UN MOIS DE MAI ANARCHISTE

s-m-subversive-may-2019-in-solidarity-with-the-cap-1.jpgCertains pensent que le premier mai est une fête réformiste. En effet, cette date a été récupérée par la gauche et même par de nombreux États. Le 1er mai est officiellement aujourd’hui la fête du Travail, et à ce titre un jour férié dans de nombreux pays, durant lequel on célèbre le dur labeur, et les organisations syndicales (quelles soient anarchistes ou pas) en ont fait leur date principale de l’année, où chacun sort avec son drapeau et sa banderole pour parader dans les rues, en mode carnaval de la gauche.

C’est en fait plutôt drôle que des réformistes célèbrent une date pareille, car le premier mai pour les anarchistes ce n’est pas la fête du travail, mais la commémoration de ce qui s’est passé en mai 1886 à Chicago (États-Unis), lorsque des travailleurs, anarchistes, souvent migrants (allemands, irlandais, italiens, etc.), ont lancé une grève massive pour travailler moins d’heures (les fameuses grèves pour obtenir la journée de travail de huit heures). Dans les journaux de ces anarchistes (certains écrits en allemand, comme le Arbeiter Zeitung) il y avait des appels à prendre les armes contre les patrons et la police, des appels à fabriquer des bombes. Et c’est en effet ce qui s’est passé, les mots n’étant pas que de l’encre à cette époque, et lors d’un rassemblement au Haymarket réprimé très violemment par la police (à l’époque cela veut dire qu’il y a eu des morts) une bombe a été lancée sur des policiers, et un policer fut tué par celle-ci, et sept autres flics furent tués dans la bagarre qui suivit.

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Turin (Italie) : Présence solidaire avec les inculpés de l’opération Scripta Manent

La première partie du procès pour l’opération “Scripta Manent”, suite à laquelle sept compagnons et compagnonnes sont en détention préventive depuis plus de deux ans, arrivera à sa conclusion dans les premiers mois de l’année 2019, avec la sentence en première instance.

.Cette enquête concerne une série d’attaques signées FAI et FAI/FRI [Fédération Anarchiste Informelle / Front Révolutionnaire International, NdAtt.] qui ont eu lieu entre 2003 et 2012, contre les forces armées (commissaires, casernes desCarabinieri et des élèves Carabinieri, RIS [Reparto Investigazioni Scientifiche, la “police scientifique” des Carabinieri; NdAtt.]) et des hommes d’État (maires, le ministre de l’Intérieur), des journalistes, des entreprises engagées dans la restructuration des Centres de Rétention Administrative pour migrants, ainsi que le directeur d’un CRA. Dans cette enquête rentrent aussi les blessures aux ingénieur Adinolfi, PdG de Ansaldo Nucleare, pour lequel il y a déjà eu un procès et qui ont été revendiquées, en tant qu’action de la Cellule Olga FAI/FRI, par Alfredo e Nicola, qui sont en prison depuis 2012.

.Les accusations sont la création et la participation à une association subversive (art. 270 bis du Code pénale), quelques délits spécifiques (art. 280), en plus de la provocation à crimes et délits et l’apologie de crimes (art. 414) pour des articles, des sites web, des blogs et des projets éditoriaux anarchistes.Ce procès s’est fait remarquer pour le fait que le débat interne au mouvement anarchiste a été utilisé dans un jeu d’interprétations et des différenciations monté de toutes pièces, que le Procureur de service tente d’utiliser contre les anarchistes eux-mêmes, en essayant de condamner nos compagnons et de faire le procès des vingt derniers années de l’histoire de l’anarchisme et de la solidarité anarchiste.

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Fascisme, anarchisme, guerre

Le mot « fascisme » est à la mode. On le prononce à toute occasion et sans occasion. Celui qui se fâche avec son voisin le traître de « fasciste », tout en ne comprenant pas toujours ce que ce terme signifie bien exactement.

Voyons un peu, aussi brièvement et explicitement que possible, le sens du mot « fascisme ». C’est l’expression brutale ce violente de l’autorité, imposée sans discussion permise. C’est ainsi qu’il est compris couramment. Mais à mon avis, tous les autoritaires, c’est-à-dire tous les partisans de l’autorité, en en détenant une parcelle, sont des fascistes, plus ou moins déguisés, mais tout aussi dangereux pour la liberté. la vraie, saine et humaine, sinon plus que les « purs ».

Bon nombre de « démocrates de la base » se récrieraient en lisant ces lignes et diraient, eux aussi, que « j’y vais un peu fort », eux qui se croient sincèrement, ardemment « anti-fascistes ». Et pourtant, combien de faits sont là pour le prouver. Les démocraties, c’est-à-dire les formes doucereuses du fascisme, en promettant beaucoup : liberté intégrale, bien-être, pain, bonheur et jouissance sur toute ta ligne, et incapables de réaliser ces promesses qui ne peuvent être que du bluff électoral, préparent le lit du fascisme violent, en sont les plus précieux auxiliaires. L’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, etc., nous en fournissent de tragiques et édifiants exemples. Et l’URSS aussi, avec son fascisme de différente étiquette, mais autant, peut-être encore davantage féroce et sanguinaire que l’autre, et d’autant plus dangereux qu’il ose toujours se parer d’une vague et pâle teinte révolutionnaire. Et, aujourd’hui, l’Espagne continue la série. Les expériences tragiques du passé n’auront donc servi de rien, sinon de répandre du sang, des deuils, des ruines, sans aucun profit pour les événements présents et futurs ?

Oui, l’Espagne que des camarades nous présentaient, voilà une longue et douloureuse année, comme le foyer de la révolution libératrice d’où avait jailli l’étincelle libertaire embrasant l’humanité enfin régénérée et affranchie de toute autorité, de tout dogme, de toute injustice, supprimant les classes sociales, richesse et paupérisme, et assurant liberté, bien-être et bonheur à tous les êtres humains. Las ! que ces belles et bonnes choses semblent loin aujourd’hui. Oui, l’Espagne de maintenant est divisée effectivement en deux camps, opposés momentanément par des questions de boutique, se disputant à qui nous dévorera. L’un, ennemi franc et déclaré ; l’autre, « frère ennemi », hypocrite en plus. Ces deux camps sont (et je n’apprends rien à personne) : le fascisme blanc représenté par Franco, ses souteneurs Hitler. Mussolini et tant d’autres en France et ailleurs, et le fascisme rouge, défendu par Staline et ses séides.

Que deviennent les anarchistes dans cette salade ? En se battant aujourd’hui contre l’un, ils « travaillent » pour l’autre. Les faits sont là, dans leur brutale et émouvante crudité, et tous les discours et articles de journaux savamment échafaudés pour essayer de prouver le contraire, ne tiennent pas debout et ne peuvent être pris au sérieux que par des naïfs ou des ignorants.

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Gênes 1960

Légende (illisible sur la photo) : Les manifestants attaquent une voiture de police. Les désordres durent deux jours et provoquent une centaine de blessés.

Le 30 juin 1960 à Gênes des emeutes ont lieu dans toute la ville contre le gouvernement Tambroni et le congrès du MSI (Mouvement Social Italien, parti fasciste créé en 1946). Une jeep de la police de Padova est brûlée piazza De Ferrari. A l’époque le MSI nouvel allié du gouvernement souhaite tenir un congrès à partir du 2 juillet à Gênes. Il souhaite également que le congrès soit présidé par Carlo Emanuele Basile, l’homme de la torture à la Maison des Étudiants (fervent collaborateur lors de la seconde guerre mondiale ; de ce lieu les cris retentissaient jusqu’à dans la rue), et qui a participé aux déportations de masse (1 600 hommes furent déportés à partir du port de Gênes pour travailler dans l’industrie de la guerre à Sesti Ponente, certains n’en sont jamais revenus). Le 30 lorsque des hommes MSI débarquent dans les hôtels de la ville ils sont jetés, les chauffeurs de taxi les laissent dans les endroits les plus inattendus, sur les tables des restaurants fleurissent des tracts anti-fascistes.

Des milliers de personnes traversent la ville. Lorsqu’à Piazza della Vittoria est proposée la dispersion beaucoup retournent à Piazza De Ferrari, d’autres restent là… Piazza De Ferrari la police tente de dégager la place en commençant par ceux qui ont escaladé la fontaine au centre de la place. La police charge, des chaises et des tables sont balancées en direction des flics, certain.es fuient dans les ruelles avoisinantes, « Les gens jetaient des pots, de l’eau chaude et de l’huile des fenêtres, », le commandant de police se retrouve dans la fontaine, ils seront emmenés dans un café un peu plus loin pour éviter un lynchage. Le congrès du MSI est annulé. Cette émeute aura de fortes conséquences politiques et est entre autres l’un des points de départ de la naissance de « mouvances autonomes » vis-à-vis du parti communiste et des syndicats, qui se dissocièrent des affrontements. 

Reformulé de différents journaux de la presse mainstream