Lieux communs

   Nous sommes tous nés et avons grandi dans ce monde de supermarchés et de banques, de casernes et de tribunaux, où faire la queue et demander la permission.

Mais sommes-nous vraiment convaincu que c’est le seul possible ? Il semblerait que oui, si l’on considère la réaction provoquée par ceux qui contestent certains lieux communs.

   Si quelqu’un remet en doute la nécessité de l’état, par exemple, il est soupçonné de vouloir le viol et le meurtre à chaque coin de rue. Pourtant, une organisation sociale basée sur l’autonomie et la responsabilité des individus favoriserait une diminution des « crimes », pas leur augmentation. En outre, l’absence de forces de l’ordre pousserait les gens à apprendre à se défendre, afin de ne pas rester à la merci des abus. Enfin, l’Etat ne peut pas empêcher cependant, la survenance de tels actes, tout au plus essayer de les punir (à condition que ce ne soient pas leurs propres hommes à les faire).

   Si quelqu’un met en doute la nécessité du travail, on le prend en dérision de vouloir vivre couché en attendant qu’un fruit mûr lui tombe dans la bouche de l’arbre. Pourtant, le travail n’est pas synonyme d’activité humaine, tout comme l’état n’est pas synonyme d’organisation sociale. Le travail est l’exploitation de l’activité humaine, sa réduction à la production de biens et services. Le travail est rarement choisi, on prend celui qui nous est offert (même le plus nocif et insensé). On produit des marchandises de mauvaise qualité et fournit des services médiocres au nom de quelqu’un d’autre. On turbine seulement pour obtenir de l’argent avec lequel acheter des produits de mauvaise qualité et payer pour des services médiocres. Le travail est le nom donné à l’activité humaine quand nous vendons notre corps à l’économie de marché pour survivre.

Oil Pump Jack, Sunset, Clouds  Si quelqu’un met en doute la nécesité des centrales à charbon et des pipelines, de parcs éoliens ou solaires, il est accusé de vouloir tuer les malades dans les hôpitaux ou de vouloir que les gens en bonne santé se retrouvent dans l’inconfort. Pourtant l’énergie nécessaire à l’être humain pour vivre (même bien) est une infime partie de ce qui est produit dont la majorité écrasante est nécessaire juste faire des affaires, faire de la politique, faire des guerres.

   Nous n’avons pas besoin de l’état, nous pouvons nous auto-organiser sans être organisé par d’autres. Nous n’avons pas besoin de travail, nous pouvons construire et créer sans avoir à produire au nom des autres. Et nous n’avons pas besoin d’énormes quantités d’énergie, nous pouvons vivre sans avoir à dévaster et piller la planète qui nous héberge.

La seule chose à faire est de sortir des lieux communs.

Extrait de Tilt (apériodique de lutte contre le TAP)

tiltap.noblogs.org