Italie : Appel pour le rassemblement à Florence le 20 avril – 16 heures

Résultat de recherche d'images pour "operazione panico"SANS-RÊLACHE POUR L’ANARCHIE

À Florence le 9 mars aura lieu le jugement d’un procès qui voit inculpé.e.s 28 compagnon.nes accusés d’association de malfaiteurs et de différentes attaques anonymes dans des locaux fascistes. Trois de ces compagnons, Paska, Giova et Ghespe, se trouvent depuis un moment en prison, et en plus d’autres accusations, ils sont inculpés pour transport, fabrication et détention de matériel explosif et tentative d’homicide, pour la blessure d’un artificier qui bricolât sans aucune précaution un engin situé devant un lieu fasciste la nuit du 31 décembre 2016. La prison ne leur a pas épargné les provocations et violences, en réponse à une attitude conflictuelle qu’ils ont tenu.

À Trente et Turin deux opérations répressives ont conduit à l’expulsion de l’Asilo Occupato et à 12 arrestations pour chercher à éradiquer les luttes que ces derniers portent en avant. Après les arrestations et l’expulsion, nous sommes descendus dans la rue pour répondre à la répression et prendre de force des espaces d’expression de propre notre rage. Ces derniers jours également, Scripta Manent, procès qui met sous enquête plus de vingt ans d’histoire de l’anarchisme est en train de se conclure avec de dures demandes de condamnation. Dans tous les cas, les intimidations continuent ainsi que la répression vis-à-vis de qui apporte et exprime sa solidarité aux pratiques et individualités anarchistes en procès et en prison.

Les rêves et les pratiques, les possibilités et les réalités anarchistes sont l’habituel bâton dans les roues. L’état en Italie, come ailleurs, cherche à détruite qui continue à faire obstacle à ses projets pour préparer le terrain à un ultérieur tournant autoritaire. Nous vivons une époque où un nombre toujours plus croissant de personnes vivent des expériences oppressives quotidiennes, dans ses formes racistes, patriarcales, et totalitaires, avec le chantage de la prison, risquant d’être enfermé.e.s dans un Centre de Rétention  ou déporté.e.s, de mourir au travail, durant un TSO* ou une rafle, de ne pas trouver les moyens de se séparer d’une relation violente, de vivre des genres et sexualités hors de la norme dans des conditions de marginalité, et plus encore. Selon les logiques de l’état pour maintenir l’ordre et veiller à la continuelle restructuration de l’appareil techno-industriel et coercitif à large échelle, il est nécessaire, entre autres choses, d’enterrer sous des années de prison, qui se bat depuis toujours contre les responsables de tout cela. Continue reading « Italie : Appel pour le rassemblement à Florence le 20 avril – 16 heures »

Italie : Un après-midi agité à Crémone

Samedi après-midi, un compagnon de Crémone a été arrêté par trois voitures de police et deux digos devant la maison d’un fasciste. Au cours des derniers jours, ce dernier avait fait l’objet quelques provocations.

Les flics ont essayé d’embarquer le compagnon et il a été jeté à terre alors qu’il refusait d’entrer dans l’une des voitures de police. S’en est suivi une altercation, lors de laquelle une vitre d’une voiture des merdes en uniforme a volé en éclats. Les flics ont également utilisé le spray au poivre contre une personne qui avait déjà été menottée. [Le compagnon] emmené, un rassemblement de solidarité s’est formé devant le commissariat de Crémone, afin de ne pas laisser seule la personne arrêtée.

Le soir, par l’intermédiaire de l’avocat, nous avons appris que pour notre compagnon l’arrestation pour résistance, dommages, blessures, port d’objets susceptibles de blesser et menaces avait été confirmé. Le soir, une salutation chaleureuse aux prisonniers de Crémone a brisé la monotonie de ce lieu de torture, en espérant que la personne arrêtée ait entendu de l’intérieur.

Aujourd’hui, samedi, notre compagnon est passé en comparution immédiate. Devant le tribunal, un rassemblement de solidarité a réaffirmé qu’il est juste de s’opposer aux fascistes et à la police. Le juge a ordonné une nouvelle audience pour le mercredi 10 avril. Ce sera une autre occasion d’apporter un peu de solidarité à Tommy qui restera en prison au moins jusqu’à la prochaine audience.

Rester outré à regarder indigné les horreurs de la petite brute* [du ministère] de l’intérieur Salvini, dans la continuité du flic manqué Minniti, les morts en Méditerranée, le fonctionnement des lagers de l’Etat appelées CPR [CRA], les congrès nazis des guignols de Vérone (1) et la haine raciale de certains à Torre Maura (2) n’a pas de sens pour nous. C’est pourquoi toute notre solidarité et notre complicité vont à Tommy. Notre cœur est avec toi.

Nous savons que les temps sont durs pour qui veut tenter de renverser ce monde, mais notre passion pour la liberté est plus forte que toute autorité.

Plus de vitres des voitures de police brisées !

Tommy libre ! Tutte libere !

des anarchistes

depuis https://csakavarna.org


(1) Récemment à Vérone, les 29/30 mars, a eu lieu la 13ème édition du Congrès mondial des familles, qui réunissait toute la clique réactionnaire anti-avortemment & en faveur de la défense de « la famille naturelle », avec le soutien du ministre de l’intérieur Matteo Salvini. La ville de Vérone avait déjà fait parler d’elle, se déclarant officiellement «Ville pro-vie», s’engageant notamment à financer des associations pro-vie et de soutien à la parentalité.

(2) Lors d’un rassemblement contre la venue de familles roms dans le quartier de Torre Maura (au sud-est de Rome), les manifestants ont accueillit les nouveaux habitants aux cris de “Italia, fascismo, rivoluzione” et par le salut romain. Afin de les empêcher de s’installer dans un centre d’accueil, une voiture des responsables du centre a été brûlée, sous les cris et insultes racistes, des poubelles ont été renversées et brûlés pour créer des barricades et les sandwiches qui leur étaient destinés ont été piétinés et détruits.

* « Bullo » en italien : personnage ridicule et brutal

Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?

Il est vraiment désolant de voir comment l’histoire se répète. 

Lorsque les conditions de vie deviennent plus précaires, lorsqu’il devient difficile de payer le loyer et de finir le mois revient le besoin de trouver un bouc émissaire à portée de main. Et immanquablement reviennent sur le devant de la scène les trompettes racistes et nationalistes, promptes à offrir un programme politique aux rancoeurs et aux préjugés.

Ce qui est en train de se passer en Italie (et ailleurs) est inquiétant. Il suffit de quelques épisodes pour s’en rendre compte. En décembre de l’an dernier* à Opera (région de Milan), les tentes d’un camp de nomades sont incendiées en plein jour par un groupe de léguistes [membres de la Lega Nord] et de fascistes. L’expédition punitive, annoncée par avance au conseil municipal rencontre un certain consensus dans la population locale. Les carabiniers et la police se contentent de regarder. Depuis deux mois par ici, on ne compte plus les attaques incendiaires contre les magasins arabes et contre les camps de nomades. A Livourne, deux enfants roms meurent suite à un lancé de molotovs : l’action est revendiquée par un groupe fasciste qui fait référence au nettoyage ethnique. A Siène, un camp nomade est assiégé par certains habitants avec des élus léguistes à leur tête : au cours du meeting, bien applaudi, les chambres à gaz sont évoquées. La même scène se répète à Pavie. A Ponte Mammolo (Rome), a lieu une autre attaque incendiaire contre un camp nomade.

Résultat de recherche d'images pour "squadristes"Partout, ces actions squadristes [du nom des ratonnades mussoliniennes] sont précédées et accompagnées de campagnes politiques et médiatiques menées principalement par la Lega Nord et des fascistes (Alleanza Nazionale, Forza Nuova et Fiamma Tricolore). Le centre-gauche les suit sur leur propre terrain (comme le démontrent bien les bulldozers de Cofferati à Bologne et l’arrêté dégueulasse à Florence contre les laveurs de vitres aux feux rouges).

S’il suffisait d’un peu de logique…

Ils doublent les crédits militaires, ils gaspillent des milliards d’euros en travaux qui ne sont utiles qu’aux industriels, on élève l’âge de la retraite des travailleurs tandis que les salaires et les indemnités des politiciens atteignent des chiffres indécents… mais le problème ce seraient les «privilèges des Rom». Trop difficile de regarder en face les ennemis réels, trop risqué de s’en prendre aux capitalistes et à leurs protecteurs politiques : il est bien plus commode de s’acharner contre les pauvres et les exclus. La pauvreté et l’exclusion poussent rarement à vivre comme des saints alors qu’un dirigeant industriel n’a certes pas besoin de pointer un couteau pour vous voler du fric.

Les Rom et les Sinti sont parmi les rares peuples au monde à ne pas avoir de banques, d’armées et d’Etats : c’est pour cela qu’ils ont toujours été persécutés et pas persécuteurs, colonisés et pas colonisateurs, victimes et pas responsables des guerres. Ceux qui ne disent rien contre la guerre (conduite aussi au nom du peuple italien), ceux qui ne disent rien contre le pouvoir des banques traitent ensuite de criminels… les «tziganes». Il est arrivé la même chose dans les années Trente et on sait comment ça a fini.

Demain, Fiamma Tricolore a lancé une manifestation devant la mairie de Rovereto contre les «privilèges» des Siniti et des Rom. La Lega demande une poigne de fer contre les «tziganes». Ces parades publiques, si elles ne sont pas contrées avec détermination, ont déjà mené ailleurs à la violence squadriste. Voulons-nous encore attendre ?

Antiracistes de Rovereto et Trento

[Traduction de l’Italien dans le journal Cette Semaine n°94]

*Le texte a été écrit en 2007 et est fâcheusement toujours d’actualité, les réseaux sociaux aidant  https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/ce-que-l-on-sait-des-violences-contre-les-roms-declenchees-par-une-rumeur-sur-les-reseaux-sociaux_3252117.html

Athènes : A propos de la Security Team

Résultat de recherche d'images pour "repression"Le 12 juin vers 22 heures, une trentaine de personnes expulse violemment le squat d’Arachovis 44. Ils frappent, volent [une prise de guerre?] et chassent les habitants avec l’intention d’amener des familles de réfugiés kurdes à vivre à leur place. Ils souhaitent « nettoyer le quartier ». L’action serait une réponse à des comportements  dénoncés ces derniers temps : vol, agression sexuelle, et deal de drogue ; ils vont également jusqu’à évoquer la présence de « djihadistes » dans le squat. Au moment de l’expulsion, environ 60 personnes vivaient dans l’immeuble. La réponse est immédiate, deux heures plus tard, le squat est réinvesti par les migrant.es et leurs soutiens, au total une quarantaine de personnes. Le lendemain matin à 7 heures du matin, elles sont de nouveau expulsées par ces mêmes personnes qui ont alors gardé le bâtiment durant toute la journée. Dans la soirée du 13 juin, après une assemblée à Polytechnique, un groupe de 150 personnes est de nouveau entré dans bâtiment, afin de réoccuper le squat. Les « occupants » étaient déjà partis car ils ne trouvaient [à priori] pas assez de familles kurdes pour y aménager un espace leur permettant de justifier leur action. À l’intérieur du bâtiment se trouvaient deux familles afghanes avec des enfants qui venaient d’être installées et personne ne les avait informées de ce qui s’était passé. Une des deux familles restera dans le bâtiment et l’autre partira au bout de quelques heures, car elle n’avait besoin d’hébergement que pour une nuit. Plus d’une dizaine de téléphones, des passeports, des documents nécessaires au maintien au séjour dans le pays, de l’argent, et un ordinateur portable ont été volés lors de cette opération.

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Simplicité

Elle était présente lors de la manifestation contre les étrangers qui s’est tenue il ya quelques jours à Chemnitz, en Allemagne. Le journal qui l’a interviewée lui a donné un nom fictif, Silvia Fascher. Ce n’est pas une extrémiste de droite et elle tient à le faire savoir. Elle a 64 ans et travaille dans une entreprise de pompes funèbres. L’autre jour elle est descendue dans la rue avec son fils, qui s’occupe des personnes âgées. Dimanche 27, ils étaient 800, le lendemain 2000. Aux côtés des pro-nazis et avec les pro-nazis, elle aussi rageait contre quelques syriens. C’est le ventre, le ventre qui hurle, disait l’autre ; « Je ne veux pas que d’autres étrangers arrivent. Quand je les regarde, je me demande pourquoi mes impôts sont utilisés pour eux. Ils veulent juste devenir des footballeurs professionnels ou monnayeur, mais s’ils doivent travailler un peu dur, ils se plaignent d’avoir mal au dos! »
Bien qu’elle les considère comme des parasites paresseux aspirants émules de Cristiano Ronaldo, Silvia Fascher déclare être consciente des raisons tragiques qui poussent les immigrants à quitter leur pays. Mais elle ne comprend pas pourquoi leur situation devrait être plus importante que celle des millions d’Allemands vivant en dessous du seuil de pauvreté. C’est pourquoi elle se dit furieuse contre le gouvernement, qui « ne fait rien ». Dans un an, elle prendra sa retraite, mais elle ne prendra rien, une misère.
Lorsqu’ils ont demandé à Silvia Fascher pourquoi, après avoir évalué la situation dans son ensemble, elle considère les réfugiés plus responsables que les politiciens, les banquiers, les industriels … Savez-vous ce qu’elle a répondu?  « Parce qu’il faut bien être contre quelqu’un; et avec eux c’est simple « .
Oui, c’est vrai. Discuter est compliqué, roter c’est simple. S’en prendre aux auteurs responsables de ce qui se passe est ardu, jouer aux durs avec leurs victimes transformées en boucs émissaires est simple. Désobéir aux puissants est difficile, collaborer est simple.
Prenons les gaillards de Casa Pound, par exemple. Eux aussi connaissent bien la question de l’immigration au fonds en fait leur protestation n’est pas  » une attaque contre un groupe de personnes désespérées récupéré en pleine mer, mais la dénonciation du business de l’immigration « . Mais organiser d’éclatantes manifestations contre ceux qui exploitent la tragédie des migrants est compliqué – cela impliquerait d’interroger une grande partie de l’économie italienne – accueillir avec des cris et bras tendus les réfugiés à bout de force à leur arrivée à Rocca di Papa est facile.
On peut en dire autant pour les vaillants de Forza Nuova, qui se disent prêts à mettre en place une potence sur la place pour les violeurs :  » nous ne pouvons pas laisser nos femmes à la merci d’êtres qui ont dans leur culture le mépris des femmes chrétiennes et européennes « . Mais lyncher les guignols bleus devant l’école de police de Brescia (d’où venaient les deux violeurs de la touriste allemande à Rimini, si respectueux des femmes chrétiennes et européennes) est ardu, lyncher des silhouettes noires sur la plage de Jesolo est facile.
Inutile de parler du ministre Salvini. Fermer les usines qui fournissent des armes aux guerres qui dévastent les pays lointains déjà appauvris par le colonialisme est difficile (et contre-productif pour le budget national, idée fixe de chaque État), fermer les ports à ceux qui cherchent à s’échapper est simple.
C’est pourquoi aujourd’hui, Silvia Fascher répète les mêmes refrains chers à Casa Pound, Forza Nuova ou Salvini, et le racisme le plus convoité se répand comme une traînée de poudre. Parce que c’est simple
Chemnitz, Allemagne, fin août 2018. Bienvenue dans la guerre civile.
[30/08/18]
https://finimondo.org/node/2218

APATRIDE

Les images des enfants dans les cages à la frontière entre le Texas et le Mexique appellent à la vengeance. Encore plus, la parodie de la police contre les cris des petits prisonniers au moment où, dans un ghetto de Pittsburgh, l’énième Afro-Américain est tué par les flics.

En Italie, la Trump-opinione – parce que nous ne pouvons pas parler de pensée, car elle exige de la cervelle et de la sensibilité – est incarnée par les différents Salvini, Toninelli et Di Maio (auparavant chez Renzi, Gentiloni et Grasso). La politique de fermeture des frontières sème la lâcheté la plus populaire.

Si d’une part la guerre civile est de plus en plus une question à prendre en considération, d’autre part ce pouvoir provoque un cynisme hilare. Tout retourne à l’ère de la lâcheté partagée. Quand la perception est dévastée par le jargon vide des réseaux sociaux, l’imaginaire est vu comme un fantasme technologique, l’intelligence est vécue comme un signe de solitude et de fermeture, la passion est moralement associée à la violence grégaire, la sensibilité perçue comme une bonté démocrate-chrétienne, la mémoire reste dans les porte objets froids d’un mausolée, la frontière entre la pensée toute discutable et la pensée singulière s’estompe. Et ici, la technocratie des âmes pieuses et démocratiques, idolâtre de Mattarella ou de la démocratie radicale du Negri, s’enfonce dans l’idiocratie incroyablement antipathique. Partout on respire la devise : «Libre de servir, libre d’obéir, libre de vouloir (un jour et au plus tôt) commander». Ce monstre grossier, falsifiant et obsédant, dirige non seulement l’économie et la politique dictant la culture et contenant l’existence, mais guide également la protestation modérée qui ne parvient pas à dépasser les chaînes démocratiques. Prenons-en note : aujourd’hui nous sommes tellement couverts de merde, qu’on peut seulement senti l’odeur de l’immondice.

Si l’esclavage est de plus en plus lugubre et la colère subversive de plus en plus impuissante, nous pourrions aussi être fières du pilleur yankee (Di Maio, ndt) et du libéral de la Ligue du Nord (Salvini, ndt), idoles de la masse la plus ignorante et la plus marchandable du marché des opinions. La continuation de cette misérable humanité – avec ses divinités de prier, ses impôts à payer, ses lois à respecter, ses droits à revendiquer, ses devoirs à expier, ses soirées à se droguer, sa police pour secourir, ses biens à consommer, son univers de football à applaudir, ses serviteurs qui ne veulent pas attaquer et ses bouffons de 140 caractères à idolâtrer – est aujourd’hui la possibilité concrète de l’extinction de tout ce qui est autresingulier et subversif . À moins que …

Sauf dans la tête, dans les cœurs et dans les mains, l’autisme passionnant des insurgés soit créé, et entre les sabotages brûlants et les désertions nécessaires. Pour surmonter la peur des décombres et créer un fossé irrécupérable avec ce qui a été.

 

Extrait de Frangenti , n. 28, 29/06/2018