Allemagne : Tout feu tout flamme contre l’armée, les flics et les fachos

Brême, 17 février : incendie de deux camions de l’armée allemande

Dans la nuit de samedi 17 février à Brême, deux camions de l’armée allemande ont brûlé dans le secteur de Neustadt. L’un a été entièrement détruit par les flammes, l’autre fortement endommagé. Les enquêteurs de la Staatschutz se sont saisis des investigations.

C’est vers 2h30 samedi qu’un citoyen vigilant signale aux flics que les flammes sont en train d’embraser un camion de la Bundeswehr sur un parking de véhicules utilitaires à Neustadt. Le montant des dégâts n’a pas été communiqué. Un communiqué de revendication a été publié sur la plateforme de publication libre de.indymedia.org. En voici la traduction:

« A l’occasion de la conférence de l’OTAN sur la sécurité à Munich, nous avons incendié deux camions de l’armée à Brême dans la nuit du 17 février 2019. Nous avons allumé les deux véhicules par les pneus avants. Les camions civils se trouvaient à une distance suffisante.

Les temps qui courent sont à la guerre. La résiliation du traîté de désarmement des forces nucléaires à portée intermédiaire et l’augmentation du budget de l’OTAN pour l’armement n’en sont que deux signes parmi tant d’autres. En ces temps de réarmement international et de montée du militarisme, notre perspective est celle du désarmement pratique par la base. Nous avons établi une pratique locale de sabotage directe contre la folie mondiale de l’oppression militaire et économique. » Continue reading « Allemagne : Tout feu tout flamme contre l’armée, les flics et les fachos »

Fascisme, anarchisme, guerre

Le mot « fascisme » est à la mode. On le prononce à toute occasion et sans occasion. Celui qui se fâche avec son voisin le traître de « fasciste », tout en ne comprenant pas toujours ce que ce terme signifie bien exactement.

Voyons un peu, aussi brièvement et explicitement que possible, le sens du mot « fascisme ». C’est l’expression brutale ce violente de l’autorité, imposée sans discussion permise. C’est ainsi qu’il est compris couramment. Mais à mon avis, tous les autoritaires, c’est-à-dire tous les partisans de l’autorité, en en détenant une parcelle, sont des fascistes, plus ou moins déguisés, mais tout aussi dangereux pour la liberté. la vraie, saine et humaine, sinon plus que les « purs ».

Bon nombre de « démocrates de la base » se récrieraient en lisant ces lignes et diraient, eux aussi, que « j’y vais un peu fort », eux qui se croient sincèrement, ardemment « anti-fascistes ». Et pourtant, combien de faits sont là pour le prouver. Les démocraties, c’est-à-dire les formes doucereuses du fascisme, en promettant beaucoup : liberté intégrale, bien-être, pain, bonheur et jouissance sur toute ta ligne, et incapables de réaliser ces promesses qui ne peuvent être que du bluff électoral, préparent le lit du fascisme violent, en sont les plus précieux auxiliaires. L’Italie, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, etc., nous en fournissent de tragiques et édifiants exemples. Et l’URSS aussi, avec son fascisme de différente étiquette, mais autant, peut-être encore davantage féroce et sanguinaire que l’autre, et d’autant plus dangereux qu’il ose toujours se parer d’une vague et pâle teinte révolutionnaire. Et, aujourd’hui, l’Espagne continue la série. Les expériences tragiques du passé n’auront donc servi de rien, sinon de répandre du sang, des deuils, des ruines, sans aucun profit pour les événements présents et futurs ?

Oui, l’Espagne que des camarades nous présentaient, voilà une longue et douloureuse année, comme le foyer de la révolution libératrice d’où avait jailli l’étincelle libertaire embrasant l’humanité enfin régénérée et affranchie de toute autorité, de tout dogme, de toute injustice, supprimant les classes sociales, richesse et paupérisme, et assurant liberté, bien-être et bonheur à tous les êtres humains. Las ! que ces belles et bonnes choses semblent loin aujourd’hui. Oui, l’Espagne de maintenant est divisée effectivement en deux camps, opposés momentanément par des questions de boutique, se disputant à qui nous dévorera. L’un, ennemi franc et déclaré ; l’autre, « frère ennemi », hypocrite en plus. Ces deux camps sont (et je n’apprends rien à personne) : le fascisme blanc représenté par Franco, ses souteneurs Hitler. Mussolini et tant d’autres en France et ailleurs, et le fascisme rouge, défendu par Staline et ses séides.

Que deviennent les anarchistes dans cette salade ? En se battant aujourd’hui contre l’un, ils « travaillent » pour l’autre. Les faits sont là, dans leur brutale et émouvante crudité, et tous les discours et articles de journaux savamment échafaudés pour essayer de prouver le contraire, ne tiennent pas debout et ne peuvent être pris au sérieux que par des naïfs ou des ignorants.

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Chia (Sardaigne) – Couper les bases du pylône

« Dans une nuit d’étoiles filantes*, les pylônes ne font pas exception ».

À Chia, l’une des régions les plus touristiques de Sardaigne, les fondations d’un pylône éléctrique ont été coupées.

Contre l’exploitation touristique du territoire qui dévaste les plages et denature les paysages, contre les stations balnéaires et les villages touristiques, où les riches touristes trouvent repos et détente et ne réservent que l’exploitation et le travail au noir aux saisonniers.
Contre la base de Teulada, le deuxième plus grand terrain militaire qui afflige notre terre.

L’interruption de l’énergie n’est qu’un des nombreux moyens de mettre des bâtons dans les roues ​​de ces mécanismes d’oppression et de guerre contre lesquels nous devons nous opposer par tous les moyens jugés nécessaires, le sabotage en est un.

Nous avons choisi cette ligne électrique pour perturber les activités touristiques et  militaires, mais aussi pour en secouer pleins d’autres, pour essayer de les sortir quelques heures de la torpeur de leur vie qui les rend complices de ce qui est juste à côté d’eux.

Un si biri kitzi  » [à la prochaine, en Sarde, Ndt]

*jeu de mots  avec « cadente » (filante en italien), du verbe cadere = tomber.
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Repris de romperelerighe.noblogs.org

L’authentique embusqué – E. Armand

CONTRE LA GUERRE MAIS PAS DÉSARMÉS

« Sans doute, comme quelqu’un l’exprimait de façon laconique, « nous sommes devenus faibles». Et il rajoutait, « tous, sans exception ». Si ce jugement concernait les capacités théoriques des anarchistes, il portait plus encore sur leurs capacités opératives. Une faiblesse qui devient d’autant plus tangible lorsqu’on a le monstre du massacre et de guerre en face de nous. Il ne sert pourtant à rien de hurler avec les loups, mieux vaut prendre acte de cette faiblesse et tenter d’y remédier. Sans avoir l’illusion de pouvoir faire rapidement de grands pas, sans commencer à tomber dans le culte de la « force » qui pousse souvent vers une militarisation du combat, il nous faut à nouveau imaginer un chemin, un parcours.

Certaines choses ne s’apprennent pas à l’improviste ; et si le besoin pressant et immédiat peut donner un coup de pouce, c’est quand même mieux de s’y être préparés à l’avance.

Car c’est aussi une question mentale. En ré- alité, nous sommes capables de faire tout ce que nous voulons, ou presque, et la véritable question est plutôt de savoir si nous sommes prêts à faire les efforts nécessaires et indispensables.
Pour se doter de connaissances techniques, il faut étudier sérieusement les matières concernées. Pour développer certaines capacités, il faut disposer de temps pour s’y consacrer. Ce n’est qu’ainsi que ces connaissances deviendront ensuite utilisables dans un projet, armant la créativité et renforçant les idées.
l nous faut donc travailler dans ce sens si nous ne voulons pas être dépendants d’autres courants, en proie aux caprices et aux seules possibilités du moment, ou tout simplement renoncer aux interventions par manque de capacités et de moyens. »

Extrait de l’expo contre la guerre contre la paix réalisée à l’occasion de Temps d’Encre, rencontres autour de publications anarchistes, le 23 & 24 juin 2018 à Montreuil (Paris).

L’exposition, en affichettes format A2, est désormais téléchargeable en PDF ici.

 

Jamais en rang, jamais à genoux ! A bas toutes les armées !

L’atmosphère est réellement irrespirable ces temps-ci: comme des vagues tempétueuses qui remuent la vase,  les sommations à se mettre au garde-à-vous derrière le drapeau national se succèdent. État d’urgence prolongé de mois en mois, durcissement continu du code pénal, pouvoirs sans cesse élargis de la police, perquisitions à tout-va et assignations à résidence distribuées à la pelle…

L’État, qui multiplie depuis des années ses interventions dans les guerres et les conflits aux quatre coins du monde (Afghanistan, Liban, Côte d’Ivoire, Centrafrique, Libye, Mali, Irak, Syrie…), à chaque fois pour consolider des positions jugées stratégiques et accompagner des logiques d’exploitation et de pillage des territoires, étend sa rhétorique et son arsenal de guerre ici même, au prétexte de la lutte « anti-terroriste » et de la chasse à l’« ennemi intérieur ».

Voilà donc que l’armée se réorganise autour d’un plan dénommé « Au contact », tout un programme… L’objectif affiché est de « faire face à une menace plus dure, plus diffuse, plus proche »,  mais aussi de « s’adapter au combat de mouvement, y compris en milieu urbain ». En d’autres termes, se déployer sur le territoire français, défini officiellement comme un terrain de guerre. L’État a lancé fin 2014 un programme appelé « Scorpion », afin de moderniser et d’optimiser ses capacités d’intervention militaire, tout en les rendant plus « souples » et « réactives ».  Ces plans viennent confirmer les perspectives développées depuis plusieurs années au sein de l’OTAN, tablant sur l’utilisation des armées dans des opérations de maintien de l’ordre de type contre-insurrectionnelles.

Le gros de l’armée de terre va désormais s’organiser autour de deux nouvelles divisions: la première et la troisième, dont les commandements sont respectivement basés à Besançon et à Marseille, représentant 25 000 militaires chacune, réparti-es en régiments. Hourra ! Hourra !, « Marseille redevient une place militaire de premier rang », « une véritable métropole militaire est née », s’écrie toute la fine fleur des passionné-es du militarisme, rédacteurs et journalistes aux ordres, celles et ceux qui déblayent le terrain avant que les bottes y prennent place. Ces larbin-es du pouvoir assurent même un rôle d’agence de pub pour les différentes campagnes de recrutement, avec ces derniers mois des appels renouvelés à s’engager dans la réserve opérationnelle, pour porter ses effectifs de 24 000 à 40 000.  Avec la réserve et, à terme, la Garde nationale*, c’est un pas de plus qui est franchi dans le processus de militarisation de la société: il ne s’agit plus des recrutements habituels pour stabiliser les effectifs d’une armée dite « de métier », mais bien de mettre en ordre de marche, de manière durable et intensive, une véritable offensive nationaliste et autoritaire. Non content d’exiger de chacun-e toujours plus de soumission, et de pousser les « citoyen-nes » à agir en auxiliaires de police (pensons aux Voisin-es Vigilant-es par exemple), l’État invite désormais les plus zélé-es à revétir directement l’uniforme. Pour ne rien gâcher, les différents supports de propagande mettent en avant l’idée de transposer dans les entreprises, donc au service de l’exploitation capitaliste, tout l’esprit militaire que les réservistes acquerront au cours de leur formation.

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Du Lycée à la caserne …

L’école, quelle qu’elle soit, fait contracter l’habitude de la soumission servile, de l’humilité. On peut résumer son rôle en un mot: elle prépare à l’armée.

Georges Darien.

… On est lycéen, on apprend à la fermer, puis c’est l’armée et hop! tais-toi ou c’est le gnouf, puis c’est le travail: tais-toi ou on te vire, enfin le cimetière où on la ferme à tout jamais…

L’armée fait peur, non pas à un hypothétique ennemi mais à tous ceux qui en France ont l’âge d’être incorporés, c’est-à-dire emprisonnés.

QU’EST-CE QUE L’ARMEE ?

De par ses structures, l’armée se présente comme une formidable entreprise de dépersonnalisationet de conditionnement de l’individu.

Quelles sont ses méthodes ?

  • l’humiliation: rasage du crâne, obéissance absolue au supérieur, punitions (taule et suppression des perms), corvées, brimades.
  • dépersonnalisation: port de l’uniforme, obligation d’une vie collective, confiscation des affaires personnelles, négation de toute dignité, conformisme total.
  • abrutissement: conditionnement des attitudes (saluer le chef, le drapeau), discipline draconienne (obéir et s’écraser), bourrage de crâne (apologie du sacrifice à la patrie, à l’autorité, désir d’inculquer les notions d’honneur, de respect, de soumission…).

Quels buts vise ce lavage de cerveaux ?

RÔLE DE L’ARMEE

L’armée n’est qu’un instrument aux mains de l’Etat, lui-même au service d’une classe sociale, qu’elle soit nobiliaire, bourgeoise ou bureaucratique. Aujourd’hui en France, la bourgeoisie qui détient le Pouvoir a besoin pour survivre de robots dociles; la fabrication de ces robots commence dans la famille, se poursuit à l’école, se parachève à l’armée. Cette dernière doit livrer à la société des individus conformes à ses besoins, c’est-à-dire soumis et rentables, qui obéiront au patron comme ils obéissaient à l’adjudant, sans se poser de questions.

L’armée est chargée de mater les « fortes têtes », ceux qui au sortir du lycée ou de l’université ne sont pas soumis, résignés, prêts à s’intégrer. La preuve c’est que le sursis a été supprimé (les jeunes sont plus malléables à 18 ans qu’à 25) et que les moins de 21 ans ayant fait leur service ont droit de voter.

Par ailleurs, elle est le principal support de l’Etat et de la classe dirigeante qui, sans armée, ne pourraient subsister. Il en est de même pour tous les Etats quel que soit leur idéologie. L’armée a été dressée moins à défendre le pays contre les ennemis du dehors qu’à soutenir le gouvernement à l’intérieur contre ceux qu’il nomme les éternels ennemis de l’ordre. En temps de paix, l’armée a un rôle économique, notamment en brisant les grèves.

De plus en plus nombreux sont ceux qui, conscients du véritable rôle de l’armée, la combattent.

LES LUTTES ANTIMILITARISTES

La propagande antimilitariste s’amplifie: articles dans la presse anarchiste, meetings, manifestations au cours desquelles des livrets militaires ont été brûlés. Tout cela malgré une répression chaque jour plus féroce: poursuites contre des journaux (exp « Fais-pas-le-zouave »), interdiction de meetings, manifestations dispersées, arrestations massives…

A l’intérieur de l’armée les cas de révoltes, de sabotage, de refus d’obéir se multiplient.

Mais pour nous, anarchistes, tout en soutenant évidemment toutes les luttes à l’intérieur de l’armée, la solution au militarisme est surtout le refus d’y participer.

LE REFUS DE L’ARMEE

Il se manifeste sous différentes formes et revête diverses significations:

  • L’OBJECTION DE CONSCIENCE est le mode de refus le plus répandu, accordé pour des raisons philosophiques ou religieuses; il y a actuellement 100 demandes par mois pour l’obtention du statut qui a été accordé en 1963. Le Pouvoir a été contraint de le reconnaître à la suite du combat mené alors par Louis Lecoin, qui a 74 ans a entamé une grève de la faim avec l’intention de la poursuivre jusqu’à la mort si le statut n’était pas accordé, ce qui fut fait au bout de 22 jours de jeûne.
  • L’objection politique, qui n’est pas reconnue et se traduit par un emprisonnement est un acte plus radical mettant directement en cause le rôle de l’armée. Signalons aussi d’autres formes de refus qui se généralisent: le refus d’obéissance, l’insoumission, la désertion. […]

Cependant, il est clair pour nous que le refus du service militaire est étroitement lié au refus de l’armée, instrument du pouvoir d’Etat.

Il est clair que par son contenu radical, le mouvement actuel dans les C.E.T., lycées, facultés, dans toute la jeunesse, s’associe au combat des couches laborieuses contre le pouvoir capitaliste.

Etudiants, lycéens, travailleurs, tous unis contre le capital !

Non au service militaire et à l’armée de métier !

Soutien aux objecteurs, insoumis et déserteurs.

A BAS L’ECOLE DES FLICS ET DES PATRONS !

[« Le Révolté – Journal lycéen, autonome et libertaire d’Albi, n°2, janvier 1972]

 

Repris de : https://sansattendre.noblogs.org