Suède : Salons du livre anarchiste

Stockholm (Suède) : salon du livre anarchiste le samedi 1er juin 2019

Joignez-vous cette année encore, le 1er juin 2019, pour une nouvelle journée d’ateliers, de discussions, de présentations, et bien sûr, de livres !

Pour toute question, SVP contactez-nous ici :
sthlm-anarchist-bookfair(@)riseup(.)net

Solidarité,
Anarkistiska Bokmässan

Malmö (Suède) : salon du livre anarchiste, du vendredi 7 au dimanche 9 juin 2019

Comme l’an passé, un salon du livre anarchiste se tiendra en juin à Malmö, à la Sofielunds Folkets Hus.

Contact : anarchistbookfairmalmo@@@riseup.net

Plus d’infos, en suédois (et peut-être en anglais) :
https://anarchistbookfairmalmo.net/

 

Depuis infokiosques.net

Mais les anarchistes ne votent pas ?

Résultat de recherche d'images pour "drapeau noir"Se dire anarchiste veut dire beaucoup, mais cela peut aussi ne rien vouloir dire. Dans un monde de piètres identitées, quand tout semble s’estomper dans le brouillard de l’incertitude, se considérer anarchiste peut être une façon comme une autre de suivre un drapeau, rien de plus.
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Mais parfois l’anarchisme est une étiquette inconfortable. Il peut te mettre des questions dans la tête, auxquelles il n’est pas facile de répondre. Il peut te faire remarquer les étranges contradictions de ta vie : le travail, le rôle que la société t’a imposé, le statut auquel toi-même tu participes, la carrière à laquelle tu n’arrives pas à renoncer, la famille, les amis, les enfants, la fin du mois et la paye, la voiture et la maison dont tu es propriétaire. Hélas, fixer une distance entre ces attributs et ses idées fondamentales, entre ce que nous sommes et l’être anarchiste, ressemble beaucoup à cette lutte entre l’être et le devoir-être qui faisait sourire Hegel : le devoir-fini toujours par succomber.

Ainsi, nous sommes anarchistes parce que nous lisons les journaux anarchistes, parce que nous considérons la pensée et l’histoire anarchiste comme notre pensée et notre histoire. Nous sommes anarchistes parce que nous nous abritons dans le mouvement, à l’abri des intempéries de la vie, parce que nous le considérons comme notre maison rassurante, parce que nous aimons voir les visages des compagnons, écouter leurs petites histoires domestiques et leur raconter nos petites histoires domestiques, le tout à répéter à l’infini – et ainsi de suite. Continue reading « Mais les anarchistes ne votent pas ? »

Sortie du journal anarchiste apériodique Sans Détour N.2

Le troisième numéro du journal anarchiste apériodique Sans Détour vient de sortir. Les personnes intéressées peuvent nous écrire pour nous demander des exemplaires de ce numéro, ainsi que du N.0 (mai 2018) et du N.1 (novembre 2018).

« J’aime le feu, mon cher seigneur. Non par la raison triviale que le feu réchauffe nos pieds ou cuit notre soupe, mais parce qu’il a des étincelles. Quelquefois je passe des heures à regarder les étincelles. Je découvre mille choses dans ces étoiles qui saupoudrent le fond noir de l’âtre. Ces étoiles-là aussi sont des mondes »

C’est ainsi que s’exprimait Gringoire, poète sans-le-sou, protagoniste du roman Notre-Dame de Paris, dans le chapitre intitulé « Vive la joie ». Ironie du sort, a-t-on pensé lorsque l’on a vu Notre-Dame de Paris brûler d’un feu lent et dévastateur. Quelle joie en effet de contempler la destruction d’un des édifices (qui plus est hautement symbolique) du cancer religieux qui a étendu ses métastases aux quatre coins du globe, générant partout oppression et souffrance, prônant l’obéissance et la crainte de Dieu dans l’attente d’un bonheur extraterrestre! Continue reading « Sortie du journal anarchiste apériodique Sans Détour N.2 »

Publication : Avis de tempêtes #17

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°17 (mai 2019) vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 16 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog :

https://avisdetempetes.noblogs.org

« Elle arrive, elle arrive, la révolution ! Tiens, encore un coup de publicitaires qui tentent de nous refourguer leur dernier produit, se dit-on. Mais pas cette fois. Aujourd’hui, ce sont des geeks faussement décontractés et perroquets d’État qui font sonner leurs trompettes : une nouvelle « révolution numérique » serait en marche avec l’arrivée prochaine de la 5G. Si la question est celle d’une dépossession généralisée galopante, d’une déréalisation croissante affectant profondément la sensibilité humaine, du resserrement participatif des filets de l’aliénation et du contrôle ou encore du durcissement des conditions d’exploitation, – bref les conséquences sur nos vies de chaque évolution technologique –, il n’y a rien de novateur dans cette couche supplémentaire qu’on va se prendre dans la tronche ! En faisant attention à ne pas prendre pour argent comptant le discours du pouvoir sur chacun de ses « progrès », et en prenant garde à ne pas prendre la partie (telle innovation) pour le tout (la domination), comme certains opposants aux manipulations génétiques du vivant ou aux nanotechnologies ont parfois été tentés de le faire, on ne peut toutefois pas s’arrêter au constat que la 5G sera le même en pire. Ni rester les bras ballants face à l’accélération du désastre ambiant, au prétexte que tout se vaut et qu’il y a déjà tant à détruire. Car au fond, c’est aussi une question de perspective. »

[reçu par mail]

TEMPS D’ENCRE – Rencontres autour de publications anarchistes

Pour que l’idée ne flétrisse pas, il faut l’action pour la revigorer. Pour que l’action ne tourne pas en rond, il faut l’idée pour l’enchanter. C’est peut-être là que se tisse le véritable fil noir de l’histoire tumultueuse de l’anarchisme, qui est en même temps sa proposition de lutte : auto-organisation, action directe, conflictualité permanente avec l’autorité sous toutes ses formes.

Ces Rencontres autour de publications anarchistes sont une occasion sous forme d’invitation pour celles et ceux qui sont à la recherche d’idées critiques, qui cherchent à agir, qui se révoltent contre ce monde mortifère d’oppression, d’exploitation et d’autorité. Une occasion, et un défi en même temps, pour mettre en relief ce foisonnement anarchiste qui se diffuse au travers de publications, d’agitation, de locaux, d’interventions, d’actions et de luttes – et qui exprime, en proposant la destruction du pouvoir plutôt que son aménagement, le bouleversement total plutôt que la réforme, la concordance entre moyens et fins plutôt que la stratégie politique, l’éthique plutôt que le calcul, une perspective révolutionnaire à approfondir et à défendre.

Du vendredi 28 au dimanche 30 juin 2019.

La Pétroleuse
163 Cours Caffarelli
Caen (Normandie)

Programme au format PDF / Affiche au format PDF

Plus d’infos ou pour ramener ta distro sur tempsdencre2019.noblogs.org et/ou en écrivant à tempsdencre2019[a]riseup.net.

Depuis bxl.indymedia.org

Publication : Hérésie n°3

Ceci est le troisième numéro d’Hérésie. Pour simplifier, le sous-titre est « réflexions individualistes », mais la revue n’est pas enfermée dans cette définition, et de temps en temps les différents textes publiés peuvent même se contredire entre eux. La raison d’être d’Hérésie est de contribuer à des débats parmi les anarchistes, de ressortir des oubliettes des vieux textes qui n’ont pas perdu du sens aujourd’hui, et de traduire des textes qui selon moi méritent d’être diffusées dans l’aire francophone.

Tant que mon pessimisme ne me fera pas abdiquer sur l’envie et le besoin de m’adresser à ceux/celles qui partagent des désirs, des angoisses, des rages et des réflexions similaires, Hérésie existera, et sera publiée de façon plus ou moins régulière. Continue reading « Publication : Hérésie n°3 »

Deux nouvelles parutions chez les éditions Tumult

JE SAIS QUI A TUÉ LE COMMISSAIRE CALABRESI
(Alfredo M. Bonanno)

À la fin des années 60, l’Italie est traversée par des fortes agitations sociales. C’est dans ce climat de révolte que le 12 décembre 1969, un massacre est commis Piazza Fontana à Milan, provoquant 16 morts et 88 blessés. Au lendemain du massacre, le commissaire Luigi Calabresi se rend au local du groupe anarchiste et demande à Giuseppe Pinelli de venir à la préfecture où se trouvent déjà de nombreux anarchistes raflés. Dans la nuit du 15 au 16 décembre, Pinelli est « défenestré » lors d’un interrogatoire par le commissaire Calabresi. Il décède quelques heures plus tard à l’hôpital.

Le 17 mai 1972 sera un jour funeste pour le « commissaire-fenêtre ». Tout semble devoir se passer comme d’habitude, la routine habituelle du matin : le petit déjeuner, le bonjour à l’épouse enceinte, les deux gamins, l’un âgé de deux ans, l’autre de onze mois, quelle scène familiale.
En ce jour funeste, vers neuf heures du matin plus ou moins, le commissaire Luigi Calabresi descend dans la rue. Son destin l’attend là, à neuf heures et quinze minutes exactement, sous la forme de deux balles, une première, puis une seconde.

Avril 2019 // 80 pages // 12×17 cm
3 euros

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LA JOIE ARMÉE
(Alfredo M. Bonanno)

Dépêche-toi compagnon, tire tout de suite sur le policier, le juge, le patron avant qu’une nouvelle police ne t’en empêche ; dépêche-toi de dire non avant qu’une nouvelle répression te convainque du fait que de dire non est insensé et fou et qu’il est juste que tu acceptes l’hospitalité des hôpitaux psychiatriques. Dépêche-toi d’attaquer le capital avant qu’une nouvelle idéologie ne le rende à nouveau sacré. Dépêche-toi de refuser le travail avant que quelque nouveau sophiste te dise, encore une fois, que « le travail rend libre ». Dépêche-toi de jouer. Dépêche-toi de t’armer.

Ce livre a été écrit en 1977 au moment où des luttes révolutionnaires se déroulaient en Italie, il faut avoir à l’esprit la situation de l’époque pour le lire aujourd’hui. Le mouvement révolutionnaire, y compris les anarchistes, étaient dans une phase d’extension et tout semblait possible même une généralisation de l’affrontement armé. Ce livre est encore d’actualité mais d’une autre façon. Non pas comme la critique d’une structure monopolisante, le parti armé, qui n’existe plus, mais parce qu’il peut montrer les capacités potentielles des individus suivant leur chemin avec joie vers la destruction de tout ce qui les oppresse et les régule.

Avril 2019 // 80 pages // 12×17 cm
3 euros

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PS. Pour les distros: à partir de cinq livres commandés, une réduction s’applique de 30% sur le prix affiché.

 

Pour commander ces livres, envoyez un mail à tumult_anarchie@riseup.net
Sur notre site, vous trouverez des points de distributions ainsi que le
catalogue.

http://tumult.noblogs.org

[reçu par mail]

Publication : Avis de tempête n°16

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°16 (avril 2019) vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 16 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog :

https://avisdetempetes.noblogs.org

« Aujourd’hui, face aux guerres que l’État se permet partout dans le monde, face à la répression qu’il déclenche dans les rues et aux frontières, face au cannibalisme social qu’il attise parmi la population et sur lequel il compte bien profiter pour affirmer une fois de plus sa suprématie, les bavardages ne servent à rien. Les dénonciations ne servent à rien. Les appels à la conscience ne servent à rien. C’est d’abord par l’épreuve du feu qu’il faut passer. Audacieusement, pour déchirer le masque qui recouvre un bellicisme dont il nous voudrait tous complices. Ni de leur paix, ni de leur guerre, Hurrah ! »

Brise – Contribution à la lutte contre la future maison d’arrêt d’Ifs et le monde qui en a besoin

A bas tous les enfermements et le monde qui en a besoin !

Ce recueil de texte cherche à modestement créer certaines brèches et élargir d’autres déjà existantes. Il tente ainsi de fissurer, à travers une diversité de témoignages et d’analyses, certaines idées encore trop courantes sur un quelconque rôle salvateur de la tôle, ou que celle‐ci ne toucherai au fond que celleux qui le mérite. Il s’attaque au monde qui a besoin de la taule ainsi qu’à de ses soi‐disantes peines alternatives qui ne sont au fond qu’une manière d’étendre son spectre à toujours plus d’individu∙es. Certains des textes présents lèvent le voile, de l’intérieur comme de l’extérieur des murs, sur ce qui au fond n’est que l’histoire de la multiplicité des modes d’enfermement rendant toujours plus obsolète cette distinction dehors/dedans. S’inscrivant dans une perspective anarchiste, ce recueil a vocation à contribuer aux luttes contre tous les rapports de domination et d’exploitation dont la taule n’est qu’une des formes les plus exacerbées. Ainsi, plus localement, il s’inscrit ainsi contre la construction d’une nouvelle maison d’arrêt à Ifs. S’il est prévu que le second semestre 2020 soit posée sa première pierre, nul doute que nous sommes quelques‐un∙es à déjà l’imaginer renvoyée à la gueule de ses expédi∙teurs/trices.

Pour télécharger la brochure : https://sansattendre.noblogs.org/files/2019/04/brise-hd.pdf

depuis SansAttendreDemain

Aussi :

Caen, France : Discussion contre l’enfermement et le projet de nouvelle prison à Ifs – Vendredi 5 avril au local Apache


Fresnes (Val-de-Marne), France : Rébellion à la prison

A la prison de Fresnes (Val-de-Marne), quatre-vingt détenus ont refusé de réintégrer leur cellule ce dimanche après-midi à l’issue des promenades, selon le syndicat SNP-FO. 

Les ÉRIS, équivalents des CRS pour les taules, sont intervenus pour rétablir l’ordre. La première division de la prison, c’est-à-dire la majeure partie a été évacuée dans un premier temps puis la deuxième division. La situation est revenu sous contrôle aux alentours de 20h selon SNP-FO. Toujours selon le syndicat de matons, les détenus demandent de meilleures conditions d’hygiène au sein de la prison. Le centre pénitentiaire compte un peu moins de 2 500 détenus.

|Repris de leur presse, 31.03.2019 par SansAttendreDemain]


Riom (Puy-de-Dôme) – Deux détenus montent sur le toit

Jeudi 4 avril, vers 9 heures, deux détenus de la prison de Riom (Puy-de-Dôme) se sont retranchés sur le toit de l'établissement pénitentiaire. / © B. Baude

Deux détenus sont parvenus à monter ce matin (04/04/19) sur le toit de d’un des bâtiments de la prison de Riom pendant plus de 4 heures afin de s’opposer à des décisions prises par les juges concernant leur dossier, ils ont ensuite été délogés par une unité spécialisée.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/puy-dome-deux-detenus-retranches-toit-prison-riom-1650050.html

Parution – Avis de tempête #15

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°15 (mars 2019) vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 20 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog :

https://avisdetempetes.noblogs.org

« En y prêtant quelque attention, fracasser le miroir de la normalité et se retrouver de l’autre côté pourrait même se révéler plus surprenant encore. Car en plus du renversement provisoire de l’espace et du temps de la domination, c’est jusque la perspective qui pourrait s’en trouver chamboulée. Une fois rompu le charme de la vitrine, une fois le regard capable de se projeter au-delà de sa façade, pourquoi devrait-il en effet s’arrêter en si bon chemin ? La liberté et la rage ne seraient-elles pas aussi contagieuses que la passivité et la soumission ? L’imagination et la perspicacité ne sont-elles pas des qualités pour celles et ceux qui veulent aller plus loin encore ? Et dans ce cas, pourquoi le regard ne continuerait-il pas à vagabonder à sa guise, non seulement derrière les vitrines mais aussidans toutes les autres directions, y compris en bas ou en haut, là où prolifèrent les flux qui les alimentent. Sous nos pieds ou juste au-dessus de nos têtes. Comme une manière de continuer à saccager le problème, et directement à la source. A 10 000 un samedi sur les Champs-Elysées, à quelques-uns en semaine partout où l’on veut. »

https://avisdetempetes.noblogs.org/files/2019/03/Avisdetempetes15.pdf

 

Publication : C’était nous, mais ce n’Était pas nous*

C’était nous.

C’était nous parce que nous voulons nous réjouir lorsque la Poste, qui fait partie de la machine à expulser, est ardemment sabotée.

C’était nous parce que nous voulons éprouver un bonheur incommensurable lorsque des prisonniers mettent le feu à leur cage, quelles s’appellent CPR (CRA, ndt) ou prison.

C’était nous parce que nous voulons nous réjouir lorsque les locaux de la Lega sont attaqués comme à Ala et ailleurs, lorsqu’un ingénieur de la mort nucléaire est estropié et les structures de recherche militaire attaquées ou lorsque les locaux fascistes sautent comme à Florence, y compris la main et le œil de ceux qui les protègent. C’est pourquoi nous ne pouvons qu’éprouver de la complicité avec toutes les publications et les individus anarchistes qui veulent attaquer ce monde.

Ce nous, cependant, n’est rien d’autre qu’un archipel d’individualités subversives, une galaxie de rapports d’affinité qui se déroulent de manière informelle dans des relations intenses qui se tissent entre ceux qui se sentent poussés par une telle tension révolutionnaire. Il ne peut en effet exister nous collectif, comme ne peuvent exister d’associations subversives telles qu’ils les imaginent. N’en déplaise aux flics, juges et magistrats.

« Dans des appels téléphoniques, dans des conversations, nous avons également réussi à mettre en évidence une matrice idéologique très forte. Ils ont même parlé de révolution, de subvertir l’ordre établi », dit le procureur de Trente Raimondi. Et c’est justement ce que nous faisons, dans nos journaux, dans la rue, avec nos actions. On parle de révolution, de révolte, de subversion. Nous parlons de la violence nécessaire pour laisser la place à une façon d’exister différente et incompatible avec l’autorité et l’asservissement : comme l’a dit un vieux tavernier durant la révolution espagnole, la gaieté de la révolution se heurte au sérieux de la guerre comme un papillon contre un char d’assaut. Ainsi notre joie armée sait savourer la violence comme on sirote un bon vin, auquel on ne se retrouve pas dépendant pour pouvoir saisir de nouveau l’arôme de la liberté. D’autre part, en revanche, le désert des hiérarchies institutionnalise le massacre fondant son propre ordre sur le nécessaire monopole de la violence de l’État.

C’était nous, mais nous ne sommes pas l’État nous*. Un gouffre éthique nous sépare. Lorsque le président de la province de Trente Fugatti déclare que « la violence contre les personnes, les lieux et […] idées, doit toujours être repoussée et combattue avec fermeté », il ne fait que résumer ce que tentent de faire quotidiennement, chacun.e.s à sa façon, ceux qui s’opposent à ce monde : s’opposer fermement, avec la violence nécessaire, au pouvoir de l’État, du Capital et d’un système technologique de plus en plus envahissant.

«Le fait qu’il y ait des épisodes de violence répétés, le fait que l’on invite à l’exercice de la violence de manière publique et de manière clandestine, le fait que dans l’exécution de ces projets, des épisodes de violence se mettent en œuvre ne peut être retenu par quiconque comme une forme de dissidence ou l’affirmation d’idées sur la société, la vie, la politique, mais comme des faits graves qui doivent être combattus efficacement au niveau national», observe le procureur adjoint Romanelli. Cependant, tant que nous serons libres, et pour ce que nous réussirons à faire même dans les prisons d’État, nous continuerons à souffler en tant qu’individualités subversives sur le feu de l’insubordination: invitant à l’exercice de la violence, au développement de mille projectualités révolutionnaires, à l’action directe.

Pour la libération, toujours la tête haute! Tout.e.s hors des prisons!

Traduit de Frangenti (Italie) n°36, 22/02/2019

Frangenti, il numero 36 di solidarietà

* Jeu de mot en Italien avec le mot Stato (État) et stato (était) : « C’était nous, mais ce n’Éta(i)t pas nous* » (Nous ne sommes pas l’État nous)

[Quatre pages] : Ni normal, ni extraordinaire


…L’écriture de ce texte a surgi de la nécessité d’aborder la question des violences sexuées (ou plutôt genrées) et sexuelles dans des environnements proches. Il est le fruit de discussions liées à des expériences diverses, mais n’a pas la prétention de fournir des recettes à toute la palette de problèmes auxquels peuvent se trouver confrontées les unes ou les autres. Le choix a été fait de ne pas l’écrire du point de vue de quelqu’une ayant subi une agression, mais dans une perspective plus large. Nous sommes en effet convaincues que ces situations très concrètes, au delà de l’autodéfense immédiate, nécessitent de traiter les mécanismes généraux qui les sous-tendent. Voici donc une contribution à des réflexions pratiques à approfondir, individuellement et collectivement, au sein des différentes activités et chaque fois où cela fait sens…

Lire la suite dans le PDF ci-contre.
A noter qu’on peut trouver une version de ce texte en espagnol dans Aversión n°10, mars 2014, pp. 6-7

https://cettesemaine.info/breves/IMG/pdf/normalpdf-161634.pdf

Publication d’une (deuxième) brochure autour de l’opération Panico

 Panico

Pour la télécharger cliquez ici :   Panico


Le 31 Décembre 2016, un engin explosif placé devant la librairie (proche de CasaPound) “Il Bargello” explose dans les mains d’un artificier particulièrement stupide qui tente maladroitement de déminer l’engin sur place, il perdra un œil et une main. La librairie “Il Bargello” et CasaPound Italia se sont portés parties civiles en plus de l’artificier-flic. Trois personnes accusées de « tentative de meurtre », « d’association de malfaiteur » pour deux d’entre elles, ainsi que de « transport, et fabrication d’engin explosif » se retrouvent incarcérées. Une quatrième personne se retrouve également soumise au contrôle judiciaire (pointage régulier au comico, mais la mesure a cessé depuis peu) avec les mêmes chefs d’inculpation. Paska, Ghespe, et Giova sont depuis, toujours incarcérés dans les geôles italiennes. Continue reading « Publication d’une (deuxième) brochure autour de l’opération Panico »

Nouvelles brochures des éditions Anar’chronique


Pour l’anarchie du mouvement anarchiste ! – Renato Souvarine

« Révolte permanente. Contre toutes les tentatives de restaurer de nouvelles églises, des hiérarchies, des disciplines, des syllabes, des anathèmes, des ostracismes, des bûchers.

Contre toutes les tentatives d’élever des digues, de construire des Centrales ou des Partis pour contenir, uniformiser, centraliser, dénaturer, atténuer, déformer l’anarchisme qui est mouvement anarchiste autonome, incoercible, varié, multiple et complexe, comme la vie, qui se répand hors de toute loi, hors de tout joug, hors de tout centre…
[…] Continue reading « Nouvelles brochures des éditions Anar’chronique »

Publication : Avis de tempêtes #13

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°13 (janvier 2019) vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 24 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog :
https://avisdetempetes.noblogs.org

« Pourquoi se limiter à un jour rituel d’affrontements quand on peut aussi n’importe quelle nuit détruire tout ce qui nous oppresse ? Et qui sait même, si toutes ces attaques ciblées ne pourraient pas s’alimenter les unes les autres en se multipliant, d’une part en bonnes idées et d’autre part en un jeu subversif du à chacun le sien ? Un mouvement social de ce type, ouvert et imprévisible, n’est-il pas propice à alimenter ce jeu-là, chacun sur ses propres bases ? Histoire par exemple de contribuer à identifier l’ennemi, d’approfondir la révolte, de saper ses récupérateurs, d’enrichir nos projets, ou simplement de saisir l’occasion pour mener à bien ce que nous aurions ordinairement plus de difficulté à accomplir ? »

Télécharger Avis de tempêtes #13 en PDF

YOYO, Journal de lutte contre les barreaux!

Pour ce numéro, Yoyo repose ton cerveau en faisant la part belle aux illustrations et autres jeux d’esprit. En une, un dessin qui enjaille !

Alors que Paris est en flammes, quand se dirigera-t-on vers Fresnes et Fleury ? Déjà des voitures de matons crâmaient avant que la population ne s’embrase, comme le relate un article.

Grâce à une carte, c’est en un clin d’oeil qu’on sait ce que nous réserve le nouveau plan prison et on en sait plus avec un article sur les peines alternatives. Travail bénévole au service de l’Etat et des entreprises et prison à domicile, ou comment aménager les peines dans toutes les sphères de nos vies. Après l’effort, le réconfort alors voici également une grille de mots croisés digne d’ un programme télé !

Enfin, un week-end contre l’enfermement et le contrôle est organisé à Montreuil, c’est l’occaz d’échanger ensemble sur ces sujets.

La rencontre aura lieu les samedi 15 et dimanche 16 décembre au squat l’Écharde, au 19 rue Garibaldi (métro Robespierre).

Le programme est en ligne et sur les murs !
Au plaisir de t’y voir.

Report Yoyo n°3

repris d’Indy Nantes

Publications : L’hôte inattendu (Alfredo M. Bonanno)

La mort et la vie. Tel est le sujet de ce livre. Se placer à la croisée de ces deux réalités, c’est regarder dans l’abîme sans trembler, sans se laisser happer vers le bas, de manière à trouver une solution quelconque à des problèmes trop grands, trop angoissants. La vie peut être une apparence – c’est en fait ce qu’elle est presque toujours –, mais elle est différente de la mort.

Certaines personnes mènent une vie de mort, une vie de cadavre, et ne se rendent même pas compte, lorsqu’elles meurent, de ce qu’elles viennent de perdre. Nous, nous ne pensons jamais que notre vie est unique et qu’il n’y a pas de réplique. Vivre est donc un engagement qui peut accéder à l’être, tout comme cela peut rester une ombre projetée sur le mur de la caverne des massacres.
Lorsqu’on se met en jeu aussi dangereusement – et ce livre est une vision approximative de ma mise en jeu –, peut-être accède-t-on aux conditions de la vie, peut-être comprend-on le mouvement intrinsèque du vivre lui-même.
La vie c’est l’être, et l’être c’est la qualité. La qualité ne se trouve pas dans le faire, mais dans l’agir. La vie est donc action. La mort, dont il sera tellement question dans ce livre, est un moment de la vérité dans l’action, une qualité primaire aux côtés de la liberté. Dans l’action, je peux irrémédiablement rencontrer ma propre mort, et je peux déterminer la mort de l’ennemi.

130 x 190 mm – 366 pages
10 euros

https://tumult.noblogs.org/

Les bandits rouges (G. Gavilli et E. Malatesta)

Du 14 décembre 1911 (vol de la voiture utilisée la semaine suivante pour leur braquage) au 15 mai 1912 (mort d’Octave Garnier et de René Valet dans l’assaut de la police à leur abri)… L’aventure d’une poignée d’anarchistes illégalistes français n’aura duré que cinq mois, jalonnée de braquages, de fusillades, de meurtres, de fuites et d’arrestations. Cinq mois, c’est tout. Mais cela a suffi pour qu’ils entrent dans l’histoire, grâce à l’appellation que leur a donnée un journaliste : « la Bande à Bonnot ».

À l’époque, le parti de l’ordre est bouleversé par les premiers braqueurs utilisant une voiture pour accomplir leurs coups, et les considère tout de suite comme des criminels féroces qu’il faut exterminer. Rien de moins. Et les amoureux du désordre ? Les anarchistes… Qu’ont-ils dit sur ces compagnons sauvages ? Inutile de cacher que la majorité d’entre eux est restée ahurie, et les considéra comme des provocateurs à blâmer. Rien de moins.

Continue reading « Les bandits rouges (G. Gavilli et E. Malatesta) »

Avis de tempêtes – bulletin anarchiste pour la guerre sociale n°12 (décembre 2018) vient de sortir.

Pour lire, imprimer et diffuser ce petit bulletin autour de soi (il est en format A5, et celui-ci fait 20 pages), on pourra retrouver chaque nouveau numéro tous les 15 du mois, ainsi que les précédents, sur le blog :

https://avisdetempetes.noblogs.org

« Il existe autant de possibilités d’alimenter la guerre sociale que d’individus. Dedans, dehors ou à côté d’un mouvement, en rapport avec lui ou bien au large. Seuls ou à plusieurs. De jour comme de nuit. Tant qu’on le fait avec nos propres idées, pratiques et perspectives, loin de la politique, du grégarisme ou de la composition. Avec ce mouvement des gilets jaunes comme de façon plus générale, l’un des nœuds de la question réside d’ailleurs certainement là : au fait, quelle est notre propre perspective ? Et quels moyens nous donnons-nous pour l’atteindre, à froid comme à chaud ? Un peu d’imagination, que diable ! »

Le grand défi

Rien ne semble échapper à la reproduction sociale, rien ne semble être en mesure de s’opposer à l’éternel retour de la plus mortelle des habitudes : le pouvoir. Des grèves sauvages qui s’arrêtent après la concession de quelques miettes, des protestations populaires auxquelles manque seulement la satisfaction de leur revendication sereine pour devenir des consensus de masse, l’abstention politique qui se précipite dans les urnes à l’appel de nouveaux politiciens, des révolutions sociales triomphantes lorsqu’elles obtiennent un changement de la garde… « Fallait-il que la routine eût de longues dents pour que nous en soyons là aujourd’hui ! » disait un vieux surréaliste.

C’est comme si toute révolte contre l’insupportable condition humaine était déchiquetée par les longues dents du vieux monde, comme si toute sa rage et son énergie étaient happées dans l’orbite institutionnelle. Cela confirmerait presque les tristes observations d’un célèbre anthropologue libertaire français, selon lequel au cours de l’histoire le passage de la liberté à l’autorité s’est toujours effectué à sens unique, sans exception. Il n’y a pas d’alternances possibles ni de retours en arrière. Une fois établi, l’État est destiné à durer pour l’éternité. Ainsi, la seule tâche de la révolte serait de stimuler le réformisme, ouvrant la voie au gouvernement du moindre mal.

Il va de soi que ceux qui ne sont pas disposés à accepter cette résignation érudite ne peuvent que s’interroger sur la manière de briser ce cercle vicieux, sur comment interrompre cette malencontre dont parlait l’anthropologue. Une question énorme, peut-être insoluble, composée d’innombrables facettes. A notre avis, un des éléments à prendre en compte est l’absence de… de notre… franchement, nous ne savons pas quelle est la meilleure définition. Quelqu’un pourrait peut-être le définir comme l’esprit du temps, entendu comme une tendance culturelle répandue à une époque donnée. Quelqu’un d’autre appellerait probablement cela un imaginaire collectif, ensemble de symboles, d’images et d’idées qui forment le substrat de la vie mentale. Mais nous, qui n’apprécions pas du tout la foi implicite dans ces deux définitions, préférons grandement soutenir la nécessité d’un monde qui nous soit propre, dans le sens d’un univers mental autonome. Nous sommes persuadés que les moments de rupture avec l’ordre dominant ne réussissent pas à durer, non seulement à cause de toutes les difficultés opérationnelles qui surgissent dans de telles circonstances, mais aussi parce que –dans la tête, dans la bouche, dans le cœur et dans les tripes des insurgés– n’existe que le monde de l’État, le seul dont tous aient eu une expérience directe, concrète, quotidienne. Un monde qui, excepté pendant la brève période d’impétuosité de la révolte, revient tôt ou tard.

L’autorité et l’obéissance ont évidemment modelé l’esprit du temps et colonisé l’imaginaire collectif. Ils représentent les pôles magnétiques de ce qu’on appelle généralement la culture, réussissant à bannir tout doute sur le fait que ce monde –c’est-à-dire celui où nous vivons, celui où nous sommes contraints de vivre– est le seul possible. Nous devons y croire, point final. Ce résultat n’a rien de naturel, il n’a été obtenu que récemment au terme d’un long processus de domestication sociale. A la différence d’un passé troublé par des hérésies, des utopies et des classes dangereuses, aujourd’hui aucune jungle luxuriante en marge de l’ordre civil ne le menace. A la limite, il reste un désert. Comme si en dehors de l’État et de sa vie au garde-à-vous ne pouvait pas exister tout autre chose, mais seulement rien d’autre. Le rien le plus désolant. Et comme personne n’aime vivre dans le désert, excepté peut-être quelque ermite plus ou moins digne ou plus ou moins rancunier, il va de soi que ce monde de parlements et de banques, d’usines et de bureaux, de tribunaux et de prisons, de supermarchés et d’autoroutes… a fini par devenir le seul monde et l’unique modèle à disposition de l’être humain. Tant matériellement qu’idéalement, il est perçu comme un point de référence impératif et totalisant, susceptible au mieux d’une configuration différente de ses éléments déjà présents. Si les barricades cessent de servir d’exutoire pour se transformer en tremplin vers un siège électoral, si les insurgés se retrouvent à réclamer des marchandises sans logo, de grands travaux utiles à la collectivité, le respect des droits et ainsi de suite, nous pensons que cela est en grande partie lié à un manque d’imagination.

Évidemment, ce n’est pas du tout un problème pour ceux qui pensent que l’autorité est en mesure d’accorder et de garantir la liberté (oh, trois fois rien, cela ne concerne que la quasi-totalité de l’espèce humaine). Pour ceux-là, –au-delà du fait qu’ils donnent ou suivent des ordres–, le vrai problème est de trouver la configuration appropriée. Non, ce problème ne peut être ressenti et soulevé, discuté et affronté, que par ceux qui pensent que tout État, tout gouvernement, toute autorité sont mortels pour la liberté humaine. En d’autres termes, il n’y a que les anarchistes, avec ou sans étiquette AOP, qui peuvent et doivent s’en (pré)occuper. Mais cela n’intéresse pas beaucoup d’entre eux. Ils considèrent que c’est un faux problème, une perte de temps. Inutile de tourmenter les jours déjà peu enthousiasmants que nous devons passer sur cette terre en se posant des casse-tête insolubles, surtout quand on peut s’en remettre à la commodité du déterminisme ou à l’auto-suffisance du nihilisme.

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Publication : Nouveau numéro de « Sans détour »

Le N.1 du journal anarchiste apériodique Sans Détour vient de sortir.
Les personnes intéressées peuvent nous écrire pour nous demander des exemplaires [à l’adresse sansdetour[at]riseup.net].

Extrait de l’édito:

« […] ce n’est pas la promesse d’un résultat heureux qui nous décide. Nous n’agissons jamais à crédit, au contraire, chaque prise d’initiative, chaque pas en avant porte déjà avec soi son sens et sa raison d’être. Parmi eux, la réponse immédiate et en acte à une tension qui nous traverse. Une tension bien souvent incommodante, celle qui nous agite et qui, agrippée à notre épaule, nous murmure à l’oreille : et toi, que fais-tu face à tout cela ? Cette tension qui n’est pas aveugle, mais qui est enrichie par l’analyse, la compréhension active, l’étude de ce qui nous entoure. Une tension qui donne du sens à nos efforts, à nos recherches, à nos prises d’initiatives, qui nous pousse à sortir du confort relatif de nos existences et à nous aventurer sur des chemins inconnus et dangereux. Une tension pour laquelle il vaut la peine de vivre, qui donne la force d’assumer les conséquences de certains choix, d’affronter la répression et qui peut aussi conférer un véritable sens à la mort.[…] »

Au sommaire de ce numéro:

-Des litchis en hiver. A propos d’exotisme et d’internationalisme
-Expansion techno-industrielle et résistances au pillage
-L’idéologie de la science
-2+2=7
-Des coups contre la prison
-Lectures intempestives

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Lyon, France : Attaque aux cocktails Molotov du poste de police municipale de la Tête d’Or – 11 novembre 2018

Par une lune incendiaire, cette nuit du 11 novembre. Quand d’autres honorent des morts vaines, quand d’autres paisiblement se prélassent dans le sommeil et leurs fausses certitudes, quand la plupart se renferme dans l’impuissance et la crainte, nous autres allumons des mèches. Quelques Molotov ont atterri par mégarde sur le poste de la Tête d’Or [1]. Que la municipale s’arme et héberge le repos des militaires, il faut qu’elle sache qu’à trop noircir nos vies, ses murs d’enceinte en perdront leur éclat.

Pensée et courage aux six copains lyonnais dans leur combat judiciaire [2] !

Commando salamèche


NdSAD:

[1] Dans le 1er arrondissement de Lyon.

[2] En référence aux six antifascistes arrêtés le 13 novembre pour une action contre le local fasciste Bastion Social. Tous sont tous ressortis sous contrôle judiciaire après leur garde à vue.

 

Repris de  https://sansattendre.noblogs.org

Publication : Kalinov Most n°3, publication anarchiste internationale – Octobre 2018

Ce numéro est dédié avec amour et tendresse à notre compagnon Pablo Vaso…
« Toujours ouvrir les portes ».

Index :

  • Editorial
  • Sur la nécessité de passer à l’offensive : caractéristiques et particularités de la lutte anti-patriarcale sur le territoire dominé par l’État chilien
  • Mettre fin à l’humanité pour mettre fin à la domination ? Sur le courant misanthropique dans les milieux anarchistes.
  • Qu’est-ce que l’anarchisme ? Considérations sur l’anarchie, l’individu et la société
  • Quelques considérations sur l’héritage des organisations politico-militaires dans la région chilienne
  • Sans victoire ni défaite
  • A un an de la disparition suivie de la mort de l’anarchiste Santiago Maldonado

Tous les numéros sont aussi disponibles en français.

Pour recevoir ce numéro (ou les anciens) :

Kalinovmost(a)riseup.net
www.kalinovmost.wordpress.com

Publications : Delenda Est Éditions

2 nouvelles publications chez Delenda Est :
– Une critique, pas un programme. Pour une critique anti-civilisationnelle non primitiviste, de Wolfi Landstreicher.
Traduction de Delenda Est : il s’agit d’un cours texte anarchiste anti-civilisationnel, qui en profite pour régler ses comptes au primitivisme.
– Gandhi, derrière le mythe. Racisme, sexisme, nationalisme et pacification, Anonyme.
Edition d’un texte publié en 2 parties dans Attack Attack, publication anarchiste belge, pas disponible sur internet. Le titre semble assez claire

Comme d’hab, les brochures ne sont pas sur internet, possibilité d’envoi/de PDF pour les fans d’écrans.

delendaest (at) riseup.net

Parution : Métamorphoses – Sur la transformation urbaine et la mort sociale

[…] Cela fait des années que dans l’esprit des Napolitains a été ancrée la certitude, grâce à un martelage d’échanges de point de vue médiatiques à toutes les sauces et de toute forme, que pour résoudre les problèmes durables de la criminalité et du chômage, il suffirait de réévaluer les ressources culturelles et des politiques visant à encourager le tourisme. Parce que si le touriste vient à Naples, il y a plus de travail, moins de crime, moins de saleté, tout serait mieux. Se met donc en place un avantage fiscal pour l’ouverture de toutes formes de bed and breakfast, un diplôme de trois ans en « touristologie », des accords avec les navires Costa, et voilà que des hordes de touristes affluent à tous les coins de l’antique centre historique, à la recherche de Polichinelles, crèches de noël, mandolines et pizza à volonté. Plus de photos des fameux sacs poubelles, parce que ça ils les ont cachés sous le tapis, et on propose toute sorte plaisir au saint touriste qui est juste sacré …et quand le touriste a besoin de quelque chose…

La consécration des touristes nécessite un effort des Napolitains pour devenir plus civils, se laver le visage et se faire tout petit face à une telle entreprise qui se présente comme une manne purificatrice. Un business cultivé dans l’intérêt de tous, cachant en réalité un seul intérêt, celui de quelques-uns qui tirent profit des avantages économiques et politiques par la transformation de zones à revaloriser et à redorer et de zones à ghettoïser ou réaménager pour d’autres intérêts.
La requalification urbaine, avec un effet domino du centre historique à la banlieue investit inévitablement tout le territoire de la ville, ouvre la voie à la restructuration des profits, passant par le concept de « smart city » jusqu’à la dépersonnalisation de zones entières jusqu’ici caractérisées et vécues dans leur chair par des personnes.
Tout cela est très triste, mais il est encore plus triste de constater que l’essentiel du changement en cours est soutenu et accompagné par diverses formes d’associationnisme et qu’une grande partie de ce mouve-ment qui se définit comme antagoniste en accélère la transformation de manière culturelle plutôt que structurelle, vers une pacification sociale de plus en plus poussée. L’appropriation des espaces dits libérés en très peu de temps reconnus par la municipalité elle-même qui leur en confie la gestion n’a d’autre but que de favoriser le revirement de toute attitude oppositionnelle. Chaque minime position conflictuelle est perdue dans la négociation démocratique, chaque voix extérieure au chœur reste prise au piège dans une pétition pour l’installation d’un feu de circulation ou une plainte au commissariat de police pour une vile agression fasciste.
***
Les articles que vous trouverez dans cette brochure sont le résultat de nombreuses discussions, mais ils ne sont pas à prendre comme une écriture chorale. Chaque compagnon a essayé de mettre sur papier ce qu’il a retenu d’intéressant dans la discussion de son propre point de vue. Nous avons analysé la transformation sociale qui ont conduit les gens à abandonner les places, les intérêts du capital qui se cachent derrière chaque politique de restructuration urbaine et sociale, l’étroite interdépendance entre les villes et les territoires limitrophes strictement liés aux besoins énergétiques et nous nous sommes aussi demandé si nous croyons que cela vaille la peine de défendre ce type de ville en constante métamorphose. Pour autant, nous ne voulons pas faire une oeuvre nostalgique sur comment Naples était belle auparavant et maintenant par contre… non, ce n’est pas du tout dans nos intentions. Nous savons depuis l’enfance que c’est une ville difficile à vivre, pétrie par des mains sales, pompée et aspirée par tous les pilleurs qui sont passés par là. Ce que vous avez entre vos mains n’est qu’une réflexion sur ce qui nous a amené là et sur ce qui nous attend si nous ne décidons pas une fois pour toutes de prendre en main nos destins, nouvelles Destinées autopoïétique…
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Repris de sansattendre, pdf disponible ici :

https://sansattendre.noblogs.org/files/2018/10/M%C3%A9tamorphosesNaples.pdf

| L’ennemi de toujours |

Si un jour meurt l’anarchisme, ce sera parce que les anarchistes l’auront eux-mêmes tué. Une affirmation forte, certes, mais quand on y réfléchit un peu plus, pas tant dénuée de signification. Les adversaires de l’anarchie, de l’État aux capitalistes, des prêtres aux autoritaires variés, peuvent la blesser, même grièvement, mais n’ont jamais réussi à l’achever. Peut-être est-ce à cause de l’attirance irrésistible qu’elle exerce sur les âmes rebelles, sur les réfractaires de l’ordre, sur les assoiffés de vengeance et de liberté, peut-être est-ce parce que l’idée qui est au cœur, non, qui est le cœur de l’anarchisme – à savoir que l’autorité est ennemie de la liberté, l’origine de toute souffrance et de toute oppression – ne cesse d’émerger au sein de cette prison infâme qu’est la société humaine moderne. En tout cas, deux siècles de répressions féroces, d’échecs de révolutions et d’insurrections, de trahisons n’ont pas renvoyé l’anarchisme « au musée de l’histoire humaine », comme auraient pu l’espérer ses détracteurs blindés de « réalisme » et de « dialectique historique ». Notre ennemi, le pouvoir sous toutes ses formes, est puissant, peut-être même plus puissant que jamais, mais l’anarchisme ne mourra pas tant qu’il y aura des anarchistes pour l’incarner à travers la lutte, pour le défendre, pour le chérir.

Jusqu’ici, malgré toutes les tempêtes qu’il a traversé et qui ont marqué son histoire au fer de la polémique, mais aussi du mouchardage ou des politicailleries, un sort tel que celui subi par le marxisme (un discrédit historique et général, l’ombre de régimes totalitaires et atroces qui s’en sont revendiqués, les atrocités commises au nom du parti, les pelotons d’exécution qui ont fauché nombre de révolutionnaires,…) a été épargné à l’anarchisme. Aujourd’hui, même les marxistes (bien que leurs prédécesseurs se retourneraient dans leurs tombes) doivent se requalifier de « libertaires » ou d’« anti-autoritaires », sous peine de passer pour d’infréquentables fantômes. L’échec de toute vision autoritaire de la révolution, de la guerre de classe, de la lutte contre l’oppression, est manifeste non seulement au plan théorique, mais aussi au niveau pratique. Cela n’empêche pas de reconnaître qu’il existe des révolutionnaires sincères et qui luttent véritablement, y compris lorsqu’ils sont dopés au matérialisme historique, aux fables des contradictions du capital générant son propre effondrement, à la classe ouvrière chargée d’une mission eschatologique, mais cette reconnaissance n’estompera en aucun cas nos critiques.

Si on remarque aujourd’hui que des visions autoritaires empruntant par la force des choses des apparences « libertaires », s’insinuent jusque dans les discours anarchistes, d’autres regards, d’origine peut-être plus émancipatrice, s’attellent aussi à la tâche de transformer l’idée anarchiste en la vidant de sa substance, si l’on peut dire ainsi. Mais procédons par questions. Par exemple, pourquoi des anarchistes parlent aujourd’hui de dominations, plutôt que de la domination Pourquoi parler de pouvoirs, plutôt que du pouvoir ? Est-ce pour souligner que le pouvoir prend différentes formes dans les rapports sociaux, ou est-ce pour dire qu’en réalité « le pouvoir » n’existe pas, mais qu’il n’y aurait que « des pouvoirs » ? Est-ce pour souligner que le pouvoir prend différentes formes dans les rapports sociaux, ou est-ce pour dire qu’en réalité « le pouvoir » n’existe pas, mais qu’il n’y aurait que « des pouvoirs » ? Nous sommes en désaccord avec cette façon de considérer la libération anarchiste, qui s’affirme toujours plus. Il serait bien sûr stupide de nier que la domination présente différentes facettes, qu’elle emprunte différents visages en fonction des contextes, des périodes historiques ou des rapports sociaux. […]

La suite dans le dernier numéro de la revue

« Avis de tempête » disponible ici : avisdetempetes.noblogs.org

| Face à la République |

Quarante ans d’ignominies républicaines ! Mais, pour nous édifier, le pré- sent suffit : le Maroc mis à feu et à sang par le civilisateur Lyautey ; hommes, femmes, enfants égorgés avec d’ingénieux raffinements de cruauté – le feu mis aux récoltes, afin que la famine complète l’œuvre du massacre. A Tunis, les verdicts implacables que l’on sait.

Et sur le sol même de la « plus douce des patries », c’est la dictature cynique des mouchards et des policiers, invités formellement à l’assassinat des suspects. Ce sont de nouveaux millions jetés par centaines à l’immonde militarisme. C’est l’escroquerie des retraites ouvrières qu’on tente de réaliser d’accord avec les tribuns de la Sociale. C’est le martyre de Rousset1 . C’est la loi contre la jeunesse révolutionnaire. C’est la vie chère, les vivres trustés, les loyers augmentés, la plus vaste spéculation sur la misère générale, le pacte de famine moderne auquel, comme de juste, ministres et parlementaires donnent leur signature, concours que les accapareurs auront su apprécier.

Et comme l’abjection est la marque du ré- gime, comme il faut bien que les honnêtes gens se vengent d’avoir eu peur d’une poignée d’ « outlaws », ce sont des hommes que l’on veut jeter aux bagnes pour n’avoir pas trahi, pour n’avoir pas dénoncé des amis ou des inconnus, pour avoir rempli envers les traqués ce devoir d’asile sacré aux sauvages même les plus barbares. Et, avec une logique effroyable, la République livre en même temps à son allié Nicolas le Bourreau ce réfugié russe assez imprudent pour s’être fié à l’hospitalité de la France2 .

Qu’en de telles circonstances, des esprits que nous avions coutume de croire émancipés, aient pour souci les périls que pourrait courir cette délicieuse Marianne, pleurent sur le péril réactionnaire, ou les menaces de dictature, comme si nous n’étions pas déjà en pleine oppression et en pleine dictature, il y aurait de quoi nous stupéfier, si nous oublions combien les superstitions politiques, que gouvernants et ploutocrates ont tant intérêt à cultiver, sont encore enracinées au cerveau de nos contemporains. Mais pour nous, la République ne nous peut inspirer que de la haine, du dégoût et du mépris. […]

Extrait du bulletin anarchiste, Avis de tempête,  la suite est disponible ici :  https://avisdetempetes.noblogs.org/