Un mois d’août à Tenerife

plage mer côte arbre le sable océan horizon plante ciel le coucher du soleil palmier rive vague vent crépuscule soir paume baie plan d'eau Tenerife Tropiques cap les îles Canaries Plante ligneuse Sont des échelles Famille de palmiersEn ce mois d’août dans les Canaries espagnoles, l’île de Tenerife est bien entendu pleine à craquer de touristes. Fière de compter la plus forte concentration d’hôtels 5 étoiles en Europe à Adeje, dans le sud de l’île, Tenerife abrite aussi un centre de rétention (CIE, Centro de Internamiento de Extranjeros). Il est situé loin des regards, à Hoya Fría, en banlieue de Santa Cruz. D’un côté il y a ces masses d’étrangers munis des bons papiers et d’un portefeuille bien garni qui viennent polluer le parc naturel au pied du volcan pour tenter d’oublier leur servitude volontaire, d’un autre il y a des étrangers d’un autre style.

Ceux-là, bien moins nombreux et de loin, sont enfermés de long mois entre des murs barbelés, tabassés et humiliés parce que trop pauvres et dépourvus du petit papier nécessaire pour franchir les frontières de la riche Europe. Les uns ont pris le risque de se voir refuser un bagage trop volumineux à l’aéroport, les autres de sombrer avec leurs frêles embarcations. Les uns s’en vont mourir à petit feu de cancers de la peau sur le sable noir, les autres crèvent directement en Mer Méditerranée (2.300 en 2018 et 3.100 en 2017, bilans officiels) devant une frontière militarisée en fuyant guerres et misère. Continue reading « Un mois d’août à Tenerife »

En lutte avec le temps

Temps, Horloge, Heure, Montres, Minutes, SecondeLe temps c’est de l’argent. Si nous livrions tout l’argent du monde à une mer de feu implacable, est-ce que le temps s’arrêterait ? Est-ce que tout se pétrifierait, est-ce qu’une éternité braverait immuablement les vents ? Ou tout serait-il réduit en cendres et ce serait une question de secondes avant que ces cendres ne soient jetées dans toutes les directions et ne deviennent invisibles ?

Le mouvement provoqué serait-il tel que le temps n’aurait plus aucune emprise, et ne pourrait qu’assister impuissant au déroulement des évènements…

Vivre, c’est se battre. Bizarre le nombre de personnes qui seraient d’accord avec cela, tout en y donnant chacun, sans doute, une autre signification. Et pourtant. Le réveil sonne et nous catapulte dans le ring, nous tentons de nous souvenir mais en fait, nous ne savons plus si, entre-temps, nous n’avons jamais quitté ce ring. Se battre avec le temps. La pensée de pouvoir gagner nous maintient sur le ring, peu importe à quel point la scène s’enlaidisse. Les règles sont fixées, et toute personne qui fait cas des règles, se rend compte que l’endurance est le meilleur atout.
L’ouvrier ou l’employé sait que les aiguilles de l’horloge tournent, que le partage est loin d’être égal, mais que s’ils restent assez longtemps à l’intérieur des quatre murs d’une usine ou d’un bureau, le reste du temps sera le leur. Douloureux de voir qu’on vient d’en grignoter récemment encore quelques années, l’endurance sera de nouveau mise à l’épreuve. Pour le chômeur aussi l’heure tourne, mais cela ne lui porte pas de préjudice car il prend son temps, ou bien il s’enfonce toujours plus parce qu’il ne sait pas quoi faire avec tout ce temps, qu’il préfère le rendre le plus vite possible à un patron ou à une entreprise. Le patron aime le temps. Il voit l’évolution sur son compte en banque et la fin du mois ne lui fait pas peur. Même si son sommeil est de temps en temps perturbé par des travailleurs qui lui revendiquent du temps pour eux-mêmes par le sabotage et la grève. Continue reading « En lutte avec le temps »

La stratégie de l’escargot

« Il faut porter la panique à la surface des choses »

Ce matin – dix jours après le vingt-et-unième anniversaire de la mort de Maria Soledad Rosas, deux jours après le dix-huitième anniversaire de la mort de Carlo Giuliani, et quelques heures avant l’annonce du verdict du tribunal de Florence contre une trentaine d’anarchistes – la ligne ferroviaire qui relie Rome et Florence est à l’arrêt, suspendue, bloquée. Qu’est-il arrivé ? A l’aube, en proche banlieue du chef-lieu toscan, une cabine électrique du TGV s’est réchauffée au point de s’enflammer. Serait-ce un hasard ? Une coïncidence ? Une « vile provocation » ? Ou bien, plus simplement et humainement, un geste d’amour et de rage ?

Il est facile d’imaginer que se trouvent sur place un ramassis de techniciens des chemins de fer et de la préfecture de police. Après les premières constatations, les responsables de Rfi [Rete ferroviaria italiana] ont déclaré que « l’origine de l’incendie contre les installations qui gèrent la circulation des trains est liée à un acte volontaire causé par des inconnus ». Des inconnus qui avec un petit rien ont provoqué le chaos dans la circulation ferroviaire nationale, un secteur important de ce système public de transport qui fait chaque jour fonctionner notre aimable société, déplaçant des marchandise humaines et inhumaines selon les besoins du marché. Et quand plus rien ne fonctionne, on le sait, on est alors obligé de penser à toute autre chose. Continue reading « La stratégie de l’escargot »

Nantes : récit d’un contrôle CAF

En résumé, si vous utilisez Tor pour votre déclaration trimestrielle ou que vous la faite depuis l’étranger, vous risquez un contrôle CAF. J’ai pris un peu de temps pour vous raconter le mien.

Je suis bénéficiaire du RSA depuis pas mal d’année.
Dernièrement, j’ai été convoqué à la CAF de Nantes pour un contrôle. Apparemment, une contrôleuse de la CAF m’a pris en chasse. C’est vraiment l’impression que j’ai eu, une impression de prédation. Les contrôleuses/eurs de la CAF font la « chasse aux fraudeuses/eurs ». Leur métier me semble être de radier le plus de bénéficiaires possibles. D’abords repérer une proie potentielle, ensuite l’acculer, et enfin chercher une bonne raison de lui enlever ses droits.

J’ai reçu un courrier qui m’indiquait le jour et l’heure de la convocation. Je n’étais pas disponible ce jour la. J’ai appelé plusieurs fois pour décaler le RDV. J’ai laisser un message et quelques jours après avoir raté le premier RDV, j’ai reçu par la poste une nouvelle convocation, une nouvelle fois un jour ou je n’étais pas dispo.

Je trouve important de signifier aux contrôleuses/eurs de la CAF qu’on n’est pas a leur disposition et qu’il ne leur suffit pas de siffler pour nous voir accourir. J’ai donc rappelé et nous avons convenus d’un nouveau RDV. J’aime bien me dire que la contrôleuse n’a pas eu le temps de convoquer quelqu’un/e d’autre au moment ou j’ai reporté le RDV et que ça a fait baisser son nombre de RDV.

Bon, un moment, le jour du contrôle est quand même arrivé. La contrôleuse m’a averti que le contrôle avait lieu parce que j’ai validé ma déclaration trimestrielle en ligne avec une adresse IP localisée en Allemagne alors que je suis sensé résider en France. Je lui ai dit que j’utilise le proxy Tor et que même si je paraissais être en Allemagne, j’étais pourtant en France. Continue reading « Nantes : récit d’un contrôle CAF »

Des piqûres par milliers

Sur l’incendie d’une antenne de télécommunication à Zurich et l’action individuelle.

« Le monde tel qu’il est aujourd’hui est bien évidemment merdique mais que puis-je faire en tant qu’individu pour lutter contre lui ? » dit un dicton populaire, surtout de la part des gens qui par la suite s’affalent dans leur canapé ou retournent se commander une énième bière au bar en s’allumant une cigarette.

Cet argument repose sur le fait qu’il faudrait d’innombrables personnes pour changer quelque chose, que nous (peu importe qui c’est) devrions être la majorité pour être en capacité de faire quelque chose. C’est l’illusion de la politique, c’est le prétexte qu’utilisent beaucoup de gens pour justifier leur inaction. Il s’agit de reconnaître le fait que tout ce qui est en notre pouvoir réside dans nos actes individuels. Nous pouvons influencer le cours des choses uniquement sur ce que nous faisons nous-mêmes. Ce que le reste fait, ce que la masse fait n’est pas notre affaire. Ce qu’une personne parvient à faire peut vous sembler comme très peu efficace mais en même temps c’est tout ce que nous avons et le plus grand potentiel possible de notre existence réside en nous. Chacune de nos actions a une répercussion sur notre environnement social (le non-agir est également une action et favorise le non-agir des autres). L’action individuelle, ce sur quoi je vais parler, peut sonner comme quelque chose d’évident mais il ne s’agit pas de dire que quelques actions sont plus importantes que d’autres, uniquement parce qu’elles causeraient davantage de dégâts. Bien évidemment, il y a des différences, certaines actions impactent des milliers de personnes, d’autres peut-être juste quelques-unes, mais ça ne rend pas l’une meilleure qu’une autre, ce sont simplement des actions différentes aux retombées diverses, chacune pouvant être la décision tout à fait juste selon le contexte, à savoir qu’il est toujours préférable d’agir plutôt que de ne pas agir. Continue reading « Des piqûres par milliers »

Lettre du compagnon en cavale depuis juillet 2016 [affaire de l’incendie d’antenne de police à Zurich]

Ci-dessous une lettre du compagnon depuis la clandestinité qui vient de paraître dans le journal anarchiste « Feuer der Knästen ». Il est inculpé de l’incendie de l’antenne de police municipale à Zurich le 11 juillet 2016. Il a rejoint la clandestinité quelques heures après ce sabotage incendiaire, alors que les flics frappaient déjà aux portes des compagnons en Suisse. On pourra relire la brochure « Silence radio – Recueil de textes à propos de sabotage, de répression et de signaux de fumée depuis la clandestinité, Zurich, 2016 ». Un autre compagnon, inculpé en partie pour cette même attaque, est incarcéré en détention préventive depuis fin janvier 2019.


Salutations ardentes de quelque part

Mai 2019

A vous qui êtes dehors, à toi qui es à l’intérieur,

La langue est toujours floue et dans ce cas, il n’existe aucun vocabulaire adapté pour parvenir à exprimer à quel point vous me manquer tous. A vous qui êtes dehors, à toi qui es à l’intérieur. A quel point vos mots de solidarité et vos actes déterminés me donnent des ailes. Dehors comme dedans. A quel point ma haine enflammée à l’encontre des sales gardiens de la loi en uniforme, en robe ou en costume, est semblable à la vôtre. Une fois de plus, ils ont kidnappé un compagnon proche, qui cette fois-ci vient de Zurich, en ayant le culot et l’audace de lui retirer sa liberté grâce à leurs articles froids du code pénal qui maintiennent leur pouvoir. Mais tu n’es pas seul, tout comme moi qui suis sur le chemin peu praticable de la clandestinité. Car nous sommes reliés par la force de nos idées et de nos désirs.

« Des compagnons, voilà ce que cherche le créateur et non des cadavres, des troupeaux ou des croyants. Des créateurs comme lui, voilà ce que cherche le créateur, de ceux qui inscrivent des valeurs nouvelles sur des tables nouvelles ».

Ainsi parlait Zarathoustra, F. Nietzsche

A vous qui êtes dehors, à toi qui es dedans et moi qui suis au milieu de nulle part. En effet, nous sommes tous exposés à des conditions différentes mais la volonté de préserver notre dignité nous relie et en dépit de toutes les privations, nous continuons à garder nos yeux rivés sur l’horizon. Non pas pour sombrer dans une rêverie éveillée, ni pour regarder d’un air mélancolique par la fenêtre comme le véritable « héros » d’un film kitsch de gangster, mais pour peaufiner concrètement nos perspectives anti-autoritaires et subversives. Pour que, grâce à notre coopération, nous puissions nous rapprocher du jour où nous pourrons tous nous retrouver en liberté, sur une terre et sous un ciel libres.

En solidarité pour toujours.

Votre compagnon et co-créateur de quelque part.

depuis sansattendre.noblogs.org

1er mai : Actions contre la gentrification à Philadelphie (USA)

Pour le 1er mai, nous revendiquons la responsabilité des actions suivantes:

– Dégonflage des pneus et peinture sur le pare-brise d’une navette de yuppie.
– Jets de peinture sur la façade de deux propriétés de [la société] OCF*.
– Bris de verre et coupure de tous les câbles non hydrauliques d’au moins quatre machines de construction sur le site d’un projet de développement visant à retraiter [manicurer, litt.] un endroit autrefois sauvage.

Toutes nos cibles font partie de la gentrification continue de la ville.

Solidarité avec les camarades italiens confrontés à la répression.

Le 1er mai, les anarchistes ne dorment pas !

* L’Open Connectivity Foundation (OCF) est un groupe industriel dont la mission est de fournir un programme de certification pour les périphériques impliqués dans l’ Internet des objets (IoT) .

Depuis 325.nostate.net

Sûr comme la mort

Un peuple disposé à renoncer à un peu de sa liberté
en échange d’un peu de sécurité, ne mérite ni l’un ni l’autre »
Benjamin Franklin
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C’est une question dont on parle beaucoup, mais dont le diagnostic formel. À droite comme à gauche, le verdict est unanime : nous vivons dans un « climat d’insécurité ».
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Chaque jour, les medias nous déversent des litres de sang collectés sur les lieux théâtres d’embuscades, de viols et de meurtres. Des faits sanglants décrits et filmés avec une profusion maniaque de détails, afin de faire courir d’horribles frissons le long de notre colonne vertébrale déjà affaiblie par les génuflexions quotidiennes. Regarder les mésaventures d’autrui n’est plus une consolation, on n’arrive plus à pousser un soupir de soulagement à l’idée d’y être échappé. C’est un cauchemar, parce que ces mésaventures semblent pousser les écrans pour se précipiter sur le tapis de notre salon. Et si demain c’était nous les protagonistes de ces journaux télévisés qui désormais transpirent seulement la mort? En proie à la terreur, on commence à verrouiller la porte de la maison trois fois, à ne pas parler au nouveau voisin, à ne plus sortir la nuit. La panique se propage, elle se généralise comme la certitude suivante : l’insécurité est le fléau de notre époque. Si elle était résolue, les portes du paradis s’ouvriraient pour nous.
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À  vrai dire, quelque doute subsiste sur la réelle augmentation de la violence. Sur demande explicite, ces mêmes « experts » sont contraints de reconnaître qu’il n’y a pas de différence substantielle par rapport au passé : la montée en flèche des statistiques est le résultat d’un critère comptable différent. Mais aussi de visibilité. C’est comme ça que ça marche. La classe politique place la question de la sécurité au centre de presque toutes ses interventions. Les journalistes, comme d’habitude serviables envers leurs maîtres, répètent les préoccupations des politiciens et les enrichissent en les illustrant de faits divers. Les nouvelles ne manquent pas, il suffit de ne pas les reléguer à un petit article à la quinzième page pour les faire grandir hors de proportion jusqu’à ce qu’elles deviennent exemplaires. Il ne reste plus aux politiciens qu’à commenter et le jeu est fait :  » vous avez vu que nos préoccupations étaient plus que justifiées, qu’elles étaient sacro-saintes ? Il y a vraiment un problème de sécurité ! « 

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La curieuse épidémie de suicides de relais continue…

Peut-être est-on en train d’assister à une prise de conscience salutaire parmi la population prolifique des relais de télévision (TDF) et de téléphonie, puisqu’une vague de suicides commence à se propager parmi elle. Ou peut-être bien qu’il faut les y pousser un peu pour les convaincre de franchir le pas ? En tout cas tout le monde en conviendra, à commencer par ces infrastructures elles-mêmes : une vie passée au service de la domination ne vaut vraiment pas la peine d’être vécue ! Cette curieuse épidémie de suicides assistés qui se propage par réfractions depuis quelques mois aux quatre coins du pays est même en train de commencer à établir une sorte de dialogue direct au sein de la guerre sociale, et la plupart du temps sans médiation, en laissant à chacun le soin de la partager pour ses propres raisons :

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Italie : Appel pour le rassemblement à Florence le 20 avril – 16 heures

Résultat de recherche d'images pour "operazione panico"SANS-RÊLACHE POUR L’ANARCHIE

À Florence le 9 mars aura lieu le jugement d’un procès qui voit inculpé.e.s 28 compagnon.nes accusés d’association de malfaiteurs et de différentes attaques anonymes dans des locaux fascistes. Trois de ces compagnons, Paska, Giova et Ghespe, se trouvent depuis un moment en prison, et en plus d’autres accusations, ils sont inculpés pour transport, fabrication et détention de matériel explosif et tentative d’homicide, pour la blessure d’un artificier qui bricolât sans aucune précaution un engin situé devant un lieu fasciste la nuit du 31 décembre 2016. La prison ne leur a pas épargné les provocations et violences, en réponse à une attitude conflictuelle qu’ils ont tenu.

À Trente et Turin deux opérations répressives ont conduit à l’expulsion de l’Asilo Occupato et à 12 arrestations pour chercher à éradiquer les luttes que ces derniers portent en avant. Après les arrestations et l’expulsion, nous sommes descendus dans la rue pour répondre à la répression et prendre de force des espaces d’expression de propre notre rage. Ces derniers jours également, Scripta Manent, procès qui met sous enquête plus de vingt ans d’histoire de l’anarchisme est en train de se conclure avec de dures demandes de condamnation. Dans tous les cas, les intimidations continuent ainsi que la répression vis-à-vis de qui apporte et exprime sa solidarité aux pratiques et individualités anarchistes en procès et en prison.

Les rêves et les pratiques, les possibilités et les réalités anarchistes sont l’habituel bâton dans les roues. L’état en Italie, come ailleurs, cherche à détruite qui continue à faire obstacle à ses projets pour préparer le terrain à un ultérieur tournant autoritaire. Nous vivons une époque où un nombre toujours plus croissant de personnes vivent des expériences oppressives quotidiennes, dans ses formes racistes, patriarcales, et totalitaires, avec le chantage de la prison, risquant d’être enfermé.e.s dans un Centre de Rétention  ou déporté.e.s, de mourir au travail, durant un TSO* ou une rafle, de ne pas trouver les moyens de se séparer d’une relation violente, de vivre des genres et sexualités hors de la norme dans des conditions de marginalité, et plus encore. Selon les logiques de l’état pour maintenir l’ordre et veiller à la continuelle restructuration de l’appareil techno-industriel et coercitif à large échelle, il est nécessaire, entre autres choses, d’enterrer sous des années de prison, qui se bat depuis toujours contre les responsables de tout cela. Continue reading « Italie : Appel pour le rassemblement à Florence le 20 avril – 16 heures »

Faits et défaits

Comment faire pour exister [ou faire exister ces faits] sans répondre à aucun appel? Poser le problème, espère-t-on, est un premier pas pour tenter de le résoudre.
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Comme le disait un intellectuel dépourvu de tout virus subversif, « les actualités sont les événements, et les événements n’existent pas sans les actualités. Une information serait donc ce qu’une agence de presse écrit sur un fait réel et/ou inventé, parce qu’un fait en soi ne devient tel qu’à travers l’information qui le met au jour et acquiert l’importance précise que l’information -littéralement- lui donne. On peut en déduire que sans agence de presse, il n’y aurait plus d’informations : pour l’homme de la rue rien n’arriverait plus dans le monde… Sur la terre, chaque seconde dans un même moment théoriquement simultané, se produisent pourtant un nombre immense de naissances et de morts, de projets et de défaites, d’actions et d’inventions, de discours et de prises de conscience, de décisions et d’accidents : mais pour le public, leur valeur de ‘‘faits’’ dépend de ce que décident les agences. Dans l’infini fatras de ce qui arrive (ou n’arrive pas) dans le monde, la presse choisit jour et nuit un nombre restreint de thèmes, les manipule, les dramatise et, en vertu d’un accord tacite, les pose à l’attention des peuples et de leurs dirigeants… L’irréalité de notre siècle dépend du fait que la « réalité » à laquelle chacun de nous croit chaque matin est uniquement construite par la presse et par la radio, et souvent uniquement pour leur propre usage ».
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Plus d’un demi-siècle est passé depuis que ces lignes ont été écrites, et leur véracité saute malheureusement aux yeux, tant il est facile aujourd’hui de deviner l’avancée énorme accomplie par les mass médias en matière de fabrication des faits. Grâce aux nouvelles technologies, la production contemporaine de la réalité a pris une rapidité et une profondeur inimaginables il y a seulement quelques années. Dans un certain sens, celui qui crée les faits détermine la vie quotidienne. Il réussit non seulement à réguler le vote des électeurs, la politique du parlement et les cotations en bourse. Mais aussi nos états d’âme, nos préoccupations, et donc en fin de compte jusque nos propres actions. Parce que la plus grande partie de nos décisions se basent sur les faits qui nous sont reportés ou administrés, c’est-à-dire sur une réalité qui réussit à déplacer l’attention, à modifier les goûts, à imprimer des comportements. Continue reading « Faits et défaits »

Attaque !

Chaque matin, la sonnerie du réveil m’arrache de mon sommeil. Premier acte : j’allume mon téléphone portable.
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Avec les satellites, les nœuds de communication, les antennes etc, mon portable se synchronise avec ceux de tous les autres. Nous vivons la même vie en même temps. Connecté à internet, quelque chose d’invisible me transperce, mon téléphone envoie et reçoit en permanence. Une fois que le rythme de la nuit est tué par la sonnerie et que je me synchronise avec le monde connecté, un autre temps domine. Lestaccato des émissions en direct, de la disponibilité ininterrompue, celui de la mise à disposition permanente, des emplois du temps et des rendez-vous, des plannings et des impératifs. Deuxième acte : je débranche mon portable de sa prise. Sans électricité, il ne serait rien, juste du plastique et de la ferraille avec quelques éléments faits de métaux rares. Cet appareil peut fonctionner à l’aide de spécialistes et grâce à une production d’électricité dépendante du nucléaire et du charbon, à un réseau mondial, à cette infrastructure critique qui garantit jour après jour notre quotidien, protégée par la police et l’armée. Après avoir utilisé divers appareils qui ont eux aussi besoin d’un réseau – sans quoi ils seraient complètement inutiles –, je pose un pied dans la rue.

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La révolte des smartphones

La naissance de l’énième vague de contestation remonte à il y a peu (fin octobre). Cette fois, celle qui a été touchée par la rage de la société civile a été la Hongrie, dirigée par le conservateur Orban, dont le gouvernement a été le protagoniste de politiques réactionnaires et xénophobe dans son propre pays. Ce qui a exaspéré des dizaines de milliers de personnes a été le choix des autorités d’augmenter les prix de la navigation sur internet.

Ce sur quoi nous voulons réfléchir principalement, ce ne sont pas les raisons de cette contestation, mais une des pratiques utilisées par les manifestants. Sur les photos représentant la foule dans les rues de Budapest, on pouvait remarquer l’émergence d’une nouvelle forme de contestation : allumer simultanément de milliers de smartphones et téléphones portables comme acte symbolique contre la mesure du gouvernement. Voilà donc l’énième évolution de la contestation 2.0 !

Mais il y a un aspect vraiment intéressant dans tout cela : ces manifestations prennent la forme d’une « lutte » pour demander plus d’aliénation plutôt que pour viser une libération de la domination technologique, qui révèle ici une fois de plus son visage totalisant, annihilant tout désir humain qui n’entend pas se soumettre à la dictature du virtuel. Les opposants à cette nouvelle mesure du gouvernement hongrois sont visiblement parmi ces sujets prêts à livrer bataille seulement pour justifier et renforcer tout le mécanisme de domination techno-industrielle – producteur de misère, de dévastation, de domestication du vivant – et non pas pour le critiquer et l’attaquer.

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Castaner annonce son intention d’utiliser les marqueurs chimiques dès samedi prochain

Parmi les mesures anti-émeute annoncées lundi par le Premier ministre suite aux réjouissances de samedi sur les Champs-Elysées, figurent les marqueurs chimiques de vêtements mais aussi de peau, cheveux, poils, etc (il s’agit de deux techniques différentes).

-« Testés depuis plusieurs mois, les produits marquants codés (PMC) font partie des « moyens nouveaux » listés lundi par le Premier ministre pour identifier les casseurs.

Ils font partie des « moyens nouveaux » dégainés par Édouard Philippe pour lutter contre les casseurs après le saccage des Champs-Elysées ce week-end pendant l’acte 18 des Gilets jaunes. Les produits marquants codés, ou PMC, censés permettre d’identifier plus facilement les auteurs de dégradations, selon le Premier ministre, seront utilisables « dès la semaine prochaine », a assuré ce mardi matin le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, sur France Inter. »

(http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-produits-marquants-nouvelle-arme-pour-suivre-les-casseurs-a-la-trace-19-03-2019-8035257.php?fbclid=IwAR1AFYLO78TFof_MxjHukqwZSMAS1Mi6i3duJB1WrByYtyvmxLO6MqfZXFI)

Aussi : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/03/19/01016-20190319ARTFIG00101-manifestations-des-gilets-jaunes-qu-est-ce-que-le-marquage-code-evoque-par-le-gouvernement.php

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-19-mars-2019 (Castaner sur France Inter).

Et aussi :

Brèves « Gilets jaunes », France : L’Etat alourdit son arsenal anti-insurrectionnel après les émeutes du 16 mars

Turin (Italie) – Les oreilles de Mme Petrotta

À force d’avoir les oreilles qui sifflent, le problème a finalement été trouvé et résolu. Les longues oreilles de la police et du procureur Pedrotta sont celles qui ont écouté secrètement les voix de la vie quotidienne et les mots échangées dans la cuisine du logement situé au cinquième étage de la maison occupée au 45 Giulio Cesare pendant deux ans et demi. Ce sont ces micros qui ont rassemblé des enregistrements, transcrits plus tard dans les dossiers de la dernière enquête, apportant la preuve que les personnes inculpées se connaissaient, parlaient ensemble régulièrement, s’inquiétaient de la création d’une base de données ADN et de l’impossibilité de résister au prélèvement, discutaient de la rédaction d’un texte à publier ou discutaient de ce qui les regardent.

À force d’écouter et de fourrer le nez dans la vie d’autrui on espère, au moins, que Mme Pedrotta, ait avalé de  travers ou qu’elle ai loupé la marche.

 repris de macerie

Trente : six micros et une caméra retrouvés

A la suite de « l’opération Renata » qui a conduit à l’arrestation de sept compagnons et compagnonnes et à une cinquantaine de perquisitions pour la plupart à Trente et à Rovereto, mais aussi à Rome, à Naples et à Cagliari, nous avons décidé de contrôler nos habitations, à la recherche d’oreilles ennemies. 

En fouillant dans les boîtiers de prises et d’interrupteurs, nous avons trouvé 6 dispositifs accoustiques, des puces avec microphones, batterie, sim et carte mémoire (la sim et la carte mémoire étaient présentes dans chacunes sauf pour une).

Deux d’entre eux étaient situés à deux endroits différents du salon, l’espace commun de la maison. Un autre se trouvait dans le couloir qui mène de l’entrée aux chambres et au reste de la maison, les trois dernièrs ont été trouvés dans les chambres personnelles, une pour chaque chambre.

En cherchant mieux, nous avons remarqué qu’un micro placé au-dessus de l’interphone dans le couloir (celui sans carte sim ni carte mémoire) était équipé d’un canal de transmission vidéo. Nous avons découvert que les câbles étaient connectés à l’interphone, à l’intérieur duquel une caméra avait été montée avec un travail très précis. Comme le montrent les photos ci-dessous, l’objectif de la caméra pouvait observer à travers un petit trou déjà présent dans la structure d’interphone légèrement travaillé pour être adapté à l’appareil. Ce qui permettai aux flics de contrôler l’entrée de la maison, le couloir et même les portes des chambres privées des locataires.

C’est la deuxième fois que nous trouvons une caméra dans une maison habitée par des compagnons, ce qui montre un clair saut en avant en matière de répression.

Non seulement au téléphone, dans la voiture, pendant les assemblées, à la maison, mais également surveillé chez nous minute après minute et allant même jusqu’à écouter l’intimité de nos chambres à coucher.

Ces découvertes ne font que nourrir notre colère et notre haine pour la Digos et la Ros, ce à quoi nous voudrions dire qu’il ne suffira pas de nous observer de plus près et de nous faire sentir le souffle dans le cou pour nous faire peur et nous faire revenir sur nos idées.

des compagnons et compagnonnes espionnés

ci-dessous quelques photos des dispositifs :

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Pris dans la toile

En quelques décennies, le monde entier a été recouvert par différentes nouvelles toiles. Internet, réseau de téléphonie mobile & co… Avec quelle rapidité cette toile allait se développer, à quel point elle se tisse de manière toujours plus serrée… quasiment personne n’aurait osé le prédire. Les câbles en fibre optique tirés comme des veines sous les villes, les signaux vibrant dans l’air à toujours plus haute fréquence, les antennes, les modems,les portables, le wifi, le home monitoring, les objets « intelligents », les smart cities…

Aujourd’hui, on parle de manière inflationniste de réseaux sociaux, de mise en réseau, de toile, etc. Ces concepts se frayent un chemin dans le vocabulaire des entreprises, de la politique, de groupes d’intérêts et de cercles d’amis… en réalité, on en entend parler presque partout. Cela correspond à une transformation complète des théories sur l’organisation, ce qui ne devrait pas surprendre, puisqu’en même temps l’ensemble de la société se restructure sur de nouvelles bases.

Mais quel est le but d’une toile ? C’est clair : une araignée tisse sa toile pour attraper des insectes qu’elle peut ensuite dévorer vivants. Un pêcheur a besoin de filet pour attraper des poissons. Alors à quoi sert le magnifique nouveau réseau qui s’étend sur le monde entier, élaboré par différentes entreprises et institutions étatiques et dont le développement semble sans fin ? Et bien, ceux qui le tissent et le financent visent avant tout à une chose : le Capital. Tout ce qu’attrape ce réseau se transforme en informations sous forme de zéros et de uns, en informations potentiellement exploitables représentant davantage de capital pour les « up to date ».

Ce réseau se déploie depuis maintenant quelques décennies, et beaucoup y voient encore un bon potentiel de développement. Pourquoi ne pas intensifier son extension au-dessus de l’architecture urbaine ? Le faire pénétrer dans les appartements ? Ou même à l’intérieur des corps humains ? Cela fournirait bien plus d’informations encore. De l’information détaillée, de l’information supposément susceptible de refléter l’ensemble de la réalité,ce qui équivaudrait à encore beaucoup plus de capital. Du capital sous forme de sécurité, de contrôle, de vitesse,de prévisions et de prévisibilité…

La restructuration actuelle destinée à perpétuer le capitalisme provoque aussi des changements dans les rapports sociaux. Cela se dessine depuis longtemps. On renonce de plus en plus à certaines choses aujourd’hui quelque peu démodées, même si cela pourrait bien sûr changer encore à l’avenir. Dans la famille, à l’école, au travail, les comportements personnels directement et ouvertement autoritaires se transforment au fur et à mesure que la relation humaine directe et non médiée passe en tant que telle progressivement à l’arrière plan.Ils cèdent régulièrement la place à la logique de réseaux collaboratifs, des réseaux ”transparents” constituant dans le meilleur des cas une maille productive supplémentaire dans la grande toile. La domination en devientde plus en plus impersonnelle, et il est toujours plus difficile de voir selon quel algorithme nous sommes entrain de danser, comment il a été programmé et qui contrôle le programme… Comme des mouches dans unetoile d’araignée, nous voilà bien englué-e-s, à la différence près que selon toutes les apparences, il semble quenous ayons été privé-e-s de l’instinct de nous faufiler et de tout simplement essayer de nous échapper en volant.Souvent, nous ne savons même plus ce que voler veut dire.

A mon avis, en tant qu’anarchistes, nous ne devrions pas accepter si facilement le discours des réseaux etc. La toile est un filet pour attraper, dans lequel on s’empêtre et duquel on peut à peine sortir. Nous devrions bien plus baser nos luttes sur une organisation souple, une libre association pouvant toujours et directement être déliée par celles et ceux qui y participent à partir du moment où cela fait sens, et préférer le rapport non médié,refusant les normes sociales et toute hiérarchie, au-delà des algorithmes et des programmes.

Et pendant que manifestement beaucoup tombent littéralement comme des mouches dans la toile, appâté-e-s ad nauseam par des images scintillantes, des commodités et des gadgets faciles, nous ferions mieux de réfléchir à comment passer à travers les mailles du filet, comment en briser les fils, jusqu’à ce que l’ensemble de la toile se déchire !

 

 https://fr.theanarchistlibrary.org/library/pris-dans-la-toile.pdf

Des micros dans les rues de Sainté

A Sainté, des micros dissimulés dans le mobilier urbain pour écouter la rue… mais pas d’inquiétude, la CNIL a dit oui. 

La smart city, on dit tou·te·s oui ?

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Saint Etienne Metropole et Serenicity, une filiale du marchand de mort Verney Carron, sont heureux de vous annoncer l’installation prochaine de micros dans le quartier Beaubrun Tarentaize.
Une expérimentation grandeur nature de la Smart City.
Cela va permettre d’appeler directement les pompiers s’il y a un accident sur la route, et ainsi la mamie du 3en’aura plus à composer le 18. Quelle révolution !
Ce n’est pas pour fliquer, c’est pour améliorer nos vies. Nous rendre joyeux en quelque sorte. On pourra même enregistrer le chant des oiseaux, enfin s’il en reste encore…

La Smart City, quel merveilleux filon pour ces villes à la recherche d’un développement économique infini et ces startuppers en mal de reconnaissance.
La ville va être intelligente, car nous sommes trop cons. Alors il y a des gens bien intentionnés qui ont tout prévu pour nous rendre la vie facile et heureuse.
Eduquer ces pauvres qui gaspillent l’eau et l’électricité, en les équipant de mouchards. Imposer le numérique dans notre quotidien, en le rendant incontournable.
En attendant le tram, tu te reposais sur un vulgaire banc en bois. Maintenant tu poses ton cul sur un siège design connecté. Merci la smart city, merci la vie.

La Smart City est un vrai projet politique. Le déploiement massif des technologies numériques permet d’asservir et contrôler davantage la population. C’est aussi extraire des matières premières rares, polluer la Terre et consommer toujours plus d’énergie.
Réprimer nos libertés et détruire davantage la nature, voilà le vrai visage de la ville numérique.

Sainté Smart city, non merci !

https://lenumerozero.lautre.net/Vous-etiez-filme-e-s-vous-serez-bientot-ecoute-e-s

Le contrôle technologique

Il est difficile de saisir le niveau d’incompréhension dans lequel nous sommes presque tous en ce qui concerne l’un des principaux objectifs de la technologie, le contrôle.

Le pouvoir, à tous niveaux, cherche à connaitre les réactions des dominés, des préférences alimentaires aux niveaux moyens d’instruction des choix politiques en général aux orientations spécifiques (la droite et la gauche sont désormais obsolètes), des choix d’habillement à la distribution des revenus, tout comme tant d’autres choses rapidement enregistrées et tout aussi rapidement éliminés par la recherche statistique.

De gros efforts et de nombreux investissements ont été consacrés pour comprendre ces flux d’orientations et pour les maintenir sous contrôle, les empêchant de formuler des demandes excessivement précises et peu prévisibles. Ainsi quand sont apparus (plus ou moins) à l’improviste des comportements jamais observés auparavant, comme dans le cas de mai 68 par exemple, non seulement, le pouvoir a rapidement cherché à les analyser, mais en examinant de manière approfondie le phénomène, s’est aperçu rapidement que les nouvelles tendances n’étaient pas tout à fait hors de contrôle et qu’il suffisait d’ajuster un peu le contrôle sur la circulation de certains modèles de fonctionnement prédominants pour que tout retourne vers la soi-disant normalité.

La présence massive de la technologie dans n’importe quel aspect de la vie sociale  contemporaine n’est pas pleinement comprise si nous n’analysons pas le vieux dualisme entre humanisme et technique. Cette séparation s’est tout d’abord affaiblie puis a complètement disparu à cause de l’affaiblissement du niveau de culture générale moyen. D’un côté les études techniques, même au niveau universitaire, forment principalement des ouvriers spécialisés malgré leur diplôme, alors que le secteur humaniste, qui devrait faire la différence d’un point de vue culturel, poussant les techniciens à dépasser leur environnement mecanico-technique fermé, s’est appauvri au point de produire à peine quelques lettrés. Il y a encore quelques exceptions, quelques centaines de personnes particulièrement suivies par le pouvoir, utilisées pour améliorer leurs systèmes de recherche et leurs projets de contrôle.

En soi, l’accès à la technologie dans le domaine culturel a favorisé l’appauvrissement général, puisque pour certaines utilisations de la recherche, excluant donc la simple exécution des projets, il n’y a pas besoin de grandes exigences culturelles mais seulement de compétences techniques spécifiques. Dans ces conditions, il est devenu extrêmement difficile, voire impossible, de comprendre l’intrusion de la technologie dans toute la vie de l’homme contemporain. Notre cerveau rendu débile nous pousse à penser qu’en éteignant simplement le téléphone portable de service ou en évitant les circuits de vidéosurveillance, nous pouvons nous opposer à un processus qui à non seulement d’autres potentialités mais aussi bien d’autres intentions. Continue reading « Le contrôle technologique »

Encore des précisions à propos du keylogger retrouvé en Italie

En octobre 2018, un article a été publié sur plusieurs sites web à propos d’un logiciel de surveillance de type keylogger retrouvé en Italie sur un ordinateur, et installé par les flics. Cet article peut être consulté en plusieurs langues :

Bien que cet exemple de surveillance se situe plutôt en dehors de notre sujet (on souhaite plutôt se limiter à l’étude des dispositifs de surveillance physiques, comme indiqué dans notre appel à contributions), on a trouvé intéressant d’en parler quand même.

Nous avons reçu par mail des précisions concernant ce logiciel de surveillance, qui expliquent certaines choses restées inexpliquées dans l’article d’octobre 2018. Nous avons résumé ci-dessous les nouvelles informations. Ces informations sont à prendre avec précaution, étant donné que le logiciel de surveillance n’a pas pu être analysé correctement (le disque dur de l’ordinateur infecté par le logiciel de surveillance ayant été effacé après la découverte du logiciel).

  • Le système d’exploitation de l’ordinateur infecté par le logiciel de surveillance était Windows.
  • Le logiciel a été installé à distance par Internet. Il est resté sur l’ordinateur pendant quatre ans. Lorsque l’ordinateur était ré-installé/formatté, le logiciel de surveillance était de nouveau installé à distance par Internet.
  • Apparemment, le logiciel avait besoin d’une connexion à Internet constante pour espionner et pour envoyer les informations collectées. Il n’était pas capable de sauvegarder des données localement pour les envoyer plus tard.
  • Le logiciel était capable d’enregistrer le texte tapé sur le clavier, de prendre régulièrement des captures d’écran, et, selon les mesures de protection présentes sur l’ordinateur, d’enregistrer les communications entrantes et sortantes (pages web visitées, etc).
  • L’existence du logiciel a été découverte grâce à des fichiers d’enquête.

Le logiciel a été fourni aux carabineri (flics italiens) par l’entreprise italienne Neotronic. Ci-dessous, un extrait de la présentation du logiciel par Neotronic, traduit en français :

Il est à noter que le système NID (Neotronic Internet Decoder) est capable d’obtenir “en clair” toutes les communications envoyées/reçues par l’utilisateur ciblé, tant qu’elles ne sont pas protégées par des techniques de chiffrement inattaquables. Si, pendant la durée de l’écoute, des communications chiffrées sont détectées (par exemple des communications Black Berry chiffrées, Skype, de la “voix sur IP” chiffrée, pages web en HTTPS, etc.), il est possible d’interpréter le contenu de ces communications, après évaluation des mesures de sécurité prises par l’utilisateur (pare-feu, antivirus, anti-malware) et des applications utilisées, grâce à notre agent informatique Enhanced Law Enforcement Neotronic Agent (ELENA), qui peut également fournir des captures d’écran régulières du bureau de l’ordinateur ciblé, et le texte tapé sur le clavier connecté à l’ordinateur utilisé par l’utilisateur ciblé (y compris mails chiffrés).

desoreillesetdesyeux

Pendant que les braves travailleurs et les honnêtes citoyens dorment …

Pendant que les braves travailleurs et les honnêtes citoyens dorment, d’autres s’affairent à des tâches plus passionnantes que reposer sa force de travail pour la remettre jour après jour au service d’un patron.

Faisons par exemple un tour du côté de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), près du Havre. C’est là que vers 4h30 du matin, rue des Marais, un joujou des Douanes a été incendié sur leur propre parking. Cette merveille de technologie permet aux douaniers de « radiographier » en quelques minutes la totalité d’un poids-lourd. Tracteur, chassis, roues, remorque, conteneurs : tout y passe et chaque élément apparaît sur un écran de contrôle. Cela s’appelle un camion-scanner aux rayons X (voir photo), notamment utilisé pour des contrôles inopinés au bord des grands axes fréquentés par les poids-lourds, qui peut en scanner plus de dix en une heure. Ces camions-scanners permettent de détecter les migrants cachés ou encore les chargements illicites (« on se concentre essentiellement sur les cigarettes, les stupéfiants, les armes… », disait un directeur des Douanes il y a quelques mois), et il n’en existe que quatre en France, au coût unitaire de 2 millions d’euros. Deux camions scanners sont postés en permanence dans les ports de Marseille et du Havre, tandis que les deux autres sillonnent constamment l’Hexagone.

Quatre moins un, faudrait-il dire depuis le 7 janvier, après cette attaque incendiaire au Havre qui s’est produite juste sous le nez des Douaniers pendant qu’ils songeaient à d’autres belles prises. Il suffit parfois de peu, par exemple de quelques allumettes, pour que les rêves de flics virent au cauchemar…

La suite sur https://sansattendre.noblogs.org/

Italie : Mise à jour sur la répression – la méthode Udinaise

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Des anarchistes 
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* Pennivendolis : écrivains-vendus, personne qui se met au service de qui lui procurera le plus d’avantages économiques et autres.
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Repris de https://anarhija.info

Encore une idée sordide d’Amazon : des sonnettes vidéo directement reliées à la police

Et si la caméra de votre porte d’entrée avertissait automatiquement la police lorsqu’elle reconnaît une personne « suspecte » ? Voilà l’idée derrière un des derniers brevets déposés par Amazon, le 29 novembre 2018.

Black Mirror, épisode 247 : Amazon a déposé un brevet pour une technologie de reconnaissance faciale liée à des caméras de sécurité pour les portes d’entrée. Le logiciel recouperait les images capturées avec une base de données — personnalisable par l’utilisateur —  de personnes « suspectes », et appellerait immédiatement la police. Sans qu’à aucun moment, il y ait une intervention humaine.

C’est une nouvelle fois l’association américaine des libertés civiles (ACLU) qui tire la sonnette d’alarme. Certes, il ne s’agit que d’un brevet, et donc cette technologie ne verra peut-être jamais le jour, mais rien que le dépôt expose la position d’Amazon sur la reconnaissance faciale.

Une caméra reliée à la banque de personnes « suspectes » de la police.

Le brevet porte sur un système intégré aux services de police. Il relie les visages des personnes qui marchent à proximité d’une caméra de surveillance placée sur une porte d’entrée, avec une base de données de personnes « suspectes  ». Si le visage reconnu correspond à un des profils de la banque de données, le système contacte immédiatement la police.

Repris de la presse

(https://www.numerama.com/tech/447644-la-derniere-idee-sordide-damazon-des-sonnettes-video-directement-reliees-a-la-police.html)

Sainté se laissera-t-elle googliser ?

Le personnel du service de comm’ de Perdriau doit être en burn-out tant ses apparitions médiatiques ont été nombreuses ces derniers jours. Si on a du mal à suivre le rythme, on est pas passé à côté de cette info annoncée la semaine dernière : la multinationale Google a choisi Saint-Étienne pour ouvrir son deuxième « atelier numérique » en France.

 

La concurrence était rude, avec des villes comme Clermont-Ferrand ou Grenoble, mais c’est bien Saint-Étienne que Google a choisi pour implanter son atelier et ça, ça rend tout fier M. Perdriau qui fait le faramelan : « C’est la juste reconnaissance que notre écosystème numérique dans l’agglomération stéphanoise fait partie des plus performants, sur un territoire parmi les plus dynamiques pour développer les startups« . (Startup Nation Reprezent !)

Bien évidemment, les ateliers numériques de la GAFA seront installés dans la maudite cité du FrenchTech Design. D’après un article de L’Essor – journal local consacré au Dieu-économie : « Le groupe annonce vouloir proposer, « main dans la main avec nos partenaires publics et privés, des formations aux outils numériques, gratuites et pour tous », citant en exemple « Le Mixeur, tiers-lieu novateur situé dans le quartier créatif de la Manufacture à Saint-Étienne ». Des formations destinées aux novices et aux professionnels, présentées comme sur-mesure pour développer ses compétences numériques, s’adressant à des étudiants, parents, gérants d’une PME, d’une association ou à de simples particuliers.

La suite ici : http://lenumerozero.lautre.net/Sainte-se-laissera-t-elle-googliser

NB. Ici aussi  https://sansattendre.noblogs.org/post/2018/09/28/nancy-france-apres-rennes-google-simplante-en-plein-centre-ville/

Quelques retours sur la lutte contre Google à Berlin, extrait du journal Avalanche, n°11 , dispo ici : https://avalanche.noblogs.org

À propos des expertises à Ambert

Dans les épisodes précédents, on évoquait le fait que la juge d’instruction avait émis des « ordonnances de commissions expertales » afin de faire analyser les matériels informatiques et biologiques saisis lors des perquisitions (voir À propos de communication publique, de silence obstiné et de tricot policier). Les résultats de l’expertise sont désormais connus et, la nécessité de les rendre publics paraissant évidente, ce texte évoquera les quelques éléments qui nous semblent les plus significatifs.

Déjà il peut être important de donner quelques repères chronologiques. Les éléments analysés ont été saisis le 28 mars 2018 lors de 3 perquisitions simultanées à Ambert. Les analyses n’ont débuté que le 25 mai à la demande de la juge d’instruction en charge de l’affaire. Celle-ci a demandé à ce que les résultats lui soient remis le 30 juin. Elle a reçu le rapport d’expertise génétique le 3 août et le rapport d’expertise informatique le 17 septembre. Le rapport sur les rapprochements de traces biologiques avec d’autres inscrites aux FNAEG lui a été remis le 26 octobre. Les résultats ont été transmis à la défense début novembre.

Pour rappel, le matériel informatique a été analysé par l’IRCGN de Pontoise (Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale). En tout, ce sont cinq ordinateurs qui ont été décortiqués. Trois de ces machines étaient cryptées avec LUKS (système de chiffrement de disque dur disponible avec Linux) et n’ont pas pu être exploitées par les méchants. C’est toujours une bonne nouvelle de mettre les flics en échec même s’il faut garder en tête que les disques durs qui n’ont pas pu être décryptés sont quand même copiés et que si un jour les algorythmes de déchiffrement utilisés par les keufs sont plus performants, ils pourront peut-être avoir accès aux informations.

Dans le même temps, le matériel biologique était envoyé au laboratoire Biomnis de Lyon. On compte essentiellement parmi les 14 éléments analysés des brosses à dents, des mégots et des gants. L’expertise a permis de déceler huit profils ADN, six profils dits masculins et deux profils dits féminins. Seuls deux de ces profils correspondent à des identités déjà inscrites au FNAEG. Par contre, les informations génétiques de trois profils non identifiés correspondent avec des traces d’ADN prélevées dans le cadre d’autres procédures, une rattachée à l’INPS de Paris et les deux autres à l’INPS de Toulouse (Institut National de Police Scientifique).

Nul doute que le tandem infernal police/justice cherchera à utiliser ces résultats pour tenter de créer la chimère tant recherchée : un réseau anarchiste articulé entre plusieurs lieux. A la fin de ce texte y a trois liens qui racontent un peu des instructions similaires en cours dans d’autres coins du pays. Qu’ils s’amusent comme ils veulent avec leurs manipulations, en attendant on fait passer ces quelques infos en espérant que ça puisse filer des billes à d’autres qui seraient/pourraient se retrouver dans ce genre de situation. Parce que la machine judiciaire tire aussi sa force du voile opaque qui l’entoure, on continuera de trouver du sens à rendre visibles leurs mouvements autant que possible.

Que crève la justice, ses procédures et ses experts !

Big up aux incendiaires du tribunal de Montreuil et à toutes ceux qui s’en prennent aux rouages de la répression !

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– Instruction de Limoges : https://labogue.info/spip.php?article292

– Instruction de Toulouse : https://iaata.info/Toulouse-une-instruction-en-cours-pour-une-action-au-siege-de-l-UMP-en-2015-2708.html

– Instruction de Bure (attention article repris de la presse mainstream mais assez détaillé) : https://bureburebure.info/bure-le-zele-nucleaire-de-la-justice-article-de-presse/

repris d’Indy Nantes

Saint-Julien-des-Landes (Vendée), 11 décembre : saboter la technologie

Dans la nuit du lundi 10 au mardi 11 décembre, l’antenne téléphonique située rue du Cimetière, à proximité du garage Renault a été vandalisée. Des individus auraient dérobé des pneus et des bombes aérosols pour les placer au pied de l’antenne avant d’y mettre le feu.

De fortes explosions et la lueur des flammes ont alerté les riverains. Les pompiers des Achards et de La Roche-sur-Yon sont intervenus et ont maîtrisé l’incendie qui menaçait le central téléphonique et le garage à proximité. Cet acte de malveillance a donc occasionné d’importantes perturbations sur le réseau et de nombreux usagers qui n’ont pas de téléphones fixes, ont été impactés.

Installation d’une antenne provisoire

Par mesure de sécurité, l’accès au cimetière a été interdit à la circulation, les jours suivants. Depuis, l’opérateur Orange a fait savoir qu’une antenne provisoire serait installée prochainement. Le maire, Joël Bret, a demandé que cette antenne soit opérationnelle au plus vite pour dépanner les nombreux usagers privés de téléphone.

Quant à l’antenne définitive, il faudra compter plusieurs semaines voire plusieurs mois avant son installation. Une enquête est ouverte pour faire toute la lumière sur cet acte de vandalisme.

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-sables-dolonne-85100/saint-julien-des-landes-l-antenne-relais-vandalisee-des-habitants-prives-de-telephone-6135051

Quelques MAJ autour du FNAEG

On vous en parlait il y a quelques jours (article plus bas), l’assemblée nationale a FINALEMENT reculé sur le FNAEG (fichier des ADN) et sa réglementation.

On pensait qu’ils et elles allaient nous enfumés en beauté, mais comme quoi, il faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer… Donc, en date du 18 décembre, le rapporteur M.Paris supprime toute notion ADN codant dans l’article 50 concernant le FNAEG.

Amendement sur 18 décembre

La suite au prochain épisode bien sûr !

ps : la flicaille doit l’avoir mauvaise


Nouvelle loi sur le FNAEG : ça à bougé !

Bon alors!

Suite à l’amendement dont on parlait mi-novembre concernant le FNAEG dans le cadre de la loi sur la justice, la CNIL a émis une réserve importante, et du coup y’a eu quelques articles qui en ont parlé un peu.. Vous pouvez le lire ici : https://www.cnil.fr/fr/donnees-genetiques-les-reserves-de-la-cnil-sur-lamendement-portant-sur-lelargissement-du-fnaeg.

Comme la classe politique fait semblant que la CNIL serve à quelque chose, les députés ont modifiés leur amendement, pour supprimer les phrases concernant la recherche par « lien direct » et la partie « codant « non codant ».

A lire ici : http://www.assemblee-nationale.fr/15/amendements/1396/AN/1322.asp

Ouf !

Non, on rigole.

En fait, leur modification c’est « presque » du bidon.

On reprend.

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La reconnaissance faciale testée dès janvier 2019 à l’entrée de deux établissements à Nice et à Marseille

La technologie est développée par la société Cisco systems.

La CNIL a donné son feu vert à la Région Provence Alpes Côte d’Azur pour lancer l’expérimentation de la « comparaison faciale » dans les lycées.

Des dispositifs seront testés dès le mois de janvier dans deux établissements: Ampère à Marseille et les Eucalyptus à Nice.

Il s’agit d’installer des portiques visuels de contrôle d’accès développés par Cisco, une société américaine.

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Trois caméras de surveillance extérieures retrouvées lors d’une journée de soutien

Anecdote

Une des deux caméras de modèle “BOLYGUARD MG983G” retrouvées lors de la journée de soutien

Septembre 2018, dans une petite campagne sarthoise de 300 habitant.es.

Pour répondre à l’appel à soutenir financièrement et matériellement la résistance à la poubelle nucléaire à Bure, nous décidons d’organiser une journée de soutien dans notre lieu de vie. Au programme, conférence gesticulée, temps d’échange sur la situation actuelle de la lutte, cantine et concerts.

Jour J, les premières personnes arrivent en début d’après-midi, en voiture, en vélo ou à pied depuis le bourg. (Il est important de noter que le lieu se trouve au bout d’un chemin de 250m bordé d’un champ d’un coté, et d’une haie d’arbres de l’autre côté).

Vers 15h, une des participantes qui est arrivée à pied en empruntant le chemin nous fait remarquer qu’il y a un appareil non identifié au sol dans les herbes. Une des organisatrice décide de l’accompagner pour aller voir. Le dispositif est ramené et analysé. Il s’agit d’une caméra de surveillance à distance de modèle BOLYGUARD MG983G.

Une équipe se monte pour aller vérifier que d’autres appareils ne sont pas planqués. *Bingo*, deux autres sont dénichés dans ce même chemin. L’un fixé à une hauteur d’environ 80cm dans un arbuste, le même que le premier trouvé, et l’autre à environ 1m20 fixé au tronc d’un arbre. Celui-ci ressemble à un drôle de boîtier rectangle mais reste une caméra de surveillance à distance, cette fois-ci de modèle RECONYX HYPERFIRE SM750.

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Des oreilles et des yeux

Les dispositifs en question sont variés : microphones, caméras, balises de localisation. Les espaces visés peuvent être tous les espaces qu’on traverse : bâtiments, véhicules, espace public. Ces pratiques sont parfois légales, réalisées avec l’accord d’un juge d’instruction par exemple, et parfois non, réalisées par les services de renseignement hors d’un cadre légal.

On a constaté le manque d’informations disponibles autour de nous sur ce type de surveillance. Quelle est l’utilisation réelle de ces dispositifs par les services de renseignement ? Quels types de dispositifs sont utilisés ? Dans quels contextes ? Avec quelle efficacité ? Quels moyens mettre en place pour contrer ce type de surveillance ?

Du coup, on a décidé de collecter des informations à ce sujet, avec l’idée d’écrire et de publier une brochure d’ici quelques mois. On souhaite se concentrer dans cette brochure sur la surveillance exercée par les services de renseignement et de police politique des États en Europe à l’encontre d’individus ou groupes pratiquant des actions subversives. De plus, on se limite à l’étude des dispositifs de surveillance physiques dissimulés dans les espaces traversés par les individus ou groupes surveillés (on ne parlera donc pas d’autres types de surveillance comme les filatures, les écoutes téléphoniques ou la surveillance d’Internet).

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Montpellier : À l’ombre des caméras

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Montpellier Poing Info, 14 novembre 2018 
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Une nouvelle caméra de surveillance vient d’être installée au niveau de la cité Gély, à l’angle de la rue Ronsard et de la rue du faubourg Figuerolles, à Montpellier.
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Une caméra similaire a récemment été posée rue Daru, entre Plan Cabanes et la place Salengro.
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Évacuation spectaculaire du squat cours Gambetta hier après-midi, descentes régulières de la police à Plan Cabanes, installation de caméras… : la « rénovation » de Figuerolles entreprise par les autorités publiques ressemble à s’y méprendre à une véritable politique répressive menée contre les habitant·e·s de Figuerolles, dernier quartier populaire proche du centre-ville.
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Sans transition (ou presque), le 20 septembre dernier, à une trentaine de mètres de la nouvelle caméra de la cité Gély, une remorque de chantier s’est désintégrée sous l’effet d’une explosion d’une bouteille de gaz provoquée par un incendie volontaire.Pour en savoir plus sur la gentrification à Montpellier,  cet article.
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Italie : Contre l’oeil du pouvoir

Depuis ce morceau de terre appelé Italie, dans une région appelée la Romagne.
C’était une nuit de pleine lune, ou peut-être une nuit noire comme un corbeau, ou peut-être que c’était toutes ces nuits qui …

Choisi de vivre la ville non plus comme un garrot de ciment et de trajets obligatoires, mais dans la tentative de décider, de choisir la route, de dépasser les obstacles; de jouer à cache-cache avec tous les agents de contrôle, humains ou machines (qui se ressemblent alors et se confondent de plus en plus) et d’attaquer ce présent qui nous donne tant de rage et autant d’objectifs.

Lorsque nous prenons la capacité et le temps pour agir, nous nous donnons le moyen de saper l’oppression que nous subissons chaque jour; lorsque nous décidons d’attaquer la megamachine de cette chaîne d’oppression, nous nous sentons également un peu mieux, même un peu plus libres, un peu plus nous-même, avec notre autodétermination.

Nous nous en sommes pris (coupé, démonté, obscurci) aux  systèmes de vidéosurveillance, car ils sont l’incarnation (sans viande), [ndt : jeux de mots incarnare senza carne, carne=viande en italien] de la société du spectacle et de ses objectifs omniprésents.

Nous nous en sommes pris aux caméras (en mettant hors service cinq ici et trois  et puis deux autres encore) parce que nous n’oublions jamais que beaucoup de nos compagnon.nes et affines sont en prison ou sous enquête à cause de ces maudites prises de vues.

Nous avons choisi d’agir pour renforcer ces mots et parce qu’il nous semble que la communication par l’action est un moyen formidable de débattre!

Contre toute hiérarchie, même celle qui mettent le feu plus haut que la pierre, la pierre plus haute que les ciseaux, les ciseaux plus haut que les embruns …
Contre toute autorité, même lorsque le moment d’action nous oblige à déléguer des tâches ou que nous ne nous sentons moins préparé.e.s que d’autres plus « espert.e.s » que nous, ou cristallise des rôles d’autorité.
Pour la multiformité d’attaque joyeuse et destructrice.

Une forte accolade à tout.es les prisonnier.es anarchistes partout dans le monde!

repris de https://anarhija.info/library/italia-contro-l-occhio-del-potere-it

Vidéosurveillance : Le réseau d’identification « intelligent » par caméras arrive en fRance

https://information.tv5monde.com/info/surveillance-le-reseau-francais-intelligent-d-identification-par-cameras-arrive-242520

Copie d’écran d’une vidéo promotionnelle pour le logiciel de détection et identification de visages « Morpho argus », vendu à la police néerlandaise. Un autre logiciel de « détection de suspects », « Morpho Video Investigator » a été lui vendu en 2016 à la police nationale française par l’entreprise française leader en biométrie : Safran. Le principe d’intelligence artificielle d’analyses des visages à capacités prédictives est au cœur de ce type de logiciels.

La reconnaissance faciale « intelligente » est annoncée comme une nécessité pour le ministère de l’Intérieur. Le modèle chinois de contrôle et surveillance de la population par des caméras et des algorithmes d’identification des personnes semble inspirer le gouvernement et l’administration française qui lance des expérimentations et des partenariats. Explications.

L’identification en temps réel des personnes par des réseaux de caméras de rue n’est plus un fantasme de film d’anticipation : la Chine a massivement déployé ces sytèmes et s’en vante. Le « réseau céleste » — ainsi nommé par le gouvernement central — de près de 200 millions de caméras, est un œil géant piloté par des intelligences artificielles qui travaillent jour et nuit à analyser les millions de visages des passants des grandes villes chinoises. Un journal de Hong Kong — cité dans le Courrier international —  l’Apple Daily, résume les capacités surhumaines du « réseau céleste » avec délectation :

Le système peut identifier en temps réel avec exactitude le type de voiture, l’habillement, le sexe et même l’âge d’un passant… Ces informations sur les passants s’affichent automatiquement à l’écran. Quand il s’agit d’un criminel recherché, l’alarme du système se déclenche en montrant les données le concernant sur l’écran.Extrait du Courrier International : « Surveillance. Le “réseau céleste”, version chinoise de Big Brother », le 28/09/2017
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Au début de la rivière

Autour de la lutte contre le Campus Google à Berlin
Mai 2017 – Berlin

Ce texte espère être plus qu’une brève esquisse de la lutte contre un Campus Google dont la construction est prévue à Berlin. Il cherche à communiquer, impulser des discussions et soulever des questions qui puissent aider à penser une lutte spécifique, ainsi qu’à analyser les projets du pouvoir, à un niveau international. Avalanche se prête bien à ces questionnements et analyses. Le texte suivant est bien plus une tentative de communication entre anarchistes, avec l’intention de développer un espace pour agir de manière offensive, qui ne reste pas juste dans l’action symbolique et ne puisse pas être limité par les
frontières.
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Fin 2016, lors d’une conférence de presse, était présenté le projet de Google d’ouvrir un campus à Berlin. Un Campus Google comme il en existe déjà à Londres, Varsovie, Sao Paulo, Séoul, Madrid et Tel Aviv. Le Campus de Berlin devait (bien sûr dans l’intérêt de Google, mais pas seulement) mettre à disposition de l’espace pour des start-up, proposer des workshops pour experts et amateurs, et héberger un « Google-Café ». Comme lieu pour tout cela a été choisi un vieux transformateur dans le quartier de Kreuzberg. Google a demandé un permis de construire pour commencer les travaux dans le bâtiment du vieux transformateur pour pouvoir ouvrir le campus fin 2017. Après la „Facotry“ dans le quartier de Mitte, un campus de start-up appartenant à plusieurs entreprises dont Google, le Campus Google serait un pilier supplémentaire dans l’implantation de l’entreprise à Berlin. Mais le projet d’un Campus Google à Berlin n’est pas seulement dans l’intérêt de l’entreprise, mais aussi dans l’intérêt du gouvernement. Non seulement le maire actuel de Berlin, présent à la première conférence de presse, faisait les louanges de Google et expliquait quelle chance représenterait un Campus Google pour le développement économique de la ville. Mais lors d’une séance du sénat, on pouvait entendre également que le sénat se rangeait pleinement derrière les plans de Google.

Les raisons de mener un projet anarchiste offensif contre les projets de Google et du pouvoir sont diverses. D’une part, les quartiers de Kreuzberg et Neukölln (le quartier le plus proche du vieux transformateur de Kreuzberg) sont depuis longtemps des endroits où une intervention anarchiste est visible; par exemple, la bibliothèque anarchiste Kalabalik est dans le même pâté de maisons que le vieux transformateur. Mais Kreuzberg et des partis de Neukölln sont aussi concernées par une restructuration massive. Ces quartiers étaient autrefois des quartiers populaires, mais ils ont beaucoup changé ces dernières années (ou même décennies). Ce changement et cette éviction de ceux qui ne peuvent plus payer les loyers qui augmentent, causent une tension, en plus du fait qu’il y a toujours eu et qu’il y a encore des attaques contre l’État et ses acteurs. Mais ce quartier entre Kreuzberg et le nord de Neukölln est depuis longtemps devenu un lieu branché, où entre autres se développe le milieu des startup berlinoises. Là, nous voyons un intérêt pour Google de venir à Kreuzberg, car cet endroit a encore l’image d’un quartier alternatif en dehors de Berlin et d’Allemagne. Google veut renforcer son image « cool », « alternative », « hype », et trouver des idées « créatives ». D’autre part, une raison de lutter contre Google peut être la tentative d’attaquer l’apparemment inattaquable pouvoir technologique. Pour nous il ne s’agit alors pas que de Google, mais aussi du projet de la domination de digitaliser et technologiser le monde. Prendre un projet de construction d’une entreprise technologique comme cible, pour empêcher et attaquer ce projet, c’est comme lancer une critique tranchante comme un couteau.

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