A quoi sert l’énergie ? (Mars 2017)

« Ils protestent contre l’énergie qui passe devant leur maison, mais ils la veulent bien chez eux ! » s’époumone ces jours-ci un philistin national-populaire face à ce qui est en train de secouer un petit village des Pouilles et de s’amplifier dans le reste de la région. Les affrontements entre forces de l’ordre et opposants se déroulent devant le site qui accueillera le chantier du Tap (Trans-Adriatic Pipeline), un gazoduc de 3000 kilomètres qui partira d’Azerbaïdjan jusqu’en Turquie (Tanap: Trans-Anatolian Natural Gas Pipeline), avant de passer en Grèce et en Albanie, de traverser la mer adriatique et d’accoster sur le littoral de Lecce. Dans cette lutte où il n’est pas toujours facile de comprendre où finit la raison et où commence le prétexte, le Salento n’est pas tout seul.

Standing Rock, par exemple, est une réserve indienne dans le Dakota du Nord, aux Etats-Unis. Hythe en revanche, est un petit village de moins de mille âmes, perdu au nord de l’Alberta, au Canada. Si on quitte le nouveau continent pour se déplacer en Europe, on tombe en Allemagne sur Niederzier, une commune de 15 000 habitants en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. En France aussi, nous viennent en tête plusieurs endroits, comme la Haute-Durance, dans les Hautes-Alpes, à la frontière avec le Piémont. Ou encore de petits bourgs en Bourgogne, en Haute-Vienne, dans la Loire, ou encore non loin de Paris. Tandis qu’en Finlande on pourrait citer Pyhäjoki ou le golfe de Botnie. Quel est le fil noir qui réunit tous ces points géographiques ? Pas seulement le fait que là aussi soient en construction – ou déjà en activité depuis des années, comme dans le cas allemand – des installations pour exploiter des ressources énergétiques, mais que ces projets voulus et imposés d’en haut rencontrent de fortes résistances d’en bas, avec des formes de lutte qui sortent souvent de l’étroitesse du légalisme pour déboucher sur une révolte ouverte (passant de la tristesse des pétitions à l’ivresse du sabotage). Pourtant, en tant que synonyme de force qui permet à la vie de se manifester, l’énergie ne court quasi pas le risque d’être remise en question. Tous la réclament, parce que personne n’aime la faiblesse, l’immobilisme, la paralysie (qui accompagnent le manque d’énergie). Ceci fait que l’accumulation d’énergie, l’extraction et l’exploitation de ses sources soit universellement perçu comme une évidence, toujours positive et donc bienvenue. On peut critiquer le recours à une source d’énergie particulière, jugée empoisonnante et dangereuse – comme celle atomique – mais pas le besoin en soi d’énergie. Ceci explique pourquoi d’un côté beaucoup d’opposants tendent plus à critiquer l’arrogance décisionnelle et les choix techniques portés par les différents projets énergétiques plutôt que leur objectif, et d’un autre côté que les concepteurs de ces projets affichent une sacrée stupeur chaque fois qu’on ose entraver ce qui à leurs yeux représente plus ou moins la continuation de la vie sur terre.
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Aux États-Unis et au Canada par exemple, l’objectif des protestations est un oléoduc. De nombreuses tribus, à partir des Sioux, se sont mises sur le pied de guerre contre le Dakota Access Pipeline (Dap), le long des 2000 kilomètres qui séparent le Dakota du Nord de l’Illinois, bien qu’il soit quasi terminé. En plus des habituelles pétitions et des appels aux autorités (on en comptait près de 33 000 en septembre dernier), les descendants de Taureau Assis ont monté en avril un campement qui se voulait un centre pour la conservation culturelle et pour la résistance spirituelle contre l’oléoduc, bientôt rejoint par des milliers de manifestants de toutes couleurs. C’est là, au confluent de deux fleuves –dans un endroit considéré comme sacré par de nombreuses tribus– que se sont déroulées plusieurs manifestations au cours desquelles ont éclaté de violents affrontements avec les forces de l’ordre. Il semble que les Sioux s’opposent au passage de l’oléoduc sur leur territoire parce qu’il détruirait des sites historiques et religieux importants pour leur histoire et compromettrait leurs réserves d’eau, sans parler que la tribu n’aurait pas été suffisamment consultée. En face, la Energy Transfer Crude Oil insiste sur le fait que cet oléoduc –en plus d’être le système le plus sûr, le plus écologique et le plus économique pour transporter du pétrole– aiderait les États-Unis à être moins dépendants de pays instables et créerait des milliers d’emplois.

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Procès contre des anarchistes en Belgique : la date est fixée.

ça sera donc tout au long de la semaine du 29 avril que 12 compagnon.ne.s passeront en procès en Belgique. Il leur est reproché d’avoir lutté sans concession contre les centres de rétention, les frontières, les prisons et ce monde basé sur l’autorité et l’exploitation. D’abord accusé de « participation à un groupe terroriste », c’est finalement l’inculpation plus malléable d' »association de malfaiteurs » qui est retenue (au-delà d’une douzaine de faits spécifiques).

De 2008 à 2014, l’État belge a mené une vaste enquête visant les luttes multi-formes – mais toujours en-dehors des sentiers battus – qui s’attaquaient aux centres fermés, aux frontières, aux prisons et ce monde basé sur l’autorité et l’exploitation. Dans son collimateur : la bibliothèque anarchiste Acrata, des publications anarchistes et anti-autoritaires (Hors Service, La Cavale et Tout doit partir), des dizaines de tracts et affiches, une bonne centaine d’actions, d’attaques et de sabotages… bref, la lutte contre le pouvoir sous ses différentes expressions.

Perquisitions, micros, caméras devant et à l’intérieur de domiciles, filatures, mises sur écoute, infiltrations,… ce ne sont pas les moyens d’investigation qui ont manqué. Et pourtant tout cela n’a à aucun moment permis de prouver l’existence d’un supposé « groupe terroriste anarchiste » qui n’existait que dans les schémas autoritaires des flics. Pas prêt à lâcher l’affaire pour autant, le parquet a donc dû revoir ses ambitions à la baisse, mais compte bien faire payer l’addition à quelqu’un malgré tout. C’est finalement sous l’inculpation plus malléable d’ « association de malfaiteurs » que 12 compagnons et compagnonnes seront renvoyés devant le tribunal correctionnel le 29 avril et les jours qui suivront.

Mais en fait, cela vise tout individu qui, dans sa lutte contre ce monde, part de l’auto-organisation, de l’action directe et de l’hostilité envers toute autorité. En cela, ce procès est une attaque répressive contre la lutte anti-autoritaire dans son ensemble, une attaque qui s’inscrit dans un contexte de répression toujours plus grande à l’encontre de tous les indésirables et révoltés, aux frontières comme dans les quartiers, sur les lieux de travail comme dans les prisons,…

Le 22 octobre 2018, les échéances pour la comédie judiciaire ont été fixées. Dans les mois qui viennent, la défense et l’accusation devront déposer leurs conclusions écrites concernant le dossier. Le procès débutera alors le 29 avril 2019 et est censé durer 4 jours. 

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Opération Panico : Quelques mises à jours

Des nouvelles de Paska, il a arrêté sa grève de la faim  [24/11/2018], sans obtenir de transfert. Nous ne savons toujours pas si il sera soumis au 14bis*  comme annoncé.

L’audience du 13 décembre sautera à priori, pour cause de maladie du juge.

Bientôt de nouvelles mises à jour!

repris de : panicoanarchico.noblogs.org

* L’art. 14bis est un régime de surveillance spéciale comprenant un isolement quasi permanent et la censure du courrier pour une période de 6 mois maximum, pour les détenus qui en raison de leur comportement compromettraient la sécurité de la prison notamment.

Emma Goldman – La révolution sociale est porteuse d’un changement radical de valeurs

1. Les critiques socialistes, mais non bolcheviks, de l’échec de la Russie affirment que la révolution a échoué parce que l’industrie n’avait pas atteint un niveau de développement suffisant dans ce pays. Ils se réfèrent à Marx, pour qui la révolution sociale était possible uniquement dans les pays dotés d’un système industriel hautement développé, avec les antagonismes sociaux qui en découlent. Ces critiques en déduisent que la révolution russe ne pouvait être une révolution sociale et que, historiquement, elle était condamnée à passer par une étape constitutionnelle, démocratique, complétée par le développement d’une industrie avant que le pays ne devienne économiquement mûr pour un changement fondamental.

Ce marxisme orthodoxe ignore un facteur plus important, et peut-être même plus essentiel, pour la possibilité et le succès d’une révolution sociale que le facteur industriel. Je veux parler de la conscience des masses à un moment donné. Pourquoi la révolution sociale n’a-t-elle pas éclaté, par exemple, aux États-Unis, en France ou même en Allemagne ? Ces pays ont certainement atteint le niveau de développement industriel fixé par Marx comme le stade culminant. En vérité, le développement industriel et les puissantes contradictions sociales ne sont en aucun cas suffisants pour donner naissance à une nouvelle société ou déclencher une révolution sociale. La conscience sociale et la psychologie nécessaires aux masses manquent dans des pays comme les États-Unis et ceux que je viens de mentionner. C’est pourquoi aucune révolution sociale n’a eu lieu dans ces régions.

De ce point de vue, la Russie possédait un avantage sur les pays plus industrialisés et « civilisés ». Certes, elle était moins avancée sur le plan industriel que ses voisins occidentaux, mais la conscience des masses russes, inspirée et aiguisée par la révolution de Février, progressait si rapidement qu’en quelques mois le peuple fut prêt à accepter des slogans ultra-révolutionnaires comme « Tout le pouvoir aux soviets » et « La terre aux paysans, les usines aux ouvriers ».

Il ne faut pas sous-estimer la signification de ces mots d’ordre. Ils exprimaient, dans une large mesure, la volonté instinctive et semi-consciente du peuple, la nécessité d’une complète réorganisation sociale, économique et industrielle de la Russie. Quel pays, en Europe ou en Amérique, est prêt à mettre en pratique de tels slogans révolutionnaires ? Pourtant, en Russie, au cours des mois de juin et juillet 1917, ces mots d’ordre sont devenus populaires ; ils ont été repris activement, avec enthousiasme, sous la forme de l’action directe, par la majorité de la population paysanne et ouvrière d’un pays de plus de 150 millions d’habitants. Cela prouve l' »aptitude », la préparation du peuple russe pour la révolution sociale.

En ce qui concerne la « maturité » économique, au sens marxien du terme, il ne faut pas oublier que la Russie est surtout un pays agraire. Le raisonnement implacable de Marx présuppose la transformation de la population paysanne en une société industrielle, hautement développée, qui fera mûrir les conditions sociales nécessaires à une révolution. Mais les événements de Russie, en 1917, ont montré que la révolution n’attend pas ce processus d’industrialisation et – plus important encore – qu’on ne peut faire attendre la révolution. Les paysans russes ont commencé à exproprier les propriétaires terriens, et les ouvriers se sont emparés des usines, sans prendre connaissance des théorèmes marxistes. Cette action du peuple, par la vertu de sa propre logique, a introduit la révolution sociale en Russie, bouleversant tous les calculs marxiens. La psychologie du Slave a prouvé qu’elle était plus solide que toutes les théories social-démocrates.

Cette conscience se fondait sur un désir passionné de liberté, nourri par un siècle d’agitation révolutionnaire parmi toutes les classes de la société. Heureusement, le peuple russe est resté assez sain sur le plan politique : il n’a pas été infecté par la corruption et la confusion créées dans le prolétariat d’autres pays par l’idéologie des libertés « démocratiques » et du « gouvernement au service du peuple ». Les Russes sont demeurés, sur ce plan, un peuple simple et naturel, qui ignore les subtilités de la politique, des combines parlementaires et les arguties juridiques. D’un autre côté, son sens primitif de la justice et du bien était robuste, énergique, il n’a jamais été contaminé par les finasseries destructrices de la pseudo-civilisation. Le peuple russe savait ce qu’il voulait et n’a pas attendu que des « circonstances historiques inévitables » le lui apportent sur un plateau : il a eu recours à l’action directe. Pour lui, la révolution était une réalité, pas une simple théorie digne de discussion.

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Bologne : une bombe contre un local de Forza Nuova

Bologne, une bombe contre le siège de Forza Nuova

Un engin rudimentaire (une boite contenant de la poudre noire) a explosé dans la nuit via la Biancolelli à Borgo Panigale, à Bologne, devant un local de Forza Nuova. Il n’y a pas eu de blessé, mais le volet a été endommagé et les vitrines brisées. La police d’État, et la Digos, ont ouvert une enquête.

reformulé de la presse

Vézac, France : Des flammes au domicile de la députée LREM [+ Quelques notes sur l’attaque et les émeutes ritualisées du samedi après-midi]

Aux alentours de 23 heures à Vézac (Dordogne) samedi 10 décembre, après une journée d’émeutes générale aux quatre coins du pays (Marseille, Paris, Toulouse, Bordeaux, Dijon, pour ne citer qu’elles), les flammes sont venues lécher le domicile de Jacqueline Dubois, députée LREM de Dordogne. Sa voiture personnelle, ainsi que celle de son mari, sont partis en fumée. « Je m’en suis rendue compte en éteignant la lumière me couchant. J’ai vu une lueur à l’extérieur, et en ouvrant mes volets, j’ai découvert l’incendie », raconte la députée, qui a eu peur que les flammes atteignent la maison.

Nous trouvons intéressant de relayer les attaques incendiaires en dehors des émeutes du samedi après-midi, qui commencent à se ritualiser depuis trois semaines. L’attaque individuelle ou en petits groupes, dans une période de désordre généralisé, ouvre des possiblités immenses dans la conflictualité actuelle avec ce monde. En tant qu’anarchistes, lier nos idées à l’agir fait partie de nos bases, c’est indéniable. Nous cherchons à les diffuser et à les pratiquer peu importe le moment, en période de pacification comme en des temps de désordre et de chaos comme aujourd’hui (bien que les raisons qui y poussent ne soient pas les nôtres. Lire une critique anarchiste de ce mouvement ici). Nous ne ferons pas ici la liste des attaques et des dégâts de ce samedi 10 décembre, car elle serait trop longue et ce n’est pas le sujet. Ce que l’on peut dire, c’est que le gigantesque dispositif policier déployé à Paris (mais aussi ailleurs, comme à Toulouse, Marseille, Bordeaux ou Dijon) n’a pas empêché la propagation du chaos à d’autres secteurs de la ville (jusqu’à la place de la République) que les Champs-Elysées, déjà dévastés avec rage et joie le week-end précédent. La mairie de Paris a d’ores et déjà confirmé que les émeutes de ce samedi 10 décembre ont fait davantage de dégâts matériels que celle du 1er décembre. Et on s’en réjouit, bien évidemment.

En plus de frapper le domicile d’une responsable du désastre, cet incendie permet également d’élargir le désordre loin des photographes amateurs (émeutiers ou non) qui, il est clair, participent à la répression qui ne fait que commencer. C’est un fait assez hallucinant de voir des barricadiers se mettre à faire des selfies au milieu des affrontements, mettant en danger d’autres révoltés qui ont autre chose à foutre dans ces moments-là que de sortir leur portable, comme par exemple protéger leur intégrité physique, faire attention aux mouchards et autres charges de bacqueux ou à la présence deflics en civil, etc… (relire ce texte sur les émeutes du G20 à Hambourg: « Sur les vacances à Hambourg » : selfies, désordre et tyrannie de l’image).

Certains individus choisissent leur propre temporalité, loin de la logique mouvementiste  actuelle chez de nombreux révolutionnaires, anarchistes ou non, qui consiste à être là où ça se passe. Appuyons cette révolte, en étendant les actes d’hostilité du centre à la périphérie, partout et à tout moment !

sansattendre.noblogs.org

Marseille : les vitrines de la mairie et de la Soleam volent en éclat

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* 1/7e arrondissements secteurs où se situaient les 3 immeubles de la rue d’Aubagne qui se sont écroulés il y a plus d’un mois faisant 8 morts.
** voir aussi ici : (pour le récit de la semaine dernière) https://mars-infos.org/riposte-marseillaise-3596
*** à Marseille on aperçoit peu de gilets jaunes dans le zbeul et c’est tant mieux, néamoins on oubli pas toutes les limites liée à ce « mouvement » https://rebellyon.info/Le-choix-dangereux-du-confusionnisme-19845

Trois caméras de surveillance extérieures retrouvées lors d’une journée de soutien

Anecdote

Une des deux caméras de modèle “BOLYGUARD MG983G” retrouvées lors de la journée de soutien

Septembre 2018, dans une petite campagne sarthoise de 300 habitant.es.

Pour répondre à l’appel à soutenir financièrement et matériellement la résistance à la poubelle nucléaire à Bure, nous décidons d’organiser une journée de soutien dans notre lieu de vie. Au programme, conférence gesticulée, temps d’échange sur la situation actuelle de la lutte, cantine et concerts.

Jour J, les premières personnes arrivent en début d’après-midi, en voiture, en vélo ou à pied depuis le bourg. (Il est important de noter que le lieu se trouve au bout d’un chemin de 250m bordé d’un champ d’un coté, et d’une haie d’arbres de l’autre côté).

Vers 15h, une des participantes qui est arrivée à pied en empruntant le chemin nous fait remarquer qu’il y a un appareil non identifié au sol dans les herbes. Une des organisatrice décide de l’accompagner pour aller voir. Le dispositif est ramené et analysé. Il s’agit d’une caméra de surveillance à distance de modèle BOLYGUARD MG983G.

Une équipe se monte pour aller vérifier que d’autres appareils ne sont pas planqués. *Bingo*, deux autres sont dénichés dans ce même chemin. L’un fixé à une hauteur d’environ 80cm dans un arbuste, le même que le premier trouvé, et l’autre à environ 1m20 fixé au tronc d’un arbre. Celui-ci ressemble à un drôle de boîtier rectangle mais reste une caméra de surveillance à distance, cette fois-ci de modèle RECONYX HYPERFIRE SM750.

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France : Les plus beaux blocus sont ceux qui s’enflamment – 3 et 4 décembre 2018

Depuis vendredi 30 novembre, de nombreux lycées sont bloqués un peu partout. Si certains jeunes tiennent à mettre des revendications derrière leurs actions (contre la « réforme du Bac », « Parcoursup » ou encore « le service national »), d’autres ont compris depuis bien longtemps que la révolte n’a pas besoin de revendications. Des manifs sauvages ont brisé la normalité dans de nombreuses villes de province, comme à Lille, Nantes, Dijon, Auxerre et Avallon (Yonne), Besançon, Limoges, Tours, Orléans, Noisy-le-Grand et Montreuil (Seine-Saint-Denis), Toulouse, Montauban, Saint-Raphaël (Var), Marseille…

Lundi 3 décembre, plus d’une centaine de lycées sont de nouveau bloqués dès 8h du nord au sud de l’Hexagone (188 précisément, d’après un décompte du ministère). A Aubervilliers, l’entrée du lycée J-P Timbaud, déjà ciblée par les flammes vendredi dernier (très vite éteinte par les pompiers), est incendiée à l’aide barricades de poubelles. Lors de la déambulation dans les rues, des poubelles et une voiture sont incendiées, des commerces, mobilier urbain et pubs attaqués, et une voiture de flics prise en chasse par des dizaines d’enragés perd une vitre… Les pompiers venus éteindre les incendies sont pourchassés à coups de caillasses. Dans le quartier des 4 Chemins, des magasins sont pillés et saccagés, comme un de téléphonie. Une riveraine raconte les scènes de pillages: « Tout le monde est rentré à l’intérieur et chacun se servait. Il y avait même des habitants du quartier qui sont descendus de chez eux avec des sacs, qui ont pris des choses et qui sont remontés […] »(Sud Radio, 04.12.2018)

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Lundi matin ou le pourrissement de la prétendue pensée radicale


Pour le site Lundi matin le fascisme fait « mûrir » (Ce n’est pas une coquille : ils n’ont pas écrit : « le fascisme fait mourir » mais mûrir)

« En réalité, l’arrivée du fascisme n’est jamais aussi mauvaise qu’elle ne paraît à première vue. Au moins est-elle l’occasion de déchanter, de mûrir et de faire un peu mieux à l’avenir. »

lundi.am/Le-proletariat-bresilien-n-a-pas-ete-vaincu-par-la-dictature-mais-par-la

Je comprends mieux maintenant la Pensée du Comité Invisible et de ses Disciples. « Après Hitler ce sera nous » disait le KPD en 1933… On connaît la suite…

En fait de « mûrissement » de la pensée stalinienne qui inspire ici Lundi Matin, il vaudrait mieux parler de pourrissement…

 Ni patrie ni frontières


 

Athènes – Revendication des attaques à Ilisia et Kolonaki pour Alexis, Zak, Sebastian, Mikhail et Dimitris

Dès que tu réalises que les rebuts de la société, les suicidés et les personnes tuées sont les figures les plus vives et les plus vibrantes de ce monde, ce moment est aussi un moment où tu te rends compte de la signification de ses valeurs et la violence structurelle inhérente à celui-ci. Nous avons été détruits d’innombrables fois par la froideur dans les yeux des gens qui nous entouraient. Nous avons été supprimés lentement et brutalement alors que nous sentions la mort tous les jours. Des temps morts du travail salarié, privés de toute subsistance, de l’automatisation de la production, du regard froid sans passion à la douleur, de la survie misérable, de notre transformation en information quantique pour la biotechnologie moderne, de la dépression psychologique et de la tristesse qui bloque complètement les fenêtres du plaisir, du jeu, de l’interaction sociale. Tout un complexe autoritaire a été créé, reproduisant la mort, reproduisant l’autorité de l’économie, de l’État, du patriarcat, de la nation, reproduisant les valeurs de soumission, d’isolement, d’élévation sociale, de la production de normativité et de stigmates.

Mardi 6 novembre, à l’aube, nous avons attaqué la caisse d’épargne postale d’Eurobank, rue Afxentiou à Ilisia, détruisant les caméras, cassant toutes les vitres et les guichets automatiques.

De plus, aux premières heures du dimanche 11 novembre, nous avons attaqué une bijouterie à Kolonaki, au coin de la Via Skoufa et de Massalias, brisant les vitres et l’entrée du magasin.

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Brésil – Qui a tué Indio ? Une réponse à l’appel anarchiste pour un mois de décembre noir.

Luiz Carlos Ruas présent, l’unique mort est l’oubli.

Luiz Carlos Ruas, alias Indio, a été assassiné par des néo-nazis pour avoir défendu deux personnes transgenres lors d’une aggression dans une station de métro centrale de la ville de São Paulo. Il est décédé après avoir défendu la liberté, alors que les gardes de sécurité et les citoyens étaient complices. On se souviendra toujours de lui dans l’offensive contre toute passivité et toute autorité!

Comment, « qui l’a tué »? Si les noms et les visages des tueurs sont déjà connu … Il n’a pas fallu attendre longtemps avant que les médias noirs transforment cet événement en spectacle. Il y a eu un étalage non seulement de ceux qui l’ont attaqué jusqu’au dernier souffle, mais aussi de sa famille, des personnes trans qu’il a défendues, de l’histoire de sa vie et de nombreuses informations diffusées dans le seul but de créer un immense écran de fumé. Sur cette situation dégueulasse, deux ans après sa mort, il devient indispensable de raconter cet événement en dehors des griffes de la domination.

Durant une nuit de Noël nullement pacifiée, deux néo-nazis poursuivent des personnes transgenre dans la station de métro « Pedro II » (nom donné par le dernier roi du Brésil colonial) dans le but de faire exactement la même chose qu’ils ont faite avec Indio. Ce qui démontre la traque persistante de ceux qui libèrent leurs désirs et leurs volontés et s’opposent à la normalité imposée. Cependant, dans un déni de passivité convaincu, le vendeur de rue âgé de 54 ans a fermement décidé de les défendre. Cette attitude lui a coûté la vie.

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Le grand défi

Rien ne semble échapper à la reproduction sociale, rien ne semble être en mesure de s’opposer à l’éternel retour de la plus mortelle des habitudes : le pouvoir. Des grèves sauvages qui s’arrêtent après la concession de quelques miettes, des protestations populaires auxquelles manque seulement la satisfaction de leur revendication sereine pour devenir des consensus de masse, l’abstention politique qui se précipite dans les urnes à l’appel de nouveaux politiciens, des révolutions sociales triomphantes lorsqu’elles obtiennent un changement de la garde… « Fallait-il que la routine eût de longues dents pour que nous en soyons là aujourd’hui ! » disait un vieux surréaliste.

C’est comme si toute révolte contre l’insupportable condition humaine était déchiquetée par les longues dents du vieux monde, comme si toute sa rage et son énergie étaient happées dans l’orbite institutionnelle. Cela confirmerait presque les tristes observations d’un célèbre anthropologue libertaire français, selon lequel au cours de l’histoire le passage de la liberté à l’autorité s’est toujours effectué à sens unique, sans exception. Il n’y a pas d’alternances possibles ni de retours en arrière. Une fois établi, l’État est destiné à durer pour l’éternité. Ainsi, la seule tâche de la révolte serait de stimuler le réformisme, ouvrant la voie au gouvernement du moindre mal.

Il va de soi que ceux qui ne sont pas disposés à accepter cette résignation érudite ne peuvent que s’interroger sur la manière de briser ce cercle vicieux, sur comment interrompre cette malencontre dont parlait l’anthropologue. Une question énorme, peut-être insoluble, composée d’innombrables facettes. A notre avis, un des éléments à prendre en compte est l’absence de… de notre… franchement, nous ne savons pas quelle est la meilleure définition. Quelqu’un pourrait peut-être le définir comme l’esprit du temps, entendu comme une tendance culturelle répandue à une époque donnée. Quelqu’un d’autre appellerait probablement cela un imaginaire collectif, ensemble de symboles, d’images et d’idées qui forment le substrat de la vie mentale. Mais nous, qui n’apprécions pas du tout la foi implicite dans ces deux définitions, préférons grandement soutenir la nécessité d’un monde qui nous soit propre, dans le sens d’un univers mental autonome. Nous sommes persuadés que les moments de rupture avec l’ordre dominant ne réussissent pas à durer, non seulement à cause de toutes les difficultés opérationnelles qui surgissent dans de telles circonstances, mais aussi parce que –dans la tête, dans la bouche, dans le cœur et dans les tripes des insurgés– n’existe que le monde de l’État, le seul dont tous aient eu une expérience directe, concrète, quotidienne. Un monde qui, excepté pendant la brève période d’impétuosité de la révolte, revient tôt ou tard.

L’autorité et l’obéissance ont évidemment modelé l’esprit du temps et colonisé l’imaginaire collectif. Ils représentent les pôles magnétiques de ce qu’on appelle généralement la culture, réussissant à bannir tout doute sur le fait que ce monde –c’est-à-dire celui où nous vivons, celui où nous sommes contraints de vivre– est le seul possible. Nous devons y croire, point final. Ce résultat n’a rien de naturel, il n’a été obtenu que récemment au terme d’un long processus de domestication sociale. A la différence d’un passé troublé par des hérésies, des utopies et des classes dangereuses, aujourd’hui aucune jungle luxuriante en marge de l’ordre civil ne le menace. A la limite, il reste un désert. Comme si en dehors de l’État et de sa vie au garde-à-vous ne pouvait pas exister tout autre chose, mais seulement rien d’autre. Le rien le plus désolant. Et comme personne n’aime vivre dans le désert, excepté peut-être quelque ermite plus ou moins digne ou plus ou moins rancunier, il va de soi que ce monde de parlements et de banques, d’usines et de bureaux, de tribunaux et de prisons, de supermarchés et d’autoroutes… a fini par devenir le seul monde et l’unique modèle à disposition de l’être humain. Tant matériellement qu’idéalement, il est perçu comme un point de référence impératif et totalisant, susceptible au mieux d’une configuration différente de ses éléments déjà présents. Si les barricades cessent de servir d’exutoire pour se transformer en tremplin vers un siège électoral, si les insurgés se retrouvent à réclamer des marchandises sans logo, de grands travaux utiles à la collectivité, le respect des droits et ainsi de suite, nous pensons que cela est en grande partie lié à un manque d’imagination.

Évidemment, ce n’est pas du tout un problème pour ceux qui pensent que l’autorité est en mesure d’accorder et de garantir la liberté (oh, trois fois rien, cela ne concerne que la quasi-totalité de l’espèce humaine). Pour ceux-là, –au-delà du fait qu’ils donnent ou suivent des ordres–, le vrai problème est de trouver la configuration appropriée. Non, ce problème ne peut être ressenti et soulevé, discuté et affronté, que par ceux qui pensent que tout État, tout gouvernement, toute autorité sont mortels pour la liberté humaine. En d’autres termes, il n’y a que les anarchistes, avec ou sans étiquette AOP, qui peuvent et doivent s’en (pré)occuper. Mais cela n’intéresse pas beaucoup d’entre eux. Ils considèrent que c’est un faux problème, une perte de temps. Inutile de tourmenter les jours déjà peu enthousiasmants que nous devons passer sur cette terre en se posant des casse-tête insolubles, surtout quand on peut s’en remettre à la commodité du déterminisme ou à l’auto-suffisance du nihilisme.

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Italie : mises à jour procès « Scripta Manent »

Au cours de l’audience du 14 novembre, le calendrier des audiences a été notifiés pour la énième fois, après que l’expert du tribunal ait effectué une demande de delais supplémentaire pour la retranscription des interceptions, obtenant un délai supplémentaire de 60 jours, ainsi qu’un deuxième expert.

Le Procureur a rapporté que la PG (police judiciaire) avait oublié de livrer un CD audio et a essayé de demander une prolongation de la détention préventive au cours de l’audience, mais pour le moment un calendrier a été fixé, qui rentrerai dans les delais de la détention préventive. … et qui expirerait à la fin du mois de février (comprenant les 30/35 audiences tenues, l’expiration est passée de la mi-janvier au 18 février plus quelques jours en fonction des audiences tenues en janvier). Lors de l’audience du 14, l’expert ADN du tribunal, nommé après le rapport de Capra (expert en ADN de la défense), qui avait contesté la fiabilité de l’ancienne expertise sur différents points, a pris la parole.

La comparaison de l’ADN d’Alfredo a été refaite avec les échantillons, conservés par le RIS [police scientifique], de l’engin [explosif] de 2005 et d’une partie des poignées restantes. Évidemment, rien na été trouvé … sinon une « pollution » de plus de 30 profils d’ADN qui, selon le RIS, sont dus à des contaminations ultérieures.Cependant, cet objet d’expertise est introuvable! Il ne reste que le discours probabiliste sur l’analyse de 2012 entre un profil mixte de plusieurs contributeurs et un profil partiel obtenu à partir d’une partie de la poignée du sac en plastique de 2005, selon laquelle il aurait existé à l’époque des allèles [base génétique] compatibles avec celui d’Alfredo. La défense, par l’intermédiaire de son expert, donnera l’explication technique en la matière, mais il s’agit, par simplification, d’allèles communs à la majorité de la population (« italienne », « caucasienne », etc.), pour lesquels le discours probabiliste est valable, dans lequel les valeurs de probabilité varient en fonction des données de comparaison placées dans un logiciel qui les analyse.

Voyant toute l’histoire de ce procès, la caricature se passe de commentaire.

N’ayant rien de mieux le procureur Sparagna n’arrête pas d’essayer d’ajouter des cartes à ce procès. Le 14, il a jugé bon de rajouter:
– Les registres de la police pénitentiaire (de l’escorte) du 18 juin 2018, probablement pour signaler le comportement à l’audience
– Des annotations de la Digos Pescara et Turin, juin 2018
– Fenrir N ° 9
– La déclaration des inculpés de « Scripta Manent » pour le 31 mai
– L’affiche FUROR MANENT
– « La liste d’attaques FAI / FRI dans le monde »
– La brochure sur Scripta Manent
– Vetriolo N ° 2
– Les notes de la police sur les mises à jour du site Web de Croce Nera Anarchica de mai à novembre 2018

etc. etc.

En pratique, un procès sans fin qui « enquête » ou plutôt collecte des infos autour de la solidarité passée, présente et future.

Le calendrier pour le moment est le suivant :
7 décembre – audience technique, sans plaidoirie
22-23 janvier – demandes d’audiences du proc et des parties civiles
11-12-13-14-15 février – défenses

Avec l’audience du 7 décembre, nous devrions savoir s’il y a d’autres nouvelles sur la temporalité ou des changements de date.

 

Repris de https://anarhija.info

Emma Goldman – Le patriotisme, une menace contre la liberté (1911)

Qu’est-ce que le patriotisme ? Est-ce le fait d’aimer le lieu où l’on est né, l’endroit où se sont déployés les rêves et les espoirs de notre enfance, nos aspirations les plus profondes ? Est-ce l’endroit où, dans notre naïveté enfantine, nous regardions les nuages défiler dans le ciel à vive allure en nous demandant pourquoi nous ne pouvions nous déplacer aussi rapidement ? Le lieu où nous comptions des milliers d’étoiles scintillantes, effrayés à l’idée que chacune d’entre elles puisse être l’un des yeux du Seigneur et fût capable de percer les grands secrets de notre petite âme ? L’endroit où nous écoutions le chant des oiseaux, et désirions ardemment avoir des ailes pour voler, tout comme eux, vers de lointaines contrées ? Ou celui où nous nous asseyions sur les genoux de notre mère, fascinés par des contes merveilleux relatant des exploits inouïs et d’incroyables conquêtes ? En résumé, le patriotisme se définit-il par l’amour pour un morceau de cette terre où chaque centimètre carré représente des souvenirs précieux, chers à notre cœur,  et qui nous rappelle une enfance heureuse, joyeuse, espiègle?

Si c’était cela le patriotisme, il serait difficile de faire appel à ces sentiments aujourd’hui en Amérique : en effet, nos terrains de jeux ont été transformés en usines, en fabriques et en mines, et le vacarme assourdissant des machines a remplacé la musique des oiseaux. Il ne nous est plus possible d’écouter de belles histoires, de rêver à de nobles exploits, car aujourd’hui nos mères ne nous parlent plus que de leurs peines, leurs larmes et leur douleur.

Alors, qu’est-ce que le patriotisme? «Le patriotisme, monsieur, est l’ultime ressource des vauriens», a déclaré le Dr Johnson. Léon Tolstoï, le plus célèbre des antipatriotes de notre époque, le définit ainsi : le patriotisme est un principe qui justifie l’instruction d’individus qui commettront des massacres de masse ; un commerce qui exige un bien meilleur outillage pour tuer d’autres hommes que la fabrication de produits de première nécessité — chaussures, vêtements ou logements; une activité économique qui garantit de bien meilleurs profits et une gloire bien plus éclatante que celle dont jouira jamais l’ouvrier moyen.

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Barcelone, Espagne : Solidarité en flammes 30 novembre 2018

Dans la nuit du 30 novembre à 2h du matin, alors que le quartier de Sant Andreu était en fête et que les flics patrouillaient, un distributeur de billets de la Deutsche Bank a brûlé de rire.  Un graffiti, « prisonnier-e-s enlutte ».

Une action individuelle.

Conséquence cohérente de ma tendance anarchiste.

Que les flammes illuminent, même d’un simple sourire, les nuits de mes compagnon-nes.

Aux prisonnier-e-s en lutte de la péninsule ibérique. En avant compagnon-ne-s !

Aux personnes poursuivies en Italie pour les opérations Panico et Scripta Manent !

A Paska, compagnon en grève de la faim depuis le 5 novembre. Force à toi compagnon !

A Anahi, dans le coma après une attaque en Argentine. Tiens bon compagnonne !

A Hugo et Marcos, rebelles et vengeurs. En avant !

A Juan Aliste. Irréductible !

Aux combattant-e-s grec-que-s et chilien-ne-s !

Lisa, je t’attends avec un sourire complice !

A tous les individus cohérents et conséquents. Continuez la lutte !

Aux compas de Madrid.

Que M.I.L distributeurs de billets brûlent !

[Traduit de barcelona indymedia par sansattendre.noblogs.org, 03.12.2018]

On ne traverse pas des mers et des frontières en lâchant des lanternes

Le vendredi 23 novembre a eu lieu une marche de solidarité avec les exilés à Ouistreham, suivie d’une tentative d’ouverture de squat et d’accrochages avec les gendarmes. Ce texte revient sur ce qui s’y est passé.

On ne traverse pas des mers et des frontières en lâchant des lanternes

Vendredi 23 novembre au soir avait lieu une marche de solidarité avec les migrants de Ouistreham, toujours aussi nombreux à vivre dehors et à essayer de passer la frontière vers l’Angleterre par le terminal de car-ferry. Cette marche était organisée dans le cadre du festival « citoyen » festisol. Sur place, depuis plusieurs années maintenant, des solidarités de base sont organisées par des habitants et habitantes (repas, fringues, douches, hébergement…), tandis que de nombreux squats sont régulièrement ouverts à Caen, notamment par l’Assemblée générale de lutte contre toutes les expulsions.

La marche, déposée en Préfecture et ouverte par une bagnole de flics, réunit 400 personnes. Le CAMO (Collectif d’Aide aux Migrants de Ouistreham) la souhaite silencieuse, en hommage aux morts écumant la méditerranée. Une fraction des gens refusent de jouer cette pièce macabre : fumigènes et slogans égayent la manif, rapidement encadrée par les gendarmes. Pas mal de migrants, quasi-tous soudanais, sont présents dans le cortège, et peu disposés au silence eux aussi.
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Rome : Conférence interrompue pour Nathalia et les prisonnières du CRA de Ponte Galeria

Le mercredi 28 novembre, une quinzaine de personnes solidaires ont choisi d’interrompre la rencontre à la bibliothèque « Moby Dick » de Garbatella, organisée par le « Garant des personnes privées de liberté ».
Le directeur de Caritas, professeur de philosophie théorique et directeur de l’office national de lutte contre les discriminations raciales, a pris part à une rencontre intitulée « Migrations et hospitalité ». De leurs confortables positions de pouvoir, ils prétendent gérer, contrôler et analyser la vie au sein des lieux d’enfermements, des CRA, des hotspot et de l’ensemble du système « d’acceuil ».
Ces lieux et ce système sont ne sont pas réformables et ont pour seul objectif de priver de liberté et ils doivent être détruits.
À l’intérieur de ces structures, on meurt, comme cela a malheureusement eu lieu le 11 novembre au CP de Ponte Galeria, où Natalia est décédée avant l’arrivée de l’ambulance et dont la mort a été rendue publique qu’après plusieurs jours par la voix de ses compagnonnes incarcérées.
Ces histoires sont souvent passée sous silence et ce n’est que par contact direct avec les femmes emprisonnées que nous apprenons l’absence d’eau chaude pendant plusieurs jours, le harcèlement des agents sur les prisonnières, les crachats lors de la demande de nourriture et les cheveux arrachés lors des perquisitions.
Il a été décidé de crier contre ces personnages toute notre colère et d’arrêter leur théâtre sordide, une vitrine inutile sur le faux accueil et l’hospitalité.
Dans le quartier, il y a aussi des affiches dans différentes langues qui parlent de ce qui s’est passé et se passe à Ponte Galeria et dans les autres prisons.
Dans la nuit qui précède une bannière avec écrit « De la prison on meurs tous les jours. Natalia est décédée dans le CP le 11 novembre. L’indifférence, c’est la complicité  » est apparue sur la Via Casilina.

Repris de roundrobni.info

aussi :

Contre les déportations révolte dans le hotspot de Taranto

Le 14 novembre dans l’après-midi du 14 novembre, une quantaine de personnes enfermés depuis quelques jours dans le hotspot de Taranto et risquant l’expulsion se sont affrontés avec les forces de l’ordre. Deux personnes ont réussi à s’échapper en escaladant la clôture, et en jettant des pierres et des morceaux de verre en directions des flics. Un policier aurait blessé à la jambe.

résumé depuis : https://hurriya.noblogs.org/post/2018/11/15/taranto-contro-

[Montreuil] Rencontres contre toutes les prisons !

Les 15 et 16 décembre à Montreuil, deux jours de discussions, expositions, rencontres, cantines, contre toute forme d’enfermement !

Mettre à mal l’idée même de l’enfermement c’est s’attaquer à un des piliers de cette société basée sur l’exploitation et la reproduction des dominations. La taule est une menace pour tou.te.s celles et ceux qui désirent vivre sans se soumettre aux lois qui régissent ce système, ou qui n’ont pas d’autres possibilités que de vivre en contradiction avec celles-ci.

À l’heure d’une nouvelle extension du système carcéral il nous semble important de se donner des perspectives de lutte. Cet énième plan prison à l’oeuvre, c’est 15 000 places de plus derrière les murs. Il prévoit à la fois la construction de nouvelles taules, de quartiers haute- sécurité, de SAS (structures d’accompagnement vers la sortie) et la rénovation d’anciennes prisons comme celle de la Santé à Paris dont la réouverture est prévue le 7 janvier prochain. Cette nouvelle réforme pénitentiaire vise aussi à étendre toujours plus la prison dans la société, avec notamment le développement de la surveillance électronique et la création d’un pôle emploi des TIG (travaux d’intérêts généraux). Régulièrement, des révoltes secouent les prisons suite à des assassinats par les matons, après des suicides ou du fait des conditions d’incarcération, certaines remettant en cause l’existence même des prisons. Dehors, des personnes se solidarisent par différents moyens : depuis l’hiver dernier se sont succédés émeutes et manifs à Toulouse, actions contre la grève des matons, rassemblements devant Fleury-Merogis, mais aussi incendies de voitures de matons à la prison de Fresnes ou de véhicules de constructeurs de taules en Isère… Ces rencontres pourront être l’occasion de partager des idées autour de ces révoltes et luttes actuelles et d’autres plus anciennes.

Ce sera également un moment pour discuter des divers outils existants comme les radios anti-carcérales, les journaux, les caisses de solidarité qui, en diffusant des infos et en créant des liens entre l’intérieur et l’extérieur, contribuent depuis de nombreuses années aux luttes contre la prison et d’autres formes d’enfermements (centres de rétention, hôpitaux psychiatriques, établissements pénitentiaires pour mineur.e.s, etc.).

Ces rencontres ont lieu en région parisienne mais nous souhaitons qu’elles puissent être un temps d’échanges entre personnes de différents coins de l’hexagone. Pour celles et ceux qui s’intéressent de près ou de loin aux luttes anti-carcérales, ce week end sera une occasion de se rencontrer !

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Au-delà de la loi

A dire vrai, je ne comprends pas bien ce que l’on veux dire aujourd’hui lorsque l’on parle d’ « illégalisme ». Je pensais qu’il s’agissait d’un mot désormais désuet, qui ne figurerait plus que dans les livres d’histoire du mouvement anarchiste, enfermé à jamais à côté de la toute aussi ancienne « propagande par le fait ». Lorsque, récemment, j’en ai réentendu parler, sur un ton aussi critique qu’ instrumental, je n’ai pas pu retenir un mouvement d’étonnement. Je commence à ne plus supporter cette manie de dépoussiérer les vieilles polémiques mais sans faire face à de nouvelles discussions, mais qu’importe.

Il me semble avoir compris quelque chose en tous cas. L’illégalisme dont on (re)parle aujourd’hui n’est pas ce concept qui a été vivement débattu au sein du mouvement anarchiste au début du siècle. À l’époque, cette définition désignait principalement toutes les pratiques interdites par la loi utiles pour résoudre les problèmes économiques des camarades : braquages, vols, contrebande, contrefaçon d’argent, etc. Il me semble qu’aujourd’hui, certains anarchistes qui manquent d’argumentation essaient trop facilement d’attribuer au terme d’illégalisme le sens d’une fin sublime en soi de tout comportement interdit par la loi, et pas seulement de celui dicté par des besoins de survie. En bref, l’illégalisme deviendrait une sorte de théorisation de l’illégalité érigée en système, avec une valeur universelle.

Quelqu’un a même été plus loin, jusqu’à blâmer durement un « illégalisme à tout prix », fustigeant parmi des camarades qui enfreignent la loi même quand ils pourraient faire autrement : comme ça, pour savourer le frisson de l’interdit ou pour satisfaire un dogme idéologique. Je me demande comment à fait ce quelqu’un pour tombé dans cet illégalisme à tout prix, où j’en ai entendu parler. Qui pourrait être tenté de contester les rigueurs de la loi quand elle pourrait s’en passer ? Personne, évidement.

Mais probablement le point sur lequel nous devrions réfléchir est un ailleurs. Un anarchiste peut-il faire sans contester la loi ? Bien sûr, dans de nombreux cas c’est possible. Par exemple, au moment où j’écris dans un journal dans le cadre de la loi : suis-je un anarchiste légaliste ? Et si au lieu de cela, ce soir, je postais des affiches clandestines, deviendrais-je un anarchiste illégalliste ? Mais alors, qu’est-ce qui distinguera ces deux catégories d’anarchistes ?

La question de la relation entre un anarchiste et le droit ne peut être écartée de manière aussi expéditive et trompeuse. À mon avis, l’action d’un anarchiste ne peut être conditionnée par le droit, ni positivement ni négativement. Je veux dire que ce qui le pousse ne peut pas être le respect révérencieux de la législation en vigueur, sans parler du goût de la transgression comme une fin en soi, mais ses idées et de rêves, ainsi que de ses attitudes individuelles. En d’autres termes, un anarchiste ne peut être qu’un alegal, un individu qui se propose de faire ce qu’il veut au-delà de la loi, sans se fier à ce qui est permis ou interdit par le code pénal.

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Gênes : Tattoo Circus en soutien aux Prisonnier.es – 1er et 2 décembre

SAMEDI 1er DECEMBRE :
DU 14 AU SOIR: tatouages, piercings, massages et traitements ostéopathiques personnalisés
À 18 heures: Présentation du livre « I giustizieri. Propagande par le fait et attaques anarchistes de la fin du XIXe siècle « , Edizioni Monte Bove, avec l’auteur Gino Vatteroni
A partir de 21h: diner
DJ SET SUIVANT
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DIMANCHE 2 DECEMBRE :
DU 12 AU SOIR: tatouages, piercings, massages et traitements ostéopathiques personnalisés
À 14h00: un point sur le procès « Scripta Manent »
Au CIRCOLO BOLO LIBERTARIO VAL BISAGNO à Piazzale Adriatico, Gênes
En train: de la gare de Brignole, bus 48 480 482 680
En voiture: sortie Genova Est, continuer sur la SS45 jusqu’à Piazza Adriatico
Informations et réservation de tatouages SPAZIO DI DOCUMENTAZIONE E DISCUSSIONE CHELINSE, chelinse@autistici.org
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repris de : https://anarhija.info

Des oreilles et des yeux

Les dispositifs en question sont variés : microphones, caméras, balises de localisation. Les espaces visés peuvent être tous les espaces qu’on traverse : bâtiments, véhicules, espace public. Ces pratiques sont parfois légales, réalisées avec l’accord d’un juge d’instruction par exemple, et parfois non, réalisées par les services de renseignement hors d’un cadre légal.

On a constaté le manque d’informations disponibles autour de nous sur ce type de surveillance. Quelle est l’utilisation réelle de ces dispositifs par les services de renseignement ? Quels types de dispositifs sont utilisés ? Dans quels contextes ? Avec quelle efficacité ? Quels moyens mettre en place pour contrer ce type de surveillance ?

Du coup, on a décidé de collecter des informations à ce sujet, avec l’idée d’écrire et de publier une brochure d’ici quelques mois. On souhaite se concentrer dans cette brochure sur la surveillance exercée par les services de renseignement et de police politique des États en Europe à l’encontre d’individus ou groupes pratiquant des actions subversives. De plus, on se limite à l’étude des dispositifs de surveillance physiques dissimulés dans les espaces traversés par les individus ou groupes surveillés (on ne parlera donc pas d’autres types de surveillance comme les filatures, les écoutes téléphoniques ou la surveillance d’Internet).

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On y va ou on siffle ? 

 « Là où il y a révolution, il y a confusion.

Là où il y a confusion, un homme qui sait ce qu’il veut à tout à gagner »
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Face aux troubles qui ont perturbé de nombreuses routes en Italie ces jours-ci, les militants sont perplexes. Face à ces blocages, ces assauts, ces affrontements, mis en place par ceux qui sont à des années-lumière de toute tension subversive, la fameuse question leur vient immédiatement en tête : que faire?
On y va ou on les siffle ? – Peut-être on y va et on siffle. En fait non, on siffle et on n’y vas pas. Mah et si en fait on y va, d’abord on siffle ensuite on applaudi ?
D’un côté, celui du on-y-va-pas, il n’y a pas de doute. Ces forconi [bonnets rouges Italiens] qui se mélangent avec le drapeau tricolore, ces manifestants applaudissant la police, ce mélange de commerçants craignant de voir leurs profits diminuer, de fascistes désireux de chevaucher le tigre et les ultras avec de l’urticaire sur les mains, tout cela n’est pas et ne peut être pour nous. Ne confondons pas le populisme avec peuple, please. Le premier est réactionnaire et grossier, le second est au mieux ingénu et un peu rustre. Le premier doit être détruit sans hésitation; le second doit être façonné, modelé, mise en forme. Ce n’est pas une question de pureté, la chair prolétarienne est délicieuse. Sauf que, comme masse à enrôler, mieux vaut préférer les nécessiteux désespérés, sans art ni partie, qui ont une famille à défendre. Ils sont plus faciles à embrouiller et à guider. Mais parmi eux, que faire avec qui détient un numéro fiscal et peut-être même la carte d’un vulgaire parti ?
Mais de l’autre côté aussi, celui des on-ne-siffle-pas, il n’y a pas de doute. L’odeur de la sueur du travailleur est toujours excitante, les grondements de l’estomac sont une musique pour les oreilles. Ces forconi mobilisent tous ces gens, ils parviennent à bloquer ou à perturber la moitié du pays (ce que les subversifs n’ont pas été en mesure de faire), impossible de les ignorer. Et pourquoi pas, puisque l’on entonne le mantra des mains sales 24/24h ? Ne soutient-on pas que, beau comme la lumière du soleil, en dehors de l’ambiguïté il existe seulement l’identité des groupes marginaux ? Si les magistrats, les religieuses et les alpinistes sont bons dans une vallée piémontaise, il n’y a pas de raison que, dans le reste de l’Italie, cela ne devrait pas fonctionner avec les vendeurs ambulants et les chauffeurs de camion. Nous devons nous débarrasser de l’idéologie et mettre en jeu, nous jeter dans la mêlée, entrer en compétition avec les fascistes et ne pas quitter la place. En fin de compte, vous verrez qui a le plus gros mégaphone !
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Quant à nous, qui ne sommes pas des militants, nous ne pouvons pas nous empêcher de remarquer à quel point il est vraiment triste et limitant de diviser l’espace en deux, de penser que face à une situation – quelle quelle soit – il faut choisir entre deux alternatives sèches : la tour d’ivoire où préserver sa pureté, ou le fumier où se salir les mains.
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Allons, un peu d’imagination. Ne laissons pas la Mesa Verde dans les mains de la fiction. Vraiment il n’y a pas d’autres endroits dans l’ère des possibilités?
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« Et moi, maintenant? »
[13/12/13]
https://finimondo.org/node/1301

Milan : Initiatives en solidarité avec Paska en grève de la faim

Jeudi 15 novembre. Un groupe d’une quarantaine de compagnons s’est retrouvé à partir de huit heures du soir devant la prison de San Vittore pour faire un salut bruyant. Entre pétards, feux d’artifices et nombreux écrits sur les murs de l’enceinte de la prison, la solidarité s’exprime à tous les prisonniers mais surtout la proximité avec Paska en grève de la faim. De l’intérieur, comme toujours, une réponse chaleureuse.

Vendredi 16 novembre. Dans la matinée, désordre auprès du Département de l’administration pénitentiaire, situé près de la prison de San Vittore. Entre chœurs et interventions, on rappelle des responsabilités précises de ceux qui sont à l’intérieur des bureaux.

Mardi 20 novembre. Encore une fois sous les murs du Dap* mais cette fois équipé pour faire un tapage bruyant**. Le cortège dure une heure et demie jusqu’à l’heure du déjeuner, interrompant ainsi le travail à l’intérieur des bureaux. Une banderole est accrochée avec écrit « Le Dap commande, le bourreau exécute » et un tag est fait devant l’entrée principale. Après l’écrit, le groupe de camarades s’est rendu sur le marché Papiniano, à proximité, pour y distribuer des tracts et intervenir sur la situation de Paska et le rôle du Dap, dans cette affaire ainsi que dans le quotidien des brutalités et passages à tabac dans les prisons.

*D.A.P Département de l’Administration Pénitentiaire : responsable de la gestion du système carcéral (du personnel aux lieux d’enfermement).

**Battitura : battre le fer, ici battre les portes et les murs pour faire du bruit.

Repris de roundrobin.info

Trento : Le festival du film « Tutti nello stesso piatto » interrompu en soutien à Paska en grève de la faim

Le dimanche 25 novembre à Trente, une trentaine de compagnons ont interrompu la cérémonie de remise des prix du festival « Tutti nello stesso piatto ». Cet événement était aux dires [des organisateurs] une façon de soulever la question des « droits de l’homme » à travers des films et des documentaires. L’hypocrite Province de Trento, qui se vante d’être un territoire accueillant et démocratique alors qu’elle finance des entreprises militaires, des recherches sur la guerre et des projets répressifs de toutes sortes, cherche avec de telles initiatives à se donner un visage « propre » et solidaire. Parmi les promoteurs de l’initiative, il y avait aussi Elsa – The European Law Student’s Association – une organisation qui organise régulièrement des événements à Trente où il est possible de trouver des soldats et des hommes en uniforme, ainsi que des magistrats et des juges. Pendant l’interruption, les camarades ont distribué des tracts et sont intervenus pour Paska en grève de la faim et en solidarité avec Giovanni et Ghespe.

Ci-dessous, le tracts distribué :

UN DE NOS COMPAGNON EST EN GRÈVE DE LA FAIM

Au nouvel an d’il a deux ans, à Florence, une bombe avait explosé à la bibliothèque de Casapound, blessant gravement un policier-démineur maladroit. Quelques mois plus tard, à Florence, les lieux occupés par les anarchistes, « Il Panico » et « Riottosa », ont été explusés et plusieurs compagnons et compagnones ont été arrêtés pour « association de malfaiteurs ». Quatre de ces compagnons (dont trois sont encore en prison) sont accusés d’avoir posé cette bombe. Pendant que les fascistes s’organisent (dans les rues comme dans les palais) et ont déjà ouvert le feu (à Macerata et ailleurs), l’État se venge de ceux qui les ont toujours combattus et de la société injuste qui les génère.

C’est pourquoi il tente d’enfermer ces camarades pour des années derrière les barreaux d’une prison.

L’un d’entre eux, Paska, est en grève de la faim à la prison de La Spezia pour lutter contre le harcèlement dont il fait l’objet. Lors d’une audience devant le tribunal de Florence, il a voulu dénoncer ce qui lui était arrivé lors de son transfert, à savoir un passage à tabac par les gardes. Lorsque Paska a essayé de parler, le juge lui a dit que le sujet n’était pas inhérent au procès, puis il a été renvoyé de la salle d’audience. Les soutiens présents ont fait preuve de proximité avec le compagnon. Nous aussi voulons lui être proches ainsi que tous les prisonnier.es en lutte. Nous réitérons avec force que la pratique de l’action directe est de plus en plus nécessaire pour repousser les politiques de l’État et les pratiques de ses complices, qui deviennent de plus en plus oppressives chaque jour contre les rebelles et tous les exploités. Alors que le ministère de la Grâce et de Justice cherche avec de nouveaux décrets pour isoler les détenus en lutte; tandis que le nouveau décret sur la sécurité renforce de plus en plus la répression; tandis que la mentalité raciste, réactionnaire et fasciste progresse; alors que certains (voir le PD) essaie de transformer l’opposition aux fascistes en pure propagande électorale, après en avoir préparé le terrain; nous tenons une nouvelle fois à réitérer notre solidarité avec ceux qui luttent, a Paska en grève de la faim, et nous réitérons notre hostilité envers les gardes infâmes et toute notre haine contre l’État et les fascistes.

Liberté pour Paska, Giovanni et Ghespe!
Contre l’Etat et ses prisons.
Des anarchistes

 

Repris de roundrobin.info

Publication : Nouveau numéro de « Sans détour »

Le N.1 du journal anarchiste apériodique Sans Détour vient de sortir.
Les personnes intéressées peuvent nous écrire pour nous demander des exemplaires [à l’adresse sansdetour[at]riseup.net].

Extrait de l’édito:

« […] ce n’est pas la promesse d’un résultat heureux qui nous décide. Nous n’agissons jamais à crédit, au contraire, chaque prise d’initiative, chaque pas en avant porte déjà avec soi son sens et sa raison d’être. Parmi eux, la réponse immédiate et en acte à une tension qui nous traverse. Une tension bien souvent incommodante, celle qui nous agite et qui, agrippée à notre épaule, nous murmure à l’oreille : et toi, que fais-tu face à tout cela ? Cette tension qui n’est pas aveugle, mais qui est enrichie par l’analyse, la compréhension active, l’étude de ce qui nous entoure. Une tension qui donne du sens à nos efforts, à nos recherches, à nos prises d’initiatives, qui nous pousse à sortir du confort relatif de nos existences et à nous aventurer sur des chemins inconnus et dangereux. Une tension pour laquelle il vaut la peine de vivre, qui donne la force d’assumer les conséquences de certains choix, d’affronter la répression et qui peut aussi conférer un véritable sens à la mort.[…] »

Au sommaire de ce numéro:

-Des litchis en hiver. A propos d’exotisme et d’internationalisme
-Expansion techno-industrielle et résistances au pillage
-L’idéologie de la science
-2+2=7
-Des coups contre la prison
-Lectures intempestives

Continue reading « Publication : Nouveau numéro de « Sans détour » »

Naples : Compte rendu de l’audience pour l’arrestation de 20 camarades et de la saisie de deux espaces anarchistes

Aujourd’hui, le 22 novembre 2018, s’est tenue l’audience relative à la révision de l’arrestation préventive de 20 camarades et à la mise sous séquestre saisie du centre d’études libertaires et de l’espace anarchiste 76A.
L’audience a été reportée pour la cinquième fois au 14 février 2019, officiellement en raison d’un nouveau vice de procédure.
Les mises à jour suivront.
Repris de roundrobin.info
Voir aussi :

Espagne : Agence immobilière attaquée – Guerre à la spéculation capitaliste

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Nous communiquons avec un peu de retard que le 17 octobre dernier, une agence immobilière du district de Carabanchel a été attaquée, cassant à coup de marteau ses fenêtres, laissant un mot qui disait « guerre à la spéculation capitaliste ». À l’heure actuelle, divers quartiers de Madrid sont menacés par divers processus de spéculation, dans le contexte de projets étatiques et du capitalisme en constante mutation de la ville, en tant qu’élément essentiel de ce monde d’exploitation et de misère. À la suite de ce projet, les personnes exploitées vivant dans ces quartiers sont soumises à l’accroissement de la présence de grandes multinationales, à l’invasion des lobbys en jeu, aux contrôles de police, à la hausse des loyers et à la persécution continue des espaces occupés : Les agences immobilières jouent un rôle majeur dans ce processus. Il est donc important de les signaler en tant que ennemis. Les modatités d’attaque sont nombreuses et variées.

Solidarité avec CSOA La Gatonera, avec CSO Ca La Trava … et avec tous les centres sociaux occupés qui résistent et attaquent!

Solidarité avec les compagnons touchés le 29 octobre à Madrid, avec les compagnons touchés par la répression après la volte du G20 à Hambourg, avec Lisa et avec les compagnons frappés par l’État en Russie, en Argentine, en Italie (Scripta Manent, Opération Panico .. .) et d’autres endroits dans le monde!

GUERRE À LA SPÉCULATION CAPITALISTE

Des anarchistes

Repris de : anarhija.info

Argentine : ni victime ni bourreau

Nous ne voulons pas parler de répression, pas même de persécution ou de « chasse aux sorcières », comme cela a été dit ou lu précédemment. Nous ne considérons pas les livres ou les journaux « des armes », nous n’avons pas de rhétorique romantique sur la lutte anarchiste. Être anarchiste n’est pas une chose simple, il ne s’agit pas de choisir une idéologie et de traverser la vie sans aucun changement, car être anarchiste a un poids, et un poids assez important.

Nous sommes déclarés ennemis de l’État, nous sommes exploités, nous sommes opprimés, nous ne demandons rien, nous ne voulons pas de cadeaux ni de réformes, nous ne voulons pas de lois. Nous sommes des anarchistes qui combattons comme ils peuvent, en s’appuyant toujours sur nos valeurs.

C’est pourquoi nous ne nous attendons pas à ce que l’État agisse différemment par rapport a ce qu’il fait. Nous ne sommes pas des victimes, et nous savons très bien que nous ne sommes pas même des soldats, même si nous ne reculons jamais. Nous sommes influencés par les événements que nous voyons chaque jour devant nos yeux. Nous n’avons pas un tempérament féroce ni un cœur froid. Au contraire, nous avons des valeurs et des pratiques et nous essayons d’être aussi cohérents que possible avec celles-ci, et un cœur brûlant qui nous pousse chaque jour à lutter pour tout changer.

Malheureusement, une partie de cette société est construite sur la base de relations autoritaires. Elle a oublié l’empathie, au point qu’il est presque impossible de se mettre à la place de l’ autre ou même de comprendre comment une autre personne peut agir différemment de ce à quoi on s’attendait. Nous voyons avec regret comment les réseaux sociaux ont été remplis de mèmes, de blagues et de conversations dans lesquelles nous parlons, avec une profonde ignorance ou un air de grandeur, de cette situation: qui se bat quotidiennement entre la vie et la mort ou qui se trouve depuis longtemps temps en prison. La prison où près de la moitié des meurtres ont été perpétrés des mains de l’État, cet État démocratique directement responsable de la mort de plus de 5 500 personnes.

L’État a le monopole de la violence, condition indispensable à son existence. De son point de vue, il ne peut y avoir que des associations, des organisations et des responsabilités communes. Ils confondent les actions individuelles et essaient de les faire passer pour des conspirations collectives. Ils ne comprennent pas la liberté individuelle, l’action qui peut naitre d’une ou deux personnes.

Depuis l’assassinat de notre camarade Santiago, ils ont tenté par tous les moyens de créer une organisation mêlant Mapuches et Anarchistes, ont préparé le terrain pour marcher sur ceux qui sont non seulement contre le gouvernement, mais aussi contre l’État et le Capital. Contre nous, qui nous ne faisons pas de politique et luttons pour une révolution sociale qui changera l’état des choses à ses racines.

Ce sont des temps difficiles et ils le deviendrons de plus en plus, mais nous reconnaissons qu’ils n’ont jamais été faciles non plus mêmepar le passé. Les mois à venir nous montreront beaucoup de choses sur nous, et c’est dans le cadre de la solidarité anarchiste que nous devons nous soutenir, et non pas faire partie de ce système corrompu. Ce sont des moments où nous devons compter sur nos idées pour pouvoir penser clairement, et sur nos valeurs, la tête haute, pour continuer à crier: longue vie à l’anarchie!

Nous ne demandons rien.

repris de : https://anarhija.info


Le 14 novembre, dans l’après-midi, au cimetière de Recoleta, dans la mausolée du colonel Ramon Falcon (exécuté par le compagnon Simón Radowitzky), une bombe explose, blessant la compagnone Anahi Salcedo, transférée à l’hôpital de Fernandez,  blessé au visage. et au le crâne, elle a également perdu trois doigts et est actuellement dans le coma artificiel. Le compagnon Hugo Rodriguez est arrêté sur place. Quelques heures plus tard, devant la maison du juge Bonadio (célèbre pour sa poigne de fer, avec un passé mémorable dans la jeunesse de la garde de fer, groupe fasciste du péronisme, et pour la pratique actuelle et pour ses discours  répressif à l’égard des dissidents, le camarade Marcos Viola est accusé d’avoir lancé un autre engin explosif contre la voiture du magistrat.

Tôt le matin et les jours suivants, différents espaces de l’environnement anarchiste, des espaces occupés et des quartiers, ainsi que des maisons privées, ont été fouillés. Douze personnes ont été arrêtées au cours de cette chasse. Dont certains restent 72 heures en GAV). Par la suite une 10aine de camarades aurait été inculpés pour association de malfaiteurs, intimidation publique et possession de matériel explosif (pour les deux actions). […]

Voir ici : https://sansattendre.noblogs.org/post/2018/11/16/buenos-aires-argentine-une-compagnonne-blessee-lors-dune-attaque-a-la-bombe-plusieurs-arrestations/source: anarhija.info

+ d’info à venir

Lyon, France : Attaque aux cocktails Molotov du poste de police municipale de la Tête d’Or – 11 novembre 2018

Par une lune incendiaire, cette nuit du 11 novembre. Quand d’autres honorent des morts vaines, quand d’autres paisiblement se prélassent dans le sommeil et leurs fausses certitudes, quand la plupart se renferme dans l’impuissance et la crainte, nous autres allumons des mèches. Quelques Molotov ont atterri par mégarde sur le poste de la Tête d’Or [1]. Que la municipale s’arme et héberge le repos des militaires, il faut qu’elle sache qu’à trop noircir nos vies, ses murs d’enceinte en perdront leur éclat.

Pensée et courage aux six copains lyonnais dans leur combat judiciaire [2] !

Commando salamèche


NdSAD:

[1] Dans le 1er arrondissement de Lyon.

[2] En référence aux six antifascistes arrêtés le 13 novembre pour une action contre le local fasciste Bastion Social. Tous sont tous ressortis sous contrôle judiciaire après leur garde à vue.

 

Repris de  https://sansattendre.noblogs.org

Montpellier : À l’ombre des caméras

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Montpellier Poing Info, 14 novembre 2018 
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Une nouvelle caméra de surveillance vient d’être installée au niveau de la cité Gély, à l’angle de la rue Ronsard et de la rue du faubourg Figuerolles, à Montpellier.
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Une caméra similaire a récemment été posée rue Daru, entre Plan Cabanes et la place Salengro.
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Évacuation spectaculaire du squat cours Gambetta hier après-midi, descentes régulières de la police à Plan Cabanes, installation de caméras… : la « rénovation » de Figuerolles entreprise par les autorités publiques ressemble à s’y méprendre à une véritable politique répressive menée contre les habitant·e·s de Figuerolles, dernier quartier populaire proche du centre-ville.
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Sans transition (ou presque), le 20 septembre dernier, à une trentaine de mètres de la nouvelle caméra de la cité Gély, une remorque de chantier s’est désintégrée sous l’effet d’une explosion d’une bouteille de gaz provoquée par un incendie volontaire.Pour en savoir plus sur la gentrification à Montpellier,  cet article.
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Madrid : Distributeurs sabotés en solidarité avec les compagnons incarcérés

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Dans la nuit du 11 au 12 novembre, 20 distributeurs automatiques de billets ont été sabotés au marteau dans le nord de Madrid. Que l’action anarchiste soit multipliée par chaque coup donné par l’Etat. Cette solidarité est plus que des mots.

Salutations aux personnes touchées par la répression du 29 octobre dernier pour d’autres attaques contre des institutions bancaires. Force et affection pour notre compagnonne Lisa, détenue par l’État allemand pour braquage de banque à Aix-la-Chapelle.

Pour l’anarchie.

Repris de : anarhija.info

Madrid : Sur l’arrestation des deux compagnons anarchistes le 29 octobre dernier

La flaque d’eau et l’océan

Un antique dilemme. S’ouvrir aux éventuels complices inconnus dont l’existence est certaine (ou hypothétique, ou même seulement espérée) en dehors du seuil de sa propre porte, ou alors s’enfermer en compagnie des quatre chats qui se connaissent déjà et se font déjà confiance ? Il s’agit d’un choix qui va bien au-delà des seules attitudes caractéristiques, ainsi que de l’évaluation des avantages et des inconvénients respectifs, mais implique ses propres aspirations, ses propres rêves. Ce n’est pas vraiment une option stratégique à calculer, mais une perspective humaine à vivre. Ceci dit …
Pour couper les ailes de toutes les tensions utopiques de la dernière décennie, a déboulé le fléau de la communauté politique, la conviction virale que nager dans l’océan social est indispensable afin d’alléger le plus possible son bagage révolutionnaire afin de le rendre plus léger, qu’il est nécessaire de donner le micro à des experts réputés pour être pris au sérieux par les masses dénuées d’aspirations radicales, on se doit en somme de courir après les gggens pour flatter et en obtenir les faveurs (tous se rangeant du côté de ceux qui ont toujours descendu les idées anti-autoritaires).
L’allègre adoption de cette tactique opportuniste a grandement contribué à la quasi-extinction de l’anarchisme le plus iconoclaste, qui s’est vu vider l’essentiel de son contenu non pas par l’intervention externe, mais par l’intervention interne. Un tel choix (puisqu’il s’agit d’un choix, pris par certains en pleine connaissance de cause, et pas aveuglément) de la part de certains illuminés sur le chemin de Venaus a provoqué chez d’autres anarchistes une forte réaction allergique de signe diamétralement opposé, qui se manifeste dans le refus catégorique de toute ouverture possible vers l’extérieur. Non, les anarchistes ne doivent pas chercher les autres, ils doivent se suffire à eux-mêmes, un point c’est tout. Et il est indéniable que l’insurrection et la révolution sont des faits sociaux et qu’en tant que tels, ils ont besoin avant tout de la participation des autres, eh bien, tant pis pour ces figures conceptuelles du passé. Cela signifiera que les anarchistes modernes ne veulent plus détruire tout le pouvoir, ne doivent plus réfléchir à la possibilité de renverser l’État, ils doivent avoir leurs yeux et leur cœur uniquement pour la révolte individuelle, uniquement pour l’insurgence de quelques (non) élus contre une autorité considérée à présent comme inéluctable et invincible non seulement par les grands et petits serviteurs de la domination, mais aussi par leurs ennemis .
Quel étrange paradoxe! La citoyennisme subversif et le solipsisme nihiliste, même dans leur distance asymétrique partent de la même hypothèse partagée : la certitude que dans l’océan, il est possible de nager uniquement de façon compromise. Il y a ceux qui se jettent et ceux qui ne le font pas, préférant rester dans la flaque d’eau. Qui fait tout pour être beau et bon, et qui fait tout pour avoir l’air moche et mauvais. C’est une alternative qui a brisé des compagnons et des compagnones, comme en témoigne l’émergence de catégories en soi relativement idiotes comme «anarchisme social» ou «anarchisme d’action», reconditionnement d’anciennes subdivisions déjà inutiles à une autre époque. Alternative qui néanmoins ne suscite pas en nous le moindre intérêt et dans laquelle nous n’avons pas l’intention de trouver une place, n’étant ni passionnés, ni des assemblées (que nous trouvons le plus souvent méprisantes) ni des ermitages (que nous trouvons le plus souvent ennuyeux).

Florence, Opération Panico : Compte-rendu de l’audience du 08/11/2018

Le jeudi 8 novembre a eu lieu la troisième audience de l’Opération Panico. Le déroulement, nous ne le savons pas et nous ne nous en soucions pas trop au fond. Les faits parlent d’eux-mêmes.

Dans la salle, étaient présent Giova, Ghespe et Paska, quelques inculpés et un public de camarades. Dès le début de l’audience, Paska a demandé à  la parole, par l’intermédiaire de son avocat, pour lire une déclaration. Il est arrivé dans la salle de classe avec les signes des coups qu’il avait pris à la prison de La Spezia le matin même, avant le transfert à Florence. Il a commencé à lire sa déclaration, qui commençait par raconter le passage à tabac par les matons, mais le juge a immédiatement ordonné que le micro soit éteint, expliquant que ce qu’il disait n’était pas pertinent pour le procès, que ce n’était pas le siège compétent pour signaler ces faits et de la merde dans le genre. Paska, a malgré tout continué à lire, élevant la voix, mais a été tiré par les gardes infâmes qui ont tenté de lui arracher les feuilles des mains et de le conduire dans le sous-sol du tribunal. Les compagnons présents et les accusés se levèrent pour protester bruyamment. En réponse, le juge expulsa la salle d’audience. À ce moment-là, les inculpés sont également sortis pour être présent avec les autres, alors que l’avocat de Paska a demandé à ce qu’il soit réadmis dans la salle d’audience, même dans la cage si nécessaire, et a rappelé que son client faisait une grève de la faim depuis plusieurs jours protester contre les conditions de détention et demander son transfert dans une autre prison. De toute évidence, le juge s’en moquait bien et il ordonna que Paska reste enfermé dans les cellules souterraines. Les accusés sont revenus dans la salle d’audience pour lire une brève déclaration, affirmant que le juge était également complice des mauvais traitements infligés à Paska en prison, réaffirmant la solidarité avec les trois compagnons incarcérés et le souhait de ne pas continuer à assister à l’audience. Le juge a essayé de interrompre presque immédiatement en parlant en même temps que le camarade qui lisait la déclaration, suite à quoi les accusés ont quitté le tribunal de façon permanente. Nous savons que peu après, Giova et Ghespe ont également demandé à être emmenés, ce qui a peut-être incité le juge à repenser, car il avait fait appeler Paska pour lui demander s’il souhaitait retourner dans la salle d’audience. Le compagnon acquiesça, ainsi que Giova et Ghespe. Les autres camarades inculpeés, en revanche, sont restés en dehors du tribunal, où certains ont improvisé une bref rassemblement près de la porte d’entrée, puis se sont réunis avec les autres, attendant de saluer leurs camarades à la fin de l’audience. Mais cela n’a pas été possible, car à la fin du procès, les trois hommes ont été chargés dans des fourgonnettes mobiles qui ont tracé un bout de route dans la mauvaise direction pour ne pas passer devant les camarades, mais vous savez, il n’y a pas de limite à la misère humaine des matons .

La journée s’est terminée par un tour dans le quartier de Sant’Ambrogio et un banquet sur une place du même quartier.

Exprimer une solidarité active avec Giova, Paska et Ghespe est en ce moment de plus en plus urgent, rappelez-vous que Paska est en grève de la faim depuis le 5 novembre et c’est à nous de lui faire sentir notre soutien et notre complicité.

Dimanche 18 octobre, à partir de 15h00, nous serons devant la prison de La Spezia,

en forme et furieux!

Repris de : panicoanarchico.noblogs.org

 

MAJ. Paska a arrêté la grève de la faim le 24/11. Les mises à jour suivront bientôt.

Athènes : A propos de la Security Team

Résultat de recherche d'images pour "repression"Le 12 juin vers 22 heures, une trentaine de personnes expulse violemment le squat d’Arachovis 44. Ils frappent, volent [une prise de guerre?] et chassent les habitants avec l’intention d’amener des familles de réfugiés kurdes à vivre à leur place. Ils souhaitent « nettoyer le quartier ». L’action serait une réponse à des comportements  dénoncés ces derniers temps : vol, agression sexuelle, et deal de drogue ; ils vont également jusqu’à évoquer la présence de « djihadistes » dans le squat. Au moment de l’expulsion, environ 60 personnes vivaient dans l’immeuble. La réponse est immédiate, deux heures plus tard, le squat est réinvesti par les migrant.es et leurs soutiens, au total une quarantaine de personnes. Le lendemain matin à 7 heures du matin, elles sont de nouveau expulsées par ces mêmes personnes qui ont alors gardé le bâtiment durant toute la journée. Dans la soirée du 13 juin, après une assemblée à Polytechnique, un groupe de 150 personnes est de nouveau entré dans bâtiment, afin de réoccuper le squat. Les « occupants » étaient déjà partis car ils ne trouvaient [à priori] pas assez de familles kurdes pour y aménager un espace leur permettant de justifier leur action. À l’intérieur du bâtiment se trouvaient deux familles afghanes avec des enfants qui venaient d’être installées et personne ne les avait informées de ce qui s’était passé. Une des deux familles restera dans le bâtiment et l’autre partira au bout de quelques heures, car elle n’avait besoin d’hébergement que pour une nuit. Plus d’une dizaine de téléphones, des passeports, des documents nécessaires au maintien au séjour dans le pays, de l’argent, et un ordinateur portable ont été volés lors de cette opération.

Continue reading « Athènes : A propos de la Security Team »

Comté de Paulding (Géorgie) [USA] : Le chantier de construction d’une prison sabotée – 04/11/2018

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En 2016, les électeurs du comté de Paulding ont approuvé la construction d’un nouveau centre de détention pour adultes et de policie, de 77 millions de dollars. Turner Construction (une filiale de la société allemande Hochtief) gère ce projet et sous-traite le travail à des entreprises locales. Les travaux de construction sont bien avancés. 

Au petit matin du 4 novembre, nous sommes entrés sur le site de construction et mis hors d’usage deux tractopelles, un appareil de forage et une pelleteuse. Les clés de toutes les machines se trouvaient sur le contact, nous avons donc débarrassé la société de celles-ci. Nous nous sommes ensuite déplacés dans les bureaux locaux du projet, où nous avons réussi à débrancher le courant du chantier de construction et à mettre hors service deux chariots et une fourgonnette de la société. Au moment de cette publication, 4 jours plus tard, un chargeur frontal et l’appareil de forage étaient toujours hors d’usage. Le travail a été reporté de plusieurs heures le lundi suivant l’action.

Aucun repos tant que tout le monde n’est pas libre.
Feu aux prisons.

Repris de 325.nostate.net

Italie : Mise à jour sur la grève de la faim de Paska et appel à solidarité (10/11/2018)

Paska nous a fait savoir qu’il a été transféré à l’isolement et qu’il y restera pour 15 jours, en régime fermé, il ne dispose que d’une demi-heure de promenade. Le reste du temps, il le passe seul dans la cellule, pour les déplacements il a toujours une escorte de 2-3 gardes et les parloirs se font séparément, avec la porte ouverte et les gardes sur la porte. Il avait des signes évidents de passage à tabac juste avant l’audience du 8/11, qu’il a essayé de déclarer devant le tribunal, mais le juge qui a péremptoirement ordonné qu’il soit mis dehors par les gardes. Il a essayé de signaler les coups (il a reçu de violents coups à la tête et au dos) mais le médecin n’a absolument rien rapporté. Il a donc l’intention de demander l’interdiction de rencontrer des médecins et des infirmières.

En dépit de cela, Paska tient bon et continue de se battre, la tête haute.
Nous relançons l’invitation à un rassemblement la prison de La Spezia le 18/11 à 18 heures.
PASKA LIBRE ET EN FORME.

Repris de roundrobin.info


Paska est en grève de la faim depuis le lundi 5 novembre. Cela fait longtemps qu’il a choisi de ne pas baisser la tête face à la violence de la prison. Voilà pourquoi le 8, avant d’être transféré à Florence, pour l’audience de l’Opération Panico, il a été tabassé.

Dimanche 19 Novembre nous serons à La Spezia, la prison où il est enfermé.

En solidarité avec lui, avec les autres prisonniers, et contre la prison et ceux qui en profitent.

Que la fleur de l’action éclose

Que les racines fissurent les murs et les barreaux

Liberté pour Giava, Ghespe et Paska. Liberté pour toutes et tous

Feu à ce monde de prisons  

roundrobin.info/2018/11/italie-paska-est-en-greve-de-la-faim

Besançon, France : Guerre aux affameurs !

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Jeudi 20 septembre avait lieu le premier conseil municipal de la rentrée à Besançon après un été agité contre l’arrêté « anti-mendicité » du maire¹. Mais cette fois, le cirque démocratique local ne se déroule pas comme prévu. Des dizaines de manifestant.e.s se retrouvent devant l’hôtel de ville pour exprimer leur colère contre cette nouvelle mesure anti-pauvres. Alors que le conseil venait à peine de débuter, une personne impliquée dans les réseaux locaux de solidarité avec les migrants se lève et prend à parti le maire et les autres élu.e.s présent.e.s, en s’attaquant à leur politique d’exclusion et de répression des indésirables, avec ou sans papiers.

Tenant tête au maire et à sa clique qui la somment de sortir, elle est expulsée manu militari par les agents de la police municipale puis par ceux de la police nationale. Elle ressortira après 48h de garde à vue durant laquelle elle subira la bêtise crasse et les humiliations de la flicaille, oscillant entre insultes misogynes et racistes. Les flics l’accusent entre autres du chef de « résistance et rébellion à agents ». Et devinez sur quel pièce ils ont principalement fondé leurs accusations ?? Sur une vidéo des événements tournée par un journaliste de l’Est Républicain présent dans la salle du conseil. Cette vidéo, publiée sur le site web du journal quasi-instantanément et vu des milliers de fois, a fourni des éléments à charge pour inculper notre camarade, qui est ressortie sous contrôle judiciaire.

Continue reading « Besançon, France : Guerre aux affameurs ! »

Madrid : Sur l’arrestation des deux compagnons anarchistes le 29 octobre dernier

Lundi 29 octobre dernier, la Brigade d’Information s’est rendu chez deux compagnons anarchistes de Madrid pour les arrêter. Ils sont accusés du délit de « dommages par incendie d’un distributeur automatique de billets de l’enseigne Bankia » dans le quartier de « Vallekas » durant la semaine d’action pour la compagnonne Lisa, alors incarcérée depuis un an par l’État allemand, condamnée à 7 ans de prison pour avoir braqué une banque.

Ce n’est ni la première, ni la dernière fois tout signe d’action directe anarchiste. L’État perfectionne sa machine répressive depuis un certain temps, comme en témoignent la prolifération des caméras de surveillance (comme dans le cas présent), les prélèvements ADN et la coordination avec d’autres services de police à l’échelle européenne (comme dans le cas de Lisa ou des représailles du G20 à Hambourg, qui a connu son dernier épisode dans l’Etat espagnol le 19 octobre dernier avec des perquisitions chez deux compagnons anarchistes à Palencia et à Madrid). Ces arrestations, de par la manière dont elles se sont déroulées, impliquent un réel changement en matière de stratégie répressive, loin de la médiatisation spectaculaire des dernières opérations de police contre les milieux anarchistes (Pandora, Piñata, Pandora II, Ice). Le but recherché reste cependant le même: chercher à intimider et à créer la peur, aboutissant à la paralysie de la lutte.

Face à cette stratégie, en tant qu’anarchistes, nous devons rester fort.e.s et poursuivre la lutte sans mettre de côté ces outils qui font de l’anarchisme un mouvement dangereux pour l’État, ansi que pour toutes les formes et outils de la domination. Si l’État réprime pour s’être fait attaquer, il doit alors être frappé plus fort, l’objectif étant de continuer la lutte et de faire en sorte que la solidarité s’étende partout sur le territoire. Si hier une banque a brûlé, demain il en brûlera cent.

Peu importe « l’innocence » ou la « culpabilité » des compagnons, car ce sont des catégories du système judiciaire que nous ne reconnaissons pas en tant qu’anarchistes.

Solidarité avec Lisa, les personnes persécutées du G20 et de « Scripta Manent », ainsi que tou.te.s les compagnon.ne.s du monde entier séquestré.e.s par l’État.

Dans notre mémoire révolutionnaire vivent Santiago Maldonado et le compagnon Mikhail Zhlobitsky, décédé le 31 octobre dernier lors d’une attaque à la bombe contre le FSB (héritier du KGB).

VOUS NE PARVIENDREZ JAMAIS A FREINER NOS DÉSIRS DE LIBERTÉ !
LIBERTE POUR LISA
FEU AUX BANQUES
MORT A L’ÉTAT ET VIVE L’ANARCHIE !

[Traduit de l’espagnol de Contramadriz, 06.11.2018] par Sans Attendre Demain

La Spezia : Provocations des gardes contre Paska

MAJ. Paska en grève de la faim :

Paska en réponse aux conditions détentive et aux provocations des gardes a commencé une grève de la faim lundi 5 novembre.

Le 18 novembre aura lieu un rassemblement devant la prison de La Spezia.

Le procès concernant la dénommée « opération Panico » à Florence, pour laquelle trois de nos compagnons sont détenus (et beaucoup d’autres poursuivi.es) continue et est arrivé à sa troisième audience.
Les jours qui ont immédiatement précédé la première audience, Paska, détenu à la prison de Teramo, est transféré à la prison de La spezia : pendant le transfert, les gardes « égarent » ses effets personnels et lui refusent toute information sur sa destination et la durée du séjour dans la nouvelle prison.
La prison de La Spezia est une prison punitive à tous égards connue pour sa dureté particulière (bien qu’il n’existe pas un type de prison « non punitive »), où le règlement intérieur est plus restrictif que les autres, et où nous connaissons encore la fameuse et tristement célèbre squadretta: une poignée matons choisis ad hoc pour frapper les prisonniers.
Les représailles contre Paska commencent dès le premier transfert dans la salle d’audience quand son escorte de geôliers le jette dans le véhicule blindé le blessant aux mains et au sternum tandis que les courriers lui arrivent peu à peu et en retard.
Paska a demandé au DAP [Département de l’Administration Pénitentiare, ndt], à être changé de prison, sa demande a été rejeté.
Le DAP compétent pour la Ligurie, le Piémont et la Vallée d’Aoste est celui qui à un siège basé à Turin.
Entendons-nous bien : il n’y avait pas besoin de ces vexations ultérieures contre notre compagnon (contre tout autre compagnon.ne détenu.e) pour nous activer en solidarité, mais puisqu’il en a fait la demande très explicite il nous semble urgent et important pour nous de soutenir ces demandes, chacun.e comment et où le suggèrent le mieux nos propres tensions.
De son côté, Paska poursuit son attitude conflictuelle contre le système carcéral, tous les jours, en s’y confrontant directement.
NOUS VOULONS SOUTENIR LES REVENDICATIONS DE PASKA ET APPELER A LA SOLIDARITÉ ACTIVE DANS SES FORMES MULTIPLES.
Nous voulons également soutenir et être complices de Giova et Ghespe, eux  enfermés depuis quelques tempsdans la prison de Sollicciano.

Les trois compagnons seront présents dans la salle d’audience du tribunal de Florence le 8 Novembre : une opportunité pour qui veut les accueillir, leur donner de la force par sa présence, ainsi que pour nous confronter.

En parlant de prison, nous ne pouvons pas oublier qu’ il y a quelques jours (le 2/11) dans les prisons chiliennes le camarade Kevin Garrido a été assassiné.
Chaque mort en prison est un meurtre d’état, mort à l’état et feu à ses prisons.

Pour l’anarchie.

Vengeance!

Des anarchistes

Repris de roundrobin.info

Publication : Kalinov Most n°3, publication anarchiste internationale – Octobre 2018

Ce numéro est dédié avec amour et tendresse à notre compagnon Pablo Vaso…
« Toujours ouvrir les portes ».

Index :

  • Editorial
  • Sur la nécessité de passer à l’offensive : caractéristiques et particularités de la lutte anti-patriarcale sur le territoire dominé par l’État chilien
  • Mettre fin à l’humanité pour mettre fin à la domination ? Sur le courant misanthropique dans les milieux anarchistes.
  • Qu’est-ce que l’anarchisme ? Considérations sur l’anarchie, l’individu et la société
  • Quelques considérations sur l’héritage des organisations politico-militaires dans la région chilienne
  • Sans victoire ni défaite
  • A un an de la disparition suivie de la mort de l’anarchiste Santiago Maldonado

Tous les numéros sont aussi disponibles en français.

Pour recevoir ce numéro (ou les anciens) :

Kalinovmost(a)riseup.net
www.kalinovmost.wordpress.com

Pologne : deux anarchistes arrêtés pour les protestations contre la CEE en 2015 (19/10/2018)

ENVOYER DES LETTRES AUX DÉTENUS :
Piaskowy Smok
ul. Reymonta 20a
40-029 Katowice
Pologne

(Sileasian 2)

SOUTENIR NOS COMPAGNONS ET LEURS FAMILLES:
bPL32 1050 1386 1000 0091 2084 4742
Paypal: patrycjaszat@op.pl

(Sileasian 2)

Repris de https://anarhija.info/library/polonia-arrestati-due-anarchici-per-le-proteste-contro-eec-nel-2015-19-10-2018-it

Aucune demande, aucun devoir

Ça ne leur à pas plu, vraiment pas plu. Le gouvernement n’a pas accepté les motivations des opposants comme il se doit au Tap, le méga-gazoduc qui devra aussi faire passer le gaz azerbaïdjanais par l’Italie. Le tap peut et doit être fait, peut-être pas parce que ce gaz est réellement essentiel, mais certainement parce que l’Italie ne peut pas se permettre de payer les pénalités prévues en cas de non-respect de certaines obligations contractuelles. N’est-ce pas une motivation fantastique? Oui, le projet est inutile et nuisible, mais comme il est moins coûteux de faire ce qui est mauvais que de faire ce qui est bon, cela vaut la peine de continuer à faire ce qui est mauvais jusqu’au bou! Raisonnement politico-comptable-bureaucratique par ailleurs déjà utilisé pour le Tav et qui a déjà ébranlé les politico-bureaucrates-comptables du mouvement, calculatrice à la main et paraphrase en bouche accumulant précisions sur précisions …
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Mais aujourd’hui, dans le Salento, ce n’est pas encore le moment de faire les comptes. Aujourd’hui est le jour de la déception et de la colère. C’est que le courant transalpin zadiste qui avait berçé d’illusions sur la possibilité pour le gouvernement de revenir à ses propres décisions, c’est qu’ils avaient tout mis en œuvre pour suivre scrupuleusement de manière démocratique les règles d’une opposition comme il se doit contre de grand travaux (mise en oeuvre d’une faible conflictualité, banalisation des motivations de la lutte afin d’attirer tous les sympathisants possibles, la récupération ou l’isolement des têtes brûlées, composition avec des interlocuteurs haut placés …), le fait est que les opposants No Tap comme ils doit y croient : la lutte le citoyenniste paye parce qu’elle pousse l’Etat à donner (quelle brillante contradiction, hein?). La pression par le bas poussera ceux qui sont au sommet à faire leur travail, ou … hum … à se mettre au service de ceux qui sont en bas?

Espagne : Répression de l’anti-G20 – Nouvelles perquisitions à Madrid et à Palencia – 19 octobre 2018

Tôt vendredi 19 octobre au matin, une nouvelle opération de police menée conjointement par la Police Nationale espagnole et la Police Fédérale Allemande a eu lieu à Madrid et à Palencia. L’opération a abouti à la perquisition de deux logements à Palencia et à Madrid (quartier Tetuan). A l’instar de ce qui s’est passé le 29 mai dernier – où cette fois-ci les dispositifs policiers ont été déployés à l’échelle européenne, avec des perquisitions en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse. L’objectif recherché lors de ces perquisitions est de continuer à récolter des informations sur les événements de juillet 2017 à Hambourg, qui ont conduit à une véritable révolte à l’occasion du sommet du G20 dans cette ville.

En réponse à la vague de destructions laissée par les émeutier.e.s dans l’une des villes les plus militarisées pour l’occasion, l’Etat allemand a investi des moyens économiques et techniques incommensurables au cours de l’année écoulée pour lancer une persécution à grande échelle (européenne). Beaucoup de compagnon.ne.s sont passé.e.s par la détention préventive ou attendent leurs procès. Parallèlement, la solidarité s’est fait sentir en Europe et dans le monde, sous forme de manifs, d’agitation et d’attaques.

Selon les informations parues dans la presse bourgeoise, c’est la Brigade d’Information Autochtone (autóctona Brigada de Información) qui aurait coordonné cette opération: « opération coordonnée par « La Comisaría General de Información » [1], qui compte sur des effectifs de la « Brigada Provincial de Información » de Madrid, de Valladolid y de Palencia, témoignant de l’engagement de la Police Nationale pour promouvoir la coopération internationale entre services de police étrangers, dont la participation à l’enquête a été mise au point par les services de la police criminelle de Hambourg en étroite coordination avec les services fédéraux de la police criminelle (BKA) ».

Solidarité et lutte !

[Traduit de l’espagnol de Contra Madriz, 19.10.2018 par sansattendredemain ]

NdT: [1] Services de renseignement de la police nationale.

Marseille, France : Sur la lutte contre l’aménagement de La Plaine – 11-25 octobre 2018

MAJ. 13h La Soleam, a annoncé l’installation d’“une palissade béton de 2,5 mètres” afin de “sécuriser” le chantier. (Les travaux commencent cet après-midi et devraient durer 3 jours)

Repris de Sansattendredemain

[Nous avons reçu un récit au sujet de la lutte contre l’aménagement de la Plaine, quartier de Marseille qui subit de plein fouet la politique de nettoyage social de la part de la municipalité, dans l’optique de rendre la ville toujours plus attractive pour les riches et le capital. Cette transformation urbaine va de pair avec le renforcement du contrôle et de la surveillance sur les indésirables.

Toutefois, nous tenons à critiquer certains discours portés dans cette lutte-là, qui ne rompt absolument pas avec la politique, en formulant une demande claire de participer aux instances décisionnelles, en bons citoyen.ne.s investi.e.s dans la vie de leur quartier. Et le fait de s’allier aux petits patrons, aux commerçants qui vont pâtir de cette transformation urbaine en est une des conséquences logiques.
Toutefois, nous avons eu vent de belles choses sur cette place, avec des actes qui rompent indéniablement avec la médiation et le citoyennisme. Des individus refusent la composition et s’impliquent dans la lutte contre ce projet d’aménagement en ayant à l’esprit que celui-ci est une partie de cette guerre aux pauvres et aux indésirables que les riches et l’Etat mènent sans interruption, en ville comme partout].

Récit de la première semaine à La Plaine

Jeudi dernier [11 octobre 2018], après le dernier marché de la Plaine tel qu’il a eu lieu pendant un paquet d’années, les travaux ont commencé dans ce quartier du centre ville de Marseille.

Il s’agit du quartier dans lequel j’habite et qui va subir une restructuration qui vise une gentrification. Une résistance est apparue. Une partie des forains du marché ont quitté
la partie après avoir obtenu des miettes, et les travaux ont laissé place à une opposition autonome.

Historique

Jeudi 11, des blocs de béton ont été installés autour de l’énorme place principale du quartier sous escorte policière (CRS, BAC…) et de quelque vigiles (qui sont désormais sur place en permanence). Pas mal de gazage et quelques arrestations d’opposants qui se sont déplacés en nombre, dont une personne qui est partie aux Baumettes en attendant sa comparution immédiate de lundi et quelques procès à venir. Le soir, les blocs ont été virés par des opposants au projet.

Le lendemain, les blocs sont repositionnés et d’autres sont rajoutés. Encore des arrestations et du gazage.

Le samedi, une bonne manif’ arpente le centre-ville : le local de la SOLEAM sur la Canebière, qui gère le chantier pour la ville, se fait enfoncer sa vitrine. La manif’ tente à nouveau de freiner les machines de chantier. Quelques échauffourées avec les keufs en fin de manif’ sur la Plaine et encore des arrestations. Le soir, la machine de chantier est sabotée.

Le dimanche, de menues structures sont à nouveau reconstruites à la sauvage.

Lundi, des palissades sont apposées au dessus des blocs de béton avec une nouvelle machine et malgré la présence d’opposants. Le soir, une bonne partie vole en éclat.

Mardi, un gros paquet d’arbres sont tronçonnés tandis qu’une partie du reste des palissades sont attaquées et que des gens grimpent dans les arbres et sont délogés par le raid. Quelque blessés graves et des arrestations. Le soir, après le départ des casqués, quelques centaines de personnes s’attaquent à la machine de chantier, à l’algéco des ouvriers, défoncent les palissades qui ont à nouveau été remises, et se payent un magnifique feu de joie d’une vingtaine de mètre de hauteur avec une bonne cinquantaine de palissades en bois.

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Suisse : Soutien aux 18 inculpé.e.s de Bâle

Le 24 juin 2016 a eu lieu à Bâle une manifestation contre le racisme, la répression et la gentrification. Durant cette manifestation, des institutions et entreprises, participant aux conditions en vigueurs, ont été la cibles d’attaques. Ce sont, entre autres, le bureau du plus gros parti de la droite populiste suisse (UDC), le palais de justice, une entreprise privée de sécurité (Kroo Security) ainsi que la police qui ont été visés.

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L’authentique embusqué – E. Armand

Montanaso Lombardo (Italie) – Les serres du centre de recherche CREA détruites

Dans la nuit du 2 octobre, une demi-lune complice qui discrètement guidait nos pas mais sans trop nous exposer, nous sommes entrés dans les propriétés du centre de recherche CREA de Montanaso Lombardo (LO). Nous avons dévasté les quatre grandes serres de l’institut, détruisant presque toutes les plantes expérimentales qu’ils contiennent.

Il n’est pas étonnant que les médias aient gardé le silence sur ce fait, malgré les graves dommages causés à leurs recherches : en effet, les centres de recherche du CREA sont sous le contrôle direct du gouvernement, qui a tout intérêt à dissimuler les actions qui mettent les bâtons dans les roues de ses projets.

Le CREA traite le séquençage et le génie génétique des plantes et de la modernisation hyper-technologique de l’agriculture et de l’élevage. Ses dernières recherches, financées par le gouvernement, portent sur le développement des de ce que l’on appelle les OGM 2.0.

Nous ne regarderons pas passivement l’énième projet qui manipule le vivant en en détruisant la spontanéité, au nom du profit. Avant de partir, nous avons laissé de gros tags à l’intérieur des serres : « NO BIOTECH », « NI ANCIEN NI NOUVEAU OGM », « HAMBACH RESISTE ». Solidarité avec ceux qui luttent pour la défense de la terre contre la civilisation industrielle. Un salut complice aux compagnons et  compagnonnes touchés par les opérations Scripta Manent et Panico.

Des anarchistes contre la misère de l’existant

Publié sur roundrobin.info

Canada : Action anti-homophobe au Parc Lafontaine

Soumission anonyme à MTL Contre-info

Le 25 septembre 2018, nous avons détruit trois caméras dans les toilettes pour hommes du sous-sol du bâtiment Calixa Lavallée, au parc Lafontaine. Nous y avons aussi pété un oeil-de-boeuf. Ces caméras ont été installées dans le cadre de l’opération Nirvana. Cette opération a pour but de criminaliser et d’arrêter les hommes qui se rencontrent dans ces toilettes. Des policiers en civil s’y rendent pour séduire les hommes et les pousser à la soi-disant «indécence». Là où les flics se tiennent pour séduire les hommes, nous avons taggé «Rip Nirvana». Ces provocations s’inscrivent dans une longue histoire de morale policière visant à purger les espaces publics de toute visibilité des désirs queer. Nous affirmons donc que la libération de nos désirs est incompatible avec l’existence de la police.

Et de nouveau le 15/10 : https://mtlcontreinfo.org/action-anti-homophobe-au-parc-maisonneuve

Repris de https://mtlcontreinfo.org

Autonomie… Tu parles !

Nous vivons dans un monde qui nous a enlevé progressivement toutes les possibilités de vivre, voire de survivre, hors de son cadre. Au cours des 150 dernières années, la domination et le capitalisme industrialisé se sont répandus, peu à peu, sur toute la planète et même au-delà. Face à l’expropriation progressive des possibilités d’une vie autre, s’est développé un courant qui avance de manière générale la réappropriation comme perspective de lutte. Cette réappropriation opère sur différents niveaux comme par exemple les savoir-faire de jadis, les espaces, l’entraide dans un contexte de collectivité. La théorie de la réappropriation est certainement évolutive et pas rupturiste, dans le sens où elle considère les réappropriations d’aujourd’hui comme les germes de la société future. La réappropriation reste alors en général dans le cadre du quantitatif, c’est à dire de l’extension progressive de l’autogestion vers sa généralisation totale. Ses protagonistes estiment qu’acquis ou non par une « lutte », il existe encore des interstices physiques ou mentaux où l’on pourrait expérimenter plus ou moins librement la construction d’autres rapports sociaux. Dans ce sens, on pourrait tracer une ligne de pensée qui se concentre autour de concepts tels que la réappropriation, l’autogestion et l’autonomie face au monde dans lequel on vit.

L’évolution historique du capitalisme et de la domination en général a éliminé progressivement toutes les formes ou possibilités existantes d’autonomie, d’indépendance, d’autosuffisance. On ne peut plus parler d’un en-dehors du capital ou des rapports sociaux existants, d’un endroit que la saleté de ce monde n’aurait pas atteint. Au niveau physique, tout l’environnement est empoisonné et modifié selon les besoins de l’économie capitaliste. Comment pourrait-on s’imaginer un ailleurs, quand les semences OGM sont désormais partout, quand la radiation n’épargne personne ? Et même si c’était possible, comment pourrait-on, dans la croyance en des relations libérées, ignorer l’existence des prisons, des centres, des usines, des institutions de ce monde ? Car la liberté pour laquelle nous nous battons est la possibilité toujours plus étendue de nous réaliser, de nous affirmer en tant qu’individus. Ce désir si effréné, cette aspiration sans aucune mesure ne peut ni se renfermer dans une commune de quelques dizaines de mètres carrés libérés, ni se contenter de deux trois relations moins merdiques et moins autoritaires.

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Publications : Delenda Est Éditions

2 nouvelles publications chez Delenda Est :
– Une critique, pas un programme. Pour une critique anti-civilisationnelle non primitiviste, de Wolfi Landstreicher.
Traduction de Delenda Est : il s’agit d’un cours texte anarchiste anti-civilisationnel, qui en profite pour régler ses comptes au primitivisme.
– Gandhi, derrière le mythe. Racisme, sexisme, nationalisme et pacification, Anonyme.
Edition d’un texte publié en 2 parties dans Attack Attack, publication anarchiste belge, pas disponible sur internet. Le titre semble assez claire

Comme d’hab, les brochures ne sont pas sur internet, possibilité d’envoi/de PDF pour les fans d’écrans.

delendaest (at) riseup.net

Keufmobile en feu : Un an après le procès, des nouvelles du dernier prisonnier

Un an après la condamnation de 7 personnes à des années de prison suite à l’incendie d’une voiture de flics quai de valmy à Paris le 18 mai 2016, l’un des condamnés croupit toujours en taule, depuis février 2017.

Sa demande de libération conditionnelle, après avoir traîné plus de neuf mois, lui a été refusée au motif de son silence sur les faits. Peut-être ne désire-t-il pas exprimer de remords à la famille poulaga des vitrines… Contrairement à un autre des condamné.e.s, qui après s’être dissocié des actes et des idées pendant le procès, tente aujourd’hui de vendre sa petite histoire sur les étals des supermarchés révolutionnaires.

Résultat de recherche d'images pour "keufmobile"Non contents de lui faire payer sa peine en entier, la justice et l’administration pénitentiaire rendent son quotidien en prison encore plus insupportable, multipliant les brimades. Les fouilles à nu sont devenues systématiques à la sortie des parloirs, sans qu’aucune explication ne soit donnée. Après avoir été bloqué quelques semaines à la fin de l’été, le courrier arrive toujours de manière irrégulière. Le courrier avocat est lu par la matonnerie. Régulièrement des parloirs sont annulés par la mauvaise volonté de ses geoliers. Cette situation n’est pas exceptionnelle, c’est le rôle de la prison de tenter de briser les individus, de les rééduquer pour qu’ils soient dociles et intégrables dans la société. Qu’ils expriment des excuses, expient leur faute.

La solidarité exprimée dans les actes et les paroles, des tracts aux incendies, aident à ne pas céder à la résignation, donnent de la force à l’intérieur comme à l’extérieur.

Jusqu’à détruire la dernière des cages !
liberté pour tou-te-s !

repris de sansattendre.noblogs.org

L’action individuelle dans la lutte sociale

L’espèce humaine a toujours eu dans son évolution des forces négatives en opposition aux forces actives. À savoir, des minorités rebelles à toutes les forces constituées en majorité pour faire respecter leur programme soit par la force de la violence, soit par des lois de soumission habituelles, appelées règles morales.

Mais nous pouvons revenir bien plus en arrière, dans l’histoire, dans la lutte des minorités contre les majorités. Et selon les théories darwiniennes, nous pouvons remonter aux origines de la manifestation de la vie et, suivant sa transformation, nous constatons que: chaque nouvelle génération plus adaptée à la vie et sa transformation contraignent la vieille génération à s’atrophier et même à disparaître. Ainsi, progressivement, de transformation en transformation, nous en arrivons au point où nous ne connaissons plus nos ancêtres. Et en fait, l’homme d’aujourd’hui se demande encore: si vraiment nous venons du singe, selon la science, ou s’il s’agit d’une création surnaturelle, selon les religions.

Beaucoup parmi les hommes, et certains parmi les anarchistes, croient en l’évolution de l’espèce, parce que c’est de la science; mais la conviction vraie et pure reste dans leur cerveau en doute, et même parfois un mystère. Ainsi, beaucoup se disent aujourd’hui anarchistes individualistes, car cette appellation signifie la plus grande conception philosophique de l’individu, et ils semblent être tellement plus beaux, plus esthétiques, plus grands et plus intelligents que les autres; mais la vraie conception individuelle, la vie de l’individu sur la planète où il vit, ses relations avec la nature et avec tout ce qui peut lui donner l’immense plaisir, la satisfaction sensible de la jouissance physique et psychologique; hélas! même cette conception reste le plus souvent une conception banale, quand ce n’est pas une énigme incompréhensible.

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Italie : Contre l’oeil du pouvoir

Depuis ce morceau de terre appelé Italie, dans une région appelée la Romagne.
C’était une nuit de pleine lune, ou peut-être une nuit noire comme un corbeau, ou peut-être que c’était toutes ces nuits qui …

Choisi de vivre la ville non plus comme un garrot de ciment et de trajets obligatoires, mais dans la tentative de décider, de choisir la route, de dépasser les obstacles; de jouer à cache-cache avec tous les agents de contrôle, humains ou machines (qui se ressemblent alors et se confondent de plus en plus) et d’attaquer ce présent qui nous donne tant de rage et autant d’objectifs.

Lorsque nous prenons la capacité et le temps pour agir, nous nous donnons le moyen de saper l’oppression que nous subissons chaque jour; lorsque nous décidons d’attaquer la megamachine de cette chaîne d’oppression, nous nous sentons également un peu mieux, même un peu plus libres, un peu plus nous-même, avec notre autodétermination.

Nous nous en sommes pris (coupé, démonté, obscurci) aux  systèmes de vidéosurveillance, car ils sont l’incarnation (sans viande), [ndt : jeux de mots incarnare senza carne, carne=viande en italien] de la société du spectacle et de ses objectifs omniprésents.

Nous nous en sommes pris aux caméras (en mettant hors service cinq ici et trois  et puis deux autres encore) parce que nous n’oublions jamais que beaucoup de nos compagnon.nes et affines sont en prison ou sous enquête à cause de ces maudites prises de vues.

Nous avons choisi d’agir pour renforcer ces mots et parce qu’il nous semble que la communication par l’action est un moyen formidable de débattre!

Contre toute hiérarchie, même celle qui mettent le feu plus haut que la pierre, la pierre plus haute que les ciseaux, les ciseaux plus haut que les embruns …
Contre toute autorité, même lorsque le moment d’action nous oblige à déléguer des tâches ou que nous ne nous sentons moins préparé.e.s que d’autres plus « espert.e.s » que nous, ou cristallise des rôles d’autorité.
Pour la multiformité d’attaque joyeuse et destructrice.

Une forte accolade à tout.es les prisonnier.es anarchistes partout dans le monde!

repris de https://anarhija.info/library/italia-contro-l-occhio-del-potere-it

Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable

L’extinction finale vers laquelle nous entraîne la perpétuation de la société industrielle est devenue en très peu d’années notre avenir officiel. Qu’elle soit considérée sous l’angle de la pénurie énergétique, du dérèglement climatique, de la démographie, des mouvements de populations, de l’empoisonnement ou de la stérilisation du milieu, de l’artificialisation des êtres vivants, sous tous ceux-là à la fois ou sous d’autres encore, car les rubriques du catastrophisme ne manquent pas, la réalité du désastre en cours, ou du moins des risques et des dangers que comporte le cours des choses, n’est plus seulement admise du bout des lèvres, elle est désormais détaillée en permanence par les propagandes étatiques et médiatiques.

La dégradation irréversible de la vie terrestre due au développement industriel a été signalée et décrite depuis plus de cinquante ans. Ceux qui détaillaient le processus, ses effets cumulatifs et les seuils de non-retour prévisibles, comptaient qu’une prise de conscience y mettrait un terme par un changement quelconque. Pour certains ce devaient être des réformes diligemment conduites par les États et leurs experts, pour d’autres il s’agissait surtout d’une transformation de notre mode de vie, dont la nature exacte restait en général assez vague ; enfin il y en avait même pour penser que c’était plus radicalement toute l’organisation sociale existante qui devait être abattue par un changement révolutionnaire. Quels que fussent leurs désaccords sur les moyens à mettre en œuvre, tous partageaient la conviction que la connaissance de l’étendue du désastre et de ses conséquences inéluctables entraînerait pour le moins quelque remise en cause du conformisme social, voire la formation d’une conscience critique radicale. Bref, qu’elle ne resterait pas sans effet.

Continue reading « Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable »

Turin : Procès pour les faits du 31/12

La première phase du procès s’est achevée pour Cello, Giulio, Pise, Quara, Salvo et Paolo suite aux événements qui se sont déroulés au cours d’un rassemblement devant la prison de Vallette à Turin, le 31 Décembre de l’année dernière.

La peine est de 3 ans et 8 mois pour Cello, de 3 ans et 5 mois pour Pise, de 2 ans et 9 mois pour Giulio, Quara et Salvo et de 1 an et 4 mois pour Paolo.

La demande de révocation de l’obligation de signature quotidienne à laquelle ils sont tous soumis à également été rejeté.

Repris de : roundrobin.info

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Le 31 décembre Le classique salut du Nouvel An aux détenus de la prison de Vallette se révéla cette fois plus animée que d’habitude. Parmi une soixantaine de personnes présentes pour l’occasion, quelqu’un a jugé bon de faire une pause dans l’usage vertical habituel de la pyrotechnie, provoquant un peu d’explosions et d’étincelles colorées entre les jambes des pelletons de gardes déployés […]

Plus d’info  ici :

Turin – Mises à jour sur la première audience du procès pour les événements du Nouvel An à la Vallette

Florence : Compte rendu du 9 octobre, première audience du procès

Hier, mardi 9 octobre, s’est déroulée la première audience (report du 12 juillet) du procès concernant l’opération « Panico ». Un large public de compagnons et de compagnonn.es a chaleureusement accueilli l’entrée dans la salle des trois compagnons incarcérés présents à l’audience, provoquant l’irritation croissante du président du jury. Les trois hommes ont répondus aux salutations saluant et souriant, pendant que les gardes infâmes les tiraient vers leur place, au premier rang; ils n’étaient pas placés dans les cages, mais à côté des défenseurs, séparés des autres coaccusés par un mur compact de gardes. Un geste qui n’a cependant pas empêché l’échange de regards, de baisers et de marques d’affection entre nous et eux. L’audience s’est déroulée selon un scénario fastidieux : il y a eu de nouveau une discussion sur la recevabilité des parties civiles, les juges se sont retirés pour délibérer, puis ont réintégré et proclamé le fait que, même en un procès, toutes les parties les civiles (déjà mentionnés pour l’audience préliminaire) sont recevables. Par la suite, un bref débat a eu lieu sur l’ordre dans lequel présenter les expertises  sur les interceptions par rapport aux témoignages (si, avant, après ou pendant), ainsi que sur la demande de preuve par le procureur et la défense. L’audience s’est terminée par la programmation des quatre audiences suivantes:
18 octobre 2018: introduction à l’enquête, parle le chef de la Digos;
textes* (flics) sur la rixe de Melograno le 21 avril 2016
textes (digos) sur la présence sous les quartiers généraux de la police la même nuit, après les arrestations
textes (digos) sur le banquet antimilitariste de février 2016
8 novembre 2018: textes de l’accusation des faits du 25 avril 2016, garnison et cortège en solidarité avec les personnes arrêtées
13 décembre 2018: à définir
20 décembre 2018: à définir
En ce qui concerne la présence en salle d’audience, nous avons appris qu’au cours de l’audience, les trois personnes ont été consultées et ont décidé de ne pas assister à l’audience du 18 octobre; si cela se confirmait, nous serions également ravis de déserter les salles d’audience. Au lieu de cela, ils envisagent d’être présents à l’audience du 8 novembre, mais nous attendons de comprendre leur décision finale.
La journée s’est poursuivie devant la prison de Sollicciano pour un nouveau salut de nos camarades et de tous les prisonniers: nous n’avons malheureusement pas pu nous faire entendre par Paska, car l’audience à peine achevée il a de nouveau été transférée à la prison de La Spezia (du moins nous espérons qu’il a entendu les cris au passage des trois). Le rassemblement a été animé par des chorales, des cris, de la musique et des feux d’artifice, et a été illuminé par un incendie déclenché dans une section a enveloppé une partie de la prison dans la fumée pendant un certain temps, nécessitant l’intervention du les pompiers.
Nous nous sommes ensuite dirigés vers le centre et, avec une promenade agile, nous avons laissé quelques signes de notre passage, des mots de colère et de solidarité qui se détachent contre le blanc oppressant de la ville du «décorum» et de la «beauté» de la marchandisation totale.
La journée s’est terminée sur le parvis de l’église de S. Spirito, sujet de l’attention du maire au cours des derniers mois, du maires, des policiers et journalistes serviles à cause de la énième ordonnance « anti-dégradation » qui interdit le « bivouac » (c’est-à-dire simplement rester sur la place) après un certain temps dans la soirée. Nous avons joyeusement bivouaqué avec de la nourriture et du vin jusqu’à ce que nous en ayons envie. La journée a été positive malgré tout, même s’il n’y avait rien à célébrer pour le début du procès, mais nous espérons que ces petits gestes de solidarité réchaufferont le cœur de nos compagnons toujours pris en otage dans le galères patries … Un grand merci aux compas de chaque coin de la péninsule (et pas seulement) d’être venus à Florence pour l’occasion, pour leur présence, pour leur agitation, pour leur force contagieuse.

Avec rage et amour.

Post-scriptum La nouvelle adresse de Paska, transférée à la prison de La Spezia, est la suivante:

Pierloreto Fallanca, C.C. La Spezia, Piazza Falcone et Borsellino 1, 19125 La Spezia

P.P.S. Le nouveau compte Iban pour le soutien des frais de justice et des prisonniers est le suivant: IT71Q3608105138290113490114

 

*La liste de textes est l’acte qui contient la demande d’une des partie de la procédure de faire comparaître des témoins, des consultants et des experts, de manière à acquérir des preuves lui soient favorables.

Repris de panicoanarchico.noblogs.org

 

Voir aussi :

https://attaque.noblogs.org/post/2018/07/05/florence-italie-declaration-publique-de-paska-et-des-nouvelles-du-proces-contre ghespe

https://attaque.noblogs.org/post/2018/07/04/compilation-de-quelques-textes-autour-de-l-operation-panic

Pour écrire aux inculpés :

Giovanni Ghezzi e  Salvatore Vespertino : N.C.P. Sollicciano, Via G. Minervini 2/R, 50142 Firenze (FI)

Pierloreto Fallanca, C.C. La Spezia, Piazza Falcone et Borsellino 1, 19125 La Spezia

 

Parution : Métamorphoses – Sur la transformation urbaine et la mort sociale

[…] Cela fait des années que dans l’esprit des Napolitains a été ancrée la certitude, grâce à un martelage d’échanges de point de vue médiatiques à toutes les sauces et de toute forme, que pour résoudre les problèmes durables de la criminalité et du chômage, il suffirait de réévaluer les ressources culturelles et des politiques visant à encourager le tourisme. Parce que si le touriste vient à Naples, il y a plus de travail, moins de crime, moins de saleté, tout serait mieux. Se met donc en place un avantage fiscal pour l’ouverture de toutes formes de bed and breakfast, un diplôme de trois ans en « touristologie », des accords avec les navires Costa, et voilà que des hordes de touristes affluent à tous les coins de l’antique centre historique, à la recherche de Polichinelles, crèches de noël, mandolines et pizza à volonté. Plus de photos des fameux sacs poubelles, parce que ça ils les ont cachés sous le tapis, et on propose toute sorte plaisir au saint touriste qui est juste sacré …et quand le touriste a besoin de quelque chose…

La consécration des touristes nécessite un effort des Napolitains pour devenir plus civils, se laver le visage et se faire tout petit face à une telle entreprise qui se présente comme une manne purificatrice. Un business cultivé dans l’intérêt de tous, cachant en réalité un seul intérêt, celui de quelques-uns qui tirent profit des avantages économiques et politiques par la transformation de zones à revaloriser et à redorer et de zones à ghettoïser ou réaménager pour d’autres intérêts.
La requalification urbaine, avec un effet domino du centre historique à la banlieue investit inévitablement tout le territoire de la ville, ouvre la voie à la restructuration des profits, passant par le concept de « smart city » jusqu’à la dépersonnalisation de zones entières jusqu’ici caractérisées et vécues dans leur chair par des personnes.
Tout cela est très triste, mais il est encore plus triste de constater que l’essentiel du changement en cours est soutenu et accompagné par diverses formes d’associationnisme et qu’une grande partie de ce mouve-ment qui se définit comme antagoniste en accélère la transformation de manière culturelle plutôt que structurelle, vers une pacification sociale de plus en plus poussée. L’appropriation des espaces dits libérés en très peu de temps reconnus par la municipalité elle-même qui leur en confie la gestion n’a d’autre but que de favoriser le revirement de toute attitude oppositionnelle. Chaque minime position conflictuelle est perdue dans la négociation démocratique, chaque voix extérieure au chœur reste prise au piège dans une pétition pour l’installation d’un feu de circulation ou une plainte au commissariat de police pour une vile agression fasciste.
***
Les articles que vous trouverez dans cette brochure sont le résultat de nombreuses discussions, mais ils ne sont pas à prendre comme une écriture chorale. Chaque compagnon a essayé de mettre sur papier ce qu’il a retenu d’intéressant dans la discussion de son propre point de vue. Nous avons analysé la transformation sociale qui ont conduit les gens à abandonner les places, les intérêts du capital qui se cachent derrière chaque politique de restructuration urbaine et sociale, l’étroite interdépendance entre les villes et les territoires limitrophes strictement liés aux besoins énergétiques et nous nous sommes aussi demandé si nous croyons que cela vaille la peine de défendre ce type de ville en constante métamorphose. Pour autant, nous ne voulons pas faire une oeuvre nostalgique sur comment Naples était belle auparavant et maintenant par contre… non, ce n’est pas du tout dans nos intentions. Nous savons depuis l’enfance que c’est une ville difficile à vivre, pétrie par des mains sales, pompée et aspirée par tous les pilleurs qui sont passés par là. Ce que vous avez entre vos mains n’est qu’une réflexion sur ce qui nous a amené là et sur ce qui nous attend si nous ne décidons pas une fois pour toutes de prendre en main nos destins, nouvelles Destinées autopoïétique…
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Repris de sansattendre, pdf disponible ici :

https://sansattendre.noblogs.org/files/2018/10/M%C3%A9tamorphosesNaples.pdf

Ala – Engin explosif contre le siège de la Lega

Nous apprenons dans les journaux qu’à l’aube du 13 octobre, un dispositif rudimentaire a explosé devant le siège de la Ligue d’Ala dans la région de Trente (Italie). Justement à Ala, avait lieu  le lendemain soir un rassemblement du leader de la Ligue Matteo Salvini.

  https://roundrobin.info

Turin (Italie) : 33 années de prison distribuées dans l’énième procès No-TAV

La Cour de Turin a prononcé ce matin les lourdes peines envers 16 militants No Tav accusés d’avoir participé à la journée de lutte du 28 juin 2015. Ce jour là, une des innombrables manifestations en direction du chantier avait été, comme à chaque fois, bloquée et attaquée par la police. Des affrontements s’en étaient suivi.

Il n’y a eu que 3 acquittements, les 13 autres accusés se partagent 33 ans de prison. Ces condamnations s’ajoutent à celles, déjà très nombreuses, prononcées par la Cour de Turin contre les militants du mouvement. Le procureur Rinaudo avait demandé des peines doubles… L’audience s’est déroulée en état de siège avec point de contrôle des carabiniers et une vingtaine de membres de la DIGOS (police politique) dans la salle. Des listes de proscriptions ont interdit l’accès de certains militants à l’audience. Selon les carabiniers, ces ordres et cette liste provenaient du procureur.

https://www.non-fides.fr/?+Turin-Italie-33-annees-de-prison-distribuees-dans-l-enieme-proces-No-TAV+

Du marxisme à l’anarchie

Ce n’est jamais sans quelque surprise que les marxistes voient l’un des leurs se déclarer anarchiste. Et ce n’est pas sans quelque hésitation et quelque méfiance que les compagnons consentent à accueillir comme l’un des leurs le « politicien », « l’autoritaire » en rupture d’idéologie. C’est que les marxistes ont appris à considérer l’utopie anarchiste comme une aspiration rudimentaire, simpliste, marquée au coin de l’infantilisme et de la naïveté. L’anarchiste, c’est pour eux l’illuminé aux solutions sommaires, le « petit-bourgeois enragé », le cabotin de parlotte et de tribune, aux cheveux longs et aux idées courtes, l’empêcheur de voter en rond qui met « tout le monde dans le même sac » ; c’est encore le pégriot aux louches besognes, le provocateur conscient ou inconscient, le paysan-bandit oscillant entre la jacquerie et le pogrom, le catalan brûleur d’églises et déterreur de nonnes, l’idéaliste fade qui « bêle la paix », le dynamiteur, le pistolero, l’esthète raté, l’autodidacte, le sentimental, le philosophe, l’énergumène.

Les « Souvenirs » de Guesde, de Plekhanov, de Lafargue (anarchistes bouffons devenus bouffeurs d’anarchistes) se mêlent aux réminiscences de feuilletons et de cours d’assises du Petit Journal pour camper la cour des miracles anarchiste, telle que se la représente le marxiste moyen, encadré dans la force et la sagesse de son parti. Renoncer aux rails du développement historique nécessaire, à l’arsenal des citations prophétiques, à la sécurité des grandes compétences qui, d’en haut, parfois du haut du ciel, déterminent les savants dosages de l’opportunisme révolutionnaire à l’échelle nationale et mondiale ? Quelle aberration, quelle déchéance ! Aucun doute n’est permis : le camarade perdu n’a jamais rien compris au « marxisme » puisqu’il renonce à cette merveilleuse discipline de la pensée ; et il n’a jamais rien entendu à la solidarité agissante du parti et de la classe ouvrière, puisqu’il s’évade vers la « secte », ou la tour d’ivoire de « l’individualisme »…

L’accueil fait au nouveau venu n’est pas toujours plus encourageant que les adieux des ex-copains de parti. Si ceux-ci vous traitent élégamment de vendu, ou se contentent de hausser les épaules, il convient de dire que la petite bande fraternelle reçoit sans nul enthousiasme le transfuge, qui s’imagine généralement apporter des trésors d’érudition et d’expérience inconnus au commun des libertaires – et conserve en cela une part de la morgue théorique et « organisatoire » inculquée par l’école marxiste. La plupart des anars s’imaginent être nés anarchistes et mettent sérieusement en doute qu’on puisse le devenir. Ils considèrent les antécédents « politiques » de tout nouveau camarade, non pas comme un avatar riche en enseignements pour eux-mêmes, mais comme un péché originel. Ils se montrent fort peu curieux de savoir comment on se libère intellectuellement et sentimentalement de la pensée par ordre et de l’amour du parti, pour embrasser de plus vastes perspectives, des réalités plus concrètes et des sympathies humaines plus immédiates. Cela ne semble pas les intéresser de savoir par quelles déchirures du filet le petit poisson s’est évadé (auraient-ils peur d’y rester en y allant voir ?) ni les préoccuper d’élargir le trou pour d’autres. Il semble qu’ils craignent d’avoir trop de transfuges parmi eux, ou que la réalité du piège les dégoûte. Peut-être ont-ils raison ? Continue reading « Du marxisme à l’anarchie »

Que le contrat social est une monstruosité

« Ce gouvernement, je le mets en question pour ce qui me concerne, laissant d’ailleurs aux autres la faculté de le servir, de le paver, de l’aimer, et finalement de mourir pour lui. Mais quand bien même tout le peuple français consentirait à vouloir être gouverné dans son instruction, dans son culte, dans son crédit, dans son industrie, dans son art, dans son travail, dans ses affections, dans ses goûts, dans ses habitudes, dans ses mouvements, et jusque dans son alimentation, je déclare qu’en droit, son esclavage volontaire n’engage pas plus ma responsabilité que sa bêtise ne compromet mon intelligence. Et si, en fait, sa servitude s’étend sur moi sans qu’il me soit possible de m’y soustraire, s’il est notoire, comme je n’en saurais douter, que la soumission de six, sept ou huit millions d’individus à un ou plusieurs hommes entraîne ma soumission propre à ce même ou à ces mêmes hommes, je défie qui que ce soit de trouver dans cet acte autre chose qu’un guet-apens, et j’affirme que, dans aucun temps, la barbarie d’aucun peuple n’a exercé sur la terre un brigandage mieux caractérisé.

Voir, en effet, une coalition morale de huit millions de valets contre un homme libre est un spectacle de lâcheté contre la sauvagerie de laquelle on ne saurait invoquer la civilisation sans la ridiculiser ou la rendre odieuse aux yeux du monde.

Mais je ne saurais croire que tous mes compatriotes éprouvent délibérément le besoin de servir. Ce que je sens, tout le monde doit le penser ; car je ne suis ni plus ni moins qu’un autre homme ; je suis dans les conditions simples et laborieuses du premier travailleur venu. Je m’étonne, je m’effraie de rencontrer à chaque pas que je fais dans la vie, à chaque pensée que j’accueille dans ma tête, à chaque entreprise que je veux commencer, à chaque écu que j’ai besoin de gagner, une loi ou un régiment qui me dit : On ne passe pas par là, on ne pense pas ainsi ; on n’entreprend pas cela ; on laisse ici la moitié de cet écu. A ces obstacles multiples, qui s’élèvent de toutes parts, mon esprit intimidé s’affaisse vers l’abrutissement ; -je ne sais de quel côté me retourner ; Je ne sais que faire, je ne sais que devenir.

Les masses, encore trop dociles, sont innocentes de toutes les brutalités qui se commettent en leur nom et à leur préjudice ; elles en sont innocentes, mais elles n’en sont pas ignorantes ; je crois que, comme moi, elles les sentent et s’en indignent ; je crois que, comme moi, elles ont hâte d’en finir. »

Anselme Bellegarrigue, dans L’anarchie, Journal de l’Ordre N°1.

Toulouse, France : Rassemblement en soutien à un compagnon incarcéré à Limoges – 17 octobre 2018

Un compagnon est incarcéré à Limoges depuis plus de 6 mois suite à un incendie de véhicules de gendarmerie en septembre 2017. Il sera présenté à une juge d’instruction toulousaine le 17 octobre pour une action au local de l’UMP en 2015. Retrouvons-nous devant le TGI de Toulouse pour montrer notre solidarité.

15 avril 2015 : le local de l’UMP rue Gabriel Peri reçoit de la visite d’un groupe de personnes, qui a la bonne idée de sortir le mobilier, laisser deux tags sur la façade et partir au cri de « expulsons les expulseurs ».
Cette joyeuse irruption apparaît comme une réponse à la politique de l’État à Calais qui consiste à réprimer, harceler, agresser les personnes migrantes et leurs soutiens. Quelques jours plus tôt, la mairie UMP de la ville de Calais prenait la décision d’expulser plusieurs squats de personnes migrantes.

18 septembre 2017 : plusieurs véhicules de la gendarmerie de Limoges sont incendiésdans le contexte d’une vague de solidarité envers les personnes inculpées et arrêtées pour avoir cramé une voiture de police à Paris au quai de Valmy. La revendication évoque aussi les violences et assassinats policiers : meurtres de Rémi Fraisse et d’Adama Traoré, violences policières quotidiennes en manifestation ou dans les quartiers.

Quel est le lien entre ces deux histoires ?

Des actes de révolte contre ce monde de merde. Mais aussi, le sale travail de fouine des flics et des juges. Un compagnon est accusé d’avoir participé à ces deux actions. Il est actuellement emprisonné à Limoges depuis plus de 6 mois pour l’incendie des véhicules de gendarmerie. Il sera transféré à Toulouse le 17 octobre pour être mis en examen dans le cadre d’une instruction au sujet de l’action contre l’UMP.

Le pouvoir désigne comme violent un local déménagé, une chemise arrachée, des voitures brûlées, une frontière traversée, une vitrine cassée, une grève, des manifestations ; alors même qu’il considère comme normal et légitime la prison, les centres de rétention, les violences et assassinats policiers, les milliers de morts dans la Méditerranée et les guerres…

Lorsque cette logique bien rodée rencontre une résistance méritée, l’État montre ses crocs, la répression est féroce. Les flics, les procs, les juges et les matons n’hésitent pas à mettre le paquet pour détruire des existences, gagnant leur vie en détruisant celle des autres.

Parce qu’il est toujours possible de se révolter,
soyons solidaires face à la répression.

Brisons l’isolement, soyons présent·e·s devant le TGI de Toulouse à 13h30 le 17 octobre.

Repris de IAATA

La tension anarchiste

L’anarchisme n’est donc pas un concept qui se scelle avec un mot comme une pierre tombale. Ce n’est pas une théorie politique. C’est une manière de concevoir la vie, et la vie, que nous soyons jeunes ou âgés, n’est pas quelque chose de définitif : c’est un pari que nous devons jouer jour après jour.

Donc, quand ces messieurs nous disent  : «  Vous êtes des utopistes, vous les anarchistes vous êtes naïfs, votre utopie ne peut pas se réaliser », nous devons dire : « Oui, c’est vrai, l’anarchisme est une tension, ce n’est pas une réalisation, ce n’est pas une tentative concrète de réaliser l’anarchie demain matin ». 

La liberté est un concept non seulement difficile et inconnu, mais c’est un concept douloureux, et à l’inverse il nous est vendu comme un concept magnifique, doux, reposant, comme un rêve qui est tellement éloigné qu’il nous fait nous sentir bien, à l’instar de toutes ces choses qui – puisqu’elles sont lointaines – constituent une espérance, une foi, une croyance. […] Pour nous rendre compte des concepts de ce type, pour nous rendre compte des risques en maniant des concepts dangereux de ce type, nous devons être en mesure de construire des idées en nous, d’avoir des idées. 

https://anarchroniqueeditions.noblogs.org/files/2016/10/La-tension-anarchiste.pdf

A Vérone comme ailleurs, la réaction exaltée

Le 27/09, le conseil municipal de Vérone a adopté la motion 434, la déclarant officiellement « Ville en faveur de la vie ». La ville de Vérone s’engage notamment à financer des associations pro-vie et de soutien à la parentalité. Une autre motion pour la « sépulture des foetus » contre la volonté des personnes ayant avorté, a elle été refusée. Des protestations lors du vote du conseil municipal se sont conclues par l’expulsion des personnes intervenues dans les lieux et la prise d’identités d’une cinquantaine d’entre elles.

Au mois de mai dernier, c’est un « congrès » les demandeurs d’asile Lgbt qui avait été annulé suite aux pressions de Forza Nuova, le recteur de l’université de Vérone avait décidé d’annuler l’événement déclarant que  « L’Université ne peut se permettre d’être instrumentalisé par des sujets extérieurs au monde scientifique se confrontant autour de thèmes politiquement et éthiquement controversés tels que les migrations et l’orientation sexuelle des personnes. […] Il appartient au recteur et aux autorités académiques de veiller et d’éviter des situations critiques qui peuvent détacher l’attention des critères scientifiques qui caractérisent le travail de recherche. » …

Pendant ce temps la manif pour tous s’organise de nouveaux rassemblement des sentinelles (comme tout récemment à Lille) contre la PMA « sans père », et contre la GPA. À Toulouse les manifestant.es contre le meeting de la manif pour tous se font gazer, et le président du syndicat des gynécologues de fRance se déclare ouvertement anti-avortement.

Dernière minute-Cet après-midi à Marseille, les militants de Génération Identitaire s’en prennent à l’Aquarius délogeant de force les salariés d’SOS Méditerrannée.

Brésil : Attaque et évasion de la prison de sécurité maximale

Le 10 septembre un commando opérationnel a attaqué la prison de sécurité maximale de Joao Pessoa (nord-est du Brésil). Le groupe composé d’environ 20 individus à bord de 4 véhicules, après avoir complément renversé la porte principale, a  attaqué l’infrastructure de la prison avec des rafales de fusils et des explosifs, avec pour objectif de libérer 92 prisonniers, parmi lesquels seulement 41 ont été repris.

Au cours des affrontements, un geôlier serait décédé, mais parmi les assaillants on ne rapporterai aucune victime. Selon la presse bourgeoise, l’objectif principal aurai été de libérer des membres d’un groupe ayant attaqué des banques au Brésil.

Attaquons la prison!

Liberté pour tous!

 

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D. Macdonald – Une tragédie sans héros [Extraits]

Le problème des masses

Comme la “révolte des masses” a conduit aux horreurs du totalitarisme (et à celles de l’architecture qui borde les routes Californiennes), des conservateurs tels qu’Ortega y Gasset et T.S. Eliot soutiennent que le seul espoir serait de rétablir les vieilles barrières de classe et de replaçer les masses sous contrôle aristocratique. Il estiment que “populaire” est forcement synonyme de commun et de vulgaire. Pour les radicaux et les progressistes marxistes, en revanche, les masses sont fondamentalement saines mais sont les dupes et les victimes de l’exploitation culturelle des seigneurs du kitsh, un peu comme l’était le “bon sauvage” de Rousseau. Ah! Comme elle seraient contentes si, au lieu du kitsh, on leur offrait quelque chose de bien! Et comme le niveau de la culture de masse s’éleverait alors! […] On peut trouver des raisons théoriques qui expliquent pourquoi rien de bon ne peut sortir de la culture de masse. Je postule que la culture ne peut être produite que par et pour des humains. Or, dans la mesure où le peuple est organisé (ou plutôt désorganisé) en masses, il perd son identité et ses qualités humaines. […] Quand on entend parler un “sociologue-à-questionnaire” de son “travail” d’enquête, on a l’impression qu’il considère les gens comme un troupeau d’animaux stupides, un amas de réflexes conditionnées, qu’il s’agit uniquement de stimuler par une savante combinaison de questions. Dans le même temps, il prend, par nécessité, ses resultats statistiques pour la réalité, pour le secret de la vie qu’il essaie de découvrir; Pour lui, comme pour les seigneurs du Kisth, les valeurs ne valent rien, il est prêt à accepter n’importe quelle ineptie du moment qu’elle est soutenue par le plus grand nombre.

L’avenir de la culture de masse est encore plus sombre 

Si la proposition des conservateurs de sauver notre culture par l’avant garde-garde artisocratique semble historiquement inadéquate, que dire du projet progressiste? Y a-t-il réellement une chance d’élever le niveau de culture de masse? Dans un récent ouvrage, The Great Audience, Gilbert Seldes affirme que oui; Il rejette la responsabilité du triste état de notre culture de masse sur la stupidité des seigneurs di kitsh qui sous-estiment l’âge mental du public, sur l’arrogance dédaigneurse des intellectuels qui commettent la même erreur en refusant de travailler pour les moyens de diffusion modernes comme la télévision et le cinéma, et enfin sur la passivité du public lui-même, qui ne réclame pas de meilleurs produits culturel. Ce diagnostic me parait superficiel en ce qu’il rapporte tout à des facteurs subjectifs et moraux : stupidité, perversité, manque de volonté. Accuser des groupes sociaux de la prolifération de la culture de masse est, à mon avis, tout aussi injuste que de rendre responsable le peuple allemand (ou russe) des horreurs du nazisme (ou du communisme soviétique).

Diogenes, été 1953

***

“L’odre social comme la guerre sont des processus impersonnels qui s’enclenchent automatiquement. Si quelques individus se rebellent contre le rôle qui leur a été assigné, ils seront remplaçés par d’autres, plus dociles, avec pour seul résultat d’être mis à l’écart sans qu’au fond rien ne change. Les marxistes affirment qu’il doit en être ainsi jusqu’à la révolution – qui n’a jamais parue aussi éloignée. Alors, que peut faire un homme aujourd’hui? Comment peut-il échapper à sa condition au sein d’un système aussi terrifiant?

Tout simplement en refusant de jouer le jeu.

“Nous devons briser l’Etat avant qu’il ne nous brise. Celui qui veut préserver sa conscience – et sa peau par la même occasion – ferait bien de s’autoriser des “pensées dangereuses” comme le sabotage, la résistance, la révolte et la fraternité; La démarche intellectuelle qu’on nomme “esprit négatif” est un point point de départ.”

Sur le banc des accusés

La dangerosité sociale

… Mais hasardons-nous maintenant sur le terrain de la répression spécifique contre des luttes autonomes et des individus qui se battent pour la liberté. Parfois, les arrestations de compagnons, la répression d’une lutte, la diffusion de menaces à peine dissimulées contre ceux qui ne sont pas prêts à enterrer la hache de guerre, amènerait à croire que nous serions dangereux. Dangereux pour l’ordre établi, comme est classé l’anarchisme depuis quelques années en Belgique, considéré comme « la menace la plus importante et la plus diffuse pour la sûreté du pays », sur la bonne voie car objet d’une répression ?
De telles croyances proviennent tout simplement d’un manque de conviction dans ses propres idées, d’une carence de perspectives, car elles s’amusent à reprendre à leur propre compte les paroles de la domination.
A l’inverse, il n’est malheureusement pas rare de constater que, dans le courant subversif même, des bruits courent sur certains lieux, certains compagnons, certains terrains de lutte qui seraient dangereux, qu’il faudrait mieux éviter, parce qu’ils attirent la répression et autres conneries de la sorte. Dans les deux cas, la même « échelle de mesure » est utilisée : celle de la morale dominante et des lois en vigueur. Ou pire encore, une échelle « militaire », qui voit la subversion comme la somme d’attaques attribuables à tel courant ou à telle tendance ; échelle malheureusement trop fréquente, chez les légalistes et réformistes, comme chez les « subversifs » autoritaires.
Que disait déjà cette citation ? : « On voit les lucioles parce qu’elles volent la nuit. Les anarchistes font de la lumière aux yeux de la répression, parce que la société est grise comme la pacification. Le problème, ce n’est pas la luciole, mais bien la nuit. »
Le danger et la dangerosité sont bien ailleurs. C’est la menace souterraine qui traverse les siècles et tous les visages que la domination a pu prendre : la menace d’une explosion sociale, de la subversion de l’existant. Inutile, et aussi pernicieux pour sa propre dignité, de cacher que les activités et les idées des subversifs antiautoritaires ciblent à encourager, faire éclater, défendre, répandre la subversion et donc la nécessaire insurrection, forcément violente et négatrice des lois et des morales. Et l’Etat cherche à réprimer, persécuter, étouffer ce qui le met en danger. La menace n’est donc pas une centaine d’anarchistes, mais la diffusion toujours possible et imprévisible d’idées et de pratiques subversives que nous portons. La menace, la dangerosité,  c’est la contagion qui se met à l’œuvre ou qui, du moins, reste toujours possible. D’où l’évidence que la meilleure solidarité, consiste à continuer à diffuser des idées et des pratiques subversives, au-delà de toute échéance judiciaire ou étatique. Et aussi que la meilleure défense contre la répression n’est pas de constituer une quelconque puissance imaginaire qui y ferait face (dans la logique de l’affrontement symétrique, imprégnée d’une vision militariste et hiérarchique de la subversion), qu’il ne s’agit pas simplement (ou mieux, pas tant) de s’approprier des techniques et des savoir-faire pour la contourner, mais bien de perspectives de lutte, d’idées approfondies, de la recherche sociale de complicité dans le refus et dans l’attaque de ce monde. En fait, on pourrait extrapoler cette question afin de mieux la saisir : une insurrection (dans le sens anarchiste, c’est-à-dire, comme phénomène social) peut-elle être vaincue de manière militaire par les forces répressives ? La « réussite » d’une insurrection dépend-elle du nombre d’armes et de « troupes » à notre disposition ? Ou les raisons des « défaites » des insurrections ne sont-elles pas plutôt à chercher dans le manque de perspectives antiautoritaires, de « fermeté » dans le refus de toute sorte de chef ou encore, dans la peur de l’inconnu de la liberté ? La répression des insurrections, tout comme leur explosion; la répression des insurgés, tout comme la contamination du tissu social par leurs idées et pratiques, n’est jamais qu’un fait militaire, mais avant tout social. Et de nombreuses conséquences découlent d’une vision antiautoritaire de cette question, qui est au fond essentiellement celle de la transformation révolutionnaire de l’existant.

 

Extrait de la revue :  Salto – subversion & anarchie

| L’ennemi de toujours |

Si un jour meurt l’anarchisme, ce sera parce que les anarchistes l’auront eux-mêmes tué. Une affirmation forte, certes, mais quand on y réfléchit un peu plus, pas tant dénuée de signification. Les adversaires de l’anarchie, de l’État aux capitalistes, des prêtres aux autoritaires variés, peuvent la blesser, même grièvement, mais n’ont jamais réussi à l’achever. Peut-être est-ce à cause de l’attirance irrésistible qu’elle exerce sur les âmes rebelles, sur les réfractaires de l’ordre, sur les assoiffés de vengeance et de liberté, peut-être est-ce parce que l’idée qui est au cœur, non, qui est le cœur de l’anarchisme – à savoir que l’autorité est ennemie de la liberté, l’origine de toute souffrance et de toute oppression – ne cesse d’émerger au sein de cette prison infâme qu’est la société humaine moderne. En tout cas, deux siècles de répressions féroces, d’échecs de révolutions et d’insurrections, de trahisons n’ont pas renvoyé l’anarchisme « au musée de l’histoire humaine », comme auraient pu l’espérer ses détracteurs blindés de « réalisme » et de « dialectique historique ». Notre ennemi, le pouvoir sous toutes ses formes, est puissant, peut-être même plus puissant que jamais, mais l’anarchisme ne mourra pas tant qu’il y aura des anarchistes pour l’incarner à travers la lutte, pour le défendre, pour le chérir.

Jusqu’ici, malgré toutes les tempêtes qu’il a traversé et qui ont marqué son histoire au fer de la polémique, mais aussi du mouchardage ou des politicailleries, un sort tel que celui subi par le marxisme (un discrédit historique et général, l’ombre de régimes totalitaires et atroces qui s’en sont revendiqués, les atrocités commises au nom du parti, les pelotons d’exécution qui ont fauché nombre de révolutionnaires,…) a été épargné à l’anarchisme. Aujourd’hui, même les marxistes (bien que leurs prédécesseurs se retourneraient dans leurs tombes) doivent se requalifier de « libertaires » ou d’« anti-autoritaires », sous peine de passer pour d’infréquentables fantômes. L’échec de toute vision autoritaire de la révolution, de la guerre de classe, de la lutte contre l’oppression, est manifeste non seulement au plan théorique, mais aussi au niveau pratique. Cela n’empêche pas de reconnaître qu’il existe des révolutionnaires sincères et qui luttent véritablement, y compris lorsqu’ils sont dopés au matérialisme historique, aux fables des contradictions du capital générant son propre effondrement, à la classe ouvrière chargée d’une mission eschatologique, mais cette reconnaissance n’estompera en aucun cas nos critiques.

Si on remarque aujourd’hui que des visions autoritaires empruntant par la force des choses des apparences « libertaires », s’insinuent jusque dans les discours anarchistes, d’autres regards, d’origine peut-être plus émancipatrice, s’attellent aussi à la tâche de transformer l’idée anarchiste en la vidant de sa substance, si l’on peut dire ainsi. Mais procédons par questions. Par exemple, pourquoi des anarchistes parlent aujourd’hui de dominations, plutôt que de la domination Pourquoi parler de pouvoirs, plutôt que du pouvoir ? Est-ce pour souligner que le pouvoir prend différentes formes dans les rapports sociaux, ou est-ce pour dire qu’en réalité « le pouvoir » n’existe pas, mais qu’il n’y aurait que « des pouvoirs » ? Est-ce pour souligner que le pouvoir prend différentes formes dans les rapports sociaux, ou est-ce pour dire qu’en réalité « le pouvoir » n’existe pas, mais qu’il n’y aurait que « des pouvoirs » ? Nous sommes en désaccord avec cette façon de considérer la libération anarchiste, qui s’affirme toujours plus. Il serait bien sûr stupide de nier que la domination présente différentes facettes, qu’elle emprunte différents visages en fonction des contextes, des périodes historiques ou des rapports sociaux. […]

La suite dans le dernier numéro de la revue

« Avis de tempête » disponible ici : avisdetempetes.noblogs.org

Un pavé dans les rouages

Le sabotage, le grain de sable dans les rouages de la machine, l’opposition directe, physique, matérielle à une partie d’un dispositif.

En République, on a toujours le droit de s’indigner d’une situation intolérable : les rafles de sans-papiers, les exactions policières, les expulsions locatives, les gens qui dorment dehors, les conditions de détention, tout cela peut faire l’objet d’autant de tribunes dans les journaux ou d’appels citoyens sur Internet. La démocratie adore ceux qui se contentent de dénoncer : c’est à dire de parler et de ne rien faire. C’est même la marque de la démocratie, ce dont elle ne cesse de s’enorgueillir. On peut (presque) tout y dire. Mais que l’on commence à s’organiser pour s’opposer concrètement aux actes du pouvoir, et tout change. De citoyen, on devient délinquant, ou terroriste, selon les cas : de toute façon, la répression est là. C’est que tout acte qui n’est pas étroitement borné par les pratiques démocratiques et citoyennes est de fait illégal.

Qu’est-ce qui est effectivement permis, comme acte concret, par ce système qui fait pourtant de la « liberté » un de ses principes ? Faire la grève, à condition d’en avoir l’autorisation. Manifester, à condition d’en avoir l’autorisation. Et voter, bien entendu, c’est à dire faire semblant de faire un choix une fois de temps en temps ; et éventuellement, s’engager comme militant dans un de ces partis au service des ambitions de quelques politiciens, ou investir sa bonne volonté dans une association humanitaire aux objectifs limités. Tout le reste, ou presque, est interdit.

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Vidéosurveillance : Le réseau d’identification « intelligent » par caméras arrive en fRance

https://information.tv5monde.com/info/surveillance-le-reseau-francais-intelligent-d-identification-par-cameras-arrive-242520

Copie d’écran d’une vidéo promotionnelle pour le logiciel de détection et identification de visages « Morpho argus », vendu à la police néerlandaise. Un autre logiciel de « détection de suspects », « Morpho Video Investigator » a été lui vendu en 2016 à la police nationale française par l’entreprise française leader en biométrie : Safran. Le principe d’intelligence artificielle d’analyses des visages à capacités prédictives est au cœur de ce type de logiciels.

La reconnaissance faciale « intelligente » est annoncée comme une nécessité pour le ministère de l’Intérieur. Le modèle chinois de contrôle et surveillance de la population par des caméras et des algorithmes d’identification des personnes semble inspirer le gouvernement et l’administration française qui lance des expérimentations et des partenariats. Explications.

L’identification en temps réel des personnes par des réseaux de caméras de rue n’est plus un fantasme de film d’anticipation : la Chine a massivement déployé ces sytèmes et s’en vante. Le « réseau céleste » — ainsi nommé par le gouvernement central — de près de 200 millions de caméras, est un œil géant piloté par des intelligences artificielles qui travaillent jour et nuit à analyser les millions de visages des passants des grandes villes chinoises. Un journal de Hong Kong — cité dans le Courrier international —  l’Apple Daily, résume les capacités surhumaines du « réseau céleste » avec délectation :

Le système peut identifier en temps réel avec exactitude le type de voiture, l’habillement, le sexe et même l’âge d’un passant… Ces informations sur les passants s’affichent automatiquement à l’écran. Quand il s’agit d’un criminel recherché, l’alarme du système se déclenche en montrant les données le concernant sur l’écran.Extrait du Courrier International : « Surveillance. Le “réseau céleste”, version chinoise de Big Brother », le 28/09/2017
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Les voies infinies de l’Habeas Corpus

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Il y a quelques mois, Camille, compagnone soumise à signature quotidienne depuis un moment, a décidé de partir et de se soustraire à l’obligation se présenter tous les jours à la police*. Elle a été arrêté [le 20.08] pour un contrôle apparemment « fortuit » à Porta Susa par deux agents de la Digos et a été arrêté et emmené à [la prison de] la Vallette .

Qui a-t-il d’étrange?

Pour une violation de l’obligation de signature, l’arrestation de Cam a été ordonnée en juin, mais cette mesure de précaution pour elle et pour les autres compagnons a été supprimée en juillet. À ce stade, on pourrait penser que la police ne savait pas que la mesure initiale était tombée et, par conséquent, l’aggravation.

En fait, ce matin, l’avocat a présenté une demande de libération, convaincu que sa libération était une question d’heures.

Mais non. La juge a contesté la libération et, en dépit de ce qu’ils disent être la même loi, a clairement fait savoir qu’elle voulait la garder en prison parce qu’elle le mérite .

Du tribunal de Turin, plus rien n’est étonnant, mais le concept juridique de mériter une peine d’emprisonnement au-delà d’un incident illégal n’était pas encore à notre connaissance.

Mise à jour: après deux jours de prison, Cam a été libérée avec l’obligation de se présenter chaque jour pour signer.

* Voir ici : https://article13.noblogs.org/?p=3093

Repris de Macerie : autistici.org/macerie

Être ou paraître anarchiste

Giuseppe Ciancabilla

La Question Sociale, Année V, n. 93, 7 janvier 1899

***

Il se passe le contraire de ce qui devrait arriver. Pour la plupart, être anarchiste est un problème de forme ; pour une minorité, pour très peu seulement c’est une question de substance.

La forme, l’apparence : voilà l’éternelle imposture qui nous fait dévier du juste chemin de la vérité et nous traîne, dans une agréable illusion, vers les sentiers faciles des satisfactions momentanées.

La préoccupation de la forme est ce qui retarde le jour de l’avènement de la pensée (anarchiste) [initial. « Idea, » ndt*] ; la tendance à présenter cette pauvre Pensée sous l’aspect flatteur et charmeur d’un beau petit homme paré et bien en place, qui sait complimenter tout le monde, qui ne choque personne, qui veut concilier les esprits les plus contraires, c’est une tendance que j’appellerais de bonnes intentions, mais qui en pratique se trouve nuisible et négative.

Comme en littérature les proxénètes de la forme noient de solides principes dans une mièvre indigeste, comme la plastique, la préoccupation de finir les contours selon la précision symétrique détruit la ligne forte et expressive de l’audacieuse conception artistique, de la même manière que dans le mouvement libertaire, la préoccupation pour la forme et l’apparence détruit la vigueur [initial. « virilità », ndt*] âpre et rude, soit, il me convient d’ouvrir un chemin, vers l’Idéal.

Il y a entre nous un défaut d’esthétisme : celui de vouloir rendre beau à tout prix ce qui aux yeux, voilés par les préjugés des profanes, semble heurter les conceptions conventionnelles de la vie sociale d’aujourd’hui. Et cette manie esthétique nous fait minimiser, rogner, retoucher, réarranger, amincir l’apparence plastique gigantesque de la pensée qui, neuve, vierge, robuste, va de l’avant, en balayant les obstacles sur la route – mais ne souffre pas des minauderies des adorateurs raffinés, qui la voudraient poudrée et embellie, pour le plaisir de tous.

Et ainsi naturellement se pose la question d’être ou de paraître anarchistes. Bien entendu je ne mets pas du tout en discussion la question de la bonne ou mauvaise foi. Je parle au contraire des cas d’ailleurs les plus typiques de (très) bonne foi.

Pour moi la bifurcation des deux tendances se sépare dans ce dilemme : être anarchique pour soi ou l’être pour les autres. Il pourra sembler pour certains que je fasse des paradoxes, que je veuille me perdre dans l’absurde et dans l’étrange par caprice de singularité.

Et pourtant ce dilemme est pour moi si clair, si précis, si distinctement gravé dans ma tête, qu’il me semble qu’il doive être saisis par tous et aisément accepté.

En effet je crois que pour « être” anarchiste, nous devons surtout l’être pour nous-mêmes. Quand chez l’individu s’est développé le besoin de fonctionner physiologiquement et psychologiquement dans un environnement libre, sans contraintes, sans obstacles à toutes ses potentialités propres. Quand dans l’individu le concept de vie libertaire devient si enraciné dans son être jusqu’à le contraindre à se rebeller contre toutes les formes imposées et conventionnelles de la vie sociale et individuelle d’aujourd’hui, il est alors anarchiste pour lui-même, par un besoin puissant de son être, qui se sent étouffer dans le milieu actuel, il cherche à rompre les barrières qui l’empêchent de plonger dans sa nouvelle vie, où il sait trouver de l’air, de la lumière, du soleil, un idéal – le bonheur finalement.

On objectera : mais cet individu agira pour lui-même, et donc de manière inadéquate pour réaliser son but ; il négligera ceux qui peuvent, ou mieux doivent l’aider à vaincre.

Ce n’est pas vrai. Justement parce qu’il veut se battre, l’individu, par un besoin naturel, sera contraint à attirer les autres dans l’orbite de son action et de sa théorie ; il cherchera à les convaincre, à leur donner l’énergie qui abonde dans son être, de les pousser à l’action. Seulement sa propagande, justement parce que subjective, sera naturelle, sincère, elle sera la vraie manifestation de ses conceptions individuelles spontanées, et ne sera façonnée sur aucun schéma imposé et suggéré par quelques personnes influentes. Ce sera finalement le produit logique de ses idées intellectuelles et morales. Ceux qu’un tel individu aura attiré seront des individus, comme lui, qui pourront affirmer avec force le principe spécifique de leur individualité. Ce seront des individus distincts qui lutteront, en se retrouvant spontanément et nécessairement dans la lutte, sans se perdre, par manque d’approche qui leur est propre, dans la masse incolore et sans forme des disciples en manque d’idéal, disciplinés dans les différentes formes d’organisation.

L’individu qui est anarchiste pour lui-même l’est nécessairement pour les autres ; mais il est de manière subjective, dans la mesure où cela lui convient à lui-même. L’individu au contraire qui est anarchiste pour les autres, dans la majeure partie des cas paraît, mais ne l’est pas en substance. Ce dernier est l’individu qui se préoccupe de vendre à un beau public un maximum de ses produits. Sa propagande est somme toute objective, parce qu’il n’a pas besoin de son être, mais c’est la fixation de qui vit pour avoir derrière lui une ribambelle de personnes convaincues par sa Pensée. Pour cela il est contraint de présenter ces idées sous l’aspect le plus séduisant, s’accommodant aux exigences de son public, en diluant ce qu’il peut sembler âpre et difficile à concevoir, en l’adaptant à toutes les exigences curieuses de ceux qui veulent savoir, veulent prévoir, et veulent, avant de démolir, reconstruire idéalement le futur.

La pensée vient ainsi en dehors de cette propagande arrangée à toutes les sauces et à tous les arrangements – parce qu’on doit s’adapter à tous les goûts ; et celui qui fait de la propagande pour être entouré de sympathisants plus ou moins convaincus, sans entendre le besoin d’agir pour soi-même, doit justement s’adapter aux goûts des autres, pourvu qu’il ait la satisfaction de la rendre plaisante et bien admise. Outre la propagande théorique, il y a aussi la propagande sur l’action continue des deux individus. L’anarchiste pour lui-même tentera, s’efforcera de vivre dès à présent de la manière la plus libertaire possible : cet état permanent de rébellion contre tous les obstacles, les présupposés et les conventions de la vie d’aujourd’hui sont pour lui une nécessité, une impulsion naturelle de ses fonctions organiques. L’anarchiste pour les autres ne se préoccupera pas, par contre, de cet exemple vivant de la réalisation pratique de l’idéal, puisque celui-ci n’a pas d’individualité propre, ayant dispersé dans les infinies adaptations de la propagande objective chaque atome de son caractère particulier.

Ce sont ces idées exprimées ici tant bien que mal le fruit de réflexions que je voudrai voir s’élaborer aussi dans l’esprit des compagnons. C’est un problème qui peut sembler Byzantin, qui fera hurler de nombreux suiveurs de la propagande objective et centralisatrice, qui finalement semblera, comme j’ai déjà dit, paradoxale, mais pour moi c’est un problème de vie ou de mort, celui d’être ou de paraître anarchistes.

G. CIANCABILLA – IDEAZIONE – Ed. Gratis

traduction libre

-Les guillemets et les parenthèses sont de la traduction.

*Certains mots ont été remplacée par des synonymes ou termes projetant la même idée afin de traduire le texte de manière plus actuelle ou correcte (tout en cherchant à ne pas s’éloigner sens voulu par l’auteur).

 

Connexions

Un camion d’une chaîne de supermarchés s’est arrêté à quelques centimètres de l’abîme – le gouffre causé par l’effondrement du pont de Morandi à Gênes – avec le moteur encore en marche et les essuie-glaces en fonctionnement.  Tout autour, panique, cris, mort, désolation.

Ce n’est pas seulement l’image symbolique de la tragédie qui vient de se produire dans la capitale de la Ligurie, dans un certain sens, c’est l’image symbolique de cette civilisation. Une civilisation basée sur l’argent et sa circulation.  Tout autour, panique, cris, mort, désolation.

Tout est connecté. Les humains qui doivent courir ici et là pour obtenir cet argent pour obtenir des biens qui doivent être transportés ici et là. Les êtres humains qui ne sont plus rien d’autre qu’un nom, toute grandeur d’esprit leur est interdite et ne sont sollicités que pour posséder des cartes de crédit et acheter des biens de consommation. D’un autre côté, les biens qui ne valent rien au-delà d’un prix, toute qualité leur est interdite et sont produits uniquement pour réaliser un profit et satisfaire des besoins souvent induits.

Tout est connecté. Ces pauvres êtres humains, ces marchandises de mauvaise qualité, traversent des routes en béton sur des machines en acier toujours plus rapides. Des routes qui, pour aller partout, doivent être construites partout, dévastant la nature partout. Des machines dont la construction et le fonctionnement ne provoquent pas seulement une pollution mortelle avec d’innombrables victimes, mais dont le pouvoir nécessite ce pétrole qui a toujours été synonyme de guerres, de massacres, d’exodes. Est-ce étonnant que même ces routes, même ces voitures, se révèlent souvent de mauvaise qualité ?

Tout est connecté. Lorsque les comptes courants des grandes infrastructures se trouvent au bord du précipice, il y a toujours quelqu’un qui aimerait des machines encore plus puissantes, encore plus de routes. La même chose, mais plus, de plus en plus. Et il y a toujours quelqu’un qui aimerait un peu moins de voitures, des routes un peu moins négligées. La même chose, mais un peu moins, toujours un peu moins. Le gouffre doit être survolé ou ignoré, après tout, tant que l’économie continue de fonctionner, tant que l’argent continue à circuler.

Mais si tout est connecté, si sur ce pont de Gênes toute la civilisation doit rester bloquée avec le moteur en marche, alors il n’y a pas besoin de la même chose – il y a besoin de tout le reste. C’est pourquoi les titans de Progrès sont des étrangers et des ennemis tout comme les Nabots de la décroissance. Ce n’est certainement pas leur politique bien-aimée qui serait capable de mettre un terme au pouvoir de l’Argent, à la raison d’Etat, au culte du Travail – mais à totale désertion des institutions accompagnée d’une défaite industrielle complète. Minimum requis pour réinventer la vie. Ce n’est pas une fatalité à attendre comme cadeau de la dernière catastrophe définitive, seulement un événement réputé capable de réveiller une conscience endormie par le smartphone. C’est une possibilité de vivre maintenant, d’arracher la résignation et de jouer dans la révolte. Avec des idées et des faits.

https://finimondo.org/node/2215

 

Furor manet

Septembre 2016, l’opération Scripta Manent, dirigée par le procureur de Turin Sparagna, conduit à l’arrestation de 8 compagnons et compagnonnes. L’accusation principale est la constitution d’une association subversive avec  finalité du terrorisme. Avec ceci, sont reprochés différentes attaques, toutes portant la signature de la FAI (fédération anarchiste informelle) et FAI/FRI (fédération anarchiste informelle, front révolutionnaire international). A aujourd’hui, cinq compagnons et une compagnonne se trouvent encore en prison, une autre est assignée à résidence, alors que dans la salle bunker de la prison de Turin, le procès continue à un rythme soutenu. Une foule des flics se succèdent à la barre avec la prétention de reconstruire l’histoire du mouvement anarchiste contemporain. Les dés sont lancé, comme on a déjà vu de nombreuses fois, à l’époque de l’affaire Marini*, dans les années 90. Dès lors, le travail obsédant et incessant des voyeurs de profession, les conduit à énumérer les détails intimes ou insignifiants, volés de nos vies et nos relations. Une représentation de nos vies pathétique et qui nous laisse tout à fait indifférent-e-s. Dans les différences individuelles, dans les confrontations âpres et parfois chargées des tensions contrastantes, se trouve l’histoire du mouvement anarchiste, celle de chacune et chacun de nous, avec limites et contradictions. Les pratiques révolutionnaires appartiennent à cette histoire, dont certaines se trouvent aujourd’hui sur le banc des accusés à Turin. C’est aujourd’hui plus que jamais que soutenir les pratiques révolutionnaire signifie également lutter contre la répression de l’État, qui voudrait enterrer les compagnonnes et les compagnons sous des années de prison et anéantir l’histoire du mouvement anarchiste.

Pas un pas en arrière.
Pour l’anarchie.

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Op. Scripta Manent: nouvelles dates pour les audiences et compte rendu de celles d’avril et juillet

Les prochaines audiences pour Scripta Manent auront lieu les :

3-4 octobre
14 novembre
21-22 novembre
du 3 au 7 décembre, la salle était réservée pour le procès final

Anna a été autorisée à assister à l’audience les 3 et 4 octobre

COMPTE RENDU DES AUDIENCES SCRIPTA MANENT AVRIL-JUILLET

Après les auditions de l’hiver 2018 où prévalaient les récits autour des faits spécifiques contestés et la mise en place du dispositif accusatoire sur le délit associatif selon la DIGOS de Turin, du 18 avril au 16 mai ont défilés quelques fonctionnaires des ROS de Pérouse – Rossi, Mencarelli, Siméon, Mariucci, Passeri – certains encore en service, d’autres transférés dans des bureaux similaires, pour rendre compte de l’enquête Ardire, intégrée à Scripta Manent, avec des divagations et une amnésie providentielle sur d’autres procédures et dossiers liés à la surveillance anti-anarchiste à partir de l’opération dite Brushwood, en passant par Shadow, principalement par interception de communication, téléphonique, environnementale et le contrôle du courrier.

Mencarelli a exposé son analyse du blog Culmine et des relations de connaissance notamment à travers la correspondance depuis/à la prison, entre anarchistes : « oui, mais je ne peux pas produire de données objectives » pourrait être la phrase symbolique de sa déposition, quand il a cherché à attribué d’office au rédacteur en chef de Culmine la participation à un autre journal; ou bien « ils se connaissaient par la haine de Benetton » quand il devait prouver la connaissance entre deux accusés, ou encore qu’ils avaient tous deux fait l’objet d’une enquête pour avoir participé à des initiatives contre les néo-latifondistes de Trévise en solidarité avec le peuple mapuche.

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Metz, France : Vive la belle !

Vendredi 7 septembre, trois sans-papiers ont réussi à s’évader du centre de rétention administrative (CRA) de Metz, en Moselle, pendant la pause déjeuner. Ils ont profité du dysfonctionnement d’un portail pour prendre la poudre d’escampette.

Si deux ont été vite rattrapés, l’Etat a déployé les grands moyens pour s’emparer du troisième, qui a eu la bonne idée de prendre la direction du vieux fort labyrinthique de Queuleu : hélicoptère de la gendarmerie volant au-dessus du site fortifié, ainsi qu’une trentaine d’uniformes différents (police aux frontières et police nationale) engagés dans un grand ratissage. Cette chasse à l’homme inter-services a fait chou blanc, et le sans-papiers court toujours. Bonne chance à lui !

 

Repris de  https://sansattendre.noblogs.org

Quelques considérations pour envisager un projet de lutte contre les frontières

Nous assistons chaque jour à une intensification du massacre perpétué par les frontières étatiques. Des milliers d’hommes et de femmes qui fuient les guerres, la misère et des catastrophes écologiques, conséquences directes de l’exploitation des matières premières, et des hommes réduits à l’état de matières premières. Nous assistons quotidiennement à ce qui s’apparente de plus en plus à une hécatombe, aux portes des lieux où nous habitons, et nous nous habituons à être des spectateurs de l’horreur de cette normalité.

Face à cette masse d’êtres humains, qui en risquant leur vie défient les frontières, et se mettent en jeu dans des moments d’affrontements avec les chiens de garde de l’Europe, les hommes à la tête des États se gargarisent de valeurs démocratiques et proclament la nécessité de régulariser une partie d’entre eux en établissant les critères nécessaires pour les trier, sélectionner la bonne marchandise et refouler celle avariée. Ils établissent des politiques communes, construisent de grands centres de tris, renforcent les appareils bureaucratiques et militaires et la surveillance des frontières. Des frontières qui ne sont pas seulement des limites territoriales entre les Etats, mais se matérialisent aussi dorénavant dans les contrôles et les rafles, dans les transports en commun et les gares, sur les lieux de travail et dans les rapports d’exploitation, aux guichets des banques et des administrations, dans les centres de rétention administrative et dans le travail des gestionnaires humanitaires.

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Les catastrophes naturelles n’existent pas

Des milliers et des milliers de morts et de disparus, des populations déplacées par millions. Jusqu’à maintenant. Des villes entières ont disparu. Comme si ce n’était pas tremblement de terre qui frappait le Japon, mais des bombes nucléaires. Comme si ce n’était pas un tsunami qui avait dévasté des maisons, mais une guerre.

En fait, c’était le cas. Juste que les ennemis qui frappent si fort ne sont pas la terre ou la mer. Ce ne sont en aucun cas les instruments de la revanche d’une nature que nous avons pour habitude de considérer comme hostile.

La guerre qui dure depuis des siècles n’est pas celle entre l’humanité et l’environnement naturel, comme beaucoup voudraient nous faire croire pour assurer notre discipline. L ennemi c’est nous-mêmes.

Nous sommes la guerre. L’humanité est la guerre.

La nature n’est que son principal champ de bataille. Nous avons provoqué des inondations, transformant le climat atmosphérique avec notre activité industrielle. Nous avons cassé les berges des rivières, cimentant leur lit et déboisant les rives. Nous avons brisé les ponts en les érigeant avec des matériaux de pacotille choisis pour remporter les contrats.Nous avons détruit des villages entiers, construisant des maisons dans des zones à risque.Nous avons contaminé la planète en construisant des centrales nucléaires.Nous avons élevé des vautours, visant le profit en toutes circonstances …

https://finimondo.org/node/100

Voltairine de Cleyre  « L’idée dominante » (1910)

« L’enseignement qui prévaut de nos jours est que les idées ne constituent qu’un phénomène secondaire, impuissant à déterminer les actes ou les relations de la vie. On les assimile volontiers à l’image que réfléchit le miroir et qui dirait au corps dont elle reproduit l’aspect : Je veux te former ». A vrai dire, si nous savons parfaitement qu’une fois le corps éloigné du miroir, il ne reste rien de l’image, nous n’ignorons pas non plus que le corps réel a sa vie à vivre, insouciant de ses représentations fantomatiques et passagères — en réponse aux sollicitations toujours changeantes (les choses qui lui sont extérieures).

C’est ainsi que la soi-disant conception matérialiste de l’Histoire, les Socialistes modernes et une majorité considérable d’Anarchistes, voudraient que nous considérions le monde des idées, des réflexions changeantes comme sans consistance, n’ayant rien à faire dans la détermination de la vie individuelle, constituant, telles les images formées dans le miroir, comme autant de représentations apparentes, de relations matérielles données, mais absolument impuissantes à influencer le cours des choses matérielles. Pour eux l’esprit est un miroir vierge, quoiqu’à dire vrai il ne le soit jamais entièrement, puisque sans cesse en présence de la réalité matérielle et destiné à réfléchir une ombre quelconque. Aujourd’hui je suis quelque chose et demain je serai autre chose si la scène est modifiée. Mon moi, mon Ego, est un fantôme qui balbutie, qui pirouette dans le miroir, qui gesticule, qui se transforme, d’heure en heure ou de moment en moment, rayonnant de la lueur phosphorescente d’une réalité trompeuse, fondant comme le brouillard sur les hauteurs. Les rocs, les prés, les bois, les ruisseaux, les maisons, les utilités, la chair, le sang, les os, les nerfs constituent des réalités avec, pour chacune, un rôle défini à jouer — douées des caractéristiques qui persistent en dépit des modifications.

Mais mon Ego, lui, ne persiste pas ; chaque modification des choses que je viens de nommer le reconstruit tout à nouveau.

Je pense que ce déterminisme implacable est une grande et lamentable erreur qui domine notre mouvement avancé. Certes, il fut un antidote salutaire contre la grande mystification théologique du Moyen Age, c’est-à-dire l’idée que l’Esprit constituait une entité absolument irresponsable, promulguant des lois de son propre chef à l’instar d’un Empereur absolu, en dehors de toute logique ou de toute suite ou de toutes relations — souverain sur la matière et se déterminant lui-même suprêmement ; certes, je crois que la re-conception moderne du Matérialisme a accompli œuvre saine en crevant celte bulle d’orgueil et en replaçant l’homme et « son âme » à « sa place dans la nature » ; cependant je crois qu’il y a là aussi une limite et que l’idée de la domination absolue de la matière est une erreur aussi dangereuse que le concept de l’Esprit comme existant en dehors de toutes relations avec l’extérieur ; je pense même qu’en ce qui concerne l’influence sur la conduite personnelle, cette dernière conception a été la plus nuisible des deux.

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Hamilton, Canada : Un flic infiltré démasqué

Il était présent – par intermittence – depuis près de deux ans, apparaissant pour la première fois à l’été 2016.

Il s’appelle « Shane ».

C’est à la fois son nom d’infiltré et son vrai nom. « Shane Bond », c’est ce qu’il nous a dit, ce « nous » étant les différents groupes et milieux d’Hamilton dans lesquels il a tenté de s’infiltrer.

Shane était juste un type de plus lorsqu’il est arrivé. Pour être honnêtes, la plupart d’entre nous ne l’avait pas remarqué, du moins pas au début. Il n’y avait pas de questions intrusives ou tendancieuses. Il ne poussait pas à semer la discorde ni ne répandait des ragots. Il était calme, voire même ennuyeux. […]

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Au début de la rivière

Autour de la lutte contre le Campus Google à Berlin
Mai 2017 – Berlin

Ce texte espère être plus qu’une brève esquisse de la lutte contre un Campus Google dont la construction est prévue à Berlin. Il cherche à communiquer, impulser des discussions et soulever des questions qui puissent aider à penser une lutte spécifique, ainsi qu’à analyser les projets du pouvoir, à un niveau international. Avalanche se prête bien à ces questionnements et analyses. Le texte suivant est bien plus une tentative de communication entre anarchistes, avec l’intention de développer un espace pour agir de manière offensive, qui ne reste pas juste dans l’action symbolique et ne puisse pas être limité par les
frontières.
                                                        ***
Fin 2016, lors d’une conférence de presse, était présenté le projet de Google d’ouvrir un campus à Berlin. Un Campus Google comme il en existe déjà à Londres, Varsovie, Sao Paulo, Séoul, Madrid et Tel Aviv. Le Campus de Berlin devait (bien sûr dans l’intérêt de Google, mais pas seulement) mettre à disposition de l’espace pour des start-up, proposer des workshops pour experts et amateurs, et héberger un « Google-Café ». Comme lieu pour tout cela a été choisi un vieux transformateur dans le quartier de Kreuzberg. Google a demandé un permis de construire pour commencer les travaux dans le bâtiment du vieux transformateur pour pouvoir ouvrir le campus fin 2017. Après la „Facotry“ dans le quartier de Mitte, un campus de start-up appartenant à plusieurs entreprises dont Google, le Campus Google serait un pilier supplémentaire dans l’implantation de l’entreprise à Berlin. Mais le projet d’un Campus Google à Berlin n’est pas seulement dans l’intérêt de l’entreprise, mais aussi dans l’intérêt du gouvernement. Non seulement le maire actuel de Berlin, présent à la première conférence de presse, faisait les louanges de Google et expliquait quelle chance représenterait un Campus Google pour le développement économique de la ville. Mais lors d’une séance du sénat, on pouvait entendre également que le sénat se rangeait pleinement derrière les plans de Google.

Les raisons de mener un projet anarchiste offensif contre les projets de Google et du pouvoir sont diverses. D’une part, les quartiers de Kreuzberg et Neukölln (le quartier le plus proche du vieux transformateur de Kreuzberg) sont depuis longtemps des endroits où une intervention anarchiste est visible; par exemple, la bibliothèque anarchiste Kalabalik est dans le même pâté de maisons que le vieux transformateur. Mais Kreuzberg et des partis de Neukölln sont aussi concernées par une restructuration massive. Ces quartiers étaient autrefois des quartiers populaires, mais ils ont beaucoup changé ces dernières années (ou même décennies). Ce changement et cette éviction de ceux qui ne peuvent plus payer les loyers qui augmentent, causent une tension, en plus du fait qu’il y a toujours eu et qu’il y a encore des attaques contre l’État et ses acteurs. Mais ce quartier entre Kreuzberg et le nord de Neukölln est depuis longtemps devenu un lieu branché, où entre autres se développe le milieu des startup berlinoises. Là, nous voyons un intérêt pour Google de venir à Kreuzberg, car cet endroit a encore l’image d’un quartier alternatif en dehors de Berlin et d’Allemagne. Google veut renforcer son image « cool », « alternative », « hype », et trouver des idées « créatives ». D’autre part, une raison de lutter contre Google peut être la tentative d’attaquer l’apparemment inattaquable pouvoir technologique. Pour nous il ne s’agit alors pas que de Google, mais aussi du projet de la domination de digitaliser et technologiser le monde. Prendre un projet de construction d’une entreprise technologique comme cible, pour empêcher et attaquer ce projet, c’est comme lancer une critique tranchante comme un couteau.

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Simplicité

Elle était présente lors de la manifestation contre les étrangers qui s’est tenue il ya quelques jours à Chemnitz, en Allemagne. Le journal qui l’a interviewée lui a donné un nom fictif, Silvia Fascher. Ce n’est pas une extrémiste de droite et elle tient à le faire savoir. Elle a 64 ans et travaille dans une entreprise de pompes funèbres. L’autre jour elle est descendue dans la rue avec son fils, qui s’occupe des personnes âgées. Dimanche 27, ils étaient 800, le lendemain 2000. Aux côtés des pro-nazis et avec les pro-nazis, elle aussi rageait contre quelques syriens. C’est le ventre, le ventre qui hurle, disait l’autre ; « Je ne veux pas que d’autres étrangers arrivent. Quand je les regarde, je me demande pourquoi mes impôts sont utilisés pour eux. Ils veulent juste devenir des footballeurs professionnels ou monnayeur, mais s’ils doivent travailler un peu dur, ils se plaignent d’avoir mal au dos! »
Bien qu’elle les considère comme des parasites paresseux aspirants émules de Cristiano Ronaldo, Silvia Fascher déclare être consciente des raisons tragiques qui poussent les immigrants à quitter leur pays. Mais elle ne comprend pas pourquoi leur situation devrait être plus importante que celle des millions d’Allemands vivant en dessous du seuil de pauvreté. C’est pourquoi elle se dit furieuse contre le gouvernement, qui « ne fait rien ». Dans un an, elle prendra sa retraite, mais elle ne prendra rien, une misère.
Lorsqu’ils ont demandé à Silvia Fascher pourquoi, après avoir évalué la situation dans son ensemble, elle considère les réfugiés plus responsables que les politiciens, les banquiers, les industriels … Savez-vous ce qu’elle a répondu?  « Parce qu’il faut bien être contre quelqu’un; et avec eux c’est simple « .
Oui, c’est vrai. Discuter est compliqué, roter c’est simple. S’en prendre aux auteurs responsables de ce qui se passe est ardu, jouer aux durs avec leurs victimes transformées en boucs émissaires est simple. Désobéir aux puissants est difficile, collaborer est simple.
Prenons les gaillards de Casa Pound, par exemple. Eux aussi connaissent bien la question de l’immigration au fonds en fait leur protestation n’est pas  » une attaque contre un groupe de personnes désespérées récupéré en pleine mer, mais la dénonciation du business de l’immigration « . Mais organiser d’éclatantes manifestations contre ceux qui exploitent la tragédie des migrants est compliqué – cela impliquerait d’interroger une grande partie de l’économie italienne – accueillir avec des cris et bras tendus les réfugiés à bout de force à leur arrivée à Rocca di Papa est facile.
On peut en dire autant pour les vaillants de Forza Nuova, qui se disent prêts à mettre en place une potence sur la place pour les violeurs :  » nous ne pouvons pas laisser nos femmes à la merci d’êtres qui ont dans leur culture le mépris des femmes chrétiennes et européennes « . Mais lyncher les guignols bleus devant l’école de police de Brescia (d’où venaient les deux violeurs de la touriste allemande à Rimini, si respectueux des femmes chrétiennes et européennes) est ardu, lyncher des silhouettes noires sur la plage de Jesolo est facile.
Inutile de parler du ministre Salvini. Fermer les usines qui fournissent des armes aux guerres qui dévastent les pays lointains déjà appauvris par le colonialisme est difficile (et contre-productif pour le budget national, idée fixe de chaque État), fermer les ports à ceux qui cherchent à s’échapper est simple.
C’est pourquoi aujourd’hui, Silvia Fascher répète les mêmes refrains chers à Casa Pound, Forza Nuova ou Salvini, et le racisme le plus convoité se répand comme une traînée de poudre. Parce que c’est simple
Chemnitz, Allemagne, fin août 2018. Bienvenue dans la guerre civile.
[30/08/18]
https://finimondo.org/node/2218

La prison, ses injections, ses zombies

La drogue et la répression

La répression ne se limite pas seulement aux coups de matraques et aux barreaux. La répression constiste aussi d’obéissance, de soumission et de résignation; des valeurs que le système nous vante jour après jour. En plus, la répression n’est pas le résultat d’un complot diabolique d’une conspiration de quelques dominants, mais bien une dynamique sociale qu’on peut identifier dans des rapports sociaux, des structures et des personnes.

La drogue, légale comme illégale, joue un rôle répressif important. A l’intérieur des mûrs également, la fonction qu’exerce la drogue devient très claire.

Le plus grand traffic de drogue dans la prison est organisé par la prison elle-même. En premier plan, il s’agit des anesthésiants et des calmants, comme le fameux Hadol. Parfois, les médecins prescrivent l’administration des calmants, parfois ce sont les matons eux-mêmes qui décident de droguer un détenu. A côté de cette médication forçée, il y a beaucoup de prisonniers qui demandent ‘eux-mêmes’ des calmants. La perversité de ce système, se cachant derrière le libre choix et la démocratie, devient claire comme de l’eau de roche : d’abord on enlève toute perspective aux gens, on les plonge dans une situation sans issue et ensuite on leur offre la possibilité bien facile d’oublier tout ça. Ceci n’en est pas autrement pour les drogues illégales comme l’héroĩne. Dans la majorité des cas, ce sont les matons eux-mêmes qui font entrer l’héroĩne et se font une jolie somme. Tous ceux qui travaillent dans la prison le savent très bien : quand quelqu’un est accroché à l’héroïne c’est qu’il y a un traffic – et dans aucune prison ils n’essayent même pas de prétendre vouloir en finir avec ça. Pourquoi? Parce que l’héroÏne réduit les personnes à l’état de plantes; parce que la drogue enlève une grande partie, sinon la totalité de la force des personnes désirant développer une perspective propre, désirant s’affronter à la réalité et défendre sa propre dignité contre les tentatives d’extermination du système carcéral.

Il est important de refuser al fausse distinction entre la drogue légale et la drogue illégale. Légal et illégal sont des catégories qui appartiennent à la domination, ce qui pour autant ne signifie pas que ce sont des impératives absolue pour l’Etat et ses servents. Ce ne sont que des instruments dont ils font usage, selon la situation et le besoin, pour maintenir et renforçer leur pouvoir.

La drogue n’a pas comme seule fonction d’apaiser ou d’exterminer des prisonniers, mais fournit également aux détenus et aux directions un levier puissant. Lorsqu’ils ont réussi à rendre quelqu’un dépendant d’une drogue, et donc en même temps soumis à son administration, ils le/la gardent preque entièrement sous contrôle. Ils disposent du levier nécessaire pour forçer un prisonnier à obéir en échange de la piquouse quotidienne, ils peuvent obliger un prisonnier à faire ce qu’ils veulent – et pas des moindres comme balancer, passer des informations aux matons, propoquer des bagarre entre détenus et recruter de nouveaux accros.

Exactement comme à l’extérieur, la drogue est un aspect non négligable de la stratégie du pouvoir pour maintenir la domination. Fin des années 80, plusieurs Etats ont fait un usage très voyant de la drogue pour casser une dynamique de révolte. C’était la police elle-même qui faisait entrer l’héroïne, qui mettait à sec l’arrivée du cannabis, qui organisait le traffic et qui protégeait les dealers.

Comme dans la rue, une partie de la rébellion dans la prison réside dans le refus de la drogue et dans le combat contre ceux qui rendent possible que la drogue détruise nos amis et amies, nos compagnons et compagnonnes. Il ne s’agit pas de savoir si quelqu’un utilise de la drogue, mais de viser à démasquer la stratégie derrière la diffusion de drogue et à quoi sa sert de rendre les gens accros.

Texte extrait du livre, BRIQUE PAR BRIQUE

Se battre contre la prison et son monde [Belgique 2006-2011]

Ed. Tumult, P137-138

| Face à la République |

Quarante ans d’ignominies républicaines ! Mais, pour nous édifier, le pré- sent suffit : le Maroc mis à feu et à sang par le civilisateur Lyautey ; hommes, femmes, enfants égorgés avec d’ingénieux raffinements de cruauté – le feu mis aux récoltes, afin que la famine complète l’œuvre du massacre. A Tunis, les verdicts implacables que l’on sait.

Et sur le sol même de la « plus douce des patries », c’est la dictature cynique des mouchards et des policiers, invités formellement à l’assassinat des suspects. Ce sont de nouveaux millions jetés par centaines à l’immonde militarisme. C’est l’escroquerie des retraites ouvrières qu’on tente de réaliser d’accord avec les tribuns de la Sociale. C’est le martyre de Rousset1 . C’est la loi contre la jeunesse révolutionnaire. C’est la vie chère, les vivres trustés, les loyers augmentés, la plus vaste spéculation sur la misère générale, le pacte de famine moderne auquel, comme de juste, ministres et parlementaires donnent leur signature, concours que les accapareurs auront su apprécier.

Et comme l’abjection est la marque du ré- gime, comme il faut bien que les honnêtes gens se vengent d’avoir eu peur d’une poignée d’ « outlaws », ce sont des hommes que l’on veut jeter aux bagnes pour n’avoir pas trahi, pour n’avoir pas dénoncé des amis ou des inconnus, pour avoir rempli envers les traqués ce devoir d’asile sacré aux sauvages même les plus barbares. Et, avec une logique effroyable, la République livre en même temps à son allié Nicolas le Bourreau ce réfugié russe assez imprudent pour s’être fié à l’hospitalité de la France2 .

Qu’en de telles circonstances, des esprits que nous avions coutume de croire émancipés, aient pour souci les périls que pourrait courir cette délicieuse Marianne, pleurent sur le péril réactionnaire, ou les menaces de dictature, comme si nous n’étions pas déjà en pleine oppression et en pleine dictature, il y aurait de quoi nous stupéfier, si nous oublions combien les superstitions politiques, que gouvernants et ploutocrates ont tant intérêt à cultiver, sont encore enracinées au cerveau de nos contemporains. Mais pour nous, la République ne nous peut inspirer que de la haine, du dégoût et du mépris. […]

Extrait du bulletin anarchiste, Avis de tempête,  la suite est disponible ici :  https://avisdetempetes.noblogs.org/

 

 

Bonanno – La révolution et la réalité

Ces dernières années, la plupart de ceux qui se réclament, à tort ou à raison, des théories révolutionnaires, ont soigneusement évité de parler de révolution. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas l’intention d’ennuyer mes quelques lecteurs en reprenant une polémique inutile sur le sens et la possibilité d’une utilisation autre de ce mot. Par contre, je veux aborder une problématique qui me semble plus que jamais actuelle, celle du sens de la réalité qu’un révolutionnaire peut avoir plus ou moins, et des conséquences, positives ou négatives, d’un possible décalage entre ce sens de la réalité et les projets qui visent concrètement à la subversion de cette réalité.

Un révolutionnaire anarchiste peut-il être réaliste au sens strict du terme ? Confronté à la vie quotidienne et à des milliers de questionnements inquiétants, peut-il mettre en avant l’essentiellement autre de ses intentions secrètes, de ses aspirations les plus intimes, qui sont le plus souvent que partiellement déclarées ? Au fond, cet individu déraciné, dans un contexte qui ne peut être perçu que comme hostile, tend d’un coté à se rapprocher de ses semblables, des exploités, des exclus en tous genres et se sent, de l’autre, intimement différents. Continuellement propulsé vers l’avant, vers une conception globale de la vie que la caserne rigide des conventions se charge d’alourdir sans cesse.

Peut-il accepter cette réalité ? Cédant aux sollicitations humaines et aux concessions qui transforment les cris en formules séduisantes, ne pourrait-il pas soudainement se rendre que, après tout, la plupart des gens en accord avec les petits philosophes qui remplissent des ribambelles de cars affolés, pourraient en effet aussi avoir raisin ? Combien de temps son cœur pourra-t-il résister au défilé monotone de l’inaccompli, à la somnolente répétition des mises à distance, aux morsures brulantes de l’amour et au froid désir de solitude ? Des hordes entières d’ombres passent sous ses yeux. Des compagnons avec qui il a vécu tant d’aventures ne sont plus là : certains sont morts, dilués dans le néant, retournés au sein maternel de la renonciation et de l’acceptation. Et aussi durable et constant que puisse être l’amour…tant d’obstacles, tant d’incompréhensions !

J’ai toujours pensé quelque chose de très simple : si l’on a suffisamment confiance en soi, on peut s’approcher de la réalité. On peut, en tant que révolutionnaire, pénétrer dans les mécanismes concrets qui la produisent et la constituent sans avoir peur d’être écrasé par ses processus d’unifpormisation. Mais si nos certitudes sont fragiles, notre confiance en soi incertaine, si l’on n’est pas conscient des moyens dont on dispose et ne savons pas nous en servir parfaitement, alors mieux vaut rester dans la sphère du désir pur : un révolutionnaire qui désir la révolution mais s’enfuit à peine les conditions concrète du travail révolutionnaire devenues palpables et objectivement tangibles.

Dans les contrées du silence règne la pureté. Afin de la faire perdurer, on se cache derrière ses propres rêves d’aristocratie et de solitude immaculée, et l’on parle plus que jamais, tant pour convaincre l’auditoire que pour se persuader soi-même […]

Dans la tentative, indispensable pour un révolutionnaire, d’amener sa propre morale dans la réalité concrète, de développer tous les aspects de son propre projet, la tension devient maximale. Le tissu infiniment riche qu’il a façonné par ses élaborations théoriques se déchire en mille et une contradictions au contact de la totalité des rapports possibles. Ce n’est que ce dernier aspect qu’il parvient à transmettre, qui reste visible, déchiré et multiple. Et s’il veut tenir compte de sa propre cohérence, de la conviction intime qu’il chérit au plus profond de lui-même, ne lui restent que les schémas des hypothèses, avec toutes leurs incapacités à s’adapter au réel.

En général, les êtres humains s’enfuient devant la totalité, car tout rapport complexe les mène à des réflexions désagréables. Ils préfèrent une vie compartimentée, qu’ils mesurent à chaque instant avec de misérables perspectives immédiates, contenant toute impulsion subversive par des conditionnements spécifiques et partiels : l’opinion mène souvent la danse, il suffit de se laisser porter comme une plume, d’être consentant comme des moutons qui s’ignorent d’un énorme troupeau. De cette façon, les individus font la médiation de leur propre existence entre une misère intérieure substantielle et les appareils sociaux d’identification extérieurs, pensant ainsi cacher leur propre misère essentielle au regard peu critique des autres. […]

Quand le sarcophage du bon sens, avec tous ses critères raisonnables, est sur le point de se refermer à jamais, le révolutionnaire use des tours de magie de Houdini pour en sortir au dernier moment. Pour rompre l‘encerclement, il doit accepter de désespérer et d’endosser la mine inquiétante d’un clown sinistre. Pire, il doit faire tout cela sans guide ni certitude préliminaire, sans savoir s’il est sur la bonne voie et ne vient pas nourrir les milliers de lieux communs déjà existants. La conception de l’égoïsme le plus absolu l’aide ici à retrouver une possible gestion de sa propre vie, en relation avec les autres. Aucune solution ne peut convenir à d’autre si elle est en premier lieu dirigée contre soi-même. Le sacrifice ne produira jamais plus qu’un témoignage de martyre chrétien.  De la même façon, aucune action, aussi dure et dangereuse doit-elle, ne pourra être considérée comme un sacrifice si c’est le plaisir qui nous pousse à la faire. Parce que c’est en agissant que l’on mesure sa propre vie et les battements de son cœur, sans plus entendre le rythme martelé de l’uniformité générale.

A. Bonanno – Qui a peur de l’insurrection ?

Disponible ici : tumult.noblogs.org

Besançon, France : Ne restons pas assis face au maire et sa guerre aux pauvres !

« Rester assis sur une place […] est sans doute le pire à faire dans de pareilles circonstances. »

Voici un tract qui a circulé dans Besançon à l’occasion du deuxième rassemblement #jesuisassis place Pasteur, samedi 1er septembre, contre l’arrêté anti-pauvres de la municipalité entré en vigueur au début de l’été. Entre 250 et 300 personnes y ont pris part et quelques pancartes étaient visibles. Certaines personnes ont pris la parole, même si leurs discours, en plus d’être victimistes et larmoyants, étaient inaudibles, à quelques mètres seulement du sit-in. Les flics étaient absents de la place, ce qui montre à quel point ce rassemblement était inoffensif et insignifiant. Assis et immobile.

 

Ne restons pas assis face au maire et sa guerre aux pauvres !

L’arrêté « anti-mendicité » adopté par la municipalité LREM du maire Jean-Louis Fousseret début juillet suscite une indignation depuis mi-août dans les rangs de la gauche locale. Divers partis et politiciens font des appels à s’asseoir sur la place pasteur en soutien aux SDF et marginaux visés par cet arrêté, pour demander son retrait, toujours dans le cadre des lois qui ont elles-mêmes été décrétées par les riches et les puissants.

Le 31 août 2018, à la veille d’un nouveau rassemblement assis place Pasteur, le maire a supprimé cet arrêté pour le remplacer par un autre quasi-identique, qui sera en vigueur sur la même période, soit jusqu’au 30 septembre puis du 30 novembre au 31 décembre (période de fêtes de fin d’année oblige). En supprimant du texte le mot « mendicité [agressive] », il tente de calmer la mobilisation. Il ne s’agit évidemment pas d’une « première victoire » des opposants, puisqu’en supprimant cet arrêté, ça permet au maire de faire capoter deux recours devant la justice.

Quoi qu’il en soit, cet arrêté reste une dégueulasserie de plus de la part du pouvoir. La mairie cherche à la fois à satisfaire les demandes des bourgeois du centre-ville (commerçants de l’UCB et riverains en tête) et à répondre aux impératifs de la consommation de masse. Pour le maire, c’est aussi un moyen de brosser dans le sens du poil une partie de son (possible) électorat en vue des prochaines élections municipales.

Mais cet arrêté largement médiatisé est l’arbre qui cache la forêt. A entendre tous ces démocrates de gôche, on devrait tomber des nus face à cette mesure anti-pauvres. Comme si l’existence de l’argent et de l’exploitation ne créait pas de fait des inégalités sociales et économiques. Comme si les autorités locales (la mairie, la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon…) et les riches ne multipliaient pas les méga-projets de centres commerciaux, les écoquartiers aux pieds du tramway, ne se lançaient pas dans une rénovation urbaine sans limite, à travers laquelle se renforcent chaque jour le contrôle et la surveillance sur l’ensemble de la population et notamment sur celle que les bourgeois appellent « à risque » (SDF, « zonards », « jeunes à casquettes » et tout individu qui s’attarde un peu trop longtemps sur la voie publique). Cet aménagement urbain a non seulement pour but de faciliter le travail des forces répressives, mais aussi de créer des espaces aseptisés, où personne n’a envie de s’attarder ni de squatter avec ses potes. Les seuls endroits où l’on a le droit de se poser (sans être sous l’œil d’une caméra, et encore) sont dans les espaces marchands (terrasses de café, bars, etc…). La ville doit être un espace dédié à la circulation des flux, toujours au service du capital.

Reste à savoir quelles pistes sont à explorer dans cette lutte contre la guerre aux pauvres. Entre rentrer dans le cirque démocratique, de la représentation et du spectacle ou se jeter dans la lutte directe contre le monde des riches et de l’autorité, il faut choisir. Rester assis sur une place à écouter les lamentations de quelques tribuns sur la politique du maire – fût-elle « mauvaise » – ou solliciter la justice pour faire supprimer cet arrêté au nom des chimériques « droits humains » (comme si la justice allait désavouer les autorités et ses hommes qui rédigent les lois et la font fonctionner…) est sans doute le pire à faire dans de pareilles circonstances. Par contre, cibler les responsables, les exposer à la vue de tous sur la voie publique et leur causer le maximum de dégâts nous montrent que l’on peut agir concrètement sur le cours des choses, que l’on n’est pas impuissant-e-s face à cette arrogance de la bourgeoisie et la misère grâce à laquelle elle prospère.

Cet été, quelques anonymes, las de la pacification et de l’acceptation de ce quotidien mortifère, ne sont pas restés assis ni les bras croisés. Ils ont fait preuve de volonté et d’abnégation à l’heure où les citoyens dorment : leurs attaques nous montrent que la révolte face à cette société autoritaire et inégalitaire est possible et bel et bien vivante.

Le 18 juillet, six voitures du Grand Besançon sont incendiées sur le parking de l’institution à la City. Quelques minutes plus tard, les flammes ont ravagé cinq voitures flambant neuves des matons du SPIP, avenue Clémenceau. Les prisons, tout comme les dispositifs de (chantage à la) réinsertion auxquels se livre le SPIP, sont la face d’une même pièce : celle du contrôle et de la domestication des plus pauvres qui ne rentrent pas dans le cadre des lois et de l’exploitation capitaliste.

Le 18 août, quelques heures après le rassemblement assis place pasteur aux côtés des partis politiques de gauche, des distributeurs de plusieurs banques sont sabotés au centre-ville. Leurs écrans sont soit fracassés au marteau, soit recouverts de peinture rouge. La joyeuse balade nocturne ne s’arrête pas là, puisque sur la façade de la mairie s’affiche désormais le message « Pas de banques pas de mendiants » et « ACAB » [All Cops/Capitalists Are Bastards].

Et quelques mois avant… Le 16 septembre 2017, les systèmes de paiement par carte bleue des commerces de l’artère principale du centre-ville sont hors-service. Les câbles de téléphones longeant les façades d’immeuble de la Grande Rue ont pour la plupart été sectionnés au cours de la nuit. Résultat : plus d’internet pour les magasins et les banques. Ce sabotage a paralysé l’activité commerciale du centre-ville toute la journée de ce samedi.

Lutter contre ce qui cause nos malheurs et nos misères n’est pas une chose abstraite. Elle se matérialise par tout un tas d’institutions et entreprises… De l’Union des Commerçants de Besançon (rue Mégevand) aux banques, en passant par les agences immobilières, la mairie (et ses véhicules que l’on peut trouver partout), le journal local « L’Est Républicain » (qui relaie quotidiennement la propagande des flics et des commerçants…).

Note :

[1] où le harcèlement des policiers municipaux envers les zonard-e-s n’a rien de nouveau : au moment du chantier des Passages Pasteur, les flics du maire distribuaient des PV à la pelle à celles et ceux qui buvaient leurs bières sur la place. Un autre façon de dire « dégage » à celles et ceux qui n’ont pas les thunes pour se payer un verre au bar.

Repris de : https://lelaboratoireanarchiste.noblogs.org/

Mouchards

« En vérité, je vous dis que les mouchards poussent sur la terre comme des herbes mauvaises, le monde est envahi par la délation. Tous nos petits-enfants seront des policiers … la police disparaîtra seulement à cause de sa propre généralisation. Elle doit couvrir le monde d’une inondation de boue. Si tous les hommes crachent, il n’y aura pas besoin d’espions La police, comme tous les monopoles, constitue une société dans la société, une hiérarchie dans le monde … La police est plus utilisée des administrations publiques. La peste est précieuse pour croques morts; le vice pour les bandits; les partis pour les mouchards … Nous avons semé la misère, nous récoltons l’infamie. »

Ernest Cœurderoy

Par le passé, l’horreur pour la délation était si profondément enracinée et répandue que même les mères les plus pieuses et sectaires, pleines de rancune contre Judas Iscariot, enseignaient à leurs petits que « Qui moucharde n’est pas le fils de Marie, n’est pas fils de Jésus, quand il meurt il part là bas, il descend où il y a ce bonhomme qui s’appelle diablotin.  » Un vrai paria, en somme. Avec de telles leçons de pédagogie, il n’y a pas de quoi se surprendre si ensuite à l’école, quand quelqu’un faisait farce, le professeur perdait inutilement son souffle et son temps à interroger la classe pour découvrir le responsable : une scène muette. Le mépris vers doigt pointé pour donner des indications à l’autorité sur qui punir était presque universel. Ceux qui ont été entachés d’une telle infamie ont dû raser les murs, regarder derrière leurs épaules, baisser les yeux, trouver de nouveaux amis. Aujourd’hui non, aujourd’hui, la délation est devenue une vertu publique, quelque chose dont on peut se vanter et s’enorgueillir.

Ici aussi, il est possible de se souvenir d’un épisode précis qui, dans un sens, a fait l’histoire. Ce n’est pas était la cause de ce qui s’est passé ensuite, c’est clair, mais d’une manière ou d’une autre cela l’a annoncé et en a été le laboratoire. Après cela, on pourrait aussi se passer du reste. Le 31 juillet 2004, à Rome, sur l’indication d’un passant, Luciano Liboni, connu sous le nom de Lupo , a été intercepté et abattu, un hors-la-loi que les forces de l’ordre cherchaient depuis longtemps. Fait qui n’a jamais eu lieu auparavant, les médias n’ont pas caché l’identité de ceux qui l’avaient dénoncé, en effet, ils ont publié leur nom, photo, ou même adresse. Ainsi, alors que les antiques vérités étaient écrites sur les murs des villes («moins d’espions, plus de Liboni»), les grands médias ont commencé à imposer le nouveau mensonge: la délation est un exemple à suivre. Ce qui est semé arrivait sur un terrain social fertile car il était déjà abondamment couvert de fumier, comme l’habitude de surveiller la vie privée des autres mis au milieu à travers des programmes de télévision comme le Big Brother. Lancé ici en Italie en 2000 par la chaîne de télévision du proxénète milliardaire qui a dirigé le pays pendant vingt ans, cette émission aberrante a reçu (et continue de recueillir) un énorme succès auprès du grand public, habituant un peuple d’espions à mettre son nez dans les vicissitudes des autres et l’élimination de ceux qui inspirent l’aversion. Les dernières technologies numériques ont enfin permis à la police de récolter à pleine mains les fruits de l’infamie en plein essor, élargissant ainsi le nombre de collaborateurs civils.

Une étape nécessaire. Dans la mesure où l’État s’étend, la police s’étend. L’État moderne a privé l’être humain de toute responsabilité, le rendant dépendant de ses décisions. L’individu autonome a définitivement laissé la place au citoyen automate, incapable de faire face à n’importe quelle situation, et donc ayant perpétuellement besoin de l’intervention de l’autorité. Et comme il y a des conflits dans tous les domaines de la vie, tous les domaines de la vie sont devenus une affaire policière. La police se retrouve ainsi à devoir faire respecter un nombre toujours croissant de lois, réprimant ainsi des délits de plus en plus nombreux. Il faut trouver un moyen de répondre à ce besoin.

« Il n’y a pas de contrôle plus capillaire que celui de l’œil des citoyens, qui sont partout », a déclaré Alberto Intini, la préfet de police de Florence, il y a quelques mois. Dans certaines régions, des noms spécifiques sont donnés à ces citoyens. Ce ne sont pas des délateurs, ce sont des « sentinelles » (ndlr.voisins vigilants, en fRance). Il vaut la peine de s’attarder sur cette distinction exquise, une énième terminologie acrobatique destinée à anesthésier une réalité brutale. Les délateurs évoquent à l’esprit des silhouettes stupides et lâches, prêts à mettre en difficulté n’importe qui en échange de quelques miettes. Ils ne sont amis de personne, ils ne sont camarades de personne, comme ils l’ont dit, ils ne sont même pas les enfants de quiconque.Ils dégoutent même à ceux qui les utilisent, en effet jusqu’à il n’y a pas si longtemps ils ne pouvaient même pas mettre les pieds dans la salle d’audience d’un tribunal, tant leur seule présence infesterait la déesse de la justice. Les sentinelles inspirent au contraire respect et admiration, car elles veillent sur la sécurité et le bien-être de tous. Leur insomnie garantit la tranquillité de notre sommeil. Ils sont l’avant-garde d’une armée unique, qui comprend tous les citoyens, l’État, et leur travail consiste à lancer l’alerte et à avertir les troupes lorsqu’elles voient un ennemi. Les délateurs méritent le mépris, la sentinelle la gratitude.

L’État demande en tous cas l’enrôlement de ces sentinelles. Il promulgue des lois comme celle sur le  «Whistleblowing» (sur la dénonciation) qui à Rome a fait la première victime l’autre jour (une employée de la municipalité a été licencié sur un rapport anonyme par un collègue, qui l’avait accusé d’échapper à la prison salariale après avoir pointé), établit des numéros de téléphone verts pour promouvoir les dénonciations d’illégalité (comme cela vient de se passer à Prato), ou gère quelques cours dans toute l’Italie pour éduquer leurs sujets sur la façon de mener le soi-disant contrôle de quartier. « Quand tous seront des flics, la société sera parfaite », a déclaré un poète surréaliste.

Au-delà de la gratitude qui en effet devrait être exprimée à ces formes de totalitarisme technodémocratique et de l’imperfection avec laquelle il faudrait déranger cette société, il reste vrai que l’on récolte l’infamie quand on sème la misère. En effet, c’est la misère politique, institutionnel et révolutionnaire qui a fait fleurir partout le fruit de la délation. En rester à l’écart est une mesure de précaution minimale d’hygiène personnelle, mais si vous mais si l’on veux moissonner d’autres récoltes, il faut semer partout … quoi d’autre, sinon, l’enchantement, la richesse et l’émerveillement?

Extrait de finimondo.org disponible en français ici https://article13.noblogs.org

A propos d’une idée ignoble appelée « compétition »

Nous sommes tous suffisamment bien placés pour le savoir : tout mômes déjà, nos parents nous emmenaient aux portes d’une institution qui allait nous « prendre en charge ». Dès l’âge de trois ans, il était manifeste, pour certains d’entre nous, que cette première forme de « socialisation forcée » (appelez cela comme il vous plaira) ne passait pas. Certains pleuraient, d’autres traînaient des pieds, on exprimait notre révolte avec nos faibles moyens et nos petits poings animés par une rage naissante mais piquée à vif. Passée la maternelle, nous mettons les pieds dans « le monde des grands » -ainsi que le disaient les profs en nous « accueillant » en primaire, puis au collège et au lycée-, avec sa caractéristique principale : le jugement par notations. Qui n’a pas le souvenir d’un cinglant cinq sur vingt, agrémenté d’un commentaire non moins cinglant du type « très insuffisant » ou « devoir plus que médiocre » ?

N’ayant choisi ni l’école, ni les matières enseignées, ni la méthode d’apprentissage, on nous a habitué à la peur qui nous prend au ventre à l’idée que nos parents puissent tomber sur un bulletin de note défavorable. Rappelez-vous ces fameux bulletins, où notre moyenne apparaissait entre la plus haute et la plus basse, offrant une comparaison évidente, dure comme un coup de massue derrière la tête. La fierté de la « réussite » pour les parents du fiston qui a fait du zèle, la honte pour ceux du « cancre » en qui ils avaient placé tant d’espoir. Et le mal-être pour ceux à qui l’institution fait comprendre qu’ils ne sont « pas assez bon », étant « en dessous de la moyenne ». Petit à petit, le système nous fait avaler l’idée de la vertu de la compétition comme moteur de la réussite sociale, le grand mythe propagé par toutes les sociétés hiérarchisées. Notre bulletin de note sert de préface à notre futur bulletin de paye, les matières que l’on ingurgite de force seront plus tard le boulot qui nous emmerde.

Nous avons subi la honte de la note en dessous du terrifiant « dix sur vingt », nous subirons la culpabilisation d’être le smicard en bas de l’échelle des salaires. Nous n’avons rien compris à l’utilité des fonctions exponentielles en mathématiques, nous sommes destinés à l’échec. Et pour nous persuader que nous ne sommes décidément que des bons à rien, on nous ressortira à l’occasion l’exemple du « self-made man » parti de rien et ayant fondé son empire…

L’école est ainsi faite parce que le système a besoin d’une sorte d’anti-chambre afin de nous formater l’esprit, de nous habituer à regarder l’autre non pas comme un camarade, mais comme le compétiteur présent ou à venir, celui qui sera « meilleur » ou « moins bon » que nous, en fonction de sa capacité à s’intégrer dans ce monde de hiérarchie et de domination.

Parce que cette idée-là, celle qui fabrique de bons exploiteurs d’une part et de bons esclaves soumis de l’autre, est une des clés de voûte de ce système abjecte, il est important de lui livrer une critique sans merci, en ayant pour objectif haut et clair, une existence où le mot « chef » cèdera la place au mot « compagnon ». Un monde où la solidarité aura botté le cul de la compétition.

Une brochure sur le travail disponible ici https://infokiosques.net/lire.php?id_article=599

CONTRE LA GUERRE MAIS PAS DÉSARMÉS

« Sans doute, comme quelqu’un l’exprimait de façon laconique, « nous sommes devenus faibles». Et il rajoutait, « tous, sans exception ». Si ce jugement concernait les capacités théoriques des anarchistes, il portait plus encore sur leurs capacités opératives. Une faiblesse qui devient d’autant plus tangible lorsqu’on a le monstre du massacre et de guerre en face de nous. Il ne sert pourtant à rien de hurler avec les loups, mieux vaut prendre acte de cette faiblesse et tenter d’y remédier. Sans avoir l’illusion de pouvoir faire rapidement de grands pas, sans commencer à tomber dans le culte de la « force » qui pousse souvent vers une militarisation du combat, il nous faut à nouveau imaginer un chemin, un parcours.

Certaines choses ne s’apprennent pas à l’improviste ; et si le besoin pressant et immédiat peut donner un coup de pouce, c’est quand même mieux de s’y être préparés à l’avance.

Car c’est aussi une question mentale. En ré- alité, nous sommes capables de faire tout ce que nous voulons, ou presque, et la véritable question est plutôt de savoir si nous sommes prêts à faire les efforts nécessaires et indispensables.
Pour se doter de connaissances techniques, il faut étudier sérieusement les matières concernées. Pour développer certaines capacités, il faut disposer de temps pour s’y consacrer. Ce n’est qu’ainsi que ces connaissances deviendront ensuite utilisables dans un projet, armant la créativité et renforçant les idées.
l nous faut donc travailler dans ce sens si nous ne voulons pas être dépendants d’autres courants, en proie aux caprices et aux seules possibilités du moment, ou tout simplement renoncer aux interventions par manque de capacités et de moyens. »

Extrait de l’expo contre la guerre contre la paix réalisée à l’occasion de Temps d’Encre, rencontres autour de publications anarchistes, le 23 & 24 juin 2018 à Montreuil (Paris).

L’exposition, en affichettes format A2, est désormais téléchargeable en PDF ici.

 

Jamais en rang, jamais à genoux ! A bas toutes les armées !

L’atmosphère est réellement irrespirable ces temps-ci: comme des vagues tempétueuses qui remuent la vase,  les sommations à se mettre au garde-à-vous derrière le drapeau national se succèdent. État d’urgence prolongé de mois en mois, durcissement continu du code pénal, pouvoirs sans cesse élargis de la police, perquisitions à tout-va et assignations à résidence distribuées à la pelle…

L’État, qui multiplie depuis des années ses interventions dans les guerres et les conflits aux quatre coins du monde (Afghanistan, Liban, Côte d’Ivoire, Centrafrique, Libye, Mali, Irak, Syrie…), à chaque fois pour consolider des positions jugées stratégiques et accompagner des logiques d’exploitation et de pillage des territoires, étend sa rhétorique et son arsenal de guerre ici même, au prétexte de la lutte « anti-terroriste » et de la chasse à l’« ennemi intérieur ».

Voilà donc que l’armée se réorganise autour d’un plan dénommé « Au contact », tout un programme… L’objectif affiché est de « faire face à une menace plus dure, plus diffuse, plus proche »,  mais aussi de « s’adapter au combat de mouvement, y compris en milieu urbain ». En d’autres termes, se déployer sur le territoire français, défini officiellement comme un terrain de guerre. L’État a lancé fin 2014 un programme appelé « Scorpion », afin de moderniser et d’optimiser ses capacités d’intervention militaire, tout en les rendant plus « souples » et « réactives ».  Ces plans viennent confirmer les perspectives développées depuis plusieurs années au sein de l’OTAN, tablant sur l’utilisation des armées dans des opérations de maintien de l’ordre de type contre-insurrectionnelles.

Le gros de l’armée de terre va désormais s’organiser autour de deux nouvelles divisions: la première et la troisième, dont les commandements sont respectivement basés à Besançon et à Marseille, représentant 25 000 militaires chacune, réparti-es en régiments. Hourra ! Hourra !, « Marseille redevient une place militaire de premier rang », « une véritable métropole militaire est née », s’écrie toute la fine fleur des passionné-es du militarisme, rédacteurs et journalistes aux ordres, celles et ceux qui déblayent le terrain avant que les bottes y prennent place. Ces larbin-es du pouvoir assurent même un rôle d’agence de pub pour les différentes campagnes de recrutement, avec ces derniers mois des appels renouvelés à s’engager dans la réserve opérationnelle, pour porter ses effectifs de 24 000 à 40 000.  Avec la réserve et, à terme, la Garde nationale*, c’est un pas de plus qui est franchi dans le processus de militarisation de la société: il ne s’agit plus des recrutements habituels pour stabiliser les effectifs d’une armée dite « de métier », mais bien de mettre en ordre de marche, de manière durable et intensive, une véritable offensive nationaliste et autoritaire. Non content d’exiger de chacun-e toujours plus de soumission, et de pousser les « citoyen-nes » à agir en auxiliaires de police (pensons aux Voisin-es Vigilant-es par exemple), l’État invite désormais les plus zélé-es à revétir directement l’uniforme. Pour ne rien gâcher, les différents supports de propagande mettent en avant l’idée de transposer dans les entreprises, donc au service de l’exploitation capitaliste, tout l’esprit militaire que les réservistes acquerront au cours de leur formation.

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Gênes 1960

Légende (illisible sur la photo) : Les manifestants attaquent une voiture de police. Les désordres durent deux jours et provoquent une centaine de blessés.

Le 30 juin 1960 à Gênes des emeutes ont lieu dans toute la ville contre le gouvernement Tambroni et le congrès du MSI (Mouvement Social Italien, parti fasciste créé en 1946). Une jeep de la police de Padova est brûlée piazza De Ferrari. A l’époque le MSI nouvel allié du gouvernement souhaite tenir un congrès à partir du 2 juillet à Gênes. Il souhaite également que le congrès soit présidé par Carlo Emanuele Basile, l’homme de la torture à la Maison des Étudiants (fervent collaborateur lors de la seconde guerre mondiale ; de ce lieu les cris retentissaient jusqu’à dans la rue), et qui a participé aux déportations de masse (1 600 hommes furent déportés à partir du port de Gênes pour travailler dans l’industrie de la guerre à Sesti Ponente, certains n’en sont jamais revenus). Le 30 lorsque des hommes MSI débarquent dans les hôtels de la ville ils sont jetés, les chauffeurs de taxi les laissent dans les endroits les plus inattendus, sur les tables des restaurants fleurissent des tracts anti-fascistes.

Des milliers de personnes traversent la ville. Lorsqu’à Piazza della Vittoria est proposée la dispersion beaucoup retournent à Piazza De Ferrari, d’autres restent là… Piazza De Ferrari la police tente de dégager la place en commençant par ceux qui ont escaladé la fontaine au centre de la place. La police charge, des chaises et des tables sont balancées en direction des flics, certain.es fuient dans les ruelles avoisinantes, « Les gens jetaient des pots, de l’eau chaude et de l’huile des fenêtres, », le commandant de police se retrouve dans la fontaine, ils seront emmenés dans un café un peu plus loin pour éviter un lynchage. Le congrès du MSI est annulé. Cette émeute aura de fortes conséquences politiques et est entre autres l’un des points de départ de la naissance de « mouvances autonomes » vis-à-vis du parti communiste et des syndicats, qui se dissocièrent des affrontements. 

Reformulé de différents journaux de la presse mainstream

APATRIDE

Les images des enfants dans les cages à la frontière entre le Texas et le Mexique appellent à la vengeance. Encore plus, la parodie de la police contre les cris des petits prisonniers au moment où, dans un ghetto de Pittsburgh, l’énième Afro-Américain est tué par les flics.

En Italie, la Trump-opinione – parce que nous ne pouvons pas parler de pensée, car elle exige de la cervelle et de la sensibilité – est incarnée par les différents Salvini, Toninelli et Di Maio (auparavant chez Renzi, Gentiloni et Grasso). La politique de fermeture des frontières sème la lâcheté la plus populaire.

Si d’une part la guerre civile est de plus en plus une question à prendre en considération, d’autre part ce pouvoir provoque un cynisme hilare. Tout retourne à l’ère de la lâcheté partagée. Quand la perception est dévastée par le jargon vide des réseaux sociaux, l’imaginaire est vu comme un fantasme technologique, l’intelligence est vécue comme un signe de solitude et de fermeture, la passion est moralement associée à la violence grégaire, la sensibilité perçue comme une bonté démocrate-chrétienne, la mémoire reste dans les porte objets froids d’un mausolée, la frontière entre la pensée toute discutable et la pensée singulière s’estompe. Et ici, la technocratie des âmes pieuses et démocratiques, idolâtre de Mattarella ou de la démocratie radicale du Negri, s’enfonce dans l’idiocratie incroyablement antipathique. Partout on respire la devise : «Libre de servir, libre d’obéir, libre de vouloir (un jour et au plus tôt) commander». Ce monstre grossier, falsifiant et obsédant, dirige non seulement l’économie et la politique dictant la culture et contenant l’existence, mais guide également la protestation modérée qui ne parvient pas à dépasser les chaînes démocratiques. Prenons-en note : aujourd’hui nous sommes tellement couverts de merde, qu’on peut seulement senti l’odeur de l’immondice.

Si l’esclavage est de plus en plus lugubre et la colère subversive de plus en plus impuissante, nous pourrions aussi être fières du pilleur yankee (Di Maio, ndt) et du libéral de la Ligue du Nord (Salvini, ndt), idoles de la masse la plus ignorante et la plus marchandable du marché des opinions. La continuation de cette misérable humanité – avec ses divinités de prier, ses impôts à payer, ses lois à respecter, ses droits à revendiquer, ses devoirs à expier, ses soirées à se droguer, sa police pour secourir, ses biens à consommer, son univers de football à applaudir, ses serviteurs qui ne veulent pas attaquer et ses bouffons de 140 caractères à idolâtrer – est aujourd’hui la possibilité concrète de l’extinction de tout ce qui est autresingulier et subversif . À moins que …

Sauf dans la tête, dans les cœurs et dans les mains, l’autisme passionnant des insurgés soit créé, et entre les sabotages brûlants et les désertions nécessaires. Pour surmonter la peur des décombres et créer un fossé irrécupérable avec ce qui a été.

 

Extrait de Frangenti , n. 28, 29/06/2018

Ce qui n’a pas de prix, Annie Le Brun

Jusqu’à quel point continuerons-nous d’y rester indifférents ? Jusqu’à quel degré consentirons-nous à y contribuer, fût-ce par inattention ? Jusqu’à quand accepterons-nous d’ignorer qu’il s’agit de la mise en place d’un genre inédit d’asservissement sinon de corruption ?

Ce qui n’a pas de prix.

Voici donc venu le temps où les catastrophes humaines s’ajoutent aux catastrophes naturelles pour abolir tout horizon. Et la première conséquence de ce redoublement catastrophique et que sous prétexte d’en circonscrire les dégâts réels et symboliques on s’empêche de regarder au-delà et de voir vers quel gouffre nous avançons de plus en plus surement.

Nouvel exemple que tout se tient, même si l’actuelle précipitation des événements rend de plus en plus indiscernable les effets des causes. Ce qui va avec l’aggravation de ce « trop de réalité » que j’évoquais il y a dix-huit ans comme la conséquence d’une marchandisation délirante, indissociable de l’essor informatique : trop d’objets, trop d’images, trop de signes, se neutralisant en masse d’insignifiance qui n’a cessé d’envahir le paysage pour y opérer une constante censure par l’excès.

Le fait est qu’il n’aura pas fallu longtemps pour que ce « trop de réalité » se tranforme en trop de déchets. Déchets nucléaires, déchets chimiques, déchets organiques, déchets industriels en tous genre, mais aussi déchets de croyances, de lois, d’idées, dérivants comme autant de carcasses et de carapaces vides dans le flux du périssable. Car si il est une caractéristique du siècle commençant, c’est bien se jetable qu’on ne sait plus ni où comment jeter ni encore moins penser.

De là, un enlaidissement du monde, qui progresse sans que l’on y prenne garde, puisque c’est désormais en deçà des nuisances spectaculaires que d’un continent à l’autre l’espace est brutalisé, les formes déformées, les sons malmenées jusqu’à modifier insidieusement nos paysages intérieurs.

Qu’on le veuille ou non c’est une affaire politique d’importance, car si il est impossible de définir la beauté vive, toujours bouleversante de recomposer le monde à sa lumière inédite, les deux totalitarisme du XXe siècle ont pareillement traqué les œuvres qui en étaient chargées, pour imposer une terreur sensible, dont les normes se sont révélées interchangeable entre le réalisme socialiste et l’art hitlérien. Jusqu’à affirmer l’un est l’autre la même immortalité du même kitch moraliste, où le corps humain aura pareillement été requis comme faux témoin du mensonge idéologique.

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