – pourrait être le prochain dans le viseur.

Ne nous laissons pas accepter cela et continuons, et ce de manière catégorique, à porter dans les rues la révolte contre cette existant d’oppression.

Car chaque texte, chaque journal, chaque slogan sur les murs, chaque pierre, chaque incendie, chaque rébellion contre les autoritaires montre que les idées s’opposant à la logique de domination ne peuvent pas être enfermées !


« La supériorité numérique, ainsi que celles des armes, ne compte pas beaucoup face à l’intelligence et l’ingéniosité pratique de l’humain. Quelques câbles incendiés au bon endroit et au moment opportun par une seule personne offrent la possibilité de plonger une armée entière dans le chaos, de transformer une situation qui semble figée en quelque chose de nouveau, de différent et d’imprévisible. »

L’affiche mise en page en français :

[Traduit de l’allemand d’indymedia, par sansattendredemain]

Possibilités sans mesure

Il y a ceux qui regardent les révoltes et les sabotages qui sont en train de se passer en France avec un regard langoureux, et ceux qui en saisissent les possibilités. Il y a ceux qui restent au large, et ceux qui veulent stimuler les événements. Il y a ceux qui ne se sentent pas d’intervenir, et ceux qui pensent qu’être là où l’ennemi ne t’attend pas incarne la perspective de ne pas renoncer à l’irrévérence et à la furie iconoclaste : pour pousser ce monde à sa perte, plutôt qu’à sa gestion réaliste et prudente.

Lorsque la révolte se généralise, elle devient une revanche contre ce qu’on a toujours vu de loin. Toute marchandise volée, toute technologie interrompue, tout lieu du pouvoir abattu permettent non pas de reconnaître leur valeur d’usage et d’échange, mais la destruction de ce qui est distant. A travers le pillage de ce qui nous emprisonne, ce sont également les bases de la communication policière qui sont attaquées. Dans la révolte on aime avec passion et on hait à l’infini.

Pour le réaliste, pour le gauchiste, l’efficacité est une mesure indiscutable. Ce qui fonctionne est ce qui est juste. Les pétitions, les négociations, les tables rondes sont vues comme des bienfaits pour mendier quelque chose à l’intérieur du monde actuel. Le réalisme du « ce qui existe, est ce que nous devons utiliser » est la logique de la misère et de la soumission. Pour se libérer de cette logique, un lieu différent à partir duquel regarder le monde et une position différente pour tenter d’agir peut brûler la séparation entre le rêve et la réalité. Plutôt que de partir de l’idée de s’adapter à la réalité pour la changer, on peut très bien choisir d’empoigner sa propre vie dans les termes que nous voulons. Libérer le désir des chaînes qui nous emprisonnent débute par un renversement de perspective : partir des passions déchaînées de nos rêves les plus sauvages pour interrompre la réalité. Si la bureaucratie du détail veut en permanence balayer l’immédiateté d’un sens incompréhensible pour ceux qui ne veulent pas rêver, est-ce un problème ? Si les moments oscillent entre réalisme, politique et simple militantisme, qu’est-ce que nous pouvons attendre ?

La transformation sociale n’est pas une science, et il n’existe aucun mécanisme historique qui nous conduira à la liberté. Compter ceux qui y participent, vérifier la couverture médiatique et faire des prévisions de bilan est tout ce qui concerne la mesure, c’est-à-dire les carcans de la réalité. L’excès qui brise tout calcul et les désirs effrénés nous invitent à comprendre que la domination n’est pas un organisme, qu’elle n’a aucun coeur à attaquer, mais qu’elle se trouve partout. Se déplacer ailleurs, parce qu’il ne s’agit pas de vaincre ou de perdre comme dans l’esprit obsédé de tout militant, signifie alors tenter de vivre la seule vie dont on dispose en tentant de la vivre à sa manière.

Et donc, qu’est-ce qu’on en fait, du feu français ? C’est simple, saisissons l’occasion.

Un ami de Poe*

* NdT : Ce numéro mensuel de Frangenti est sous-titré d’une citation d’Edgar Allan Poe disant : « Ceux qui rêvent en plein jour savent beaucoup de choses / qui échappent à ceux qui ne rêvent que la nuit ».

[Traduit de Frangenti (Italie) n°35, février 2019, p.3]

Lieux communs

   Nous sommes tous nés et avons grandi dans ce monde de supermarchés et de banques, de casernes et de tribunaux, où faire la queue et demander la permission.

Mais sommes-nous vraiment convaincu que c’est le seul possible ? Il semblerait que oui, si l’on considère la réaction provoquée par ceux qui contestent certains lieux communs.

   Si quelqu’un remet en doute la nécessité de l’état, par exemple, il est soupçonné de vouloir le viol et le meurtre à chaque coin de rue. Pourtant, une organisation sociale basée sur l’autonomie et la responsabilité des individus favoriserait une diminution des « crimes », pas leur augmentation. En outre, l’absence de forces de l’ordre pousserait les gens à apprendre à se défendre, afin de ne pas rester à la merci des abus. Enfin, l’Etat ne peut pas empêcher cependant, la survenance de tels actes, tout au plus essayer de les punir (à condition que ce ne soient pas leurs propres hommes à les faire).

   Si quelqu’un met en doute la nécessité du travail, on le prend en dérision de vouloir vivre couché en attendant qu’un fruit mûr lui tombe dans la bouche de l’arbre. Pourtant, le travail n’est pas synonyme d’activité humaine, tout comme l’état n’est pas synonyme d’organisation sociale. Le travail est l’exploitation de l’activité humaine, sa réduction à la production de biens et services. Le travail est rarement choisi, on prend celui qui nous est offert (même le plus nocif et insensé). On produit des marchandises de mauvaise qualité et fournit des services médiocres au nom de quelqu’un d’autre. On turbine seulement pour obtenir de l’argent avec lequel acheter des produits de mauvaise qualité et payer pour des services médiocres. Le travail est le nom donné à l’activité humaine quand nous vendons notre corps à l’économie de marché pour survivre.

Oil Pump Jack, Sunset, Clouds  Si quelqu’un met en doute la nécesité des centrales à charbon et des pipelines, de parcs éoliens ou solaires, il est accusé de vouloir tuer les malades dans les hôpitaux ou de vouloir que les gens en bonne santé se retrouvent dans l’inconfort. Pourtant l’énergie nécessaire à l’être humain pour vivre (même bien) est une infime partie de ce qui est produit dont la majorité écrasante est nécessaire juste faire des affaires, faire de la politique, faire des guerres.

   Nous n’avons pas besoin de l’état, nous pouvons nous auto-organiser sans être organisé par d’autres. Nous n’avons pas besoin de travail, nous pouvons construire et créer sans avoir à produire au nom des autres. Et nous n’avons pas besoin d’énormes quantités d’énergie, nous pouvons vivre sans avoir à dévaster et piller la planète qui nous héberge.

La seule chose à faire est de sortir des lieux communs.

Extrait de Tilt (apériodique de lutte contre le TAP)

tiltap.noblogs.org

[Zurich] Un camarade de fermento arrêté

Mardi 29 janvier, peu après midi, un de nos camarades a été arrêté dans son appartement. La porte a été ouverte de force par une unité d’investigation.

Lors de son arrestation, sa maison a été fouillée ainsi que, une fois encore, la bibliothèque anarchiste Fermento. Ces perquisitions ont été justifiées par les autorités avec comme accusations :

– Incendie criminel de plusieurs véhicules de l’armée suisse à Hinwil (Zurich) le 27 septembre 2015

– Attaque criminelle contre l’antenne radio Waidberg des flics à Zurich le 10 juillet 2016

– Coller des affiches (la police pense connaître une date pour cela, le 16 novembre 2017) dans la devanture de la bibliothèque anarchiste Fermento (à son ancienne place) qui appelait apparemment à  » des dommages matériels et violences à l’encontre des entreprises et des personnes qui font partie du développement de la prison Bässlergut à Bâle et de la construction du PJZ (Palais de Justice,ndt) à Zurich « 

Notre camarade, qui fait partie de la bibliothèque anarchiste, était déjà harcelé à cause de cette histoire d’affiches avant, a été enlevé à son domicile et a dû faire ce qu’on appelle un traitement ED (prendre l’ADN, les empreintes digitales, etc.), ainsi qu’un interrogatoire.

Maintenant, ce mardi, notre camarade a été arrêté à nouveau et il semble qu’il a été forcé à suivre les flics de son appartement à Fermento, pour ouvrir ou leur donner les clef et… ni une ni deux, deux de nos ordinateurs ont été confisqués à nouveau, l’un d’eux flambant neuf, l’autre avec une vaste archive numérique où l’on pouvait rechercher dans l’intégralité des textes

Jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune déclaration explicative de la police, aucun mandat de perquisition ou quelque chose du genre. Cependant, nous ne supposons pas que notre camarade a ouvert la porte pour la police volontairement ou même leur a donné la ordinateurs en cadeau.

Par la suite, le camarade a été amené à la prison provisoire de police de Zürich PROPOG, où il se trouve jusqu’à présent. Mais vendredi (1er février), il va voir le juge, qui se prononcera sur sa détention provisoire.

Nous protestons contre cette arrestation d’un de nos camarades, indépendamment de la question de savoir si les accusations sont vraies ou non. Antimilitarisme et le sabotage a toujours fait partie de l’anarchisme. Dans notre bibliothèque peuvent être trouvé de nombreuses publications à ce sujet.

Nous appelons en particulier les bibliothèques, les archives et les boutiques d’informations pour informer sur cette attaque sur le Fermento et sur l’un de nos bibliothécaires.

La réunion extraordinaire de la bibliothèque anarchiste Fermento du 31 janvier 2019
PS: Nous avons besoin d’ordinateurs …

Email de contact: bibliothek-fermento_AT_riseup.net

Repris d’Indy Nantes

PS. La bibliothèque avait également été perquisitionnée en 2017 :

Zurich, Suisse : La bibliothèque anarchiste Fermento perquisitionnée par la police

Publication d’une (deuxième) brochure autour de l’opération Panico

 Panico

Pour la télécharger cliquez ici :   Panico


Le 31 Décembre 2016, un engin explosif placé devant la librairie (proche de CasaPound) “Il Bargello” explose dans les mains d’un artificier particulièrement stupide qui tente maladroitement de déminer l’engin sur place, il perdra un œil et une main. La librairie “Il Bargello” et CasaPound Italia se sont portés parties civiles en plus de l’artificier-flic. Trois personnes accusées de « tentative de meurtre », « d’association de malfaiteur » pour deux d’entre elles, ainsi que de « transport, et fabrication d’engin explosif » se retrouvent incarcérées. Une quatrième personne se retrouve également soumise au contrôle judiciaire (pointage régulier au comico, mais la mesure a cessé depuis peu) avec les mêmes chefs d’inculpation. Paska, Ghespe, et Giova sont depuis, toujours incarcérés dans les geôles italiennes. Continue reading « Publication d’une (deuxième) brochure autour de l’opération Panico »

Le contrôle technologique

Il est difficile de saisir le niveau d’incompréhension dans lequel nous sommes presque tous en ce qui concerne l’un des principaux objectifs de la technologie, le contrôle.

Le pouvoir, à tous niveaux, cherche à connaitre les réactions des dominés, des préférences alimentaires aux niveaux moyens d’instruction des choix politiques en général aux orientations spécifiques (la droite et la gauche sont désormais obsolètes), des choix d’habillement à la distribution des revenus, tout comme tant d’autres choses rapidement enregistrées et tout aussi rapidement éliminés par la recherche statistique.

De gros efforts et de nombreux investissements ont été consacrés pour comprendre ces flux d’orientations et pour les maintenir sous contrôle, les empêchant de formuler des demandes excessivement précises et peu prévisibles. Ainsi quand sont apparus (plus ou moins) à l’improviste des comportements jamais observés auparavant, comme dans le cas de mai 68 par exemple, non seulement, le pouvoir a rapidement cherché à les analyser, mais en examinant de manière approfondie le phénomène, s’est aperçu rapidement que les nouvelles tendances n’étaient pas tout à fait hors de contrôle et qu’il suffisait d’ajuster un peu le contrôle sur la circulation de certains modèles de fonctionnement prédominants pour que tout retourne vers la soi-disant normalité.

La présence massive de la technologie dans n’importe quel aspect de la vie sociale  contemporaine n’est pas pleinement comprise si nous n’analysons pas le vieux dualisme entre humanisme et technique. Cette séparation s’est tout d’abord affaiblie puis a complètement disparu à cause de l’affaiblissement du niveau de culture générale moyen. D’un côté les études techniques, même au niveau universitaire, forment principalement des ouvriers spécialisés malgré leur diplôme, alors que le secteur humaniste, qui devrait faire la différence d’un point de vue culturel, poussant les techniciens à dépasser leur environnement mecanico-technique fermé, s’est appauvri au point de produire à peine quelques lettrés. Il y a encore quelques exceptions, quelques centaines de personnes particulièrement suivies par le pouvoir, utilisées pour améliorer leurs systèmes de recherche et leurs projets de contrôle.

En soi, l’accès à la technologie dans le domaine culturel a favorisé l’appauvrissement général, puisque pour certaines utilisations de la recherche, excluant donc la simple exécution des projets, il n’y a pas besoin de grandes exigences culturelles mais seulement de compétences techniques spécifiques. Dans ces conditions, il est devenu extrêmement difficile, voire impossible, de comprendre l’intrusion de la technologie dans toute la vie de l’homme contemporain. Notre cerveau rendu débile nous pousse à penser qu’en éteignant simplement le téléphone portable de service ou en évitant les circuits de vidéosurveillance, nous pouvons nous opposer à un processus qui à non seulement d’autres potentialités mais aussi bien d’autres intentions. Continue reading « Le contrôle technologique »

Besançon : T’as pas entendu?

boom dans la nuit

entre vendredi et samedi 26. Il est 2h passées. 1, 2 puis 3 explosions au milieu de la nuit, à l’heure où les braves travaileurs noient leurs semaines d’exploitation dans les bars et les boîtes du centre-ville.
Sur un parking entre la CCI et le lycée Jules Haag, un camion de l’entreprise Dallmayr a été brûlé. Spécialisée dans la distribution de cafés et de boissons, cette firme allemande restaure les exploité-e-s lors de leur pause, afin de les rendre toujours plus dociles et rentables.
Ces petites flammes sont entre autres destinées aux insurgé-e-s du G20 à Hambourg qui passent en procès pour les émeutes de la Elbchaussee. De tout coeur à vos côtés.
A Kreme qui vient tout juste de sortir de taule, pour une bagnole de keufs incendiée un jour de mai 2016.

Des sourires complices.

repris d’Indy Nantes

Encore des précisions à propos du keylogger retrouvé en Italie

En octobre 2018, un article a été publié sur plusieurs sites web à propos d’un logiciel de surveillance de type keylogger retrouvé en Italie sur un ordinateur, et installé par les flics. Cet article peut être consulté en plusieurs langues :

Bien que cet exemple de surveillance se situe plutôt en dehors de notre sujet (on souhaite plutôt se limiter à l’étude des dispositifs de surveillance physiques, comme indiqué dans notre appel à contributions), on a trouvé intéressant d’en parler quand même.

Nous avons reçu par mail des précisions concernant ce logiciel de surveillance, qui expliquent certaines choses restées inexpliquées dans l’article d’octobre 2018. Nous avons résumé ci-dessous les nouvelles informations. Ces informations sont à prendre avec précaution, étant donné que le logiciel de surveillance n’a pas pu être analysé correctement (le disque dur de l’ordinateur infecté par le logiciel de surveillance ayant été effacé après la découverte du logiciel).

  • Le système d’exploitation de l’ordinateur infecté par le logiciel de surveillance était Windows.
  • Le logiciel a été installé à distance par Internet. Il est resté sur l’ordinateur pendant quatre ans. Lorsque l’ordinateur était ré-installé/formatté, le logiciel de surveillance était de nouveau installé à distance par Internet.
  • Apparemment, le logiciel avait besoin d’une connexion à Internet constante pour espionner et pour envoyer les informations collectées. Il n’était pas capable de sauvegarder des données localement pour les envoyer plus tard.
  • Le logiciel était capable d’enregistrer le texte tapé sur le clavier, de prendre régulièrement des captures d’écran, et, selon les mesures de protection présentes sur l’ordinateur, d’enregistrer les communications entrantes et sortantes (pages web visitées, etc).
  • L’existence du logiciel a été découverte grâce à des fichiers d’enquête.

Le logiciel a été fourni aux carabineri (flics italiens) par l’entreprise italienne Neotronic. Ci-dessous, un extrait de la présentation du logiciel par Neotronic, traduit en français :

Il est à noter que le système NID (Neotronic Internet Decoder) est capable d’obtenir “en clair” toutes les communications envoyées/reçues par l’utilisateur ciblé, tant qu’elles ne sont pas protégées par des techniques de chiffrement inattaquables. Si, pendant la durée de l’écoute, des communications chiffrées sont détectées (par exemple des communications Black Berry chiffrées, Skype, de la “voix sur IP” chiffrée, pages web en HTTPS, etc.), il est possible d’interpréter le contenu de ces communications, après évaluation des mesures de sécurité prises par l’utilisateur (pare-feu, antivirus, anti-malware) et des applications utilisées, grâce à notre agent informatique Enhanced Law Enforcement Neotronic Agent (ELENA), qui peut également fournir des captures d’écran régulières du bureau de l’ordinateur ciblé, et le texte tapé sur le clavier connecté à l’ordinateur utilisé par l’utilisateur ciblé (y compris mails chiffrés).

desoreillesetdesyeux

La nuit porte conseil ?

La nuit porte-t-elle conseil ? Est-elle capable de transformer nos rêves en réalité ? Depuis l’Empire romain, le pouvoir éclaire les rues urbaines, y compris en période de pleine lune, pour que ses gardes et ses vigilants citoyens ne soient pas pris au dépourvu par quelque insomniaque aux intentions tout sauf pacifiques. Portes verrouillées, alarmes anti-intrusion, yeux électroniques haut perchés, patrouilles armées et éclairage de nuit semblent ainsi à même de garantir aux puissants et à leurs larbins un sommeil apparemment bien mérité. Mais voilà, tout ne peut pas être aussi rose au royaume de la domination. Il n’en faut parfois même pas beaucoup pour que leur doux songe d’une servitude volontaire totale ne se transforme en cauchemar assuré : il suffit en fait que surgissent des individus -ce petit élément irréductible à la gestion de masse- armés de désirs singuliers et de franche détermination. De désirs de destruction et d’une détermination à même de franchir les obstacles placés sur leur route, comme ce lundi 28 janvier nous en apporte la nouvelle.

Dimanche soir vers 19h, un incendie s’est déclaré dans la résidence du sous-préfet de Pontivy (Morbihan). Il s’agit non pas d’un de ces court-circuits derrière lesquels l’Etat entend masquer le fait que des malotrus puissent vouloir attaquer les institutions laïques ou religieuses, mais bien d’un incendie volontaire. Oui oui, jusque dans le salon même des appartements officiels du Môssieur à la casquette brodée d’or. A la nuit tombée, des individus ont en effet fracturé les portes-arrières de la sous-préfecture, puis se sont rendus directement sur place, où plusieurs molotovs ont été jetés, lançant les flammes à l’assaut du lieu sacré du pouvoir. C’est le prompt retour chez lui du délégué-en-chef du ministère de l’Intérieur qui a permis de limiter les dégâts en alertant les pompiers, selon sa collègue procureure de la République de Lorient, qui a ouvert une enquête criminelle pour « dégradation d’un bien par un moyen dangereux pour les personnes commise en raison de la qualité de personne dépositaire de l’autorité publique utilisatrice du bien ». Rien que ça.

Un peu plus tard dans la nuit, vers 2h30 du matin à l’autre bout du pays, les pompiers sont cette fois arrivés trop tard : le rez-de-chaussée du porte-parole régional de l’Etat, celui de la radio France Bleu, a été incendié à Grenoble (Isère). Là encore, des individus ont fracturé la porte arrière de service, avant de lancer leurs flammes en deux points distincts à l’intérieur, contre les bureaux des journaflics (plus précisément le poste de travail du rédacteur en chef) et contre le comptoir d’accueil de la radio. Quant à la suite, voici l’avis d’expert du directeur d’antenne : « Au rez-de-chaussée, là où le cœur de la radio battait jour et nuit, il ne reste rien. L’ensemble des studios et salles de travail a été totalement ravagé. Les ordinateurs, les télévisions, les imprimantes et photocopieuses, ainsi que tout le matériel permettant aux journalistes et animateurs de travailler au quotidien,  ne sont plus que d’informes masses de plastique fondu. Les faux plafonds ont été détruits et les murs sont couverts de suie. » La propagande d’Etat de France Bleu Isère s’est tue une bonne partie de la journée, avant de reprendre péniblement du service chez leurs collègues de France 3 Alpes. Selon les premières estimations, il y aurait trois à six mois de travaux pour remettre les locaux en état, notamment à cause du système électrique entièrement à refaire.

La nuit porte-t-elle conseil ? Est-elle capable de transformer nos rêves en réalité ? En tout cas, malgré les dispositifs de l’Etat pour protéger ses bâtiments, une sous-préfecture ici ou un studio de radio là, il semble bien que jusqu’au centre des villes, elle puisse encore sourire aux cueilleurs d’étoiles. A toutes celles et ceux qui n’entendent ni subir sans rendre de coups ni se résigner au monde de l’autorité ; à tous ces individus qui frappent le pouvoir où et quand il ne les attend pas. Quant aux cris d’orfraie venus des autorités de tous bords pour vilipender une liberté en acte qui s’est une nouvelle fois défait avec audace d’une structure policière, comment ne pas se souvenir des mots d’un autre amant lucide de la liberté ? « Au mains de l’Etat, la force s’appelle droit. Aux mains de l’individu, elle se nomme crime »…

Pontivy :
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/01/28/97001-20190128FILWWW00081-morbihan-la-sous-prefecture-de-pontivy-visee-par-un-incendie-criminel.php
Grenoble en images :
https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/video-france-bleu-isere-publie-images-degats-interieur-leurs-locaux-ravages-incendie-criminel-1614749.html

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Le proc’ fait la leçon

Après les incendies des locaux de France Bleu et celui d’un local technique de l’émetteur TDF à Grenoble les 28 et 29 janvier, une revendication est parue sur Indymedia Nantes. Celle-ci précise notamment le choix de le publier d’abord là : « Parce qu’il permet d’être lu·e·s par des compas’ connu·e·s ou inconnu·e·s, parce qu’il « garantit » notre anonymat et qu’il est libre pour la publication » (https://nantes.indymedia.org/articles/44367). Bien entendu, ce communiqué qui explicite plusieurs raisonnements à propos des médias -en citant par exemple avec ironie une des célèbres prestations télévisées du faux-ami Mathieu Burnel- a été relayé in extenso par différents sites anarchistes.

Cet après-midi 30 janvier, au lendemain de la sortie de ce communiqué, le procureur de Grenoble qui supervise les investigations a tenu à faire savoir lors d’une conférence de presse que pour lui « il ne s’agit pas d’une revendication ». Ben voyons ! C’est d’ailleurs le même qui avait déjà lancé cette ritournelle en passe de devenir un véritable mantra, « revendication opportuniste », à propos de la destruction enflammée de l’église Saint-Jacques dans cette même ville il y a deux semaines, joliment signée par des « courts-circuits ». Ce type est du genre fanatique obtus de la statistique, qui préférera logiquement toujours le quantitatif au qualitatif, le 95% au 5%. Ce type s’appelle Eric Vaillant, c’est un nouveau venu dans la place iséroise, parachuté de Guyane le 1er janvier 2019 pour remplacer son prédécesseur parti en retraite. Et comme cela arrive souvent avec les nouveaux rouages zélés de la chaîne répressive, il entend d’emblée poser ses propres marques pour confirmer à ses maîtres la justesse de leur choix. S’il a ainsi annoncé dès sa prise de fonction qu’une « de [ses] priorités sera de développer les comparutions immédiates », il a aussi développé une conception très particulière de ce que doit être une revendication en bonne et due forme. Une conception qui correspond plutôt bien avec un étroit cerveau autoritaire de procureur, celle de groupes formels stables qui font pression sur l’Etat en lui fournissant des indications suffisamment précises pour qu’il puisse en retour les prendre en considération, sur le modèle tout droit issu des groupes luttarmatistes marxistes-léninistes ou nationalistes des années 70.

Ainsi, selon ce graaand expert es-revendications, pour être considérée comme telle, « Une revendication, c’est dire : ‘Nous sommes le groupe Untel, nous revendiquons les faits et nous les avons commis de telle façon’. Ce qui est important aussi, c’est que ceux qui revendiquent donnent, et ça a été le cas par le passé, des indications sur leur mode opératoire qui permettent aux enquêteurs de justifier de cette revendication. Pour l’instant je ne vois vraiment rien de tel. ». Pas de bol pour lui, beaucoup de subversifs anti-autoritaires non seulement ne revendiquent pas systématiquement leurs attaques, mais surtout ne s’inscrivent ni dans ce genre de schémas-là ni dans aucun autre, forts de leur autonomie à la fois individuelle et projectuelle. Ils brisent les cadres établis en n’ayant d’autre référent que leur propre conscience, en ne s’adressant ni à la masse captive ni au pouvoir, mais à d’autres individus révoltés. Pas de bol pour lui, qui aimerait tant que ses petits enquêteurs acquièrent des certitudes en béton armé, beaucoup de subversifs anti-autoritaires se contrefichent des formulaires de certification exigés par les défenseurs de l’ordre et tous leurs perroquets médiatiques. A l’heure où la domination entend normer chaque aspect de l’existence, jusque ses plus intimes, il ne manquait plus que l’entrée en scène grand-guignolesque d’un carriériste qui vienne faire la leçon sur comment laisser libre cours à l’imagination rédactionnelle !

De toute façon, comme le concluait justement le texte du communiqué des derniers incendies grenoblois, les insomniaques qui se battent contre toute autorité ne dialoguent pas avec l’ennemi, ils l’attaquent, en murmurant parfois à l’oreille de celles et ceux qui savent encore recueillir les mots sortis du chœur : « Un bravo aux individu·e·s, enfin, qui, par monts et par vaux, perpétuent l’attaque et veulent tout mettre à sac. » Et on ne sache pas que le nouveau procureur de Grenoble Eric Vaillant, loin d’être aussi ouvert d’esprit ou Auguste que son homonyme, soit donc concerné en quoi que ce soit par ce texte, vu que ce magistrat comme le veut son opportune fonction, n’attaque absolument rien, sinon la liberté. Ce crime qui contient tous les autres.

https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/incendie/france-bleu-isere-l-incendie-revendique-sur-un-blog-anarcho-libertaire_3167699.html

 

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Grenoble : Le message aux journaflics de France Bleu Isère est bien passé – 28 janvier 2019

Dans la nuit de dimanche 27 à lundi 28 janvier à Grenoble, un incendie a frappé les locaux de la radio France Bleu Isère situés avenue Félix Viallet. Ce lundi matin, les ondes de la radio iséroise n’émettent plus et c’est France Bleu Pays de Savoie qui a pris le relais sur la région grenobloise.

« L’incendie s’est déclaré vers 2h30 et l’origine criminelle ne fait pas de doute. Il y a eu deux départs de feu simultanés à l’intérieur des locaux et une porte d’entrée a été fracturée. » […] « Tout le rez-de-chaussé du bâtiment, l’open space, avec les bureaux des animateurs, des journalistes, est en partie détruit. Mais ce sont surtout des dégâts qui ont été causés dans tout le système électrique. ça va prendre beaucoup de temps pour avoir un diagnostic précis des dégâts », selon un journaflic de la radio.

Ce lundi matin, les fidèles [auditeurs] de France Bleu Isère sont privés de leurs programmes habituels.

Cet incendie a déclenché une vague d’indignation dans les sphères politique et journalistique (présidents du département de l’Isère et de Grenoble-Alpes Métropole): pour le Parti Communiste Français, « S’en prendre à la Presse, c’est s’en prendre à toute la société, c’est s’en prendre à l’un des fondements de la Démocratie. Cet acte est donc bien plus qu’un vandalisme ». Pour le député LREM Olivier Véran, « s’en prendre à la presse, c’est s’en prendre à la République ».

repris de Sans_Attendre

Aussi, pourquoi s’arrêter là ?

Grenoble/Haute-Jarrie, France : Radios – Du siège à la tour (28 et 29 janvier 2019)

Opération Panico – Lettre de Paska

[La présente lettre a été écrit par Paska le 11/11, et censurée plusieurs fois, les compagnon.nes ont pu la faire tourner seulement il y a peu. Paska a arrêté sa grève de la faim le 24/11 et se trouve toujours actuellement à la prison de la Spezia]

« Je confirme ce qui a été dit, mais je veux un médecin adéquat pour ce qui m’est arrivé. Quand je suis sorti de la cellule, il est vrai que j’ai poussé l’agent qui était présent à l’étage. Puis je suis descendu à l’entrée et j’ai poussé l’autre agent qui m’attendait et faisait partie de l’escorte. Je déclare cependant que peu de temps après, j’ai été attaqué par plus de dix officiers, avec des gifles et des coups de poing ; ils m’ont jeté à terre et j’ai reçu des coups de poing et des gifles, des coups de pied dans la tête, dans le dos, sur le ventre, sur les jambes gauche et droite et sur la main gauche. Et quand je me suis levé, j’ai eu des gifles jusqu’à ce qu’ils me menottent. Pendant le temps où j’ai été battu, j’ai été offensé et fortement menacé ».

Compte tenu de ce qui se dégage des faits, et en particulier des certificats de santé OÙ IL N’APPARAÎT RIEN DE CE QU’À DECLARE LE DETENU, en tenant compte de la gravité de l’épisode, le collège applique la sanction de 15 jours d’exclusion des activités collectives.

C’est ce que j’ai déclaré au conseil de discipline qui s’est tenu le vendredi 9 novembre à la suite des incidents survenus en prison avant le procès du 8/11.

Mais il serait bon et approprié de raconter tout ce qui s’est passé depuis un mois et demi. Le 2 octobre au matin, je quitte la prison de Teramo pour Lecce et arrive vers 16 heures en prison. Le temps de la paperasserie, je peux prendre une douche rapidement et c’est déjà l’heure de fermeture. Le lendemain, en attendant d’aller en procès, je demande à aller en promenade, mais la réponse est non, car « tu es en isolement ». La raison ne s’expliquera que deux heures plus tard. Peu de temps après, je vais au procès et au retour, ils ne me font pas entrer dans la section pour récupérer mes affaires, car les gardes l’ont déjà fait. Je reste écroué et je dois préparer les sacs à dos pour l’avion si je veux aller en procès à Florence. De cette manière, lorsque les compagnonnes et compagnons seront là l’après-midi pour faire un rassemblement sous la prison de Lecce, je m’envolerai déjà pour Gênes. Continue reading « Opération Panico – Lettre de Paska »

Turin (Italie) : Présence solidaire avec les inculpés de l’opération Scripta Manent

La première partie du procès pour l’opération “Scripta Manent”, suite à laquelle sept compagnons et compagnonnes sont en détention préventive depuis plus de deux ans, arrivera à sa conclusion dans les premiers mois de l’année 2019, avec la sentence en première instance.

.Cette enquête concerne une série d’attaques signées FAI et FAI/FRI [Fédération Anarchiste Informelle / Front Révolutionnaire International, NdAtt.] qui ont eu lieu entre 2003 et 2012, contre les forces armées (commissaires, casernes desCarabinieri et des élèves Carabinieri, RIS [Reparto Investigazioni Scientifiche, la “police scientifique” des Carabinieri; NdAtt.]) et des hommes d’État (maires, le ministre de l’Intérieur), des journalistes, des entreprises engagées dans la restructuration des Centres de Rétention Administrative pour migrants, ainsi que le directeur d’un CRA. Dans cette enquête rentrent aussi les blessures aux ingénieur Adinolfi, PdG de Ansaldo Nucleare, pour lequel il y a déjà eu un procès et qui ont été revendiquées, en tant qu’action de la Cellule Olga FAI/FRI, par Alfredo e Nicola, qui sont en prison depuis 2012.

.Les accusations sont la création et la participation à une association subversive (art. 270 bis du Code pénale), quelques délits spécifiques (art. 280), en plus de la provocation à crimes et délits et l’apologie de crimes (art. 414) pour des articles, des sites web, des blogs et des projets éditoriaux anarchistes.Ce procès s’est fait remarquer pour le fait que le débat interne au mouvement anarchiste a été utilisé dans un jeu d’interprétations et des différenciations monté de toutes pièces, que le Procureur de service tente d’utiliser contre les anarchistes eux-mêmes, en essayant de condamner nos compagnons et de faire le procès des vingt derniers années de l’histoire de l’anarchisme et de la solidarité anarchiste.

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Grenoble, France : Rituel de la contestation ou vandalisme !

Ce lundi 21 janvier, sous une lune à faire hurler les loups et danser les sorcières, la façade de la maison diocésaine à été saccagée. Par deux fois car à notre arrivée la porte d’entrée venait déjà d’être attaquée ainsi que son mur repeind.

Sur 4 lundi consécutifs à compter du 14 janvier, alliance VITTA organise en ses murs des soirées de formation à la « bio-éthique ». Derrière ce langage mystificateur se cache une bien moins reluisante réalité : celle d’un nid de réactionnaires venu.es échanger contre l’avortement, l’homosexualité, l’euthanasie, pour la famille durable et autres fariboles religieuses.

A ce qu’il paraît, CGT, NPA et PCF concoctent des rassemblements citoyens pour s’indigner à leur manière.

A ce qu’il paraît les flics protègent les culs-bénits à coup de tonfa et lacrymos.

A ce qu’il paraît quelques encagoulé.es isolé.es tentent timidement l’échauffourée.

A ce qu’il paraît ce cirque va recommencer, recommencer et recommencer. … S’afficher dans de belles formes lors des rituels des chrétiens intégristes devient un rituel de la contestation gauchiste.

Très peu pour nous car nous chions sur les tracts, drapeaux, mégaphones et appareils photos omniprésent dans les manifestations, nous préférons sortir tard la nuit pour écouter la poésie des pieds de biche et des marteaux.

Contre dieux, ses apôtres et ses brebis.

Contre le patriarcat, la famille comme bonheur suprême et le genre.

Des iconoclastes volontiers vandal.es !

Publié sur indymedia grenoble

[keufmobile en feu] Le dernier prisonnier est dehors

Hier, samedi 26 janvier, le dernier prisonnier de l’incendie de la voiture de police quai de Valmy en mai 2016 est sorti du centre de détention de Meaux.

Après presque deux ans de prison, il a pu retrouver ses potes mais doit toujours rendre des comptes à la justice.

Les nombreux messages de solidarité montrent que la répression n’arrête pas la révolte contre ce monde d’autorité !

Tant qu’il y aura des juges, des flics, et des matons…

Chronologie des actions de solidarité : https://paris-luttes.info/keufmobile-brulee-la-solidarite-c-8746

brochure datant d’avant le procès : https://infokiosques.net/spip.php?article1436

Lu sur indy nantes

ADN : Le monde dans un crachat

Dna, String, Biology, 3D, BiotechnologyIl y a quelques jours a commencé dans les prisons italiennes le prélèvement d’échantillons destinés à établir l’Archive Nationale de l’Adn, une institution soumise au contrôle du Ministère des Affaires Intérieures qui est occupé de rassembler le profil génétique de tous les individus sous investigation, inculpés, arrêtés ou en garde à vue, ainsi que l’Adn trouvé sur les scènes de crimes. Il s’agit d’un processus en conformité avec une décision prise au niveau Européen – approuvée en 2005 par le traité de Prüm ratifié par l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Espagne, le Luxembourg, la Hollande et l’Autriche (et adopté par l’Italie en 2009) – dans le cadre de la soi-disant « lutte contre le terrorisme et la criminalité », qui s’étend également au-delà des frontières de l’Union Européenne. Maintenant, officiellement avec quelques années de retard, les autorités italiennes ont commencé à mettre en pratique une mesure qui existait déjà depuis des années dans d’autres pays. Au Royaume-Uni par exemple, pays natal de l’inventeur de l’empreinte génétique, Alec Jeffreys, la National Dna Database était déjà instituée depuis 1995. La France non plus n’a certainement pas attendu le Traité de Prüm pour créer son propre Fichier national automatisé des empreintes génétiques, fondé en 1998.

Le fichage génétique est décrit par tous les gouvernements comme « une arme puissante dans la lutte contre le crime », capable de fournir des éléments clés pour punir les auteurs de crimes particulièrement odieux et disculper les innocents. Surtout évoqué dans les affaires d’homicides et de viol, l’Adn en tant qu’élément de preuve est présenté comme si il était définitif, irréfutable, synonyme de vérité absolue. Aujourd’hui l’archive britannique de même que la française contiennent des millions et des millions de codes génétiques et leur nombre est en constante augmentation. Tous des violeurs potentiels ? Certainement pas. Au carrefour entre une « justice égale pour tous » et une « science au service de tous », le prélèvement d’échantillons d’Adn est une procédure judiciaire qui possède les mêmes caractères exponentiels et irréversibles que la technique. Au même titre que la justice et la science, il n’est fonctionnel que pour servir les intérêts de l’État. Ainsi, dans des pays comme la Perfide Albion, le prélèvement d’un échantillon d’Adn est destiné non seulement à résoudre des crimes particulièrement brutaux, mais il est aussi dirigé contre les personnes accusées de mendicité ou d’ivresse publique ou de participation à une manifestation non autorisée (pour donner une idée de la généralisation d’une telle pratique, il suffit de mentionner que depuis la fin de l’année 2007 la banque de données britannique contenait déjà les données de 150.000 enfants en-dessous de l’âge de 16 ans) ; alors que dans le pays des droits de l’homme le domaine de recueil d’échantillons génétiques, proposé à l’origine pour démasquer un serial killer, s’est étendu au cours des dernières années afin de dévoiler, parmi d’autres horribles crimes, des auteurs de graffitis et des saboteurs de champs d’Ogm.

Tout ça pourrait donner des scrupules de conscience à quelques nobles âmes démocratiques, qui se trouveraient troublées par l’idée plutôt totalitaire d’un État qui devrait procéder au fichage génétique de millions de ses citoyens et qui selon sa discrétion passerait au crible sa banque de données à l’occasion de chaque infraction à son code pénal, transformant chacun en un criminel potentiel. Pour se délivrer de leurs scrupules, elles proposent et exigent de poser des limites dans le dépistage génétique et dans son usage, limites qui se heurtent autant aux promesses de sécurité vendues par une telle procédure qu’à ses propres qualités scientifiques. L’efficacité punitive et l’efficacité dissuasive d’une concordance d’Adn sont en fait toutes les deux inhérentes à une condition préalable : l’Adn doit déjà être présent dans les fichiers. C’est en fait complètement inutile de détenir l’Adn d’un violeur meurtrier si il n’y a aucun Adn avec lequel le comparer. Plus nombreux sont les échantillons d’Adn collectés, plus il y a de chances de trouver le coupable (efficacité punitive). Plus grande est la banque de donnée d’Adn, plus probable est la diminution des crimes (efficacité dissuasive). Ficher toute une population serait donc une perspective idéale d’un point de vue sécuritaire, puisque cela garantirait à la fois les plus fortes mesures préventives et le plus haut niveau de répression. Rappelle-toi, l’État te connaît, il sait tout sur toi, et donc… ne fais rien de mal, et n’aie pas peur. Pourquoi est-ce que ceci devrait soulever des problèmes éthiques chez ceux qui acceptent les logiques sécuritaires ? Parce que ceux qui appellent à l’installation de caméras de surveillance partout et qui ne font aucune objection ni aux écoutes téléphoniques ni au relevé des empreintes digitales, pourquoi est-ce qu’ils se feraient du souci à propos d’un éventuel dépistage génétique ? Si l’Adn ne ment pas comme le jurent les scientifiques, si son test est une procédure scientifique qui fonctionne, quel pourrait alors être le problème ? Il n’y a pas de problème, en fait il semble que les premiers à avoir défendu la nécessité du fichage de tous les citoyens soient quelques pays arabes, dont les gouvernements prennent notoirement à cœur le triomphe de la vérité et de la justice. À moins que, peut-être, de petits problèmes persistent dans toute cette affaire. En fait, le père de l’empreinte génétique proposait d’un côté le fichage de la population toute entière, et tenait à nous faire remarquer, d’un autre côté, que les données ne devraient pas être conservées par l’État mais plutôt par une institution « neutre ».

Scrupules ridicules. Il n’est vraiment pas difficile de comprendre où se situe le problème, et quelles sont ses dimensions. Oublions pour l’instant les différends techniques concernant les échantillons d’Adn, quelle longueur la séquence d’Adn devrait avoir pour être exploitable ou combien de temps l’échantillon devrait être stocké de façon à garantir le « droit à la vie privée ». Et oublions les hypothétiques scénarios pour l’avenir, du genre : qu’arriverait-il si ces données tombaient entre de mauvaises mains… ? La question n’est pas là. Ces données tombent déjà entre les mains de quelqu’un, celui qui les collecte. Et pourquoi ? Pour nous protéger contre les obsédés sexuels et les tueurs assoiffés de sang ? Que l’Adn ne mente pas n’est déjà pas une certitude. Mais l’État qui l’utilise ment à coup sûr ! Finalement, il n’est même plus nécessaire de truquer la réponse quand il est possible de truquer la question.

Mais commençons par la réponse, celle de l’Adn. Avocats et scientifiques s’accordent à le présenter comme une preuve ultime, incontestable. Parce que l’acide désoxyribonucléique est une macromolécule présente dans les cellules de tous les organismes vivants, responsable de la transmission et de l’expression des caractères héréditaires, unique, comme ils disent, différent d’individu à individu, l’Adn d’un crachat va automatiquement recracher la Vérité.

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Fascisme, anarchisme, guerre

Le mot « fascisme » est à la mode. On le prononce à toute occasion et sans occasion. Celui qui se fâche avec son voisin le traître de « fasciste », tout en ne comprenant pas toujours ce que ce terme signifie bien exactement.

Voyons un peu, aussi brièvement et explicitement que possible, le sens du mot « fascisme ». C’est l’expression brutale ce violente de l’autorité, imposée sans discussion permise. C’est ainsi qu’il est compris couramment. Mais à mon avis, tous les autoritaires, c’est-à-dire tous les partisans de l’autorité, en en détenant une parcelle, sont des fascistes, plus ou moins déguisés, mais tout aussi dangereux pour la liberté. la vraie, saine et humaine, sinon plus que les « purs ».

Bon nombre de « démocrates de la base » se récrieraient en lisant ces lignes et diraient, eux aussi, que « j’y vais un peu fort », eux qui se croient sincèrement, ardemment « anti-fascistes ». Et pourtant, combien de faits sont là pour le prouver. Les démocraties, c’est-à-dire les formes doucereuses du fascisme, en promettant beaucoup : liberté intégrale, bien-être, pain, bonheur et jouissance sur toute ta ligne, et incapables de réaliser ces promesses qui ne peuvent être que du bluff électoral, préparent le lit du fascisme violent, en sont les plus précieux auxiliaires. L’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, etc., nous en fournissent de tragiques et édifiants exemples. Et l’URSS aussi, avec son fascisme de différente étiquette, mais autant, peut-être encore davantage féroce et sanguinaire que l’autre, et d’autant plus dangereux qu’il ose toujours se parer d’une vague et pâle teinte révolutionnaire. Et, aujourd’hui, l’Espagne continue la série. Les expériences tragiques du passé n’auront donc servi de rien, sinon de répandre du sang, des deuils, des ruines, sans aucun profit pour les événements présents et futurs ?

Oui, l’Espagne que des camarades nous présentaient, voilà une longue et douloureuse année, comme le foyer de la révolution libératrice d’où avait jailli l’étincelle libertaire embrasant l’humanité enfin régénérée et affranchie de toute autorité, de tout dogme, de toute injustice, supprimant les classes sociales, richesse et paupérisme, et assurant liberté, bien-être et bonheur à tous les êtres humains. Las ! que ces belles et bonnes choses semblent loin aujourd’hui. Oui, l’Espagne de maintenant est divisée effectivement en deux camps, opposés momentanément par des questions de boutique, se disputant à qui nous dévorera. L’un, ennemi franc et déclaré ; l’autre, « frère ennemi », hypocrite en plus. Ces deux camps sont (et je n’apprends rien à personne) : le fascisme blanc représenté par Franco, ses souteneurs Hitler. Mussolini et tant d’autres en France et ailleurs, et le fascisme rouge, défendu par Staline et ses séides.

Que deviennent les anarchistes dans cette salade ? En se battant aujourd’hui contre l’un, ils « travaillent » pour l’autre. Les faits sont là, dans leur brutale et émouvante crudité, et tous les discours et articles de journaux savamment échafaudés pour essayer de prouver le contraire, ne tiennent pas debout et ne peuvent être pris au sérieux que par des naïfs ou des ignorants.

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Rovereto (Italie) – Action contre Benetton

r-i-rovereto-italia-azione-contro-benetton-05-01-2-1.jpgNous apprenons des médias locaux que, dans la nuit du 4 au 5 janvier, des inconnus ont endommagé les vitres d’un magasin Benetton situé dans le centre de Rovereto. Selon les journaux, une tag laissé sur place relierait Benetton, actionnaire majoritaire de Autostrade per l’Italia [autoroutes Italiennes, ndt], à l’effondrement du pont Morandi à Gênes.

de roundrobin.info

Roussas, France : Sabotage incendiaire de deux éoliennes – 21 janvier 2019

Dans la nuit de dimanche 20 à lundi 21 janvier, deux éoliennes du parc de Roussas ont été incendiées. Les dégâts sont très importants dans ce parc éolien de la société RES qui en comporte 11 au total. Une enquête a été ouverte, menée par la brigade de recherches de Pierrelatte, qui privilégie la piste de l’incendie volontaire.

Cette nouvelle attaque incendiaire contre des aérogénérateurs rappelle aux flics et à ses portes-paroles du Daubé celle qui avait eu lieu lors de l’été 2018, dans la Drôme.

En effet, dans la nuit du 31 mai au 1er  juin, une éolienne, située sur les hauteurs de Marsanne, exploitée aussi par la société Res avait été détruite par un feu criminel. Un second appareil avait été touché par les flammes. Elle avait à l’époque été revendiquée à travers un communiqué posté sur indymedia nantes.

[Reformulé du Daubé, 22.01.2019, par sansattendredemain]

La seule église qui…

[L’église Saint-Jacques située rue de Chamrousse est partie en fumée le 17 janvier à Grenoble. Alors que comme souvent le pouvoir et ses porte-parole, quand ils ne passent pas les actes sous silence, mettaient en avant son caractère accidentel « Des courts-circuits »  viennent à l’inverse de revendiquer l’attaque incendiaire, qui a détruit 1500 mètres carrés du bâtiment.]

La seule église qui…

C’est avec plaisir que l’on constate que beaucoup de symbôles de l’Etat et du capitalisme sont attaqués en ce moment, que des rages se transforment en actes. Même si leurs origines entrent parfois en contradiction avec nos propres idées, nous savons que nous n’avons pas des allié.e.s partout, c’est toujours beau quand ça crâme dans les villes et les campagnes.

Une pensée pour celleux qui profitent de ces moments pour saccager sans modération et sans revendications. Une autre pour celleux qui n’attendent pas ces occasions pour tout casser.

Nous avons aussi débridé nos rages en incendiant l’église St Jacques à Grenoble.

Il nous paraît important de ne pas laisser de côté les autorités morales dans nos analyses et attaques des différentes facettes du pouvoir.

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Lisbonne, Portugal : Réponses incendiaires à la besogne policière

Un commissariat et plusieurs véhicules ont été endommagés par l’explosion de cocktails Molotov dans une série d’incidents en banlieue de Lisbonne dans la nuit de lundi à mardi, a annoncé la police au lendemain d’affrontements en marge d’une manifestation contre les violences policières.

« Trois cocktails Molotov ont été lancés contre un commissariat » du quartier de Bela Vista, dans la commune de Setubal située au sud de la capitale portugaise, a annoncé la police dans un communiqué, en précisant que ces « actes de vandalisme » n’avaient fait aucun blessé.

Dans la banlieue nord, une autre série d’attaques, « également avec des cocktails Molotov », a endommagé une dizaine de voitures dans les communes d’Odivelas et Loures, a précisé la police qui a interpellé quatre suspects dont l’un, âgé de 18 ans, a été placé en garde à vue. « La police continue d’enquêter sur ces deux incidents et, à ce stade, rien n’indique qu’ils soient liés à la manifestation » de lundi dans le centre de Lisbonne, a-t-elle ajouté.

Quatre personnes ont été arrêtées lundi soir après des heurts à la fin d’une manifestation qui a mobilisé quelque 200 personnes dénonçant le racisme et les violences policières devant le ministère de l’Intérieur. Au moment de la dispersion de cette manifestation en début de soirée, plusieurs manifestants se sont dirigés vers une avenue chic du centre de
Lisbonne, l’Avenida da Liberdade, et y ont vandalisé plusieurs véhicules avant de se heurter aux forces de l’ordre qui ont riposté avec des tirs de balles en caoutchouc.

Cette manifestation avait été convoquée en réaction à une intervention musclée de la police dimanche à Seixal, dans la banlieue sud de Lisbonne, pour mettre fin à une rixe dans un quartier sensible où vit une importante communauté issue des anciennes colonies africaines du Portugal.

repris de sansattendre.noblogs.org

Bon appétit, léguistes*!

Le passé frappe aux portes du présent. Le plus souvent, il a le rictus du totalitarisme, et parfois plus rarement le sourire de la révolte. Il y a un siècle, en février 1916 à Chicago, le cuisinier Jean Crones (faux nom derrière lequel se cachait l’anarchiste italien Nestor Dondoglio) empoisonna avec de l’arsenic la soupe préparée pour un banquet privé réservé aux notables et à la classe dirigeante de l’Illinois. Plus d’une centaine d’illustres invités ont agonisé pendant des heures, sauvés seulement de manière fortuite (en raison de l’augmentation du nombre de convives, la soupe avait été rallongée par le personnel de cuisine peu de temps avant d’être servie, diminuant l’efficacité du poison). Comme il le révéla lui-même dans ses lettres envoyées à la presse, le cuisinier subversif avait saisi au vol l’occasion de faire place nette des parasites qui infestent l’humanité. Pour les politiciens, les industriels, les banquiers, les évêques… cela devait être le dernier repas.

Ce ne fut malheureusement pas le cas, mais à ce qu’il semble, le cuisinier anarchiste de Biella a trouvé en Vénétie un involontaire émule moderne. Vendredi dernier, le 18 janvier, à la vingt-sixième Foire du Radicchio** organisée dans le village au curieux nom de Zero Branco, une cinquantaine de militants de la Lega ont eu la bonne idée de faire table séparée, entièrement pour eux. De retour à la maison après la joyeuse soirée, ils ont tous été forcés de passer – littéralement – une nuit de merde. De fortes douleurs abdominales les ont flanqué sur la cuvette des toilettes. Parmi eux, se trouvait le président de la province de Trévise.

Personne d’autre parmi les centaines de personnes accourues ce soir-là pour déguster le risotto au radicchio et aux saucisses, ou le ragoût, n’ayant éprouvé de gêne, le soupçon court que quelqu’un a assaisonné les plats destinés aux léguistes – non, pas avec de l’arsenic – avec du laxatif. Bien sûr, les dirigeants du local Pro Loco, organisateur de l’événement, démentent catégoriquement qu’un de leurs cuisiniers ou serveurs ait pu matériellement envoyer chier les militants d’un parti qui se vante d’exprimer le « ventre » du pays.

Nous avons tendance à être d’accord avec eux. Ce fut sans aucun doute la main invisible de Nestor Dondoglio ! Pour lui, immigré clandestin, la pensée que ces assassins racistes en chemises vertes/bleues puissent se goinfrer pendant que les damnés de la terre se noient en Méditerranée, doit avoir provoqué une folle envie de revenir sur terre. Une fois de plus, il se sera dit avec son sourire indéfectible – « et quand j’ai vu cette tablée du festival, j’ai pensé qu’il serait salutaire de faire un bon nettoyage ».

Traduit de l’italien de finimondo, 21/1/19
https://finimondo.org/node/2272

*Léguistes : membres du parti d’extrême droite actuellement au pouvoir en
Italie, la Lega.
** Radicchio : variété de chicorée rouge, spécialité de la région de Trévise.

Nouvelles brochures des éditions Anar’chronique


Pour l’anarchie du mouvement anarchiste ! – Renato Souvarine

« Révolte permanente. Contre toutes les tentatives de restaurer de nouvelles églises, des hiérarchies, des disciplines, des syllabes, des anathèmes, des ostracismes, des bûchers.

Contre toutes les tentatives d’élever des digues, de construire des Centrales ou des Partis pour contenir, uniformiser, centraliser, dénaturer, atténuer, déformer l’anarchisme qui est mouvement anarchiste autonome, incoercible, varié, multiple et complexe, comme la vie, qui se répand hors de toute loi, hors de tout joug, hors de tout centre…
[…] Continue reading « Nouvelles brochures des éditions Anar’chronique »

Grenoble : Perquiz en lien avec l’incendie de la gendarmerie en septembre 2017

Aujourd’hui 22 janvier 2019, au moins 4 perquisitions ont eu lieu à Grenoble vers 7h du matin dans le milieu feministe/anarchiste.

Un appartement squatté à la Villeneuve, une maison squattée à Saint-Martin d’Hères, un appartement loué et un local associatif à Fontaine ont fait l’objet de recherches plus ou moins poussées. L’effectif present était d’une vingtaine de gendarmes, de policier, du psig, des opj et de sections de recherches… On a pas fait le compte exacte. Et d’ailleurs si d’autres personnes ont fait l’objet de perquisitions ce matin ou dans les alentours, ca serait bien que ca soit su.

Personne n’a été embarqué en gav ou mis en examen pour l’instant suite à ces descentes. Les auditions des personnes entendues comme témoins se sont faites sur place.

Leur attention lors des descentes était principalement concentrée sur du matériel informatique qui à été dans sa majorité saisi (ordi, télephone disque dur et clé usb). Ils ont aussi pris en photo ou embarqué quelques brochures/livres/cds…

C’est un peu à chaud et ca manque peut être de précision, y aura potentiellement plus de précisions prochainement, à voir!

Salut.

repris d’Indymedia Nantes

Note de cracherdanslasoupe. En août 2018, suite à une autre perquiz, à Grenoble également, (officiellement pour une histoire de stupéfiants), un dispositif de surveillance avait été retrouvé dans un squat, voir ici :

https://sansattendre.noblogs.org/post/2019/01/16/grenoble-france-micro-retrouve-en-aout-2018-dans-un-squat-temoignage-et-phtos/

L’Utopie

Cela fait un bon moment que je pense à écrire sur certains sujets, et des quelques textes que j’ai lus, il m’a semblé comprendre que ce sur quoi je souhaite écrire est un sentiment présent chez d’autres compagnons.

Il s’agit d’une exigence que je ressens depuis toujours, et qui non seulement ne s’est jamais apaisée, mais au contraire a occupé ces derniers temps toujours plus d’espace dans mes réflexions : je parle de l’Utopie. Son idée me poursuit avec une insistance nouvelle et plus forte, et c’est peut-être dû au fait que sa quête soit devenue lentement mais inexorablement moins obsédante au sein de ce qu’on peut génériquement définir comme le mouvement anarchiste. C’est en tout cas mon impression.

Peut-être est-ce suite aux désillusions des années passées qui n’ont produit que ce qui a été perçu comme des défaites, suite à la fatigue des coups retentissants (plus moraux que physiques) qu’il est toujours possible d’encaisser lorsqu’on lutte, sans compter la perspective de ne jamais voir se réaliser ses propres rêves les plus fous, mais il me semble qu’il y a dans l’air une certaine tendance à se contenter de peu : mieux vaut gagner une petite lutte qui donne le moral plutôt que d’encaisser une autre défaite en tentant une victoire définitive. Mieux vaut réussir à ajuster un peu les choses de cet existant misérable plutôt que risquer de ne jamais l’améliorer en tentant de le bouleverser définitivement. La recherche permanente d’adaptation aux situations qu’offre notre époque est en train de supplanter la tension qui empêchait de s’adapter ; la frénésie de faire quelque chose à tout prix pour se sentir vivant et actif risque de se substituer à la capacité d’analyse et de critique nécessaires pour développer sa propre projectualité. On en arrive même à faire ce que tout le monde fait et à parler comme tout le monde parle, parce qu’utiliser un langage différent nous rendrait incompréhensibles et qu’on risquerait de demeurer isolés. On participe tous aux mêmes luttes mais, comme si ça ne suffisait pas, on le fait tous de la même manière, utilisant les mêmes moyens qui à long terme mènent à la stérilité, à moins de découvrir qu’à force de parcourir ce que le mouvement anarchiste faisait avant, nous ayons avorté notre capacité imaginative, atrophiant l’imagination utile pour continuer les luttes qui nous avions entreprises…

Et ces luttes mêmes ? De moyen vers quelque chose de plus vaste et plus grandiose, elles risquent de se transformer en fin en soi, et c’est là qu’on perd de vue l’Utopie. Il m’arrive toujours moins souvent de parler avec des compagnons des rêves plus grands, non pas entendus comme des rêves éveillés à mettre de côté une fois qu’on a fini de rêver, mais comme une sublime aspiration vers laquelle tendre, comme quelque chose à poursuivre pour tenter de les réaliser. L’Utopie ne représente pas pour moi une île qui n’existe pas dans ce monde, mais quelque chose qui envoie le sang au coeur et au cerveau, une idée qui n’offre pas de trêve ; c’est la tension qui me pousse à agir et la conscience qui permet de dépasser la peur. L’Utopie est une des raisons pour lesquelles je suis anarchiste, parce que elle seule m’offre la possibilité de lutter non pas uniquement pour un monde nouveau, mais pour quelque chose qui n’a jamais été réalisé. Voilà mon Utopie : la tentative de concrétiser ce quelque chose jamais accompli, l’aspiration à vivre dans un monde qui ne soit pas celui d’aujourd’hui et pas non plus celui d’il y a quelques milliers d’années. Quelque chose qu’il n’est possible de tenter qu’à travers un moment de rupture insurrectionnelle, un moment qui signifierait uniquement l’ouverture d’une possibilité, qui puisse me faire approcher d’un gouffre profond et d’éprouver le vertige, laissant ouverte la possibilité qu’au fond il y ait quelque chose de terriblement fascinant ou d’absolument terrible. Un saut dans l’inconnu, en somme, sans savoir par avance comment devra être la société que je désire, mais en partant de tout ce que je ne désire pas. Penser l’impensable, donc, comme condition préliminaire pour tenter l’impossible.

« Celui qui contemple la fin dès le début, celui qui a besoin de la certitude de l’atteindre avant de commencer, n’y arrivera jamais »

A. Libertad

[L’utopia – Tairsia, foglio aperiodico di critica sociale, nr. 1 – octobre 2011, en français ici https://salto.noblogs.org]

Publication : Avis de tempêtes #13

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°13 (janvier 2019) vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 24 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog :
https://avisdetempetes.noblogs.org

« Pourquoi se limiter à un jour rituel d’affrontements quand on peut aussi n’importe quelle nuit détruire tout ce qui nous oppresse ? Et qui sait même, si toutes ces attaques ciblées ne pourraient pas s’alimenter les unes les autres en se multipliant, d’une part en bonnes idées et d’autre part en un jeu subversif du à chacun le sien ? Un mouvement social de ce type, ouvert et imprévisible, n’est-il pas propice à alimenter ce jeu-là, chacun sur ses propres bases ? Histoire par exemple de contribuer à identifier l’ennemi, d’approfondir la révolte, de saper ses récupérateurs, d’enrichir nos projets, ou simplement de saisir l’occasion pour mener à bien ce que nous aurions ordinairement plus de difficulté à accomplir ? »

Télécharger Avis de tempêtes #13 en PDF

Chia (Sardaigne) – Couper les bases du pylône

« Dans une nuit d’étoiles filantes*, les pylônes ne font pas exception ».

À Chia, l’une des régions les plus touristiques de Sardaigne, les fondations d’un pylône éléctrique ont été coupées.

Contre l’exploitation touristique du territoire qui dévaste les plages et denature les paysages, contre les stations balnéaires et les villages touristiques, où les riches touristes trouvent repos et détente et ne réservent que l’exploitation et le travail au noir aux saisonniers.
Contre la base de Teulada, le deuxième plus grand terrain militaire qui afflige notre terre.

L’interruption de l’énergie n’est qu’un des nombreux moyens de mettre des bâtons dans les roues ​​de ces mécanismes d’oppression et de guerre contre lesquels nous devons nous opposer par tous les moyens jugés nécessaires, le sabotage en est un.

Nous avons choisi cette ligne électrique pour perturber les activités touristiques et  militaires, mais aussi pour en secouer pleins d’autres, pour essayer de les sortir quelques heures de la torpeur de leur vie qui les rend complices de ce qui est juste à côté d’eux.

Un si biri kitzi  » [à la prochaine, en Sarde, Ndt]

*jeu de mots  avec « cadente » (filante en italien), du verbe cadere = tomber.
.
Repris de romperelerighe.noblogs.org

E. Armand – Se sentir vivre

J’écris ces lignes en pleine période électorale. Les murs sont barbouillés d’affiches de toutes les couleurs ou on s’en dit de toutes les couleurs, sans jeu de mots. Qui n’a pas son parti – son programme – sa profession de foi ? Qui n’est pas socialiste ou radical ou progressiste ou libéral ou « proportionnaliste » – le dernier cri du jour ? C’est la grande maladie du siècle, cette abnégation du moi. On est d’une association, d’un syndicat, d’un parti ; on partage l’opinion, les convictions, la règle de conduite d’autrui. On est le mené, le suiveur, le disciple, l’esclave, jamais soi-même.

Il en coûte moins, c’est vrai. Appartenir à un parti, adopter le programme d’un autre, se régler sur une ligne de conduite collective, cela évite de penser, de réfléchir, de se créer des idées à soi. Cela dispense de réagir par soi-même. C’est le triomphe de la fameuse théorie du « moindre effort », pour l’amour de laquelle on a dit et fait tant de bêtises.

Certains appellent cela vivre. C’est vrai, le mollusque vit, l’invertébré vit ; le plagiaire, le copiste, le radoteur vivent ; le mouton de Panurge, le faux frère, le médisant, et le cancanier vivent. Laissons-les et songeons, nous, non seulement à vivre, mais encore à nous « sentir vivre ».

Continue reading « E. Armand – Se sentir vivre »

Des flammes aux portes de l’église anti-avortement

Résultat de recherche d'images pour "eglise flammes dessin"L’église de San Rocco (Rovereto, Italie), a été attaqué pendant la nuit du 10 janvier peu avant cinq heures. L’église est aux mains de Don Matteo Graziola ouvertement anti-avortement, raison pour laquelle il a déjà été attaqué à plusieurs reprises.

Des individus ont aspergé de l’essence la porte de l’église, puis l’ont incendié. 

Un tag a été laissée sur le mur : «Les vrais martyrs sont dans la mer».

L’église avait été au centre de la controverse il y a quelques jours parce que les « Sentinelle in piedi  » [Sentinelles debout, Ndt] avaient installé une crèche avec des dizaines de faux fœtus humains éparpillés sur le chemin des Trois Rois, nommant cette « oeuvre », « Le massacre d’Hérode » .

Reformulé de la presse italienne.

Extraits

“L’anarchisme ne peut être vu comme une mission, un mode de vie ou une sous-culture, mais une tension qui déclenche la révolte à l’intérieur de soi-même, une transformation constante qui, en explosant, cherche à tout balayer. En nous et autour de nous. En nous entourant de prothèses, d’altérations, de béquilles, nous nous alourdissons. Nous nous donnons plus de chaînes.”

 

Drogue

J’aime la drogue. Comment ne pourrais-je pas ? Pourquoi renoncer à quelque chose qui me fait du bien, capable d’altérer, à différents niveaux, mon état de conscience m’immergeant dans une atmosphère de bien-être psychologique et physique qui me comble. Après tout, il est facile de se sentir faibles et impuissants une fois que nous réalisons que nous ne vivons pas dans le meilleur des mondes, mais dans un environnement où nous absorbons continuellement le conditionnement de nos goûts, sentiments, opinions et impulsions et sommes même amenés, d’une manière ou d’une autre, à contribuer à leur redéfinition constante.

Une fois que nous réalisons que, dans un monde de massacres et d’assassins, lutter contre tous les rôles, y compris ceux que nous adoptons continuellement, et tenter d’attaquer ne mènera pas à la victoire, il n’est pas étonnant qu’entre une activité militante et une autre, une discussion et une autre, nous cherchons désespérément refuge dans un état de conscience altéré dans lequel il est possible de projeter, de manière illusoire, l’idée de lutte, l’idée de l’attaque. Je me sens comblée dans mon état altéré, je ne ressens plus le besoin de creuser en profondeur, d’aller jusqu’au bout, j’ai tout ce qu’il me faut. Trouver refuge est une des façons qui m’aide à vivre avec ce monde et à vivre ma vie. Et si en ma compagnie, pendant que je profite de cet état de conscience modifié, je me retrouve en compagnie de personnes avec qui j’échange habituellement quantité de mots sur l’utilisation du feu et contre toutes les règles, le plaisir est encore plus fort, et aussi plus acceptable.

Comme partout ailleurs, la drogue se répand rapidement aussi dans les dites relations sociales entre compagnons. Bien que nous connaissions clairement les effets de certaines substances sur les interactions entre individus (inhibitions réduites, jovialité, la possibilité de s’extraire de la réalité, etc.), en les transformant en sujets passifs comme tant d’autres, elles sont encore largement utilisées.

Mais ce serait une erreur de voir la drogue comme le problème et pas comme l’un des problèmes. La société est déjà en train de stigmatiser cette dernière comme l’une de ses principales souffrances, cette même société basée sur la production et la promotion de dépendances de toutes sortes. Continue reading « Extraits »

No pasarán ? Pas sûre. Pas sûre du tout.

Résultat de recherche d'images pour "coq français"Méfiez-vous, mes amis, méfiez-vous. Quand quelqu’un dénonce le Système (le gros, celui avec un immense S majuscule Sinistre), questionnez-le avant de lui faire l’accolade et de le traiter en camarade. Le plus souvent, vous aurez affaire sans le savoir à un fasciste.

(Souvent, le fasciste en question ne saura même pas qu’il en est un et niera cette évidence de toutes ses forces.)

Quand je dis « fasciste », je ne veux pas nécessairement parler de l’adepte un peu neuneu cette bonne vieille idéologie folklorique à grand-papa avec les drapeaux, les bottes cloutées et le pas d’oie. Je parle surtout de ces êtres du ressentiment qui n’ont rien du tout contre la démocratie (bien au contraire) ni contre toutes les institutions et tous les dispositifs du pouvoir qui nous oppriment, en autant qu’ils ne soient pas sous le contrôle de leur bouc émissaire de prédilection.

Pour le fasciste, l’État, la propriété, la police, le gouvernement, la prison, l’école, l’usine, le bureau et tutti quanti – bref, toutes ces institutions qui nous oppriment et nous écrasent chaque instant que nous vivons, jour après jour – fonctionneraient au poil et nous apporteraient à tous le bonheur parfait et sans mélange si enfin le Peuple (le gros, celui avec un immense P majuscule Persécuté) était réellement au pouvoir. Hélas ! Ces institutions ce sont transformées en Système (le gros, celui avec un Sombre S majuscule) après avoir été noyautées, perverties et détournées de leurs fonctions premières par un lobby de conspirateurs vomis par l’enfer.

Évidemment, le bouc émissaire varie d’un fasciste à l’autre : parfois, ce sont les juifs, d’autre fois les islamistes radicaux, ou alors (énumérés pêle-mêle et sans avoir la prétention d’être exhaustive) les immigrants, les Roms, les homosexuels, les financiers, les industriels, le 1%, les catholiques, les carrés rouges, les protestants, les athées, les Américains, les satanistes, les anarchistes, les communistes, les racistes, les jésuites, les noirs, les indiens, les milliardaires, les syndiqués, les Illuminatis, les élites dégénérées et pédophiles, les féministes, les extra-terrestres reptiliens mangeurs de chair… ou les fascistes, ironiquement. Le choix d’un bouc émissaire plutôt qu’un autre n’a pas en soi vraiment d’importance ; ce qui est important, c’est de pouvoir jeter le blâme de l’oppression abjecte que l’on subit sur une abstraction, sur un fantôme, plutôt que sur les dispositifs de pouvoir bien réels qui sont la cause de cette oppression.

Le fasciste est un être du ressentiment. Il souffre. Il est exploité. Il subit d’innombrables affronts. Il est une victime de l’histoire – en fait, pas nécessairement lui directement, mais l’abstraction sociale à laquelle il s’identifie. S’il souffre, les autres aussi doivent souffrir, en particulier et surtout ceux qui sont la source fantasmée de ses malheurs. Quelqu’un doit répondre de cette humiliation, quelqu’un doit payer, quelqu’un doit expier. Pour ce faire, le fasciste a besoin d’un Maître (un gros, avec un immense M majuscule Machismo). Il a besoin d’un leader providentiel capable de canaliser l’énergie populaire. Un chef qui, une fois au pouvoir, sera l’incarnation de la volonté du peuple et pourra régner en son nom, directement, sans l’interférence de tous les lobbies corrompus et sataniques. Or, qui désire un maître finit toujours par l’obtenir – et vouloir l’imposer à tous.

La prochaine fois que quelqu’un dénonce le Système (le gros, celui avec un immense S majuscule Satanique) en pointant du doigt en direction de la catégorie d’individus qui est la source de ses malheurs, ne le prenez pas fraternellement dans vos bras : crachez-lui au visage, comme il le mérite.

Repris du blog d’Anne Archet.

Besançon, France : Des flammes dans l’obscurité contre la sécurité

Post-émeute samedi 5 janvier 2019

Des bagnoles, il en crame toutes les nuits.

Pour celles qui font marcher ce monde de contrôle et d’exploitation, c’est plus rare. Et les faire partir en fumée nécessite une bonne dose d’abnégation et de rage…

Et pourtant. Quelques heures après les affrontements à Chamars, une bagnole de la technologie de surveillance est partie en fumée avenue Clémenceau: Polysecurité, petite entreprise locale, installe chaque jour systèmes de vidéo-surveillance et d’alarmes anti-intrusion.

Elle n’en est pas moins nocive pour toute individualité tendant vers la liberté.

Guerre aux technologies du contrôle et de la surveillance.

R.I.C. – des Renard-e-s Insurgé-e-s pour le Chaos.

Repris d’indy Nantes

Portrait de la femme invisible devant son miroir

Enfant, Je rêvais d’être la femme invisible. Je me disais que l’invisibilité serait le seul souhait que je formulerais si un jour je croisais le génie de la lampe. Pas besoin de m’habiller le matin pour aller à l’école – pas besoin même d’aller à l’école ! – pas besoin d’être bien coiffée, d’être propre et jolie, de plaire et d’être polie… Assise en classe à mon pupitre, je me disais qu’en tant que femme invisible, je profiterais au maximum de mon don pour satisfaire tous mes désirs. Je fantasmais donc de se servir impunément dans le rayon des bonbons du dépanneur, d’aller voir tous les films à l’affiche au cinéma et de visiter tous les endroits mystérieux interdits aux fillettes, comme la chambre de ma mère ou le vestiaire des garçons.

En vieillissant, j’ai appris à la dure que non seulement l’invisibilité n’existe pas, mais qu’être visible est une malédiction. Être vue, être nommée, c’est se faire voler sa vie.

D’abord, on m’a contrainte à être une « fille », cet être inférieur et faible qui n’a le droit d’exister qu’en fonction des autres, qui doit séduire à tout prix et prendre soin de tout le monde en souriant sans discontinuer, qui doit être sage, ne pas dire de gros mots, ne pas tacher sa foutue robe, être parfaite en tous points tout en n’étant surtout pas trop intelligente, parce que personne n’aime une fille trop maline.

Ensuite, j’appris avec stupeur que j’étais une « Chinouèse », un objet de curiosité, d’exotisme ou de méfiance qui se fait demander continuellement (en mauvais anglais, allez savoir pourquoi) d’où elle vient, si elle aime manger du chat, si elle a une mauvaise vue à cause de ses drôles de yeux bridés, si elle sait dire des gros mots en « chinouès », quand on ne lui tire pas ses cheveux en crin de cheval ou qu’on ne s’approche pas d’elle pour la renifler et ainsi détecter un éventuel fumet de crasse ou de chow mein – voire qu’on considère, carrément, comme une incarnation du péril jaune qui menace la survie de la nation blanche et chrétienne.

Plus tard, je suis devenue à mon grand désespoir une « lesbi », une « brouteuse de touffe », un objet de fantasme dans la mesure où cette condition sert à exciter le porteur du phallus (car toute lesbienne ne l’est que parce qu’elle est mal baisée et ne souhaite secrètement que de connaître la véritable extase – celle que seule une bite peut procurer), quand ce n’est pas un être pervers menaçant par son vice les fondements mêmes de la famille et de la civilisation. Quand plus tard on m’a vue dans les bras d’un homme, j’ai immédiatement basculé dans un autre camp, celui des « bi » indécises, volages, briseuses de couples, propagatrices du VIH, incapables de reconnaître leur homosexualité et strictement indignes de confiance.

Tout ceci n’était qu’un avant-goût de ce qui attendait lorsque fut le temps d’assurer moi-même ma survie. Je suis d’abord devenue une « ressource humaine », un être méprisable, par définition improductif et ingrat parce qu’il exige de se faire payer suffisamment pour pouvoir survivre, un être continuellement soupçonné d’être voleuse, fraudeuse, qu’on peut reléguer au rang de sous-humain en dictant son emploi du temps, en choisissant qui elle aura le droit de fréquenter et en exigeant obéissance et marques de servilité envers les supérieurs et les clients.

Continue reading « Portrait de la femme invisible devant son miroir »

YOYO, Journal de lutte contre les barreaux!

Pour ce numéro, Yoyo repose ton cerveau en faisant la part belle aux illustrations et autres jeux d’esprit. En une, un dessin qui enjaille !

Alors que Paris est en flammes, quand se dirigera-t-on vers Fresnes et Fleury ? Déjà des voitures de matons crâmaient avant que la population ne s’embrase, comme le relate un article.

Grâce à une carte, c’est en un clin d’oeil qu’on sait ce que nous réserve le nouveau plan prison et on en sait plus avec un article sur les peines alternatives. Travail bénévole au service de l’Etat et des entreprises et prison à domicile, ou comment aménager les peines dans toutes les sphères de nos vies. Après l’effort, le réconfort alors voici également une grille de mots croisés digne d’ un programme télé !

Enfin, un week-end contre l’enfermement et le contrôle est organisé à Montreuil, c’est l’occaz d’échanger ensemble sur ces sujets.

La rencontre aura lieu les samedi 15 et dimanche 16 décembre au squat l’Écharde, au 19 rue Garibaldi (métro Robespierre).

Le programme est en ligne et sur les murs !
Au plaisir de t’y voir.

Report Yoyo n°3

repris d’Indy Nantes

Grèce : La révolte punie par le viol dans la prison pour migrants de Petrou Ralli

Je suis une femme migrante qui a passé trois mois dans la prison de Petrou Ralli. Les informations que je partage ici m’ont été transmises, quand j’étais moi aussi prisonnière, par la femme d’un prisonnier migrant qui a été violé par les flics.

À la mi-novembre 2018, un groupe de prisonniers, migrants, a entamé une grève de la faim pour protester contre la situation à Petrou Ralli. Pendant près de 4 jours, ils n’ont rien mangé, mais lorsqu’ils ont compris que les flics n’y prêtaient aucune attention, ils ont arrêté la grève de la faim. Après quelques jours, les mêmes prisonniers ont entamé une nouvelle grève de la faim contre la terrible et très insuffisante nourriture qu’ils ont dans cette prison.

Vers le 20 novembre, dans la section Alpha 3 de la prison de Petrou Ralli, où se trouvent les hommes prisonniers, un policier a été passé à tabac pour protester contre la situation brutale dans cette prison. Après cet événement, les flics ont emmené tous les prisonniers, un par un, hors du bâtiment, où ils les ont sévèrement battus. Pour les deux prisonniers accusés d’avoir battu le flic, les flics les ont tous les deux forcé à se déshabiller et les ont ensuite violé avec leurs matraques.

Maintenant je ne suis plus dans l’enfer de Petrou Ralli, oui c’est vraiment un enfer. Pendant que j’étais à Petrou Ralli, je pensais qu’il y avait une belle vie en dehors de la prison qui m’attendait. Mais maintenant je vois la réalité, à propos de laquelle je me suis trompé; je suis sans abri et seule dans un autre enfer.

27 décembre 2018

vu sur indymedia Athènes


Note de cracherdanslasoupe : Au centre de rétention de Vincennes (en région parisienne) les prisonniers sont en lutte depuis mi-décembre contre les violences des flics, la détention et les expulsions forcées.

Leurs communiqués sont disponibles ici : https://abaslescra.noblogs.org/post/2019/01/03/nouveau-communique-a-la-prison-pour-etrangers-de-vincennes/

La Spezia (Italie) : action en solidarité avec Paska et les inculpé.es de l’opéation Panico

 

Samedi en fin d’après-midi, dans un centre ville encombré par les consommateurs venus profiter des soldes, un petite groupe a décidé d’attaquer les vitrines des magasins à coup de peinture lors d’une action en solidarité avec Paska (actuellement enfermé à la prison de La Spezia) et les inculpé.es de l’opération Panico. La fontaine du centre historique a également été remplie de sang factice.

Un tract a été distribué lors de l’action :

« Contre toutes les armées, toutes les guerres et la société qui en a besoin. Paska, Giova, Ghespe libres (les trois sont actuellement en détention dans le cadre de l’opération Panico). Liberté pour tous et pour toutes ». […] Dans ce tract était également dénoncée l’activité du port civil et militaire de la ville où sont importées des matières premières provenant de guerres économiques et de catastrophes environnementales. 

14 personnes auraient été interpellées dont une dizaine feraient l’objet d’une interdiction de territoire pour 3 ans.

reformulé de la presse italienne.

 

* Secondino muori !!! : Littéralement « maton crève !!! » le tag a été vu début octobre à proximité de la prison de La Spezia.

** Paska avait entrepris une grève de la faim courant novembre pour demander son transfert et dénoncer ses conditions de détention notamment le passage à tabac dont il avait fait l’objet par les matons.

(plus d’infos ici : https://cracherdanslasoupe.noblogs.org/?p=1769)

*** Le 31  décembre de nombreux compagnon.nes s’étaient rendu devant la prison de Sollicciano (Florence) pour réchauffer les coeurs de ceux qui sont dedans en envoyant également du son avec un groupe de hip hop venu pour l’occasion.

Il n’existe pas de prisons à visage humain !

[Le texte ci-dessous a été distribué à Caen à l’occasion d’un débat organisé par l’association Démosthène, qui depuis quelques années fait la promotion de l’humanisation des prisons, invitant experts, magistrats et directeurs de taule, mais jamais de prisonniers ou prisonnières. Pour info, une discussion anticarcérale autour du projet de nouvelle maison d’arrêt en périphérie de Caen (500 places, début des travaux fin 2019, pour une livraison prévue fin 2022/début 2023) aura lieu le samedi 16 février, suivie d’un concert Rock antipolice en solidarité contre la répression.]

Il n’existe pas de prisons à visage humain !

« Je crois en la justice de mon pays rigole l’apatride »,

Hafed Benotman,
Entretien, Revue Mouvement, 2010

« Se battre sur le terrain de la réforme,
pour moi c’est comme
si on parfumait de la merde,
Ça restera de la merde. »

Hafed Benotman,
Extrait du recueil posthume de textes et de lettres
Ca ne valait pas la peine mais ça valait le coup.

CELA FAIT DES MOIS QUE L’ASSOCIATION DEMOSTHENE organise des conférences et des ateliers autour de la prison. Une fois n’est pas coutume, nous éviterons cette fois la pénitentiaire ou l’insertion. Nous aurons tout de même le droit au sociologue.
Une nouvelle fois nous n’entendrons pas des voix de prisonniers et de prisonnières, encore moins celles de ceux et celles qui se sont révolté-e s dans les taules ou les centre de rétention administratifs, de Valence à Vincennes, en passant par Seysses ou Poitiers. Nous entendrons encore moins ceux et celles qui crèvent en taule de l’acharnement ou de l’absurde et de l’arbitraire, les deux souvent mêlés, de la pénitentiaire. Et nous n’entendrons même pas ceux et celles qui de l’autre côté du mur tentent de porter en cri et en actes leur révolte contre les prisons.

Poursuivant sa volonté citoyenne d’humaniser le capitalisme, Démosthène s’échine à vouloir interroger les moyens d’humaniser les conditions de détentions des milliers de prisonniers en sursis qui peuplent les mouroirs que sont centre de détentions et autre maisons d’arrêt. Pourtant, en observatrice attentive des politiques pénales qu’elle entend être, elle devrait savoir ce que le mot humanisation veut dire en matière pénale.

Humaniser pour toujours plus incarcérer.

Lorsqu’en août 2016, Urvoas et Valls s’étaient émus des conditions de détention des prisonniers de Nîmes, nous savions instinctivement qu’ils préparaient un mauvais coup. En effet, ce gouvernement annonçait, dans la lignée de ses prédé-cesseurs, la construction de 33 nouvelles cabanes pour soit disant lutter contre la surpopulation carcérale. Aujourd’hui, de nombreux projets sont toujours à l’ordre du jour malgré une forte décrue.

Pourtant, cet ambitieux projet a du mal à masquer ces réelles ambitions. Si l’Etat construit de nouvelles cellules c’est qu’il enferme toujours plus. Les quelques 30000 cellules construites ces trois dernières décennies n’ont jamais été en mesure de faire baisser la densité carcérale, mais elles ont par contre permis d’augmenter significativement le nombre d’incarcéré-e-s. Continue reading « Il n’existe pas de prisons à visage humain ! »

Pendant que les braves travailleurs et les honnêtes citoyens dorment …

Pendant que les braves travailleurs et les honnêtes citoyens dorment, d’autres s’affairent à des tâches plus passionnantes que reposer sa force de travail pour la remettre jour après jour au service d’un patron.

Faisons par exemple un tour du côté de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), près du Havre. C’est là que vers 4h30 du matin, rue des Marais, un joujou des Douanes a été incendié sur leur propre parking. Cette merveille de technologie permet aux douaniers de « radiographier » en quelques minutes la totalité d’un poids-lourd. Tracteur, chassis, roues, remorque, conteneurs : tout y passe et chaque élément apparaît sur un écran de contrôle. Cela s’appelle un camion-scanner aux rayons X (voir photo), notamment utilisé pour des contrôles inopinés au bord des grands axes fréquentés par les poids-lourds, qui peut en scanner plus de dix en une heure. Ces camions-scanners permettent de détecter les migrants cachés ou encore les chargements illicites (« on se concentre essentiellement sur les cigarettes, les stupéfiants, les armes… », disait un directeur des Douanes il y a quelques mois), et il n’en existe que quatre en France, au coût unitaire de 2 millions d’euros. Deux camions scanners sont postés en permanence dans les ports de Marseille et du Havre, tandis que les deux autres sillonnent constamment l’Hexagone.

Quatre moins un, faudrait-il dire depuis le 7 janvier, après cette attaque incendiaire au Havre qui s’est produite juste sous le nez des Douaniers pendant qu’ils songeaient à d’autres belles prises. Il suffit parfois de peu, par exemple de quelques allumettes, pour que les rêves de flics virent au cauchemar…

La suite sur https://sansattendre.noblogs.org/

Prisonniers d’un seul monde

Résultat de recherche d'images pour "combat noir et blanc" Si nous n’étions pas profondément insatisfaits de ce monde, nous n’écririons pas sur ce journal et vous ne liriez pas cet article. Il est donc inutile d’ajouter autre chose pour réitérer notre aversion pour le pouvoir et ses manifestations. Ce qui au contraire ne semble pas inutile, est d’essayer de comprendre si une révolte qui ne se pose pas ouvertement, résolument, contre l’État et le pouvoir est possible.

La question ne doit pas sembler singulière. Il y a en effet ceux qui, dans la lutte contre l’État, ne voient qu’une confirmation ultérieure de combien il est entré en nous, parvenant à déterminer – même de manière négative – nos actions. Avec sa présence encombrante, l’État nous détournerait de ce qui devrait être notre véritable objectif : vivre la vie à notre manière. Si nous pensons renverser l’Etat, l’entraver, le combattre, nous n’avons pas le temps de réfléchir à ce que nous voulons faire. Au lieu d’essayer de réaliser nos souhaits et nos rêves ici et maintenant, nous suivons l’État où qu’il aille, devenant son ombre et procrastinant sans cesse nos projets. À force d’être antagonistes, d’être contre, on finit par ne plus être des protagonistes, en faveur de quelque chose. Si nous voulons donc être nous-mêmes, nous devons cesser de nous opposer à l’État et commencer à le considérer non plus avec hostilité, mais avec indifférence. Plutôt que d’œuvrer pour détruire son monde – le monde de l’autorité – il vaut mieux construire le nôtre, celui de la liberté. Nous devons cesser de penser à l’ennemi, à ce qu’il fait, où il est, comment le frapper et nous consacrer à nous-mêmes, notre « vie quotidienne », nos relations, nos espaces qui doivent être étendus et améliorés de plus en plus. Autrement, nous ne ferons rien d’autre que de suivre les échéances du pouvoir.

Aujourd’hui, de tels arguments foisonnent au sein du mouvement anarchiste, à la recherche perpétuelle de justifications déguisées en analyses théoriques, qui justifient son inaction totale. Il y a ceux qui ne veulent rien faire parce qu’ils sont sceptiques, certains parce qu’ils ne veulent pas imposer quelque chose à autrui, d’autres parce qu’ils considèrent le pouvoir trop fort pour lui et d’autres parce qu’ils ne veulent pas suivre les rythmes et les époques; chaque prétexte est bon. Mais ces anarchistes, auront-ils un rêve capable de d’enflammer leur coeur?

Pour se débarrasser de ces excuses misérables, il convient de rappeler quelques points. Il n’y a pas deux mondes, le leur et le nôtre, et même si ces deux mondes existaient, ce qui serait absurde, comment pourraient-ils cohabiter ? Il n’existe qu’un seul monde, celui de l’autorité et de l’argent, de l’exploitation et de l’obéissance : le monde dans lequel nous sommes obligés de vivre. Il n’est pas possible de nous appeler. C’est pourquoi nous ne pouvons pas permettre l’indifférence, c’est pourquoi nous ne pouvons pas l’ignorer. Si nous sommes opposés à l’État, si nous sommes toujours prêts à saisir l’occasion de l’attaquer, ce n’est pas parce que nous sommes indirectement façonnés, ce n’est pas parce que nous avons sacrifié nos désirs sur l’autel de la révolution, mais parce que nos désirs sont inatteignables tant qu’il y a Etat, tant qu’il y a un pouvoir. La révolution ne nous détourne pas de nos désirs, mais au contraire elle est la seule possibilité qui donne les conditions pour leur réalisation. Nous voulons subvertir ce monde, le plus tôt possible, ici et maintenant, car ici et maintenant, il n’y a que des casernes, des tribunaux, des banques, du béton, des supermarchés, des prisons. Ici et maintenant, il n’y a que l’exploitation. Tandis que la liberté, ce que nous entendons par liberté, celle là n’existe vraiment pas.

Cela ne signifie pas que nous ne devons pas créer des espaces qui nous appartiennent pour expérimenter les relations que nous préférons. Cela signifie seulement que ces espaces, ces relations ne représentent pas la liberté absolue que nous voulons, pour nous ainsi que pour tout le monde. Ils sont un pas, un premier pas, mais pas le dernier, encore moins le dernier. Une liberté qui se termine au seuil de notre maison occupée, de notre commune «libre», ne nous suffit pas, elle ne nous satisfait pas. Une telle liberté est illusoire car elle nous permettrait seulement de rester chez nous et de ne pas quitter les frontières que nous nous sommes fixées. Si nous ne considérons pas la nécessité d’attaquer l’Etat (et sur ce concept «d’attaque», il y auari beaucoup à dire), nous ne lui permettons pas en fin de compte de rester à son aise, nous limitant pour survivre dans la petite «île heureuse»qu’on se sera construite. Se tenir à l’écart de l’État signifie préserver la vie, lui faire face signifie vivre.

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Allemagne : Explosion au siège du parti d’extrême droite AfD

L’explosion n’a pas fait de blessé. Elle s’est produite jeudi soir devant les bureaux de l’AfD, qui sont situés à Döbeln près de Chemnitz. L’explosion a provoqué un incendie. Des véhicules et des bâtiments voisins ont été endommagés, a annoncé la police judiciaire régionale (LKA), dans un communiqué.

Trois hommes soupçonnés d’être impliqués dans une explosion au siège du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) dans le Land de Saxe, ont été placés en garde à vue, a annoncé la police.

https://www.challenges.fr/monde/allemagne-explosion-au-siege-du-parti-d-extreme-droite-afd-en-saxe_634685?fbclid=IwAR1lU_xepO2NmAE1AIc3xLREhrGFdv2Nw5nETcD_rnaIEe2o-s5xtqbikx4

Limouzinière/Rouvray, 3/4 janvier : suicide assisté de quelques éoliennes industrielles

Maj : 27/28 en Haute-Vienne (voir plus bas)

A Limouzinière (Loire-Atlantique) la nuit de mercredi à jeudi 3 janvier 2019, aux environs de minuit, le moteur d’une éolienne industrielle a été détruit par un incendie. La nacelle située à 80 mètres du sol s’est enflammée, mais n’a pas été le seul élément touché : les pales de l’éolienne ainsi que la partie située juste sous la nacelle ont également subi l’assaut des flammes. « On peut d’ores et déjà dire que les dégâts s’élèvent à plusieurs centaines de milliers d’euros », estime le directeur général adjoint d’Engie Green, qui exploite trois des six éoliennes du site. Les éoliennes industrielles sont généralement équipées de systèmes d’alarme à distance. Engie Green, qui en exploite 750 à travers le pays, a basé son centre de supervision à distance à Châlons-en-Champagne, qui reçoit « toutes les données et toutes les alarmes » en continu (24h/24, 7j/7). Entre le début d’un incendie et le déclenchement de l’alerte, il existe heureusement un temps de latence de plusieurs dizaines de longues minutes -le temps que le feu fasse son office et que l’éolienne s’arrête-, et dans le cas de Limouzinière, c’est par exemple des riverains qui ont d’abord prévenu les pompiers.Si les causes de cette destruction incendiaire sont pour l’heure classées comme « inconnues » et « obscures » par les autorités pour ne pas donner de mauvaises idées, on notera toutefois que selon la base de données étatique Aria, il n’y a eu jusqu’ici que 18 cas d’incendies depuis 2003 sur plus de 10 000 éoliennes installées à ce jour en France. A l’exception des fameux impacts de foudre contre lesquels elles sont protégées ou des tempêtes, il s’agit la plupart du temps de « cas de malveillance » qui privent ce monde du jus dont il a désespérément besoin. A moins de croire au miracle de la combustion spontanée ou de penser qu’une éolienne puisse se suicider, et pendant qu’on y est aux alentours de minuit, bien entendu…

https://actu.fr/pays-de-la-loire/limouziniere_44083/feu-dans-une-nacelle deolienne-la-limouziniere-dimportants-degats_20654475.html

Le lendemain au lieu-dit Rouvray, en Lanouée près de Ploërmel (Morbihan), soit la nuit de jeudi à vendredi 4 janvier 2019 vers 1h du matin, c’est cette fois le transformateur électrique de 20 000 volts appartenant à la société Steag New énergie et situé dans un champ de 4 éoliennes qui est parti en fumée.

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